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WSP - Histoire & Terroir

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Woluwe-Saint-Pierre
Histoire et terroir
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Il a été tiré de cet ouvrage 100 exemplaires formant le tirage de tête et numérotés 1 à 100.
© Wolugraphic
Claude Carels, éditeur responsable
Avenue Charles Thielemans 93
1150 Bruxelles
© Éditions Aparté
Avenue de l’Hélice 48
1150 Bruxelles
www.aparte-editions.be
ISBN 978-2-9303-2733-4
Dépôt légal D/2012/8943/2
Mars 2012
Tous droits strictement réservés. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre
par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie, support numérique ou
digital sans l’accord préalable de l’éditeur responsable, est strictement interdite.
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Préface et postface de
Willem Draps, député-bourgmestre
Sous la direction de
Geneviève Lacroix
Textes de
Geneviève Lacroix, Isabel Vermote et Marc Villeirs
Collaborations de
Baron Edgar Kesteloot et Marc Meganck
Témoignage de
Pierre Falkenback
Photographies de
Xavier Claes
Woluwe-Saint-Pierre
Histoire et terroir
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Geneviève Lacroix est née à Bruxelles en 1968. Diplômée
en Histoire de l’Université catholique de Louvain (UCL)
en 1991, elle s’est spécialisée en médiévistique, en
sémiologie de l’image et en histoire des mentalités. Elle
développe depuis 1990 une activité de recherche et de
communication en histoire sous forme de publications et
de conférences. Elle est consultante du Conseil de l’Union
européenne depuis 2005.
isabeL vermote est licenciée en Histoire (Facultés
universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur et K.U.
Leuven) et en Histoire de l’Art et Archéologie (Vrije
Universiteit Brussel). Elle est attachée au service éducatif
des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. En tant
que guide conférencière, spécialisée en art moderne et
contemporain, elle travaille également pour plusieurs
organisations publiques et privées. Elle est l’auteur de la
carte-promenade Woluwe-Saint-Pierre à la carte, éditée
par le ministère de la Région de Bruxelles-Capitale.
marc viLLeirs, licencié en Histoire de l’Université libre
de Bruxelles (ULB), est attaché au musée communal de
Woluwe-Saint-Lambert depuis 1983, d’abord en tant que
bénévole puis comme agent communal. Il est l’auteur
du remarquable ouvrage Histoire de Woluwe-Saint-
Lambert paru en 1991, et réédité en 2000. Le service des
Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale
lui a confé en 1995 la rédaction du 18e fascicule de sa
collection Bruxelles Ville d’Art et d’Histoire consacré à la
vallée de la Woluwe. On lui doit aussi Du côté de Woluwe-
Saint-Lambert, un petit volume proposant la découverte
des monuments et sites protégés de cette commune,
paru en 2006 aux éditions Bernard Gilson (collection
Secret des lieux).
Passionné par l’histoire de sa commune qu’il
habite depuis le berceau, Marc Villeirs gère au sein du
musée communal un centre de documentation relatif
au passé de Woluwe-Saint-Lambert qui ne cesse de
s’enrichir grâce aux apports de nombreux habitants
de la commune.
edGar KesteLoot, licencié en Sciences géographiques
et agrégé en Sciences biologiques, débute sa carrière
à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
au service éducatif. Il crée la section Écologie et
Conservation de la Nature, qu’il dirige pendant de
longues années. Il assume également pendant un quart
de siècle la présidence de l’asbl « Les Réserves naturelles
et ornithologiques de Belgique » et d’autres associations,
contribuant à une meilleure prise de conscience des
valeurs du patrimoine naturel et de sa sauvegarde.
Il collabore en tant qu’expert à de nombreuses
missions à l’étranger pour le compte du Conseil de
l’Europe et la Banque mondiale.
L
’ Académie royale des Sciences et des Beaux-Arts
de Belgique lui a décerné un prix pour une publication
de vulgarisation scientifque. Les émissions de
télévision, dont la très populaire émission « Le Jardin
Extraordinaire » lui a valu à deux reprises l’« Antenne de
Cristal », l’ont fait connaître auprès du grand public.
En 2003, il est anobli par le Roi avec le titre de baron.
Né à Bruxelles en 1975, marc meGancK est historien et
écrivain. Depuis 2003, il est attaché aux Musées royaux
d’Art et d’Histoire, chargé de mission auprès de la
Direction des Monument et des Sites. Co-auteur de douze
volumes de l’Atlas du sous-sol archéologique de la Région
de Bruxelles, on lui doit aussi plusieurs livres sur l’histoire
et le patrimoine bruxellois (monastères, monde rural,
intérieurs d’îlots…).
Pierre FaLKenbacK est entré à l’administration
communale de Woluwe-Saint-Pierre en 1937 où il a gravi
tous les échelons. Secrétaire communal honoraire, il
est aujourd’hui président de l’Union des Mouvements
patriotiques. Passionné d’histoire locale, on lui doit
un ouvrage, aujourd’hui épuisé, sur l’histoire de notre
commune.
leS auTeurS
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Table des matières
p. 6
Préface
p. 8
remerciements
p. 9
Introduction
Woluwe-Saint-Pierre
un lieu, un milieu, des mémoires
1
p. 11
un lieu :
les délimitations territoriales
2
p. 18
Woluwe, un nom
3
p. 20
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
p. 34
Le parc Parmentier
4
p. 54
les premières implantations humaines
5
p. 65
De l’An Mil à la fn du Moyen Âge
p. 78
Hof te Bovenberg, la ferme du Bovenberg
p. 82
Hof te Stokkel, la ferme de Stockel
6
p. 84
De la Renaissance à la fn de l’Ancien Régime
p. 98
La cure de l’église Saint-Pierre
p. 102
Hof ten Bemel, la ferme du Bemel
7
p. 106
1790–1815, la période française,
de la création des communes à la fn de l’Empire
p. 116
L
’ Auberge des Maïeurs, la ferme Thielemans
8
p. 122
1815
–1830, la période néerlandaise,
du Congrès de Vienne à la création de la Belgique

9
p. 128
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
p. 138
L
’ école communale de Stockel
p. 144
L
’ église Notre-Dame de Stockel
p. 156
Le parc de Woluwe
p. 158
Le Manoir d’Anjou
p. 161
Le palais Stoclet
p. 172
La ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren
p. 174
Le musée du Transport urbain bruxellois
p. 179
L
’ ancien couvent des Franciscaines
10
p. 182
1914–1918
la Première Guerre mondiale
p. 191
La Maison dite « Vénitienne »
p. 194
L ’église Saint-Paul
11
p. 196 1918–1940
l ’entre-deux-guerres
p. 200
L
’hippodrome de Stockel
p. 208
Un projet de jardin botanique au parc de Wouwe (1936)
p. 210
La cité-jardin de la Forêt
p. 213
Le quartier de Joli-Bois et l’église Sainte-Alix
p. 216
L
’ école communale du Centre
p. 222
Le Chant d’Oiseau
p. 226
L
’ église Notre-Dame des Grâces et le couvent des Franciscains
p. 229
L
’institut Cordier
p. 232
L ’église Saint-Pierre
12
p. 234 1940–1944
la Seconde Guerre mondiale
13
p. 244
1945–
De la fn de la guerre à nos jours
p. 246
Le quartier du Bemel
p. 254
La cité du Kapelleveld
p. 257
L
’ architecture
p. 260
L
’ art dans le métro
p. 264
La sculpture
p. 266
L
’ administration communale de Woluwe-Saint-Pierre :
ses origines, son développement et sa modernisation
p. 276 La musique
p. 278 La peinture
p. 284
Le plateau de Stockel
p. 291
Postface
p. 293
liste des bourgmestres
p. 294
Tableau général des communications vicinales en 1847
p. 295
Correspondance des noms de rues
p. 296
Des rues dédiées aux soldats de la Première et
de la Seconde Guerres mondiales
p. 299
Notes
p. 308
Bibliographie
p. 312
Crédits photographiques
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6
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Cette conception des rapports entre l’histoire et le milieu m’a guidé lorsque j’ai pris
l’initiative de cet ouvrage en 2008.
Il y a plusieurs manières d’écrire l’histoire : la façon naïve du chroniqueur d’antan,
celle du chercheur patient ou de l’érudit solitaire. Il y a aussi l’histoire que l’on « arrange » en
taisant certains aspects pour en corriger d’autres.
Les auteurs de cet ouvrage collectif ont voulu éviter ce travers. Ils espèrent y être
parvenus, même si les limites du volume à publier les ont amenés à ne pouvoir être
exhaustifs sur de nombreux points tant la matière s’est avérée abondante. Pour les mêmes
raisons, ce livre n’a pas pour objet d’établir un inventaire de notre patrimoine architectural,
artistique ou même toponymique.
Woluwe-Saint-Pierre a la particularité d’être aujourd’hui une des très rares
communes belges dont les limites territoriales n’ont quasiment pas changé depuis sa
création en 1795 (à la seule exception de l’adjonction, sous le régime hollandais, du canton
des Pins Noirs dans la forêt de Soignes). Depuis plus de deux siècles, notre territoire
communal est donc stable. Convaincu que la connaissance du passé permet de mieux
comprendre le présent, il m’a paru intéressant de demander à des scientifques
– historiens
et naturalistes – de retracer l’évolution de notre entité et d’en décrire les différents visages.
à l’exception de quelques initiatives isolées, dont celle de notre secrétaire communal
honoraire Pierre Falkenback, Woluwe-Saint-Pierre s’est rarement penchée sur son passé.
Nous n’avons même pas songé à célébrer notre bicentenaire, nous sommes dépourvus
de musée communal et, pendant fort longtemps, les autorités municipales n’ont pas
rassemblé systématiquement les objets ou documents évoquant le passé.
Ces lacunes que comble en partie ce livre résultent peut-être de la très grande
rapidité de l’urbanisation inexorable de ce qui était encore, voici à peine un siècle, une
entité essentiellement rurale. Durant les premières décennies du xxe siècle, cette évolution
était assimilée au progrès et à l’amélioration des conditions de vie. C’est souvent dans
l’indifférence générale que l’on a vu disparaître des éléments caractéristiques du paysage. Je
n’évoquerai ici qu’un seul exemple : la démolition, souvent regrettée par après, de l’église de
Stockel en 1966.
Ayant toujours vécu à Woluwe-Saint-Pierre, elle fait partie de mes souvenirs
d’enfance, comme le champ de courses, le chemin de fer électrique Bruxelles-Tervuren,
les étendues de bois de bouleaux, de terrains vagues et de champs entre lesquels la ville
poussait rapidement ses tentacules. C’est dire si l’évocation de ce passé récent faisait pour
moi aussi partie de cet exercice de mémoire.
Préface
L
’histoire n’est que la géographie dans le temps
comme la géographie n’est que l’histoire dans l’espace.
Elisée Reclus (1830–1905)
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7
Finalement consciente qu’avec la disparition des générations qui nous ont précédés,
la tradition orale de nos quartiers s’effaçait, ce n’est que récemment et probablement trop
tardivement que notre commune s’est intéressée à des objets conservés par des particuliers.
la commune vient ainsi, entre autres, d’acquérir une exceptionnelle collection de cartes
postales, qui illustre ce que fut Woluwe-Saint-Pierre entre 1890 et 1960.
De nombreux Néosampétrusiens ont, en fait, le sentiment d’habiter dans une
commune certes agréable à vivre, verte, sûre, bien entretenue et dotée d’infrastructures et
d’équipements qui répondent à leurs besoins, mais aussi celui de résider souvent dans des
quartiers récents et donc apparemment sans passé. J’ai dès lors voulu que, pour la première
fois, on puisse rassembler dans un seul ouvrage les éléments les plus signifcatifs de
l’histoire humaine et naturelle de notre terroir.
Une telle tâche ne pouvait être menée à bien que par une équipe pluridisciplinaire
capable de se plonger dans toutes les sources disponibles pour retracer l’évolution des
différents aspects de la vie communale. Il m’est agréable de rendre ici un hommage mérité
au travail de recherche, d’étude et de coordination accompli par Mesdames Geneviève
lacroix et Isabel Vermote, historiennes, ainsi qu’à la qualité des contributions extérieures
qui ont permis de conférer à cet ouvrage toute son ampleur.
Il me plaît de citer particulièrement le baron Kesteloot, ancien échevin qui, avec
l’érudition qu’on lui connaît, a si bien décrit nos biotopes, et M. Marc Meganck, historien,
à qui l’on doit les chapitres consacrés à la Préhistoire, l’Antiquité et le Haut Moyen Âge.
Je ne voudrais pas omettre de remercier trois passionnés qui, depuis des années, se
consacrent à notre histoire locale. M. Marc Villeirs, dont les travaux consacrés à l’histoire
de la commune voisine de Woluwe-Saint-lambert ont montré qu’elle s’était longtemps
confondue avec la nôtre. M. Pierre Falkenback, qui est la mémoire vivante de notre
administration où il entra en 1937 et est l’auteur d’un ouvrage (aujourd’hui épuisé) sur
l’histoire de Woluwe-Saint-Pierre. Et, enfn, M. Jozef Laureys qui, outre l’analyse des textes
en ancien dialecte, nous a ouvert ses précieuses archives et a recensé les familles originaires
des deux villages qui ont longtemps coexisté sur notre territoire municipal.
Comme vous aurez plaisir à le constater en feuilletant cet ouvrage, nous avons veillé
à associer aux différents chapitres des documents iconographiques souvent exhumés de
l’oubli dans lequel ils étaient plongés. Tous concourent à éclairer et enrichir les textes et
même, pour certains, à en révéler le sens précis.
Je vous invite à découvrir cet impressionnant travail de recherche et d’analyse.
Je voudrais plus particulièrement inciter les Wolusampétrusiens à lire ce livre : il leur
permettra de percevoir leur univers quotidien, aussi familier soit-il, sous un nouvel angle.
Ce livre est l’histoire de notre commune, de notre terre, celle de nos pères ou celle
que nous avons adoptée, celle de notre vie faite de travail, de peines et de joies.
Willem Draps
Député-bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre
Préface
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8
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
remerciements
Retracer l’histoire d’une commune et de ses mémoires est une belle et longue aventure humaine.
En amont de toute la démarche scientifque que nous avons menée, il y a l’impulsion,
l’énergie et la confance d’un bourgmestre passionné et très au fait de l’histoire de sa
commune, soucieux de faire le point sur un cheminement millénaire à l’heure de mutations
profondes et irréversibles. Comme historiens, nous avons ressenti nettement le désir du
bourgmestre Willem Draps d’analyser le passé, le faire connaître et le mettre au service de
la compréhension du présent et des évolutions en cours. Loin de tout passéisme nostalgique
ou de tout embellissement romanesque. Mais parce que les éléments d’histoire – sources,
documents, témoignages – sont précieux, fragiles, volatils même, et que les négliger est déjà
les compromettre. Nous avons constamment été soutenus et encouragés, nous avons reçu
la liberté de travailler en toute conscience, d’appeler des collaborateurs de premier plan, de
rédiger en confance et de pourvoir une illustration vaste et sémantiquement utile.
Notre démarche n’aurait jamais pu s’épanouir non plus sans quantité d’aides précieuses,
d’encouragements bienvenus, d’idées pertinentes et d’enthousiasme constructif venant de
toutes les personnes que nous avons contactées au fl de nos recherches.
Nous avons aussi toujours reçu un accueil positif de la part de tous les membres de
l’administration communale. Leur soutien actif, souvent même proactif, nous a été précieux.
Nous pensons tout particulièrement à Mesdames Patricia Meerts, Marie-Christine Gevart,
Dominique Vaeye, Patricia Deraeck, Céline Leva et Véronique Springal.
Au sein du cabinet du bourgmestre, nous devons beaucoup à Jourik Ghysels, qui a pris
en charge la gestion pratique des travaux préparatoires à l’édition et qui a partagé les exigences
de ces travaux avec une complicité amicale et créative. Soient aussi remerciés Messieurs
Stéphan Buyle et Francis Dubois, Mesdames Solange de Potter d’Indoye et Marie-Anne
Genette. Auprès des Académies, nous remercions Madame Marina Meyer, directrice de
l’académie des Arts et Monsieur René Dalemans, son prédécesseur, tout comme Monsieur
Marian Mitéa, qui fut directeur de l’académie de Musique.
Nous avons aussi eu la joie de faire pleinement équipe avec Gérard Compère, archiviste
de la commune. Nous lui devons un énorme travail de gestion des archives, mille détails, mille
trouvailles qui donnent vie à des heures et des heures de complicité à dépouiller de « vieux papiers ».
Les collectionneurs privés et les témoins ont aussi un rôle primordial dans la conservation
et la communication des mémoires. Nous pensons ici à Mesdames Latteur et Servais, si
attachées au quartier du Chant d’Oiseau, Madame Zeimes, dont les souvenirs du monde
hippique de Stockel sont une richesse, Madame Polspoels, l’une des premières habitantes du
Kapelleveld, Messieurs Luc Deconinck, chercheur infatigable, et Rainer Hiltermann, spécialiste
de la Première Guerre mondiale. Monsieur Christian Jacques et Madame Gyssels nous ont fait
partager un très beau reportage photographique sur la vie des religieux franciscains du Chant
d’Oiseau réalisé au tout début de l’installation de la communauté. Monsieur Christian Dupuis
nous a généreusement ouvert les portes du Parador pour une découverte sensible et émouvante.
Aux archives du CPAS de Bruxelles, nous avons reçu l’aide de Monsieur David Guilardian
et Mesdames Inès Moubax et Tamara Altmann. Nous tenons à remercier également les Musées
royaux d’Art et d’Histoire et la cellule Archéologie de la Direction des Monuments et des Sites
(Région de Bruxelles-Capitale) et tout spécialement Madame C. Ortigosa.
Enfn, c’est un plaisir de remercier Monsieur Jozef Laureys, habitant de longue date de la
commune, collectionneur méthodique et encyclopédique, transcripteur et traducteur des textes
les plus anciens utilisés ici, relecteur patient, critique constructif et correcteur inlassable qui
nous a accompagnés tout au long de nos travaux.
Les auteurs
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9
Introduction
Woluwe-Saint-Pierre a cet intérêt de cumuler les traces de son histoire. La ruralité, la première
industrialisation, la villégiature et les loisirs « touristiques », le développement tertiaire et
architectural des « 30 glorieuses »… n’ont pas systématiquement gommé les traces des phases
antérieures. Ni village ancien ni ville nouvelle, mais les deux à la fois.
Sous l’histoire d’une entité se lit celle d’une région. Celle des abords de Bruxelles. Du
village agricole et nourricier, lieu de refuge et de production alimentaire pour les ressortissants
de la capitale du duché – puis du pays – jusqu’à l’aube du xxe siècle, Woluwe-Saint-Pierre est
devenu ce lieu de résidence agréable et recherché, séculaire pour certains ou sporadique
pour les nomades contemporains que sont les représentants d’autres pays, d’institutions,
d’entreprises implantées dans notre pays.
Nous avons abordé l’étude d’une histoire globale de Woluwe-Saint-Pierre sans préjugé,
sans rejet, sans partie prenante, sans autre fnalité que de tenter de retracer l’évolution d’une
entité. Ses relations avec la capitale et la campagne, si lointaines et si proches à la fois, font de
Woluwe-Saint-Pierre un cas intéressant de mutation profonde où se lit en arrière-plan l’histoire
d’une région, d’un groupe villageois, de familles entières enracinées depuis des siècles et
confrontées à des transformations défnitives et inéluctables. Les nouveaux arrivants, à chaque
époque, se sont eux aussi fondus dans l’ensemble et ont participé à modifer les paramètres.
Avant d’être rejoints par de nouvelles vagues de nouveaux habitants.
Chaque sujet, dans une approche globale de l’histoire d’une commune, mérite d’être
traité en profondeur et de manière exhaustive. Mais chaque sujet ne le peut pas toujours. Faute
parfois de sources et pour tenir compte des réalités d’une publication cohérente, utile, agréable
à lire et forcément limitée en volume, ce qui a nécessité des choix parfois délicats.
Nous avons choisi délibérément de privilégier l’humain et son cadre de vie.
L
’histoire de Woluwe-Saint-Pierre, de ses habitants, de son milieu, de la vie qui s’y
déroule depuis des siècles, est donc plus toufue, plus vaste, plus précise que nous ne pouvons
en rendre compte prima facie à notre époque.
Les sources sont abondantes. Mais leur abondance est parfois inégale. Les archives
communales, conservées à l’hôtel communal, sont vastes, inventoriées, et constituent des séries
le plus souvent complètes et d’exploitation aisée.
Pour les époques les plus anciennes, les sources ne diférencient pas toujours l’histoire
de Woluwe-Saint-Pierre de celle de Woluwe-Saint-Lambert. Peu de sources nouvelles, ou
d’interprétations nouvelles, sont venues remettre en question le travail de recherche et d’analyse
fondateur mené il y a plusieurs années maintenant pour Woluwe-Saint-Lambert, qui reste
valide. Nous avons développé sur ces mêmes bases son équivalent pour Woluwe-Saint-Pierre.
Quand les sources venaient à manquer ponctuellement, nous avons radicalement évité
tout recours à l’imaginaire pour y palier. Ou encore pour embellir ou romancer le sujet.
Nous avons toujours privilégié l’étude des archives et des témoignages vivants, dans une
recherche fondamentale des réalités factuelles et de leur vécu par la population. Nous n’avons
situé que brièvement les contextes généraux, connus et amplement documentés par ailleurs,
dans lesquels la commune s’inscrit de manière générale et somme toute évidente.
Introduction
Woluwe-Saint-Pierre
un lieu, un milieu, des mémoires
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10
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
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1
11
un lieu : les délimitations territoriales
un lieu :
les délimitations territoriales
Délimitations territoriales sous l’Ancien Régime
Les limites d’un territoire sont particulièrement difciles à cerner sous l’Ancien Régime.
En efet, les terres se répartissent en seigneuries ou en propriétés ecclésiastiques. Les impôts
et les dîmes remontent directement au propriétaire, sans que la gestion de toutes les facettes de
l’administration locale ne soit centralisée par entité.
Les noms des villages ne défnissent pas des frontières strictes mais plutôt des repères
géographiques et paroissiaux. Les limites paroissiales sont, elles, plus précises. Les registres
paroissiaux livrent des informations détaillées sur les lieux de naissance, de mariage et de décès
des paroissiens. Mais rien n’empêche pour autant les paroissiens de se rendre à l’église de leur
choix, bien souvent la plus proche de leur domicile.
À la fn de l’Ancien Régime, la géographie administrative des environs de Bruxelles était
telle qu’à la fn du Moyen Âge1. 
La création de communes en République française
L
’ administration française a à cœur de structurer tous les étages de pouvoir de la nou-
velle république. Les communes sont très précisément défnies, en termes de gestion, de fron-
tières et de fonctionnement. Les biens ecclésiastiques sont nationalisés peu à peu. Les dîmes,
maintenues dans un premier temps, sont fnalement supprimées et toute la gestion des impôts,
comme le fonctionnement des institutions locales, est centralisée par le pouvoir municipal.
Le territoire de la commune est strictement défni par quelques actes ofciels.
Le 17 vendémiaire de l’an XIII de la République française (le 9 octobre 1804), un Procès-
Verbal de la fxation de la Base de la Commune de Woluwe-Saint-Pierre est signé par le géo-
mètre-arpenteur en chef et le maire-adjoint, Philippe Theunis.
Le plan colorié de la commune reprend avec précision les diférentes frontières. Le
géomètre, accompagné de l’adjoint au maire, des indicateurs et des maires, des adjoints et
des indicateurs des autres communes concernées, a parcouru la ligne de démarcation entre
Woluwe-Saint-Pierre et les communes limitrophes. Des bornes numérotées ont été plantées
régulièrement à chaque bifurcation marquée. Les emplacements précis de chacune de ces
bornes et les distances entre elles sont repris rigoureusement, comme les lieux-dits et les biens
des particuliers, ou les chemins qui constituent les repères des frontières.
La Carte de cabinet des
Pays-Bas autrichiens
levée à l’initiative du
comte de Ferraris,
établie par le comte
Joseph Johann von
Ferraris entre 1770 et
1778, à la demande du
gouverneur Charles
de Lorraine, est la
première carte complète
et extrêmement
détaillée des Pays-Bas
autrichiens. Ferraris
était directeur de l’école
de mathématiques du
corps d’artillerie des
Pays-Bas.
Planches no 76 Bruxelles,
no  77 Uccle, no 93
Cortenbergh et no 94
Neerijse.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
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12
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Enfn, un procès-verbal entérine la délimitation des sections.
Les Registres des Arrêts du Préfet du département de la Dyle, établis à Bruxelles le
27 février 1809, stipulent que l’autorité « arrête que le plan de la commune de Woluwe St Pierre
vérifé suivant le mode voulu par l’instruction du 25 février 1806, modifé par la circulaire de son
Exc. Le Ministre des fnances du 28 décembre suivant cadastre no 75, reconnu régulier …2. »
Plus tard, un Procès-verbal de la Délimitation du Territoire de la Commune de We St
Pierre afne les mesures.
« Ce jourd’hui vingt huitième jour du mois de mai an mil huit cent huit, nous soussigné
Jean Charles Demortier, Géomètre de première classe, représentant Mr. l’Ingénieur-Vérif-
cateur du Cadastre de ce département, en exécution … les indicateurs étaient MM. Philippe
Debusscher et Henry Buyckens, et que le délégué était Mr. Pierre Nootens. Nous nous sommes
rendus sur le terrain et après avoir reconnu que cette Commune était limitée par celles,
1o Woluwe St Lambert 2o Crainhem 3o forêt de Soignes 4o Waetermael 5o Etterbeek … »
Procès-verbal de la
fxation de la Base de la
Commune de Woluwe-
Saint-Pierre, Archives
communales de Woluwe-
Saint-Pierre, première
page du cahier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Procès-verbal de délimi-
tation de la commune,
établi le 28 mai 1808,
première page du cahier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Tableau d’assemblage
de l’Atlas de la
commune de Woluwe-
Saint-Pierre, dessiné
par le géomètre Jean-
Charles Demortier,
publié en 1808.
Comme de coutume à
l’époque, la carte n’est
pas nécessairement
orientée nord-sud,
mais de la manière la
plus commode pour
l’édition.
Échelle 1 / 10 000.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, service
de l’urbanisme.
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Tableau d’assemblage
de l’Atlas de la
commune de Woluwe-
Saint-Pierre, dessiné
par le géomètre Jean-
Charles Demortier,
publié en 1808.
Comme de coutume à
l’époque, la carte n’est
pas nécessairement
orientée nord-sud,
mais de la manière la
plus commode pour
l’édition.
Échelle 1 / 10 000.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, service
de l’urbanisme.
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14
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Délimitations entre les
communes d’Etterbeek,
Woluwe-Saint-Lambert
et Woluwe-Saint-
Pierre, 1911. Signé par le
géomètre du cadastre
Abeloos.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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15
La commune est divisée en sections :
« Immédiatement après la reconnaissance du Périmètre et Délimitation du Territoire de
la Commune de Woluwe St Pierre, nous Géomètre de Ière Classe susnommé, avons, confor-
mément à l’Instruction de Son Excellence le Ministre des Finances des Ier Mars 1803, Décembre
1807, procédé, de concert avec le Maire de ladite Commune, à la reconnaissance et division
défnitive de ce Territoire en Sections. (…)
Et pour que cette division ne puisse être exposée à des variations qui apporteraient de la
confusion dans les opérations dont-elle doit être la bas, nous déclarons que la section A, dite de
St Pierre et a portion de territoire de la Commune qui est limitée, savoir . (…) »
Un atlas de la commune met tout ceci en images. La nouvelle orthographe du patronyme
du maire de Thiennes Lombize en fait un parfait roturier.
Une commune du royaume des Pays-Bas
Contrairement à la plupart des autres communes de la région bruxelloise, le territoire de
Woluwe-Saint-Pierre n’a pas été modifé depuis l’origine de la commune, si ce n’est le rattache-
ment en 1825 de 1,2 kilomètre carré de zones boisées à Putdael et à Stockel, à la lisière de la forêt
de Soignes. Le roi Guillaume Ier, prince d’Orange-Nassau, grand-duc de Luxembourg, décrète
que les deux parties de la forêt dénommées « Stockel » et « Putdael », ainsi que la chaussée de
Tervueren qui les délimite, feront désormais partie de la commune de Woluwe-Saint-Pierre4.
La superfcie de la commune, alors, atteint 8,8 kilomètres carrés et comprend tous
les domaines qui ressortissaient anciennement de la paroisse de Saint-Pierre sous l’Ancien
Régime. Mais aussi la plus grande partie du hameau de Stockel, qui, durant l’Ancien Régime,
dépendait entièrement de la paroisse de Woluwe-Saint-Lambert5. »
En 1829, un procès-verbal de vérifcation vient ofcialiser ces modifcations.
« Procès-Verbal van Vérifcatie
Provincie van Zuid-Braband
Arrondissement Brussel
Kanton St Stevens Woluwe
Dienst-jaar 1829
Gemeente Ste Peters Woluwe
Op den 17 van de maand Sept. des jaars achtien hondert negen en twintig hebben wij
Ingénieur, Verifcateur van het kadaster, door ZIJNE MAJESTEIT DEN KONING benoemd, om te
verrichten de vérifcatien der plans van het kadaster der provincie Zuid-Braband, ons begeven
in de gemeente St Peeters Woluwe …
Aanwijzend register der verkreegen resultaaten bij de driehoeksmeting uitgevoerd voor
de meeting van het parcellaire kadastrale Plan der gemeente van St Peter Woluwe doot de H J.B.
Hannaÿ landmeter van tweede klas voor de H L. Detry landmeter van eerste klas afwezig6. »
L
’administration du territoire d’une commune du royaume de Belgique
Le jeune royaume hérite d’une situation territoriale déjà bien structurée. Toutefois, le
passé récent a laissé certaines incertitudes. Le 5 février 1833, le conseil communal s’alarme
d’une tentative d’amputation du territoire, menée par la Société Générale.
« Considérant que la Société générale pour favoriser l’industrie Nationale, avoit annoncé
par afches la vente publique, plusieurs terrains, situés dans le Streekbosch dépendant de cette
commune, dont l’adjudication devoit avoir lieu le 15 mars 1832 ;
Considérant que plusieurs parties de terre appartenant à la commune et dont elle
jouissait depuis un laps de temps immémorial par une exploitation paisible & continue se trou-
voient compliquées et comprises dans Quelques-uns des lots, et voulant prevenir cette usur-
pation, l’administration communale ft faire défense et interdiction à la dite Société générale
par exploit de l’huissier Vandervoorde en date du 15 Mars 1832 ci-joint, de procéder à la vente
projettée nommément des parties désignées dans les lots no 51, 52, 53 & 54, aboutissant à la
rue de Soignes, donnant dans la drève dite Demie Heure considérant que la Société générale
un lieu : les délimitations territoriales
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16
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
de la banque ni prit aucune egare à cette notifcation et n’en passa pas moins à l’adjudication
defnitive.
Considérant que la propriété des quotités territoriales que l’administration communale
reclame dans les quatre lots ci-dessus designés, est irrevocablement acquise à la commune.
Considérant que cette quotité dans les quatre lots ci-dessus désignés peut s’évaluer
salvo justo de 55 à 60 verges plantées d’arbres de haute (sic) entre coupés de plusieurs fossés.
Considérant que la totalité des bois dont on vient de faire la vente appartenoît ancienne-
ment à l’abbaye des dames Val Duchesse à Auderghem n’ont jamais contesté les quotités que la
commune reclame aujourd’hui et dont celle-ci au vû et au sû des dits anciens propriétaires. Et
si par suite et par l’efet de la suppression des corporations religieuses et des révolutions l’inté-
gralité de ces bois se trouve devolue au pouvoir de la Société générale ou de la banque, au moins
est-il évident que la banque n’y a pas pu acquérir plus de droits que n’avoient les anciens pro-
priétaires et que, quelque fut le titre d’acquisition de la banque, toujours est-il vrai qu’elle n’a
pu acquérir plus de droits que n’avoient ses prédécesseurs …
Est d’avis de prendre recours vers Messieurs les membres composant la Deputation
des États, la suppliant très humblement de daigner lui accorder l’autorisation requise afn qu’il
puisse intenter et poursuivre son action en revendication en la manière accoutumée devant le
juge competant … (sic) »7.
En 1847, un Atlas des communications vicinales de la Commune de Woluwe-Saint-Pierre8
permet, en un plan général et sept planches éloquentes, de visualiser l’ensemble du territoire tel
qu’il se maintiendra dorénavant.
Les limites territoriales de la commune ne subiront plus que de très légères retouches
au cours des siècles suivants, de l’ordre le plus souvent de simples questions d’alignements de
façades ou de répartitions de maisons au sein d’une même rue.
Schéma au brouillon
de la délimitation de
la commune, établi le
28 mai 1808, détail
du cahier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre
« … la propriété des quotités territoriales que
l’administration communale reclame dans les
quatre lots ci-dessus designés,
est irrevocablement acquise à la commune …
appartenoît anciennement à l’abbaye des dames
Val Duchesse à Auderghem … »
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17
un lieu : les délimitations territoriales
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18
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
2
Woluwe, un nom
La Woluwe au début
du xxe siècle.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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Wol/wil, racine germanique wel – welle, « source
bouillonnante » – ouwe « prairie humide »
19
Woluwe, un nom
Trois localités de Bruxelles ou de ses environs se réfèrent à ce petit afuent de la Senne, la
Woluwe. Au fl de l’eau se succèdent, d’amont en aval, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-
Lambert et Woluwe-Saint-Étienne. Toutes trois se sont développées principalement sur la rive
gauche du ruisseau, bénéfciant d’un ensoleillement optimal. Au xiiie siècle, une mention unique
d’un Woluwe-Saint-Rombaut, en octobre 1227, laisse perplexe encore à l’heure actuelle1.
Le toponyme Woluwe, à l’origine, est utilisé indiféremment pour Woluwe-Saint-Pierre,
Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Étienne. Aux alentours de 1200, les noms des saints
respectifs des paroisses sont adjoints aux toponymes afn de diférencier les villages.
Une toute première mention évoque, entre 1040 et 1043, un lieu-dit uuiluva ou uuiluua2.
En 1117, un écrit mentionne le nom de uuoleuue : une charte par laquelle l’évêque de
Cambrai confrme la possession d’un alleu, une terre dénommée uernesberge, à l’abbaye
de Forest3. On peut toutefois identifer cette terre au noyau primitif de l’Hof ten Berg de
Woluwe-Saint-Lambert.
En 1163, un Henricus de Wilewe est cité comme témoin dans un acte passé à Louvain, par
lequel le duc de Lotharingie Godefroid III reconnaît une donation faite à l’abbaye de Tongerloo
par Arnold de Diest4. Une autre charte fait état, en 1173, du don de l’église de Obwolewa à la
même abbaye de Forest5. Obwolewa peut se traduire par « Woluwe en Amont ». Il peut tout
autant s’agir de Woluwe-Saint-Pierre que de Woluwe-Saint-Lambert, toutes deux en amont de
Woluwe-Saint-Étienne.
Vu les circonstances, on peut toutefois établir que cette mention fait, cette fois, référence
à Woluwe-Saint-Pierre. Par la suite, le terme d’Obwoluwa désignera strictement Woluwe-
Saint-Lambert. Le terme a survécu dans le dialecte local jusqu’à ce jour. Son étymologie est
intéressante et indissociable du ruisseau. Wol/wil, où l’on retrouve la racine germanique wel –
welle, qui signife « source bouillonnante » – dans l’idée de « puits, source », et – ouwe qui déter-
mine une « prairie humide »6.
Le sens précis de la dénomination reste donc peu clair. Il renvoie manifestement à des
critères géographiques. Il pourrait s’agir d’« eau ruisselante », d’« eau jaillissante », de « prai-
rie des sources », de « pré-aux-sources ». La terre et le ruisseau, les sources et les marécages
font donc fondamentalement partie de l’histoire des lieux. Plusieurs autres textes, légèrement
postérieurs, évoquent « Wleuue », « Wolewa » et « Wolvia ». Le terme « Obwolewa », utilisé de
manière assez générale au xiie siècle, devient clairement, pour localiser certaines terres, Sinte-
Peeters-Woluwe en 1453.
Les inondations de la
vallée de la Woluwe en
1930. Ici, le Slot, sur le
territoire de Woluwe-
Saint-Lambert, en aval
de Woluwe-Saint-Pierre.
Collection Robert François.
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20
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Edgar Kesteloot
3
Woluwe-Saint-Pierre,
un écrin de verdure
Le relief entre 45
et 120 mètres.
À l’ouest, le plateau
du Cinquantenaire.
Au sud-est, le plateau
des Pins nains en forêt
de Soignes.
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21
Peu de communes de la région bruxelloise peuvent se prévaloir, comme Woluwe-Saint-Pierre,
d’un patrimoine vert aussi étendu que varié, comprenant une partie de la prestigieuse forêt de
Soignes, plusieurs superbes parcs paysagers, autant de plans d’eau, une rivière en sa vallée d’un
calme bucolique indéniable, le tout entouré de quartiers aérés, de jardins feuris et de squares et
d’avenues arborés.
En efet, sur une superfcie totale de 885 hectares 13 ares 91 centiares, on peut estimer
que près de 200 hectares, soit un quart du territoire communal, sont des zones vertes publiques.
Certains de ces espaces présentent une telle qualité écologique et paysagère qu’ils ont été,
à juste titre, classés par la Commission royale des Monuments et des Sites et repris dans le
réseau européen Natura 2000, ce qui leur garantit un statut légal de gestion et de sauvegarde
pour les générations futures.
En SOUS-SOL
Le socle rocheux, primaire ou paléozoïque de l’anticlinal du Brabant se situe entre 40
et 60 mètres de profondeur et n’a donc pas d’incidences signifcatives sur les phénomènes de
surface. Par contre, les sédiments plus récents déposés à la fn de l’ère tertiaire ou cénozoïque
présentent une alternance de strates de sables et d’argiles datant de l’époque éocène. Elles
sont à l’origine, là où elles afeurent, de la diversité paysagère et par conséquent biologique du
territoire. Ces sédiments sont partiellement enfouis sous une couverture d’épaisseur variable de
dépôts nivéo-éoliens, le loess. Amenées par les vents du nord-ouest et les bourrasques de neige
à l’époque du retrait de la dernière glaciation, ces fnes particules de limon constituent le sol de
surface des plateaux.
Un paysage vallonné.
À l’ouest, le plateau du
Cinquantenaire délimite
la vallée du Maelbeek,
modeste afuent de
la Senne, aujourd’hui
entièrement voûté, mais
témoignant encore de sa
présence par un chapelet
d’étangs. Traversant la
commune, la vallée de la
Woluwe avec
ses afuents, et
le réseau de vallons.
À l’est, le plateau des
Quatre-Bras et, au-delà, 
le bassin hydrographique
de la Dyle.
Photothèque communale.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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22
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Les fonds de vallées, par contre, sont recouverts d’une mince couche d’alluvions
récentes, contenant localement des dépôts tourbeux. Quant aux strates sableuses de l’éocène
appartenant essentiellement aux étages bruxelliens et lédiens, elles renferment des bancs ou
plaques discontinues de grès blanc ou de moellons, autrefois utilisés comme matériaux de
construction. Ces couches sont perméables aux eaux de surface et donc aquifères. La présence
sous les sables de strates argileuses imperméables appartenant à l’étage lutétien, autrefois
panisélien, est à l’origine de la présence de sources et de zones de suintements, qui révèlent un
intérêt biologique considérable.
Un plateau et des vallées
L
’ entièreté du territoire de Woluwe-Saint-Pierre se situe sur le plateau brabançon,
découpé de vallées, toutes orientées sud-nord. L
’ altitude du plateau oscille autour de 100 mètres,
s’élevant graduellement d’ouest en est. L
’ espace situé entre les deux vallées, celle de la Senne
à l’ouest et de la Dyle à l’est, est occupé par une crête de partage. Woluwe-Saint-Pierre se
trouve sur le versant occidental orienté vers la Senne, mais au-delà du plateau des Quatre-
Bras, les eaux coulent déjà vers la Voer, un afuent de la Dyle.
L
’interfuve Senne-Dyle est encore cisaillé par des cours d’eau secondaires. Proche de
notre territoire, le Maelbeek prend sa source au pied de la partie de la forêt de Soignes, devenue
bois de la Cambre, pour couler vers le nord dans une vallée encaissée. Son relief d’origine a été
profondément remodelé dans un environnement urbanisé, laissant pourtant des traces de son
parcours dans une succession d’étangs, ceux d’Ixelles, du parc Léopold et du square Marie-
Louise avant de retrouver la Senne. Le versant oriental de la vallée du Maelbeek s’appuie au
plateau du Cinquantenaire s’étendant jusqu’au square Montgomery et le square Léopold II sur le
territoire de la commune. L
’ altitude y atteint 96 mètres.
À cet endroit, la distance à vol d’oiseau jusqu’au fond de la vallée de la Woluwe, où l’alti-
tude n’est plus que de 45 mètres, n’est approximativement que d’un kilomètre. La dénivellation
est donc de 51 mètres et la pente sévère, mais négociée en larges courbes par la prestigieuse
avenue de Tervueren. Pour diversifer davantage le relief, plusieurs ruisseaux dont le Bemelbeek,
le seul entièrement sur le territoire de la commune, entaillent le versant. C’est ce site au relief
accidenté qui a été choisi pour y créer l’extraordinaire parc de Woluwe. Le fond de la vallée du
principal cours d’eau, la Woluwe, est large de près de 300 mètres, avant d’amorcer le versant
est qui, en pente plus douce, monte jusqu’au plateau des Quatre-Bras sur la ligne de partage du
bassin de la Dyle. L
’ altitude y dépasse les 120 mètres.
Cette esquisse du relief se complique pourtant par la présence de trois vallons subsé-
quents, d’origine plus récente. Ils résultent de phénomènes de ruissellement postglaciaires. Bien
que partiellement nivelés par la couverture de loess et plus tard par des interventions humaines,
ce type de vallons, appelés « delle », ont été particulièrement bien préservés dans le périmètre
de la forêt de Soignes, où le couvert végétal les a, en quelque sorte, fgés et protégés de l’érosion.
Aujourd’hui devenus secs, ils ne se creusent plus.
Deux de ces vallons étaient à l’origine drainés par un cours d’eau. Celui du Bemel sub-
siste partiellement sous forme d’un chapelet d’étangs dans le parc de Woluwe qui remontait
autrefois jusqu’au bas de l’actuelle drève de Nivelles ; l’autre, le Struykbeek, descend du plateau
de Stockel et a été capté et enterré. Un troisième, resté anonyme, est un vallon sec, encore bien
perceptible dans le paysage. Il débute sur le plateau du carrefour d’Auderghem-Forêt, traverse
une partie de la forêt de Soignes, plus précisément le canton des Pins Noirs, se révèle dans le
petit étang du parc du Manoir d’Anjou, traverse l’avenue Madoux et débouche dans une série
d’étangs dont deux, dits de la Pêcherie, subsistent encore avant de déverser leurs eaux dans
les étangs Mellaerts pour fnir leur parcours dans la Woluwe. Un troisième étang, à hauteur
de l’avenue des Fougères dans le même vallon, a été asséché. Il fgure encore sur les cartes du
début du xxe siècle.
Lors de fortes précipitations, surtout depuis l’urbanisation de nouveaux quartiers,
réduisant la percolation des eaux et les envoyant directement vers l’aval, des inondations dans
le fond de ces vallons étaient courantes jusque vers 1960. Depuis lors, l’évacuation des eaux
s’efectue par un réseau de collecteurs souterrains dont le débit en cas de fortes précipitations
Sur son bref parcours
à ciel ouvert, la Woluwe
ofre un visage idyllique.
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24
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
est tempéré par des bassins d’orage. Le premier date de 1985. Le danger d’inondations est
aujourd’hui largement sous contrôle.
Au cours des siècles, le relief a été profondément remanié et adapté aux exigences de
chaque époque. Carrières de sable et d’argile ou de loess, mais encore la construction de voies
ferrées ou de routes et d’aménagements divers qui ont gommé en partie les aspérités du relief.
Celui-ci a néanmoins créé un éventail varié de conditions environnementales et de niches écolo-
giques avec leurs gradients : versants doux ou plus pentus, exposition ensoleillée ou plus ombra-
gée, zones sèches ou carrément marécageuses, bref un milieu favorable à une grande variété
paysagère, prometteuse de biodiversité.
La Woluwe
L
’ entièreté du territoire de la commune se situe dans le bassin hydrographique de la
Woluwe, elle-même afuent de la Senne et donc de l’Escaut. La commune lui doit son toponyme,
même si elle est obligée de le partager avec deux autres communes riveraines plus en aval.
Woluwe-Saint-Pierre doit son origine, son histoire, tout comme son développement et
son essor urbanistique, bref son identité, à cette modeste rivière, longue de 35 kilomètres, qui
prend sa source à Boitsfort en forêt de Soignes pour se jeter dans la Senne à Vilvorde. Son par-
cours à travers la commune est bref, il dépasse à peine 1 kilomètre, dont seulement 650 mètres
à ciel ouvert !
Coincée entre le boulevard du Souverain, depuis sa réalisation en 1904, et le talus de
l’ancien chemin de fer, datant de 1880, elle coule aujourd’hui discrètement en bordure du parc
Les étangs Mellaerts
dans leur écrin de
verdure : les cônes
parfaits des cyprès
chauves sont fanqués
d’un hêtre pleureur et
d’un saule pleureur dans
un équilibre parfait.
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25
de Woluwe. Mais, avant de plonger sous l’important croisement de l’avenue de Tervueren et du
boulevard de la Woluwe, la rivière fait plusieurs bonds dans un décor de roches artifcielles. Ces
cascatelles restent pourtant très cachées et admirées seulement par quelques visiteurs initiés.
Le débit moyen est de 250 litres, donc un quart de mètre cube à la seconde, pour atteindre le
double lors des crues. Mais la rivière, grâce à ses nombreuses sources, n’est jamais à sec.
La qualité de l’eau peut être considérée comme bonne. Grâce à d’importants travaux
récents (2009
–2010), les eaux de la Woluwe et des divers étangs qui l’entourent sont exemptes
de polluants. L
’ apport d’eau en provenance des nombreuses sources est de qualité physico-
chimique satisfaisante. Elle est actuellement complètement séparée de tout système d’évacua-
tion des eaux de surface et, forcément, des égouts.
Autrefois voûtée et rectifée à outrance, elle coule maintenant, dans sa brève traversée
de la commune, à ciel ouvert et on lui a, tant bien que mal, rendu son aspect naturel.
Depuis 2002, la vallée de la Woluwe fait partie du « maillage bleu » de la région bruxel-
loise qui vise à faire revivre les rivières et les ruisseaux en évitant le déversement des eaux
usées. La séparation des « eaux grises » des « eaux bleues » a un efet positif sur la biodiversité.
La Woluwe n’a plus d’afuents permanents apparents sur son parcours à travers la commune
depuis que le Bemel et le Struykbeek ont été voûtés.
Les étangs Mellaerts
Plans et cartes, jusqu’à la fn du xviiie siècle, révèlent l’existence, le long de la Woluwe,
de plusieurs plans d’eau, dont les contours varient en fonction de la précision des documents.
Il s’agit vraisemblablement d’étangs de pisciculture. D’ailleurs, le cours actuel de la Woluwe,
encaissé et rectiligne, n’a plus rien de naturel. Il date de la création du boulevard du Souverain
sur le tracé d’une ancienne voie médiévale. A l’origine, la Woluwe devait, avant l’intervention
humaine, divaguer dans sa vallée. C’est à l’endroit où un vallon, aujourd’hui à sec, venant de la
forêt de Soignes, rejoint la Woluwe, que sa vallée s’élargit, laissant l’espace pour la création de
ce magnifque complexe d’étangs.
Dès 1883, les plans d’eau qui allaient s’appeler plus tard les étangs Mellaerts acquièrent
leur confguration actuelle : un grand étang réniforme avec un développement de rives sur
presque un kilomètre, élément favorable à la biodiversité ofrant, selon la direction du vent,
un choix de zones abritées. Un autre plan d’eau, plus petit, justife le pluriel des « étangs »
Mellaerts. Ce sont les propriétaires du site qui ont prêté leur patronyme à ce site, entouré d’un
écrin de verdure, laissant pourtant une vue panoramique exceptionnelle aux usagers de l’avenue
de Tervueren.
Séparé par l’avenue Général Baron Empain et par une haute clôture se cache le plus
petit, mais aussi le plus secret des étangs appartenant au domaine du Val Duchesse. Il est situé
à la limite de Woluwe-Saint-Pierre. Peu entretenu, inaccessible, avec des arbres tombés dans
l’eau, une roselière discrète contre la digue la séparant du grand étang de Val Duchesse, le lieu
est un refuge précieux pour les oiseaux, réservant probablement des découvertes surprises.
D’importants travaux récents (2009
–2010) préservent désormais les étangs de tout
déversement d’eau polluée. Deux installations, genre fontaines-jets d’eau, sont censées oxygé-
ner l’eau car, dans le passé, lors de fortes chaleurs, le botulisme faisait quelques victimes parmi
les oiseaux aquatiques. D’autre part, au milieu de l’étang de la Pêche, on découvre une curieuse
installation. Il s’agit d’une machine hydraulique, invention du roi Bhumibol de Thaïlande et
réalisée par la fondation Chaipattana pour en faire don à la Région de Bruxelles-Capitale. Grâce
à l’énergie solaire, une roue à godets tourne et permet, en déversant son contenu, l’oxygénation
de l’eau. Le long du même étang, dont les berges ont été récemment renforcées, s’est mainte-
nue une végétation riveraine intéressante. On y reconnaît, par endroits, le feuillage argenté et
les feurs jaunes de la potentille des oies ou argentine (Potentilla anserina), l’opulente foraison
rose de l’eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum) fort fréquentée par les
papillons et autres insectes, la menthe aquatique (Mentha aquatica) au parfum bien caracté-
ristique, pour ne citer que quelques-unes des nombreuses espèces présentes.
La rive est du grand étang se distingue par des zones de suintement, la nappe aquifère
y afeure. Ce site est particulièrement intéressant du point de vue écologique, il est d’ailleurs
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
soumis à une gestion spécifque et n’est fauché que deux fois l’an, au début et en fn de saison,
permettant la réussite de la fructifcation. La richesse botanique est remarquable. Les hampes
pourpres, couleur lie de vin de la salicaire (Lythrum salicaria) voisinent avec les bouquets de
feurs odorantes, blanc crème, de la reine des prés (Filipendula ulmaria). Plus discret est le
cirse faux-épinard (Cirsium oleraceum), genre chardon sans épines aux feurs jaunâtres, plus
modeste encore est le lotier corniculé (Lotus corniculatus) à feurs jaunes, appelé aussi « pied
de poule ». En examinant la fructifcation, ce nom assez particulier se comprend aisément.
Cette énumération est loin d’être exhaustive. Cet immense bouquet de feurs attire évidemment
une foule d’insectes butineurs.
Les deux étangs sont sertis dans un écrin de verdure du plus bel efet. Il est clair que la
nature du sol et la nappe phréatique si près de la surface ont présidé au choix des essences. Au
cours des dernières années, de nombreuses nouvelles plantations d’espèces peu communes ont
été réalisées. Le dendrologue les découvrira avec délices. A contrebas de l’avenue de Tervueren,
un massif de cyprès des marais ou cyprès chauves (Taxodium distichum) n’a pas encore atteint
le développement ni la taille des spécimens nettement plus spectaculaires du parc de Woluwe
qui, eux, sont de véritables centenaires !
Peu mis en évidence : un févier (Gleditsia triacanthos) qu’on reconnaîtra à ses longues
gousses qui restent sur l’arbre même en hiver et son beau feuillage rappelant celui des acacias.
Mais le févier est redoutable. Le tronc et les branches sont armés d’épines, dures comme l’acier
et longues de plusieurs centimètres.
Discrètement caché parmi les peupliers et les frênes majestueux, un ailanthe (Ailanthus
altissima) pourrait prêter à confusion car son feuillage rappelle curieusement celui de son
voisin, qui est plus commun dans nos forêts. L
’ ailanthe s’appelle également faux vernis du
Japon et trahit ainsi son continent d’origine. En réalité, il a été introduit de Chine. C’est le père
jésuite et botaniste à ses heures, d’Incarville, qui a ramené en Europe les premières semences
au xviiie siècle. Le nom latin fait encore allusion à la taille : il peut atteindre 30 mètres, ce qui n’est
pas encore le cas ici. L
’ ailanthe a connu au xixe siècle une certaine importance en France et en
Italie où son feuillage nourrissait la chenille d’un papillon saturnidé, Samia Cynthia, concurrent
éphémère du Bombyx ou ver à soie, mais ne produisant qu’un fl de grossière qualité.
Qui veut poursuivre ses recherches découvrira un massif d’aulnes de Corse (Alnus
cordata), des noyers noirs d’Amérique (Juglens nigra), des copalmes ou liquidambars
(Liquidambar styracifua) aux couleurs automnales d’un rouge éclatant, une plantation magni-
fque, étrange par ses troncs penchant dans toutes les directions, de catalpas (Catalpa bigno-
nioïdes), qui feurissent abondamment au début de l’été. Les bouquets de jolies feurs rose pâle
produisent de longues gousses, pendant aux branches jusqu’à la fn de l’hiver. Et la liste des
curiosités botaniques est loin d’être complète.
Du côté du boulevard du Souverain, une merveille botanique qui ne peut pas passer
inaperçue : quatre pieds de ginkgo (Ginkgo biloba). C’est le seul représentant d’une famille qui
fait la transition entre les conifères et les essences feuillues. Il compte parmi les arbres les plus
anciens de la planète, disparu partout, sauf dans son pays d’origine, la Chine, où il est pré-
servé et vénéré comme arbre sacré dans les enceintes des temples et des palais. Cette essence
emblématique, chargée de symboles, a été introduite en Europe au début du xviiie siècle.
Ginkgo biloba peut devenir millénaire, ce qui n’est pas encore le cas à Woluwe. Cette essence
résiste particulièrement bien à la pollution atmosphérique. Il paraît que quelques exemplaires
ont même survécu à la bombe atomique à Hiroshima en 1945 ! Les pieds femelles sont rela-
tivement rares, car les fruits éclaboussent les chaussures et les voitures. Aussi, le long de
l’avenue de l’Atlantique, on a opté pour des pieds mâles ! Les fruits, juteux, jaunâtres comme
de petites mirabelles, sont, hélas, non comestibles. Le feuillage est caduque, vert clair, pour
virer progressivement vers le jaune doré en automne. Cet arbre étonnant se retrouve encore
en d’autres endroits dans la commune. Récemment, des ginkgos, quelque peu malingres, de
l’avenue du Manoir d’Anjou ont été remplacés par des exemplaires bien plus vigoureux, promis
à un bel avenir !
Au coin formé par l’avenue de Tervueren et l’avenue Marquis de Villalobar, on remar-
quera, repère bien en vue, deux hêtres pleureurs (Fagus sylvatica pendula) dont les branches
pendantes touchent le sol.
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Mieux cachés, à première vue peu spectaculaires, on peut découvrir dans le même
secteur quelques arbres étêtés à des hauteurs variables. Il s’agit essentiellement de charmes
et de hêtres. Ils ont depuis leur amputation développé une nouvelle couronne sur leurs troncs
décapités. L
’ origine de cette intervention est difcile à découvrir : est-elle due à des phénomènes
naturels, tempête ou foudre, ou à une initiative humaine ? Mais le résultat est surprenant. Les
Anglais, dans leurs parcs, encouragent et protègent ces curiosités.
Récemment plantés, les hammamelis de Chine (Hammamelis mollis) feurissent déjà au
mois de janvier, avant l’apparition des feuilles, qui ressemblent à celles du noisetier mais qui se
pareront d’or en automne.
Si les arbres et la verdure ofrent la parure végétale et le cadre paysager, les étangs par
contre constituent un habitat, plutôt exceptionnel en milieu urbain, pour une faune aquatique
riche et variée.
Les oiseaux d’eau sont l’élément le plus apparent. Vu la nature diversifée des contours
et l’aspect des berges des plans d’eau, leur profondeur variable, leur présence en enflade sur
plusieurs kilomètres le long de la Woluwe et de ses afuents, le nombre d’espèces aviaires et
d’individus est élevé. Les étangs Mellaerts sont devenus un haut lieu pour ornithologues, mais
également pour les simples promeneurs qui ne manquent pas de nourrir cygnes et canards.
Hélas, la nourriture est souvent inappropriée car elle contribue à une dépendance vis-à-vis de
l’homme et induit des comportements loin de ceux de la nature sauvage.
Dans un lieu plutôt
secret, la Woluwe
se donne un air
montagnard tout en
aérant les eaux dans un
paysage de cascades
romantiques.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Un parc romantique
Le parc de Woluwe est sans conteste un des plus beaux et des plus étendus de la région
bruxelloise, situé en majeure partie sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre ; une extension vers
le sud se trouve sur la commune d’Auderghem. La superfcie du parc est de 71 hectares, mais
il constitue avec les étangs Mellaerts et les parc et étangs du domaine de Val Duchesse, à peine
séparés par le tracé du boulevard du Souverain, lui-même un couloir de verdure, un ensemble
plus vaste encore de grande qualité paysagère.
Le parc de Woluwe a été créé sous l’impulsion de Léopold II, qui voulait doter sa capitale
d’un réseau de parcs, de jardins publics et d’avenues arborées. Ces projets, en grande partie
réalisés, répondaient au message du Souverain qui déclarait : « Surtout près des grandes villes,
il est fort utile, pour ne pas dire indispensable, de créer ou de conserver des espaces libres avec
des décorations naturelles, et cela dans l’intérêt de l’esthétique et de l’hygiène ».
Le parc de Woluwe faisait partie d’un vaste projet englobant le parc du Cinquantenaire,
site de l’Exposition Internationale de 1897 et l’aménagement de la prestigieuse avenue de
Tervueren, reliant Bruxelles, en traversant la forêt de Soignes, au domaine royal, qui deviendra
l’emplacement du musée du Congo.
L
’ architecte paysagiste français Émile Lainé a conçu un plan d’un parc à l’anglaise. Il est
également l’auteur de nombreux autres parcs, notamment à Ostende : autre lieu de résidence
de Léopold II où il créa le parc Marie-Henriette en 1897. Les parcs, jardins publics, squares et
avenues arborés constituaient un habillage vert aux vastes projets urbanistiques du Roi. Cet
exemple a d’ailleurs été suivi et se retrouve dans la conception de jardins et de parcs privés,
souvent jouxtant des ateliers d’artistes.
Un massif
impressionnant de cyprès
chauves aux bords de la
Woluwe est un rappel
des « bayoux » de leur
Louisiane d’origine.
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Le parc paysager anglais, contrairement aux jardins à la française, sera plus proche
de la nature en accentuant toutefois le pittoresque, l’inattendu, le mystère : thèmes chers au
romantisme. On crée des « fabriques » : rochers et grottes artifciels, cascades, ponts et passe-
relles et des îles au milieu des étangs, le plus souvent plantées de saules pleureurs.
Dans le parc de Woluwe, deux éléments paysagers existants ont été mis en valeur et
quelque peu idéalisés : tout d’abord, le relief du vallon du ruisseau du Bemel et les eaux de la
Woluwe permettant la création de plusieurs étangs. Quelques vestiges dégradés du bois de
Mesdael, qui comme le bois de Linthout faisait autrefois partie de la forêt de Soignes, ont été
renforcés par de nouvelles plantations. Ces écrans boisés encadrent de larges pelouses. Le
parc, à l’achèvement des travaux d’aménagement en 1899, qui avaient duré trois ans, était net-
tement moins arboré qu’aujourd’hui, comme le prouvent les documents photographiques et les
cartes et plans de l’époque.
Caractéristiques de ce type de parc sont les nombreux éléments artifciels : rocailles,
rambardes, vasques, grottes, ponts et faux rochers en ciment. Ils constituent de nouveaux
supports pour des espèces rupicoles : lichens, mousses et fougères. Une très belle station de la
fougère langue de cerf (Phyllitis scolopendrium), accompagnée d’autres espèces de fougères
moins spectaculaires, se découvre sur le massif rocheux que la Woluwe franchit dans une fort
belle cascade. Les larges frondes de cette fougère d’un vert brillant décorent, même en hiver,
ce lieu romantique en lui ofrant une allure exotique.
« L
’inventaire dendrologique de Belgique » 1987–1992 mentionne à plusieurs reprises le parc
de Woluwe. Le spécialiste y découvrira quelques raretés, comme le kalopanax à feuilles
En automne, les
mouettes rieuses
prennent leurs quartiers
d’hiver sur les étangs en
compagnie de foulques
macroules et de poules
d’eau. Les mouettes
ont alors abandonné
leur capuchon couleur
chocolat et revêtu leur
plumage hivernal.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
de ricin (Kalopanax pictus), originaire de l’Extrême-Orient. Il paraît qu’il serait le plus grand
exemplaire de Belgique, ou encore un Zelkova serrata, de la famille des ormes, originaire du Japon.
Parmi les nombreuses espèces appartenant au genre Quercus ou chêne, on note un
chêne écarlate (Quercus coccinea), qui, comme les autres représentants américains de ce
genre, se distinguent par leur coloration rouge écarlate en automne. Avec le chêne à lattes
(Quercus imbricaria), plutôt rare, mais surtout avec le chêne rouge (Quercus rubra), tous origi-
naires de l’est américain, il teinte la forêt pendant l’ « indian summer ». Le spectacle est souvent
moins spectaculaire chez nous, à cause de conditions climatiques diférentes.
Reste encore au spécialiste le chêne des marais (Quercus palustris) à découvrir et
à reconnaître à ses petites feuilles très découpées, sans oublier les essences indigènes, notre
chêne pédonculé (Quercus robur) et son cousin très proche et plus rare, le chêne sessile
(Quercus petraea).
Passons aux conifères pour en sélectionner les spécimens les plus spectaculaires.
À proximité du grand étang et au bord de la Woluwe, avant que la rivière ne plonge en dessous
du carrefour boulevard de la Woluwe et avenue de Tervueren, se dresse un massif de cyprès des
marais (Taxodium distichum), bien visible. Originaire de Louisiane, cet arbre est un des élé-
ments les plus caractéristiques des marais et « bayoux » de la Louisiane. Il y résiste aux inon-
dations, même à l’eau saumâtre, ce qui lui est heureusement épargné à Woluwe-Saint-Pierre.
L
’ âge de ces arbres approche maintenant du siècle mais il est encore loin des limites de la lon-
gévité, qui peut atteindre 1 000 ans ! Dans sa patrie d’origine, pour parer à l’asphyxie, les racines
développent des « pneumatophores » : ce sont des excroissances, sous forme de tubes d’aéra-
tion, pouvant atteindre 1 mètre et parfois 2 mètres ! Sous nos latitudes, des pneumatophores
d’un demi-mètre sont la règle, mais les cyprès chauves du parc de Woluwe ne développent pas
de pneumatophores, le sol étant trop bien drainé et la tonte de la pelouse qui entoure le massif
trop fréquente.
Comme son nom l’indique, le cyprès chauve, contrairement à la plupart des conifères,
perd ses feuilles et, en même temps, le bout des rameaux qui les portent, mais sans s’être paré
auparavant de couleurs automnales ocres. Appartenant à la même famille botanique, les
taxodiacées, mais bien plus impressionnants par leurs dimensions extraordinaires, les séquoias
de la côte pacifque des Etats-Unis étaient à peine découverts que déjà introduits en Europe vers
le milieu du xixe siècle. Tout propriétaire de parc convoitait cet arbre de prestige dans l’espoir de
le savoir millénaire et dépasser les 100 mètres de hauteur, comme c’est le cas dans leur patrie
d’origine ! L
’ exemplaire du parc de Woluwe est un wellingtonia (Séquoiadendron giganteum)
ou « big tree ». Il a été planté, bien en évidence, facilement reconnaissable, surtout en hiver
par sa masse trapue, vert sombre, et une base de tronc énorme dont l’écorce étonne par sa
nature spongieuse.
Grâce à la présence de nombreuses essences sempervirentes, surtout des conifères,
tous exotiques, le parc de Woluwe garde, même en hiver, sa parure verte. Leur port et leur
silhouette sont tous diférents, éléments qui ont été bien mis en évidence. Il reste au visiteur
de reconnaître les diférentes espèces de pins, d’épicéas et de sapins, de thuyas, de cèdres et
quelques très beaux massifs du seul conifère, probablement indigène : l’if (Taxus baccata).
L
’inventaire dendrologique complet comprendrait plusieurs dizaines d’espèces, leur
énumération serait fastidieuse. Le parc de Woluwe est, à cet égard, un véritable jardin bota-
nique où l’aspect paysager prime. Ainsi, les coloris printanier ou automnal inhabituels pour nos
essences indigènes ou encore une foraison abondante ou curieuse ont été particulièrement mis
en évidence.
En toute saison, le parc de Woluwe est une merveille. Un éclairage nocturne approprié
met en évidence les frondaisons et leurs refets dans l’eau des étangs, ofrant ainsi un spectacle
féerique aux promeneurs et aux automobilistes pas trop pressés.
Depuis 1972, le parc de Woluwe est un site protégé. La gestion du parc de Woluwe est
confée à l’ibge (Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement), tout comme les autres
parcs, zones vertes ou la partie de la forêt de Soignes sur le territoire de la Région. Cette gestion
est essentiellement écologique en vue de favoriser la biodiversité tout en préservant la qualité
paysagère et en encourageant le public à une meilleure connaissance de la nature. Un apport
tout particulier a été consenti pour un aménagement plus naturel des berges des étangs. C’est
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ainsi que, par endroits, apparaissent des roselières denses de phragmites (Phragmites aus-
tralis) ou de massettes à larges feuilles (Typha latifolia), reconnaissables à leurs longs épis
brun chocolat. Cette végétation impénétrable, envahie par des plantes grimpantes comme la
douce-amère (Solanum dulcamara) et le liseron des haies (Calystegia sepium) aux jolies feurs
blanches, constitue un biotope bien particulier abritant une faune adaptée à ce type d’habitat.
Les îlots fottants des grandes feuilles brillantes des nénuphars blancs (Nymphaea alba) et
jaunes (Nuphar lutea) sont du plus bel efet.
Tout en respectant le plan d’ensemble initial, la gestion actuelle est consciente de l’im-
portance et du rôle essentiel des arbres morts dans le cycle de la nature et le transfert de la
matière organique. En sont la preuve la présence de nombreuses espèces de champignons, de
multitudes d’insectes, d’oiseaux cavernicoles et de chauves-souris, qui y trouvent refuge.
On laisse aux endroits appropriés quelques arbres tombés dans l’eau : le fouillis de
branches ofre un support pour la construction du nid ou des perchoirs pour certains oiseaux
aquatiques. Le héron cendré (Ardea cinerea) s’y met à l’afût, tandis que foulques macroules
(Fulica atra) et grèbes huppés (Podiceps cristatus) y installent leur nid.
La gestion actuelle du
parc et de ses étangs
tend vers un aspect plus
naturel. La roselière
est la transition entre
le milieu aquatique
et la terre ferme,
avec de nombreux
gradients, à l’origine
d’une biodiversité
remarquable.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le maillage vert et bleu
Les parcs et zones vertes sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre ne constituent qu’un
maillon, mais essentiel, dans l’ensemble cohérent de la vallée de la Woluwe. Depuis ses sources
en forêt de Soignes en passant par plusieurs étangs, ce cours d’eau, souvent à ciel ouvert, parfois
souterrain, drainant au passage les eaux de quelques afuents, parcourt un ensemble de parcs
et de zones vertes jusqu’à sa sortie de la Région bruxelloise à la limite de Woluwe-Saint-Étienne.
Sur près de 10 kilomètres, une mosaïque de zones vertes – forêt, parcs, pelouses – et de zones
bleues – étangs, cours d’eau, sources et marais – se succèdent pratiquement sans interruption.
Ce maillage est un facteur primordial de la biodiversité, il facilite la communication entre lieux
de reproduction, de nourrissage et de refuge, mais encore il permet l’extension et la répartition,
ainsi que l’occupation de nouveaux territoires pour les espèces tant animales que végétales.
Le parc de Woluwe, pratiquement au centre de cet ensemble, en est aussi le cœur,
entouré d’autres parcs, zones vertes, étangs qui complètent sa fonction et son rôle dans la
création et la conservation de la biodiversité. Le parc est directement relié à la promenade
verte constituée par l’ancienne voie de chemin de fer qui, au départ de la gare du Luxembourg
à Bruxelles, atteignait Tervuren. Cette voie est devenue, avec les ans, une allée arborée, maillon
vers les zones vertes du Bovenberg et du parc Parmentier et son chemin de ronde, ainsi que les
deux étangs de la Pêcherie. Le pont de l’ancien chemin de fer surplombant l’avenue de Tervueren
est remplacé par une élégante passerelle piétonnière.
Dépassant les limites communales, la Woluwe atteint le parc des Sources, poursuit son
parcours à travers le parc Malou et le site marécageux de l’« Hof ter Musschen ». Cet ensemble
cohérent couvre près de 100 hectares. Il ofre à la faune et à la fore des opportunités rarement
Les rocailles artifcielles
étaient très appréciées
dans les parcs de
type anglais. Elles
ont été, tout comme
d’autres «fabriques »,
précieusement
conservées et restaurées.
Ici, une des entrées du
parc Parmentier.
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présentes et un couloir de migration bien marqué et identifable pour les oiseaux lors de leurs
déplacements aériens.
Il n’est donc pas étonnant que ces sites de grande valeur patrimoniale aient été intégrés
dans le réseau européen Natura-2000, tout comme d’ailleurs la totalité de la forêt de Soignes.
Natura-2000 a été lancé dans tous les États de l’Union européenne, vaste campagne pour la
conservation de la nature en application des directives pour la protection des oiseaux (1979) et
celle pour la protection des habitats (1992).
Un parc multifonctionnel
Le parc Parmentier trouve son origine dans la création et l’aménagement de l’avenue de
Tervueren. Edmond Parmentier était entrepreneur de son état et a pu se constituer une pro-
priété en bordure de ladite avenue. Le style de parc paysager de type anglais, déjà adopté dans
le parc de Woluwe, y est maintenu tout comme ses « fabriques ». On y reconnaît les mêmes
rocailles, petit pont rustique en ciment, l’intégration harmonieuse du relief et des escarpements.
Il ne reste plus beaucoup de témoins des plantations d’origine. Le parc a subi, lors d’occupa-
tions diverses, pas mal de dégradations. Aujourd’hui, l’espace est occupé par des installations
sportives, terrains de tennis, mais également par des bâtiments scolaires et un assemblage de
constructions occupées par des mouvements de jeunesse et les stations de plein air de l’œuvre
de l’abbé Froidure. Malgré ce constat, il reste quelques vestiges de l’ancien parc dont quelques
épicéas (Picea abies) dont les longs cônes sont fort appréciés par les écureuils pour les
semences qu’ils contiennent. On admire quelques beaux chênes de chez nous, mais également
des chênes rouges (Quercus rubra) américains, des hêtres sylvestres (Fagus sylvatica) majes-
tueux, dont quelques exemplaires présentant des allures peu courantes d’un tronc court d’où
émergent des branches qui, à une certaine hauteur, sont soudées, d’autres exemplaires formant
un bouquet de quatre troncs ! érables sycomores (Acer pseudoplatanus) et planes (Acer pla-
tanoides), marronniers d’Inde (Aesculus hippocastanum), frênes (Fraxinus excelsior) et robi-
niers (Robinia pseudoacacia) constituent un écran vert cachant les bâtiments. La présence de
cette essence, appelée encore faux-acacia, mérite l’attention. Originaire de l’est des États-Unis,
elle a été souvent plantée pour fxer les talus, entre autres des voies ferrées. C’est le cas pour
les remblais de l’ancien chemin de fer. Il drageonne abondamment mais, régulièrement coupé,
il est maintenu à l’état de taillis. Quelques exemplaires, dont ceux du parc Parmentier, n’ont pas
subi ce traitement et ont pu se développer normalement pour atteindre une belle taille et une
cime aux branches tortueuses. La foraison est somptueuse : des masses de grappes de feurs
blanches odorantes et riches en nectar pour attirer les abeilles.
Bien en vue et spectaculaires sont deux séquoias, plus précisément des wellingtonias
(Séquoiadendron giganteum). Aujourd’hui plus que centenaires, ils témoignent des splendeurs
passées de ce parc, tout comme le vénérable pin de Lord Weymouth (Pinus strobus), abattu
récemment.
Les 12 hectares du parc Parmentier sont classés comme site, dont 3 hectares situés sur le
versant raide et bien ensoleillé, orienté vers le sud et qui longe l’avenue de Tervueren. Cette pente
est couronnée par un chemin de ronde. Elle est transmise à une gestion écologique afn d’y main-
tenir et développer une pelouse sèche où les espèces thermophiles pourront feurir et produire
des semences.
En bas de la côte, l’avenue de Tervueren monte vers la forêt de Soignes mais abrite
en contrebas un vallon, occupé par deux étangs ; un troisième a été asséché et est intégré
aujourd’hui dans le tissu urbanisé.
Cette zone, particulièrement intéressante, est également gérée par l’ibge. Les deux
étangs et leurs abords ont été, dans le cadre de l’assainissement des eaux du bassin de la
Woluwe, complètement réaménagés en 2010.
Le plus petit des étangs était destiné à la pêche, il est pourvu d’une fontaine conçue pour
l’oxygénation de l’eau et entouré d’aulnes (Alnus glutinosa) et en aval d’une zone marécageuse où
feurissent en été l’eupatoire ou chanvre d’eau (Eupatorium cannabinum) et la grande consoude
(Symphytum ofcinalis). La surface de l’eau est presque entièrement couverte de feuilles et de
feurs du nénuphar jaune (Nuphar lutea) dont l’envahissement pose quelques problèmes.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le parc Parmentier
Circonscrit par les avenues de Tervueren,
Parmentier et des Orangers, le parc Parmentier
s’étend sur un peu plus de treize hectares.Il fut
aménagé à l’époque de la création de l’avenue
de Tervueren, entre 1897 et 1899, dans le style
anglais, sous le contrôle de l’architecte-paysa-
giste français laîné, auteur du parc de Woluwe.
l ’aspect de cette partie de l’avenue ne sera plus
guère modifé par la suite que par l’exécution du
boulevard du Souverain réalisé par l’entrepre-
neur edmond Parmentier de 1900 à 1910.
edmond Parmentier était le parfait
exemple de l’entrepreneur immobilier. un
homme d’affaires réféchi et audacieux. Il réalisa
en 15 ans plusieurs avenues du pourtour de la
capitale, comme l’avenue de Tervueren, le boule-
vard du Souverain. Il était également l’homme de
paille du roi qui ne se découvrait pas volontiers
comme commanditaire, comme dans le cas
de l’avenue de Meise, ouvrage imposant d’une
largeur de 156 mètres.
Ses travaux générèrent des plus-values
appréciables sur les terrains favorisés par les
aménagements de ces nouvelles artères. Cela ne
l’empêcha pas de réclamer une fois ou l’autre des
diminutions de contributions personnelles ou
foncières, systématiquement rejetées par l’admi-
nistration communale. en 1909, il se propose
d’équiper la commune d’une nouvelle école pour
garçons, pour peu que l’administration assume
les frais de personnel enseignant et les frais de
fonctionnement. La demande n’est pas rejetée
d’emblée1.
Pour la réalisation des travaux de
l’avenue de Tervueren, jusqu’aux Quatre-Bras,
Parmentier reçut 1,5 million de francs de
subsides. Il travaillait comme concessionnaire
de l’État belge. Il conserva pour lui-même une
parcelle aux abords des étangs Mellaerts, où il
ft établir une grande maison, entièrement en
bois, son futur Chalet « norvégien » détruit par un
incendie la nuit du 10 au 11 juillet 2000.
le Chalet norvégien de M. Parmentier
est peut-être un édifce acquis dans le cadre
d’une Exposition universelle et « transplanté »
à Woluwe-Saint-Pierre. Une serre magnifque
attenante au corps de logis en bois embellissait
encore l’ensemble. Toute de fer et de verre,
elle ne manquait pas d’évoquer – à une échelle
réduite, il est vrai – les fameuses serres que Balat
créa pour le souverain à laeken2.
à l’approche de la cinquantaine,
Parmentier se marie, contre le souhait de sa
famille, avec antoinette Voet, qui remplissait de-
puis de longues années les fonctions de gouver-
nante auprès de sa famille. Il décède à Woluwe-
Saint-Pierre le 27 janvier 1910, à peine âgé de
52 ans. Il laissait un héritage considérable à son
épouse, qui déménagea peu après. elle lègue sa
fortune à des œuvres ; laissée à l’abandon pen-
dant quelques années, sa propriété passe en 1915
à la princesse Jean de Merode, qui y installera un
centre de convalescence et de rééducation pro-
fessionnelle destiné aux soldats mutilés pendant
le premier confit mondial3.
Le Chalet « norvégien »
d’Edmond Parmentier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Les baraquements du
Chalet Parmentier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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le parc Parmentier
Les stations de plein air
de l’abbé Froidure au
parc Parmentier :
les enfants arrivent
en tram.
La visite des princes
royaux à la station
de plein air du parc
Parmentier en 1937.
Photographies mises à disposition
par la Fédération Froidure asbl.
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en 1933, l’abbé édouard Froidure ouvre
une première station de plein air dans le parc
Parmentier. le parc, bien boisé, est un domaine
de l’État. Le parc a l’avantage d’être proche du
dépôt du tram, ce qui facilite les déplacements
des enfants venus pour la plupart des quartiers
défavorisés de la ville. l ’abbé avait pu obser-
ver comment la ville de Cologne mettait à la
disposition des classes et des stations de plein
air, situées aux abords de la ville, les trams vidés
des navetteurs issus de la banlieue, les enfants
venant du centre empruntant tout simplement le
mouvement inverse des travailleurs. l ’abbé put
obtenir de la S.A. « Les Tramways bruxellois » de
faire voyager les enfants sur les trams, mais pas
la gratuité des déplacements.
Le parc comptait toujours les pavillons
installés durant la Première Guerre mondiale
pour abriter les soldats blessés et invalides. Ces
pavillons avaient été désertés et abandonnés
depuis 1925. les lieux s’étaient largement dégra-
dés et étaient même devenus dangereux à fré-
quenter. « Depuis huit ans, c’était la forêt vierge
et un lieu de maraudage … je visitais le parc … il
présentait un stupéfant aspect d’abandon ; je
me souviens très précisément de ma visite dans
ce qui deviendrait la chapelle et qui n’était qu’un
espace emmuré envahi par les orties m’arrivant
aux oreilles. C’était l’ancien stand de tir. le pavil-
lon central offrait l’aspect du délabrement total,
avec ses portes arrachées, ses vitres brisées, ses
planchers crevés. Des vagabonds s’y réfugiaient
la nuit. J’étais certain, pour ma part, de pouvoir
remettre ce parc et ses dépendances en état et
d’en faire une plaine pour les enfants. »4
en 1933, la princesse astrid, alors du-
chesse de Brabant, assiste à la première grande
fancy-fair de la station de plein air et lui accorde
son haut patronage le 5 octobre 19345.
la station de plein air et les en-
fants reçoivent, en 1937, la visite du jeune
prince Baudouin et de sa sœur la princesse
Joséphine- Charlotte.
en 1939, l’essor du parc est certain. la
station a accueilli 100 000 journées d’enfants.
Durant la Seconde Guerre, la station maintint
son activité et 1.400 enfants purent continuer
à y trouver de la nourriture, du réconfort et des
soins6. un nouveau bâtiment, équipé de cuisines,
et des bacs à sable, furent construits pour amé-
liorer l’accueil et les activités de la station au
cours des décennies suivantes.
la station de plein air du parc Parmentier
est toujours active actuellement.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le talus raide abrite quelques très beaux chênes, dans le bas des peupliers aussi specta-
culaires et, entre les deux étangs, un magnolia tout tordu.
Ces grands arbres sont fort recherchés par une variété d’oiseaux, mais avant tout
comme dortoir pour les perruches à collier (Psittacula krameri). Intrigante est la présence
d’espèces végétales propres à la forêt. L
’anémone des bois (Anemone nemorosa), le sceau de
Salomon (Polygonatum multiforum) et la primevère élevée (Primula elatior) et un magnifque
parterre d’ail des ours (Allium ursinum), tapis blanc de feurs printanières.
Un autre phénomène, d’un tout autre ordre, mérite d’être mentionné : un petit bout de
ruisselet capte les eaux de suintement. Un niveau aquifère présent dans les sables bruxelliens
confère une certaine teneur en sels ferrugineux qui sont, par l’intermédiaire de bactéries, dépo-
sés sous forme de foculations brunes. Ce sont ces eaux qui alimentent les étangs.
Un géant dans le parc
Parmentier : un des deux
wellingtonias ou
« big tree » de la côte
pacifque des Etats-Unis.
D’autres exemplaires
de ce proche cousin du
séquoia sont à découvrir
dans le parc de Woluwe
et même dans des
propriétés privées.
Photo Renaud Ben Lakhal.
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Promenade verte
L
’Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement a tracé à la périphérie de la
Région une promenade verte, balisée, de plus de 63 kilomètres dont l’objectif est de faire
découvrir toute la richesse de la nature de la Région. Dans notre commune, la promenade bien
ombragée emprunte le site de l’ancien chemin de fer aménagé en zone verte. L
’itinéraire, réservé
aux piétons et aux cyclistes, surplombe le parc de Woluwe, passe par la nouvelle passerelle avec
vue panoramique au-dessus de l’avenue de Tervueren et permet de découvrir les propriétés du
Bovenberg dans un cadre idyllique. Le parc vallonné abrite deux étangs et se prolonge jusqu’aux
parcs des Sources et Malou, déjà sur le territoire de la commune voisine.
Les propriétés du Bovenberg sont privées, donc inaccessibles, mais la promenade verte
peut se poursuivre le long de la Woluwe ou bien encore rejoindre la promenade vers Auderghem
qui permet des échappées sur le parc.
Il reste encore une curiosité à mentionner : le Vignoble de Margot planté sur le talus de
l’ancien chemin de fer et idéalement exposé au sud. Avec ses 650 pieds de Pinot noir, il permet
chaque année de célébrer des vendanges.
L
’ancienne voie ferrée
qui reliait la gare du
Luxembourg à Bruxelles
au musée de Tervuren
est devenue une
promenade arborée, très
appréciée, reliant
les parcs et espaces verts
de la commune.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Une voie royale
La somptueuse avenue de Tervueren, tracée et réalisée en 1897, relie le parc du
Cinquantenaire au palais colonial à Tervuren où fut organisée cette année-là une prestigieuse
exposition sur le Congo, qui est devenu, aujourd’hui, le musée royal de l’Afrique centrale de
réputation internationale.
L
’ avenue traverse le territoire de la commune et une partie de la forêt de Soignes. Grande
voie de pénétration de la capitale, elle draine la circulation, attirée en alternance selon l’heure du
jour vers la ville ou vers la forêt, selon le besoin ou le goût de chacun.
À l’origine, l’avenue était conçue comme une double voie avec un terre-plein gazonné
avec allée cavalière, bordée d’une double rangée de marronniers d’Inde (Aesculum hippocasta-
num), en réalité originaires des Balkans et d’Asie mineure. Quelques survivants de la première
génération, aujourd’hui plus que centenaires et en fn de parcours, subsistent dans le tronçon,
moins remanié, dans la montée vers la forêt. Ils accusent quelques faiblesses dues partiellement
aux nombreuses agressions, telles les divers aménagements aux voies du tram, des terrasse-
ments et travaux divers, blessures lors d’accidents de voiture ou d’intempéries. On a constaté
ces dernières années que les arbres afaiblis soufraient de Pseudomonas, une maladie bac-
térienne, et d’attaques d’insectes mineurs des feuilles (Cameraria ohridella). Le suivi de l’état
de santé des marronniers est assuré : chaque arbre porte sa fche d’identifcation qui reprend
toutes les données sur son état sanitaire, indispensables à une gestion préventive afn d’éviter
les accidents dus à la chute de branches ou de l’arbre.
Un remplacement progressif des marronniers d’Inde est toutefois prévu et en partie
réalisé. Certains apprécieront peut-être l’éclosion précoce du vert tendre des feuilles et une fo-
raison spectaculaire. Par contre, la chute des marrons en automne est moins appréciée. Entre
le rond-point du Cinquantenaire et le square Léopold II, le réaménagement de l’avenue avec la
plantation de tilleuls argentés (Tilia tomentosa) d’une belle taille est parfaitement réussi, grâce
aux soins particulièrement poussés, tuteurs et remplacement du sol pollué. Un éclairage appro-
prié ajoutera au caractère majestueux de cette artère.
Sur le tronçon entre le square Léopold II et le Chien vert, les marronniers sont déjà par-
tiellement remplacés par des platanes (Platanus hybrida). Malheureusement mal ou pas
soignés dès la plantation, les troncs, déjà relativement épais, sont loin d’une verticalité impec-
cable ! Par contre, le petit square Léopold II, où le regard est attiré par le sobre monument à la
Cavalerie, ofre une variété d’arbustes dont les Prunus aux premiers beaux jours du printemps
étonnent par une exubérante foraison rose avant que le feuillage bronzé ne la remplace.
En quittant le territoire de la commune en pénétrant dans la forêt de Soignes, l’avenue
se fait plus discrète : la double rangée de marronniers d’Inde s’arrête, elle se réduit à une seule.
Le parcours présente désormais une allure forestière. Même les voies du tram se cachent sous
les frondaisons.
Un carrefour vert
Faisant face au parc de Woluwe, à la jonction de l’avenue de Tervueren et du boulevard
de la Woluwe, on découvre un ensemble d’espaces verts, réduits certes, et au milieu desquels se
dressent la statue du ministre Lebeau et celle, équestre, sur un socle impressionnant de granit
rouge, du général José San Martin. Les plantations ont été particulièrement soignées. Un mas-
sif de tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipifera), essence déjà introduite en Europe dès la fn
du xviie siècle, pour sa foraison particulière attire l’attention, autant qu’un autre massif voisin de
chênes des marais (Quercus palustris) et de liquidambars ou copalmes (Liquidambar styraci-
fua), tous originaires de l’Amérique du Nord. En automne, aux premières gelées, ils se parent de
tons qui, selon les conditions météorologiques du moment et l’avancement de la saison, virent
du jaune au rouge le plus éclatant, nous rappelant le feu d’artifce végétal que sont les Indian
summers de leur continent d’origine.
Récemment perturbées par les travaux importants du prolongement des voies de tram,
le placement de rails et le réaménagement de ce carrefour, ces plantations retrouveront leur
éclat d’ici peu. Ces massifs arborés, étofés d’une grande variété d’arbustes à feurs ou à baies,
complètent le réseau de couloirs écologiques et, par conséquent, le maillage vert. L
’ avenue de
L
’avenue de Tervueren,
voie royale, reliant le
parc du Cinquantenaire
à la forêt de Soignes et,
au-delà, au musée de
l’Afrique centrale, est
unique par sa quadruple
rangée de platanes,
remplaçant partiellement
les vieux marronniers
d’Inde d’origine. Avec ses
larges bandes gazonnées,
cette avenue constitue un
élément important dans
le maillage écologique.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Tervueren est un axe verduré et arboré important, perturbé certes par un trafc intense, mais
qui constitue toutefois un axe ouest-est bien précieux entre la forêt de Soignes, l’enchaînement
de parcs, tant publics que privés, squares et jardins, et l’ultime zone verte sur son parcours
vers le centre-ville, le parc du Cinquantenaire. Cet axe ouest-est est traversé par celui nord-
sud constitué par la vallée de la Woluwe. Notre commune se situe ainsi avantageusement à ce
carrefour stratégique dans le contexte de la biodiversité et de la répartition des espèces, tant
animales que végétales.
Un parc pour chaque quartier
De l’ancienne propriété du Docteur Crousse avec sa villa cossue, aujourd’hui un centre
communautaire, sa roseraie et sa gloriette émane un charme bien particulier. L
’ ensemble
couvre à peine 3 hectares. Déjà à l’entrée, un hêtre pleureur de belle dimension vous accueille
parmi d’autres essences dont des tilleuls (Tilia cordata), un noyer noir (Juglans nigra) dont,
hélas, les noix ne sont pas comestibles, des marronniers d’Inde (Aesculus hippocastanum),
des charmes (Carpinus betulus), des chênes (Quercus robur), des hêtres (Fagus sylvatica) et
d’autres encore particulièrement appréciés par quelques écureuils qui semblent être résidents.
Une mention toute particulière est méritée par un exemplaire unique de l’araucaria du
Chili (Araucaria araucana), plus vulgairement appelé « désespoir des singes » à cause de ses
feuilles persistantes, triangulaires à bords tranchants débouchant sur une épine acérée ! Ce
conifère, très particulier, est sufsamment âgé pour produire des cônes sphériques de grande
taille. Il se fait remarquer par une silhouette spécifque à cause de sa structure étagée et bien
équilibrée. L
’ araucaria, fort en vogue à l’époque, se retrouve encore, de taille et d’âge variables,
dans plusieurs parcs et jardins privés.
Le parc Crousse a été inscrit sur la liste de sauvegarde en 1993.
Le parc dit Montsanto, quelque peu caché dans l’ilot situé entre les grands immeubles de
l’avenue de Tervueren et la rue François Gay, a été aménagé en partie dans le parc du couvent
des Sœurs franciscaines. En admirant quelques beaux hêtres centenaires, il faut reconnaître
que cet espace vert, inscrit sur la liste de sauvegarde, ne se distingue pas particulièrement des
autres propriétés arborées, notamment à l’arrière des ambassades, comme celles de Pologne,
de Tunisie, de Madagascar et surtout du Nigeria, qui constituent un écran de verdure pour les
habitants des rues adjacentes.
Le plus intéressant est le parc du Manoir d’Anjou dont les origines remontent à l’ancienne
forêt de Soignes. Lorsque, sous le régime hollandais, la lisière nord de celle-ci a été lotie et
défrichée jusqu’à ses limites actuelles, il y aura bientôt deux siècles, le site a été réhabilité sous
forme d’un parc entourant un modeste rendez-vous de chasse. Il deviendra l’imposant château
de Putdael surplombant un parc de 27 hectares.
Grâce à la présence de sources au fond d’un vallon, un bel étang a pu être créé avec une
petite île bien romantique, reliée à la terre ferme par un pont rustique, le tout dans un décor de
grottes et de rocailles dans le goût du pittoresque de l’époque.
En 1913, grâce à ses nouveaux propriétaires, les princes d’Orléans, l’aspect du parc pay-
sager est maintenu et renforcé. On y introduit même du gibier ! Le château est rebaptisé « Manoir
d’Anjou ». Après diverses occupations militaires durant les deux guerres mondiales, la propriété
sera vendue en 1948, lotie en partie et occupée par divers bâtiments scolaires ou autres.
En 1945, une nouvelle artère, en limite du domaine, permettra de nouveaux lotissements
et la création du square de Guise et du coteau d’Anjou. Finalement, il ne restera de la propriété
princière que 8 hectares de parc, de pelouses et l’étang. Heureusement, quelques beaux spéci-
mens d’arbres ont pu être préservés dans des lotissements en périphérie.
Le domaine du manoir est propriété privée ; il mérite une attention toute particulière
par la variété des essences. Ainsi, un exemplaire remarquable de Ginkgo biloba est entouré de
plusieurs autres espèces de conifères : épicéas, pins noirs d’Autriche, thuyas. Cette dernière
espèce est représentée par une rareté : le Thuya plicata, conifère à l’allure de cyprès, originaire
de la côte pacifque des États-Unis, comme c’est le cas de tant d’autres essences dans nos
parcs. L
’ espèce est bien adaptée chez nous et peut atteindre plus de trente mètres. Ce n’est pas
encore le cas. Les thuyas du parc du Manoir d’Anjou sont des cultivars rares : ils ont troqué le
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vert foncé contre un feuillage strié de jaune. Le nom « zebrina » s’explique donc. On découvre
encore avec plaisir plusieurs exemplaires de tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipifera), de la
famille des magnoliacées, dont plusieurs espèces sont réputées pour leurs feurs magnifques.
Des châtaigniers (Castanea sativa) de grande taille, des chênes, des hêtres et des frênes de
belle allure, mais le manque d’entretien, lors du départ de la famille d’Orléans, laisse des traces.
La pelouse est devenue une prairie à fauche qui dévale jusqu’au petit étang. Une partie
a été convertie en jardin potager et des ruches ont été installées. La Société royale apicole de
Bruxelles et Environs – la srabe – y organise avec succès des cours et des travaux pratiques pour
les candidats apiculteurs. L
’ étang est malheureusement assez envasé, mais ses rives abritent une
fore intéressante inféodée à ce type de milieu. Quelques aulnes et saules le bordent.
Vénérable forêt de Soignes
La forêt de Soignes n’est pas comme celle de Brocéliande, terre de légendes et de héros
mythiques. Si les sortilèges de l’enchanteur Merlin et de la fée Viviane lui manquent, elle constitue
par contre le décor toujours vivant de l’histoire et de personnages bien réels, qui ont forgé la gloire
et le destin de notre pays. Pendant des siècles terrain de chasse, mais aussi d’intrigues de généra-
tions d’empereurs, de princes et d’autres seigneurs, Soignes fut également un lieu de réfexion, de
sainteté et d’inspiration pour quelques grands mystiques et artistes de tous les siècles.
Les origines de la forêt de Soignes remontent à quelque 10 000 ans, à la fn de la dernière
glaciation. Grâce au réchaufement climatique, le couvert forestier se constituera en plusieurs
phases, mais de façon ininterrompue, jusqu’à l’époque actuelle.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
La forêt de Soignes
en octobre 2011.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La calotte glaciaire scandinave, qui ne représentait qu’une partie de celle, bien plus
étendue, qui recouvrait d’immenses territoires sur tout l’hémisphère Nord, n’a pourtant, lors de
sa plus grande extension, jamais atteint nos régions. La maigre couverture végétale, quelques
bouleaux rabougris et saules nains n’étaient que les prémices de ce qui se développera plus
tard : une forêt de plus en plus dense, de plus en plus riche en espèces.
Le chêne (Quercus robur) deviendra au cours des millénaires l’essence dominante,
accompagné du bouleau (Betulus spec) sur les sols plus sablonneux et du charme (Carpinus
betulus) sur des sols plus riches. D’autres essences, le tilleul (Tilia cordata), le frêne (Fraxinus
excelsior) et plus tard le hêtre (Fagus sylvatica) viennent enrichir la forêt.
Dans une forêt vierge de toute intervention humaine, dite primaire, le climax est atteint. Il
constitue l’état idéal et fnal de l’équilibre entre les conditions du milieu, essentiellement le climat
et la nature des sols et le couvert végétal. Le climax signife encore la production maximale de
biomasse et la plus grande biodiversité. Dans le territoire concerné, ce climax est représenté
par la chênaie mixte, mésotrophe, et la chênaie-charmaie à jacinthe.
Quand Jules César dirige ses légions sur la Gaule, entre 58 et 51 av. J.-C., ce type de
forêt était encore bien représenté. César mentionne les sombres forêts hercyniennes, dont la
Sylva Arduenna et, plus vers l’ouest, la Silva Carbonaria. La voie romaine de Bavay à Cologne la
traversait. Jules César dans son « de Bello Gallico », et d’autres auteurs après lui, ont fourni des
descriptions d’une région inconnue à cette époque du monde civilisé de la Méditerranée. Le récit
de César est un document important mais également un plaidoyer politique destiné au Sénat de
Rome. En efet, il avait tout avantage à bien mettre en évidence les difcultés de cette campagne
et la somme de courage pour vaincre. Ainsi, la description des sombres forêts, impénétrables,
dépasse peut-être la réalité. De vastes étendues étaient déjà défrichées et, dans les clairières,
des exploitations agricoles étaient implantées.
La forêt de Soignes d’aujourd’hui faisait partie de la Sylva Carbonaria, la forêt des char-
bonniers, le charbon de bois étant un combustible indispensable à la métallurgie locale. De cette
Sylva Carbonaria témoignent encore quelques massifs forestiers du nord de la France, du Hainaut
belge, du Brabant, dont le bois de Hal, les forêts de Soignes et de Meerdael. Déjà fragmenté
à l’époque romaine, le processus s’est poursuivi jusqu’au xixe siècle, pendant l’époque hollandaise.
En 1820, la forêt couvrait quelques 12 000 hectares. C’est à cette époque que Guillaume Ier fait
donation de presque la moitié de la forêt pour fnancer la future « Société Générale ». Le défri-
chement fera disparaître le bois de Mesdael et le bois de Linthout en partie sur le territoire de la
commune. La lisière nord actuelle de la forêt de Soignes date donc de cette époque.
Woluwe-Saint-Pierre s’honore du privilège, partagé avec trois autres communes de la
Région bruxelloise, d’abriter sur son territoire un secteur de la prestigieuse forêt de Soignes,
qui, fait unique en Belgique, est représentée entre les trois Régions de ce pays, avec trois admi-
nistrations diférentes, mais dont la collaboration est exemplaire dans une gestion cohérente.
Le massif forestier de Soignes couvre encore 4 383 hectares, dont 60 hectares constituent
la lisière nord, sur le territoire de la commune. Le secteur de la forêt de Soignes le plus septen-
trional, sur le territoire de la commune, est désigné par les forestiers comme « canton des Pins
Noirs ». Le toponyme se réfère au pin noir d’Autriche (Pinus nigra), une sous-espèce, originaire
de l’Europe centrale, introduite massivement dans nos régions lors de l’occupation autrichienne.
C’est d’ailleurs le forestier et architecte-paysager Joachim Zinner qui a complètement réamé-
nagé la forêt en la transfgurant en cette magnifque cathédrale de hêtres sur les sols limoneux
et de pins sylvestres (Pinus sylvestris) et pins noirs d’Autriche (Pinus nigra austriaca) sur des
sols plus sablonneux. Actuellement, le canton des Pins Noirs présente une heureuse cohabitation
d’essences feuillues dont quelques très beaux chênes et hêtres, mais également de conifères.
On peut encore admirer quelques impressionnants spécimens de pins noirs, mais également,
apparus plus tard, de douglas (Pseudotsuga menziesii), essence d’origine nord-américaine,
et enfn des mélèzes (Larix decidua). Ces derniers sont originaires des montagnes d’Europe
centrale. Ils ont connu un certain succès en sylviculture pour la qualité du bois. Contrairement
à la plupart des autres conifères, le mélèze perd son feuillage à l’approche de l’hiver, quand les
aiguilles virent au fauve éclatant. Dans les clairières, suite à des coupes ou chutes d’arbres lors
de tempêtes, l’espace libéré est colonisé par des bouleaux (Betula verrucosa) aux troncs blancs
et des sorbiers des oiseaux (Sorbus aucuparia), espèces pionnières.
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À certains endroits, des fougères femelles (Athyrium flix-femina) occupent le terrain,
tout comme la fougère aigle (Pteridium aquilinum) qui développe des frondes envahissantes
d’un mètre et demi de hauteur !
Il existe un document exceptionnel qui présente une image fort réaliste de la forêt de
Soignes au xvie siècle, riche de précisions sur la faune et la fore d’antan. Il s’agit des fameuses
tapisseries, dites « Chasses de Maximilien ». Elles représentent des battues au sanglier, au cerf
et une scène de chasse au faucon. Les douze pièces totalisent une longueur de 70 mètres, elles
sont jalousement gardées au musée du Louvre à Paris. Grâce à des repères facilement iden-
tifables, la localisation des scènes de chasse est connue pour certaines. Malheureusement,
aucune ne se situe sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre, mais à peu de distance des limites
communales actuelles à Auderghem, Watermael-Boitsfort et Tervuren. Les tapisseries,
cadeau somptueux de Charles Quint, reconnaissable sur certaines scènes, étaient destinées
à François Ier, roi de France, son beau-frère, tous deux chasseurs passionnés.
Le peintre François Borreman avait été chargé des études préliminaires sur le ter-
rain, c’est-à-dire diférents endroits de la forêt de Soignes, pour servir de cadre aux scènes
de chasse. Les tapisseries ont été réalisées avec une précision de miniaturiste. On y découvre
pas moins de 40 espèces végétales identifées avec certitude : 10 essences d’arbres diférentes,
quelques lianes et plantes grimpantes et 22 plantes herbacées.
On reconnaît essentiellement la chênaie accompagnée de quelques hêtres, bouleaux
et frênes, bien diférente de la forêt de hêtres, créée par les forestiers autrichiens à la fn du
xviiie siècle. La forêt de Soignes constituait encore à cette époque un ensemble continu de près
de 12 000 hectares, presque le triple de la superfcie actuelle. Les bois de Mesdael et de Linthout,
sur le territoire de notre commune, en faisaient partie. Jusque vers 1830, la forêt arrivait encore
aux abords du hameau de Stockel.
Le gibier était abondant et les chasses bien gardées. Le 3 mars 1543, Marie de Hongrie,
sœur cadette de Charles Quint, signe une ordonnance fxant les dates d’ouverture et de ferme-
ture de la chasse au cerf, à la biche et au sanglier. Bien plus tard en 1775, le tableau de chasse
d’une seule battue pouvait étaler 56 sangliers, 28 biches, 28 chevreuils, 1 lièvre et… 1 renard. De
la grande faune, seul le chevreuil (Capreolus capreolus) peut encore être observé.
LES ARBRES DAnS LES RUES
La plupart des voies communales sont plantées d’arbres et d’arbustes d’une grande
diversité, tant dans le choix des essences, variétés et cultivars, que par la silhouette ou encore la
taille. Il s’agit d’une contribution considérable à la biodiversité et la qualité paysagère, mais elle
prétend également procurer une certaine identité aux artères et aux quartiers.
Plus de 4 000 arbres décorent nos rues et avenues. Certaines essences ont été choisies
pour leur foraison abondante et colorée : cerisiers du Japon (Prunus serrulata) qui malheu-
reusement dépérissent en fn de vie et se sont souvent avérés peu adaptés comme arbres d’ali-
gnement en voirie, des aubépines (Crataegus spec) blanches ou rouges. D’autres, comme les
sorbiers (Sorbus aucuparia), produisent des baies, généralement rouges ou orange, du plus
bel efet et fort appréciées par les oiseaux.
Les insectes, et plus particulièrement les abeilles et les papillons, ne sont pas oubliés.
Bien connu est le buddleia (Buddleia davidii), communément appelé et à juste titre « arbre
à papillons ».
Cet univers botanique reste malheureusement le plus souvent inconnu ou méconnu des
riverains. Ainsi, la présence insolite du hêtre de l’Antarctique (Nothofagus antarctica) sur le
parvis Sainte-Alix passe inaperçue. Pourtant, cet exemplaire est probablement unique sur le
territoire de la commune. Son nom peut porter à confusion : il n’y a pas un seul arbre sur le conti-
nent antarctique ! Le Nothofagus est en réalité originaire du Chili, jusqu’en Terre de Feu. Il devrait
plutôt s’appeler hêtre austral ou encore hêtre de Magellan. Le botaniste averti le reconnaîtra
aisément. Bien qu’appartenant à la même famille des fagacées, comme son homonyme euro-
péen, il s’en distingue par ses petites feuilles frisées, aux bords raides et aux nervures saillantes.
De ces belles allées, appelées « drèves », bordées le plus souvent de chênes, de hêtres, ou
d’autres essences de belle allure, il ne subsiste plus que quelques vestiges vénérables. Ces allées
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
rectilignes, bien ombragées, menaient à la demeure du châtelain. Si la plupart des châteaux ont
disparu, il reste encore quelques drèves : la drève Aleyde de Brabant en est une. Quant à l’avenue
Salomé, elle doit son imposant alignement de tilleuls au fait qu’elle était à l’origine une voie privée
établie en 1907 dans le cadre de l’établissement du champ de courses.
Chaque année, et encore en 2011, un budget considérable a été consacré à la plantation
d’arbres d’alignement en voirie et dans divers espaces verts de la commune. Parmi les 66 genres
d’essences ligneuses, beaucoup de variétés et cultivars sont rares et remarquables. Rien que
dans les érables, 20 espèces ont été sélectionnées, dans certaines plusieurs variétés ! Notons
parmi les raretés un albizia africain, des broussonetia ou mûriers à papier, deux espèces de
micocouliers, des savonniers, des zelkovas, des ostrya ou charmes-houblon, et bien d’autres.
Formons le vœu que les promeneurs et visiteurs se rendent compte de l’exceptionnelle
variété de plantations dont l’ensemble constitue un véritable jardin botanique. Si l’autorité
communale a largement investi dans la plantation d’arbres et d’arbustes, les citoyens en ont fait
autant, chacun dans son jardin et selon ses moyens, contribuant ainsi à la réputation de com-
mune verte.
Dresser l’inventaire complet paraît impossible. Une enquête, très partielle, révèle une
richesse insoupçonnée. Le plus souvent, les découvertes les plus remarquables sont réservées
à d’anciens parcs, dont certains arbres, devenus centenaires, sont de belles dimensions. Les
essences indigènes : chênes, hêtres, frênes, érables, bouleaux sont légion, tout comme les coni-
fères : pins sylvestres, noirs, maritimes, ifs, thuyas, épicéas et d’autres encore de toutes tailles,
les trois espèces de cèdres, du Liban (Cedrus libani), de l’Himalaya (Cedrus deodara), dont un
exemplaire classé, et le plus courant, celui de l’Atlas (Cedrus atlantica). Les araucarias sont
bien présents, parfois disproportionnés dans des jardins trop petits. On peut même découvrir
un wellingtonia (Séquoiadendron giganteum), le « Big Tree » des Américains, dans une pro-
priété privée !
Mentionnons encore quelques beaux massifs de rhododendrons (Rhododendron pon-
ticum) et d’autres espèces apparentées, des catalpas, des magnolias et, dans une rue plutôt
banale, cette façade couverte de jasmin de Virginie (Campsis radicans), une liane aux jolies
feurs rouge-orange rappelant les tropiques.
Quelques merveilles sont jalousement cachées des regards indiscrets : quelques mûriers
blancs (Morus alba), oliviers, fguiers (Ficus carica) et même un palmier méditerranéen cou-
rageux (Chamaerops humilis) en pot !
Pour préserver son visage vert, la commune a édicté une réglementation très stricte
concernant l’abattage d’arbres, également sur le domaine privé, et a procédé au classement de
quelques exemplaires remarquables.
N’oublions pas le palais Stoclet, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco en
2009. Ce monument, dû au talent de l’architecte autrichien Josef Hofmann, est conçu comme
une œuvre d’art totale. C’est ainsi que les jardins ont été également dessinés par l’architecte
génial, en harmonie parfaite avec la façade arrière du palais. Les formes géométriques se
retrouvent dans des massifs d’ifs taillés en des structures recouvertes de lierre. L
’ ensemble vert
sombre, également en hiver, tranche harmonieusement sur les façades claires.
LE RAIL VERT
Lors de travaux de réfection des avenues Orban et Madoux en 1988, la commune a
imposé que le site propre des voies du tram soit engazonné sur une distance totale de près de
deux kilomètres, créant ainsi un large ruban vert entre l’avenue de Tervueren et Stockel, ce qui
était une première en Belgique à l’époque. Le choix des graminées s’est porté sur un mélange
approprié au maigre substrat, mais dont la croissance ne nécessite pas de tontes fréquentes.
Mis à part l’aspect esthétique d’un tapis vert, présent toute l’année, la bande gazonnée absorbe
une partie du bruit et évite, lors d’averses, l’érosion et le ruissellement sur ce tronçon à forte
déclinaison, autrefois causes d’inondations.
Depuis peu, la composition foristique s’enrichit spontanément d’espèces végétales
propres aux milieux arides, secs et pauvres en matières nutritives. Leur taille, n’excédant pas
dix centimètres, les met à l’abri du passage des véhicules et des tondeuses. Ainsi, à certains
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endroits, l’orpin âcre (Sedum acre) est apparu, jolie plante grasse formant des coussinets
jaunes-or lors de la foraison au début de l’été. La minuscule drave printanière (Drava verna),
plus précoce, aux petites feurs blanches, passe inaperçue, mais pas l’omniprésent pissenlit
(Taraxacum spec), tout comme la porcette (Hypochoeris radicata) qui lui ressemble, mais à fo-
raison plus tardive. Les formes naines de renoncules rampantes (Ranunculus repens) et de dif-
férentes espèces de trèfe (Trifolium spec) parviennent, elles aussi, à feurir mais se propagent
surtout par stolons au ras du sol. Bien d’autres plantes, dont la présence est souvent éphémère,
peuvent y être découvertes.
Un TERRAIn D’InITIATIOn à LA nATURE
Il reste une parcelle, oubliée et secrète, enclavée entre le domaine du Manoir d’Anjou,
les bâtiments scolaires de Joli-Bois, les lotissements du val des Bécasses et le clos des
Salanganes. Le terrain présente la particularité de se situer dans le fond du vallon venant de la
forêt de Soignes, passant par le petit étang du Manoir d’Anjou pour fnir son parcours à travers
un chapelet d’étangs dans la Woluwe.
Le site fait partie du maillage vert, qui relie la forêt de Soignes à la vallée de la Woluwe.
Partiellement recouvert de gravats et de pierrailles diverses qui forment un talus raide, il
s’est créé un biotope, artifciel certes, mais intéressant. Le sol est complètement envahi par
le lierre (Hedera helix) dans sa forme rampante et par les ronces (Rubus spec). Mais le plus
Les voies du tram dans
les avenues Madoux
et Orban, jusqu’à la
place Dumon, ont été
entièrement gazonnées,
limitant ainsi le
ruissellement sur les
pentes, mais surtout
ajoutant une note verte,
qui de plus en plus
se pare d’une variété
insoupçonnée de feurs
de couleurs diférentes.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
spectaculaire est une station luxuriante de la curieuse fougère langue de cerf (Phyllitis sco-
lopendrium). Par contre, sur la partie non recouverte de débris, s’est développé, durant des
décennies de non-occupation, un espace arboré particulièrement diversifé incorporant des
vestiges de la végétation forestière originelle.
Il y a deux siècles, la forêt de Soignes s’étendait encore jusque-là. Certaines plantes
sylvicoles ont pu se maintenir ou ont réapparu. C’est le cas de la jacinthe des bois (Endymion
non-scriptus), de l’anémone sylvie ou des bois (Anemone nemorosa), du sceau de Salomon
(Polygonatum multiforum), du gouet (Arum maculatum) et de l’épiaire des bois (Stachys
sylvatica), grâce à des bulbes ou des rhizomes, selon l’espèce. La luzule des bois (Luzula
sylvatica) est également présente de façon plus discrète.
Sur l’ensemble du terrain, un inventaire sommaire comprend 33 espèces de plantes
herbacées, tandis que les arbres et arbustes en comptent autant. La régénération forestière
est vigoureuse, surtout les frênes (Fraxinus excelsior) et les érables sycomores (Acer pseu-
doplatanus) qui proviennent des samares volantes, produites en masse par des arbres repro-
ducteurs des environs.
Cet espace constitue donc un terrain exceptionnel d’observations. Il sera d’ailleurs
équipé d’un parcours didactique. Grâce au calme absolu, les oiseaux sont nombreux à prof-
ter de cet espace exceptionnel.
éTOnnAnTE DIVERSITé DE LA FAUnE
Si, de la nature originelle, intouchée, vierge, il ne reste plus rien depuis des siècles,
comme partout en Europe, à quelques rares exceptions près, nous pouvons encore nous
réjouir d’une nature semi-naturelle, ofrant une biodiversité étonnamment riche. La com-
mune présente une palette variée d’habitats divers : une forêt, des parcs, une rivière, des
étangs et des zones humides, des jardins avec un choix immense de plantes.
La faune à Woluwe-Saint-Pierre comprend des représentants de toutes les classes
du règne animal : mammifères, oiseaux, reptiles, batraciens, poissons et quelques centaines
d’espèces d’invertébrés. Des grands mammifères, il ne reste plus que le chevreuil (Capreola
capreola), rarement observé dans la partie de la forêt de Soignes sur le territoire de la
commune. Le trafc automobile dense, la fréquentation du public, la présence de chiens et
d’autres perturbations obligent le chevreuil de se retirer au plus profond de la forêt.
Quant au sanglier (Sus scrofa), en expansion notable en Belgique et qui a déjà large-
ment franchi le sillon Sambre-Meuse, il a été observé récemment (2006) en forêt de Soignes,
mais pas encore dans le secteur des Pins Noirs. Cette présence pose quelques problèmes
pour le forestier, pour les promeneurs et les automobilistes. Le sanglier pourra-t-il se main-
tenir ou faut-il décourager cette implantation, d’autant plus que son origine est suspecte ?
Par contre, le renard (Vulpes vulpes), après une période de déclin, dû à une épizootie
de rage sylvatique et des campagnes de destruction massive, connaît une explosion démo-
graphique sans précédent. Il est actuellement présent sur l’entièreté du territoire belge et
donc en forêt de Soignes. Au départ essentiellement forestier, le renard est devenu citadin !
Le phénomène a d’abord été observé à Londres et puis dans d’autres villes, dès la fn de la
Seconde Guerre mondiale quand des renards, en empruntant les voies de chemin de fer, sont
apparus dans les parcs publics. Ils pouvaient également profter des nombreuses ruines et
habitations abandonnées en s’installant dans les caves et autres souterrains. Opportuniste, il
trouvait dans les poubelles et autres déchets nourriture à sufsance, tout en échappant au tir
des chasseurs !
Telle n’a pas été l’histoire du renard à Woluwe-Saint-Pierre qui a toutefois bien su
profter de l’interdiction totale de la chasse en Région bruxelloise pour pénétrer de plus en
plus loin vers le cœur de la ville et déjà occuper la ceinture verte. Actuellement, les renards
sont présents sur tout le territoire de la commune. Dans les années de l’immédiat après-
guerre, il était encore cantonné dans la forêt de Soignes et les domaines boisés adjacents,
dont celui de Val Duchesse, d’où il a probablement pu s’installer dans le parc de Woluwe.
Pour les habitants du quartier voisin du Chant d’Oiseau, la visite, même en plein jour, d’un
renard n’est pas rare. Cette présence, d’abord redoutée, puis acceptée, s’est généralisée et,
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maintenant, des renards de passage ou sédentaires sont signalés partout. Ils se reproduisent en
toute discrétion dans quelques grandes propriétés présentant des talus arborés. Notons que les
renards au nord du sillon Sambre-Meuse n’ont jamais été porteurs du virus de la rage.
Le blaireau (Meles meles), autrefois présent en forêt de Soignes, est aujourd’hui absent.
Par contre, les petits mustélidés comme le putois (Mustela putorius) ont encore été
observés vers 1960 et la belette (Mustela mustela) est probablement bien présente, mais noc-
turne et si petite qu’elle peut passer inaperçue.
Difcile à observer est également la taupe (Talpa europaea) car elle passe sa vie sous
terre. Par contre, les monticules de terre fraîchement remuée témoignent de sa présence géné-
ralement peu appréciée dans les pelouses des jardins mais acceptée dans le parc de Woluwe, le
parc Parmentier ainsi que le parc du Manoir d’Anjou.
Parmi les mammifères insectivores, le plus facile à reconnaître est sans doute le héris-
son (Erinaceus europaeus), mais il se fait de plus en plus rare.
Les musaraignes, souvent confondues avec les souris, ne se découvrent le plus souvent
que quand le chat de la maison en dépose une dépouille devant la porte !
Parmi les rongeurs, notons au passage les quelques lapins (Oryctolagus cuniculus) qui
s’aventurent encore dans le parc de Woluwe ou aux abords des étangs Mellaerts.
Mieux représenté est sûrement l’écureuil roux (Sciurus vulgaris). Son habitat d’origine
est la forêt mais il s’observe souvent dans les parcs, mais également dans les jardins privés de
la commune. Proftant de la voûte arborée, presque continue dans certains quartiers, ce qui ne
l’oblige pas à des déplacements plus hasardeux au sol, l’écureuil est bien présent dans les quar-
tiers longeant l’avenue de Tervueren. Les fourrés de noisetiers sont particulièrement appréciés
à l’époque de la maturation, dès septembre, des noisettes. Mais il fréquente de plus en plus les
mangeoires où les graines étaient initialement réservées aux oiseaux ! Il grimpe et saute à mer-
veille et sa queue en panache lui sert de gouvernail et de parachute. C’est un véritable acrobate,
capable de monter mais également de descendre le long d’un tronc. Mais le plus souvent, il
préfère la cime des arbres. En automne, il aménage des caches de nourriture et il reste actif en
hiver. Ce petit mammifère, particulièrement attractif, au pelage brun roux, présente certaines
variantes individuelles allant du grisâtre au noir afrmé. L
’ écureuil deviendra de plus en plus
familier en réponse à l’accueil de la population.
Depuis peu, un autre écureuil, dit de Corée (Tamias sibiricus), est déjà bien implanté
dans la forêt de Soignes, notamment dans le secteur de Rouge Cloître. Son apparition sur le
territoire de notre commune n’est pas exclue. Il n’y a pas de concurrence entre les deux espèces :
l’écureuil roux est arboricole et celui de Corée est terrestre.
Signalons une découverte récente : un nid en boule, façonné de fbres végétales, sus-
pendu à un buisson surplombant la Woluwe, preuve de la présence du plus petit de nos mammi-
fères, la souris naine (Micromys minutus).
Les chauves-souris ou chiroptères sont les seuls mammifères volants et pourtant,
méconnues ou inconnues du public, victimes d’une réputation totalement injustifée. Difciles
à observer car elles sont nocturnes ou crépusculaires, leur présence passe souvent inaperçue.
Au moins cinq espèces fréquentent les parcs et abords des étangs de notre commune.
L
’ observation et la détection nécessitent un équipement spécialisé et la prospection de l’entiè-
reté du territoire de la commune n’a pas encore été efectuée. De nouvelles découvertes ne sont
donc pas exclues !
La plus petite, mais aussi la plus courante, s’adaptant facilement au milieu urbain, est
la pipistrelle (Pipistrellus pipistrellus). Les soirs d’été, elle s’aventure à la chasse aux insectes,
même dans les jardins et terrasses éclairés. Elle s’abrite pendant la journée dans des inters-
tices, sous les tuiles, toitures, derrière les volets, parfois en grand nombre.
Deux espèces de vespertilions préfèrent les parcs. Le vespertilion de Daubenton (Myotis
daubentonii) et le vespertilion à moustaches (Myotis mystacinus) chassent le soir au-dessus
des pelouses ou des étangs du parc de Woluwe, où deux autres espèces les rejoignent : la séro-
tine commune (Eptesicus serotinus) avec une belle envergure de 33 cm et qui trouve refuge
dans les cavités de vieux arbres, et la noctule (Nyctalus noctula), légèrement plus grande.
Contrairement à ses congénères, cette dernière espèce est plutôt crépusculaire, s’attaquant en
plein vol aux hannetons et papillons nocturnes.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Depuis 1991, toutes les chauves-souris sont protégées par la loi. Le temps est donc bien
révolu où les chauves-souris étaient associées à la sorcellerie !
Pour les amateurs de frissons nocturnes, des excursions sont régulièrement organisées.
Faute de pouvoir observer les chauves-souris visuellement, elles sont repérées par des écho-
localisateurs, appareils qui captent les ultrasons émis par les chauves-souris. Ceux-ci sont
spécifques pour chaque espèce et permettent donc leur identifcation.
Bienvenue aux oiseaux
La biodiversité, qu’il s’agisse de la faune ou de la fore, sera réduite dans un environne-
ment essentiellement urbanisé. Toutefois, des oiseaux, grâce à leur mobilité extraordinaire, ont
pu progressivement s’adapter à de nouvelles conditions de vie dans des biotopes de substitution
et à la présence de l’homme. Voilà que les murs et les façades de nos villes remplaceront les
falaises et parois rocheuses de la nature originelle.
Ainsi, l’hirondelle de fenêtre (Delichon urbica) a adopté le milieu urbain, à condition
d’y trouver encore sa nourriture, les insectes volants. Autrefois encore bien représentée dans
Les bernaches du
Canada, fréquentant
ces dernières années
nos parcs en nombre
croissant, sont toujours
en groupe et broutent la
végétation riveraine.
Afn de contrôler
l’évolution de leurs
populations, on procède
au baguage des oiseaux.
La bague de l’oiseau
à l’extrême gauche est
très apparente.
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la commune, cette espèce l’avait abandonnée. Mais grâce aussi au placement de nichoirs, une
petite colonie s’est à nouveau installée, elle s’accroît chaque année. Cette initiative sera pour-
suivie et renforcée à d’autres sites par l’association « Natura Woluwe ». Un autre locataire des
édifces également présent dans nos cieux est le martinet noir (Apus apus), mais sa nidifcation
est encore incertaine.
Enfn, le pigeon biset (Columba livia), d’origine méditerranéenne, a aussi quitté les parois
rocheuses pour se laisser domestiquer et devenir le pigeon voyageur des colombophiles.
Malheureusement, sa présence en ville et les dégâts par les fentes sont un souci pour les
services d’hygiène et ceux chargés de l’entretien des bâtiments.
D’autre part, les jardins arborés, garnis d’arbustes et aérés de pelouses, rappellent
lisières et clairières de la forêt originelle. Il n’est donc pas étonnant que nombre d’espèces d’oi-
seaux d’origine forestière, comme le merle noir (Turdus merula) et la grive musicienne (Turdus
philomelos) sont devenus communs dans nos jardins.
Les pics épeiches (Dendrocopos major), même les geais des chênes (Garrulus glanda-
rius), pourtant bien farouches, trouvent autour des mangeoires une source de nourriture bien
plus facile d’accès que celle du milieu d’origine.
Ils sont rejoints par le sympathique et familier rouge-gorge (Erithacus rubecula), le
pinson des arbres (Fringilla coelebs), le troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), l’accen-
teur mouchet (Prunella modularis) et plusieurs espèces de mésanges, charbonnières (Parus
major), bleues (Parus caeruleus), plus rarement les huppées (Parus cristatus) et celles à longue
queue (Aegithalos caudatus), ainsi que leurs proches cousins, les sittelles torchepot (Sitta
europaea), sont également de la partie.
Notons enfn quelques nouveaux venus dans nos jardins, qui sont originaires d’autres
continents : la tourterelle turque (Streptopelia decaocto) et plus récemment la perruche à col-
lier (Psittacula krameri) et sa cousine la perruche alexandrine (Psittacula eupatria), nouvelle
venue, les seuls représentants de l’ordre des Psittacidés qui compte 328 espèces dans le monde,
dont deux autres sont déjà installés dans la Région de Bruxelles-Capitale et qui pourraient
encore rejoindre nos perruches à collier devenues surreprésentées et parfois trop bruyantes
pour certains.
Un paradis ornithologique
La variété dans le monde des oiseaux est le refet de la diversité et de la qualité des
habitats, avec une préférence toutefois pour les zones humides et les espaces arborés dont la
commune est si bien dotée. Rien d’étonnant donc qu’à l’ « Atlas des Oiseaux de la Région de
Bruxelles-Capitale », le carré couvrant le parc de Woluwe mentionne 73 espèces diférentes !
Notons encore que la vallée de la Woluwe, idéalement orientée nord-sud, traçant un ruban vert
entre la ville et la forêt, est un couloir de migration fort fréquenté, mais présente également pour
les espèces sédentaires une mosaïque de biotopes accueillants.
Les nombreux étangs présentent un intérêt particulier, par le fait que les oiseaux y sont
plus faciles à observer. La liste des espèces comprend une dizaine de familles : les grèbes, les
cormorans, les hérons, les cygnes, les oies et les canards, les râles et enfn les mouettes et les
goélands, chaque famille souvent représentée par plusieurs espèces. On peut ainsi observer des
oiseaux sur l’eau, nageant et se nourrissant en surface ou en plongeant pour explorer le fond ou
encore poursuivre une proie sous eau. La nature des berges est également importante pour la
gent ailée, rives consolidées ou en pente douce, marécageuses, gazonnées ou boisées, ombra-
gées ou ensoleillées. La composition chimique de l’eau, son degré d’acidité, de turbidité et éven-
tuellement de pollution varient également.
Or, chaque espèce est inféodée à un type précis d’habitat. Les berges gazonnées sont
fort fréquentées et broutées par les ouettes du nil (Alopochen aegyptiacus), appelées encore
oies d’Egypte, ce qui révèle leur origine africaine. En réalité, elles ont pu s’échapper d’un parc
ornithologique et conquérir au fl des années tous les plans d’eau. L
’ espèce peut être considé-
rée comme invasive, mais surtout opportuniste. Les ouettes, normalement présentes dans nos
parcs, s’aventurent de plus en plus sur les bandes gazonnées de l’avenue de Tervueren ! Les
ouettes sont baguées afn de pouvoir inventorier et étudier l’évolution de leurs populations. Le
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
contrôle s’avère nécessaire, car les ouettes sont agressives et très prolifères. Elles pondent
jusqu’à 8 à 9 œufs et commencent à nicher dès le mois de février, ce qui permet le plus souvent
une seconde nichée.
Un autre envahisseur exotique a récemment colonisé nos étangs. La bernache du
Canada (Branta canadensis), elle aussi échappée de captivité, avait été introduite dès le
xvie siècle dans quelques grandes propriétés anglaises et plus tard sur le continent. Si elle est
appréciée dans les parcs, elle l’est nettement moins dans les zones rurales à cause de dégâts
aux cultures.
Le plus grand, le plus majestueux des habitants de nos étangs, tout blanc, est le cygne.
Il s’agit du cygne muet ou tuberculé (Cygnus Olor). C’est l’oiseau des princes et des poètes et
motif héraldique, la seule des trois espèces de cygnes de notre continent à jouir de ce privilège.
Aux étangs Mellaerts, certains jours, on peut en compter une trentaine. Comme des indivi-
dus sauvages, provenant des rivages de la Baltique, peuvent arriver chez nous en hiver et se
mélangent aux résidents, nos cygnes ne sont pas nécessairement tous des descendants des
premières générations porteuses de privilèges octroyés par les châtelains ou autres proprié-
taires de parcs. Rien de plus impressionnant qu’un vol de plusieurs cygnes car ils se déplacent
souvent d’un étang à l’autre. S’ils n’ont que peu de voix, ils produisent par contre au vol, par le
battement des ailes, un chant mélodieux.
Le cygne tuberculé, ainsi nommé parce que le mâle se distingue par un tubercule noir,
qui tranche sur le bec rouge, principalement lors de la parade nuptiale spectaculaire. C’est
alors que, le cou rentré, les ailes écartées, les plumes gonfées, il double presque son volume,
il devient impressionnant et même agressif pour protéger son nid et sa couvée, tout en sifant
et grognant. Le nid, volumineux, couvrant presque un mètre carré, est construit de tiges de
roseaux, de branchettes et de plumes. La femelle, aussi blanche que le mâle, mais légèrement
plus petite avec une caroncule moins voyante, couve cinq, jusqu’à parfois sept œufs. Les pous-
sins sont nidifuges, grandissent vite et sont déjà capables de nager et de suivre les parents.
Ayant atteint la taille de l’adulte, leur plumage est d’abord brun pour devenir tout blanc dans le
courant de l’année suivante. Les cygnes nichent régulièrement aux bords de nos étangs, ofrant
un spectacle des plus captivants.
Moins spectaculaires sont les canards colvert (Anas platyrhynchos) omniprésents, dont
malheureusement un certain nombre de bâtards, phénomène inhérent à la fréquentation de
canards domestiques.
Un couple de cygnes
muets ou tuberculés
avec sa nombreuse
progéniture. Les jeunes
sont encore brunâtres.
Cette espèce, naturalisée
depuis des siècles,
est particulièrement
spectaculaire.
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En hiver, des migrateurs venus du nord se présentent : plusieurs dizaines de fuligules
morillons (Aythya fuligula) dont les mâles arborent fèrement une huppe noire en compagnie de
fuligules milouins (Aythya ferina) qui animent les étangs par leurs plongeons. Il est intéressant
de comparer les canards dits de surface, comme les colverts, et les canards plongeurs, comme
les fuligules : autre anatomie, autre comportement !
Nouvellement apparu est le canard chipeau (Anas strepera), très discret, et occasion-
nellement le canard souchet (Anas clypeata), qui se distingue par un bec en forme de spatule,
pourvu de lamelles pour égoutter l’eau et retenir la nourriture.
L
’ amélioration sensible de la qualité de l’eau entraînant le développement du plancton et
de la végétation aquatique attire de nouvelles espèces.
Tous les oiseaux fréquentant nos étangs ne sont pas des Anatidés. Depuis peu d’années,
les cormorans noirs (Phalacrocorax carbo), seuls représentants de l’ordre des Pélécaniformes
dans notre région, ont véritablement envahi le pays. Leur présence n’est pas toujours et partout
bienvenue, car le cormoran est un piscivore exclusif et particulièrement efcace en la matière.
Il plonge, nage sous eau et poursuit le poisson, propulsé par ses pattes équipées de triples pal-
mures et par ses ailes, et attrape sa proie avec le bec recourbé aux bords tranchants.
Un autre groupe d’oiseaux plongeurs est constitué des grèbes ou Podicipediformes.
Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est un oiseau somptueux avec sa collerette orange
et noire et une double huppe qu’il met en valeur lors de sa parade nuptiale, spectacle extra-
ordinaire, réservé à quelques observateurs privilégiés. Malgré une fréquentation assidue de
promeneurs aux bords de nos étangs, il existe encore des endroits secrets où les rives sont inac-
cessibles. Ce sont ces lieux que le grèbe huppé recherche pour nicher et élever sa progéniture.
On le voit alors nager avec un, parfois deux poussins sur le dos, curieusement revêtus d’un duvet
zébré, une tenue de camoufage. Le nid est un amas fottant de végétaux qu’il doit constamment
renforcer de nouveaux matériaux. Le grèbe huppé est essentiellement piscivore, ce qui suscite
quelque émotion quand en plongée on le voit enfn réapparaître à un endroit inattendu.
Quelques-uns des nombreux ornithologues qui scrutent les eaux de nos étangs ont pu
observer le minuscule grèbe castagneux (Tachybaptus rufcollis). Comme une pelote de duvet,
il plonge constamment.
Mais d’autres représentants de l’avifaune animent toute l’année nos plans d’eau. Ils y
viennent, élèvent leurs petits et hivernent : ce sont les rallidés. La foulque macroule (Fulica
atra), toute noire, mais avec une plaque frontale et un bec tout blancs, et sa proche cousine
la gallinule, vulgairement appelée poule d’eau (Gallinula chloropus). Comme leurs autres
Un héron cendré vient
de s’envoler et s’apprête
à rentrer le cou et
à mettre ses longues
pattes sous la queue.
Cet oiseau est solitaire
en dehors de la saison
de nidifcation et plutôt
craintif.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
congénères, ils sont plus à l’aise dans la végétation aquatique près des rives que dans les eaux
ouvertes. Ils parviennent à nager grâce à leurs longs doigts, bordés d’une membrane curieuse-
ment lobée chez la foulque. Comme elle est peu farouche, elle vient à terre pour se faire admi-
rer. En hiver, on observe sur nos étangs parfois de grands rassemblements de foulques parmi
lesquels des migrateurs venus du nord. La poule d’eau est plus farouche, nageant plus difcile-
ment, elle préfère les pelouses et un couvert végétal à proximité.
À une autre famille encore appartiennent mouettes et goélands. Ces laridés sont bien
représentés en dehors de la période de nidifcation. On observe la mouette rieuse (Larus ridi-
bundus) parfois en grand nombre. Les diférents plumages selon l’âge et la saison sont un sujet
d’observation et d’interprétation passionnant. Au milieu des rieuses, on peut distinguer, surtout
en hiver, quelques goélands cendrés (Larus canus) et, chassé par les tempêtes au littoral, le
goéland argenté (Larus argentatus), bien plus grand que les mouettes.
Et enfn, parmi les ardéidés, ce visiteur régulier mais discret, le héron cendré (Ardea
cinerea). Au bord de l’eau, il se distingue par sa silhouette élégante, haut sur pattes, le long cou
replié, immobile. À la fn de l’hiver – la saison de nidifcation débute très tôt – il endosse son plu-
mage nuptial avec une huppe et toufes d’aigrettes sur la poitrine et le dos. La colonie – ils nichent
par dizaines dans les arbres – la plus proche est située dans le parc du château de Laeken.
Depuis peu, un visiteur de contrées plus chaudes se présente. C’est un autre ardéidé,
plus grand encore que le héron cendré, d’un blanc immaculé et arborant une longue aigrette,
qui lui repose sur la nuque et le dos. Ces plumes de parade étaient fort recherchées pour orner
les chapeaux de ces dames, ce qui a failli provoquer vers 1900 la disparition de cet oiseau. La
grande aigrette (Egretta alba), d’origine plutôt tropicale, fait partie d’un contingent d’espèces
qui étendent leur aire de distribution vers le nord, phénomène lié au réchaufement climatique.
Une touche exotique
Nos étangs accueillent des réfugiés, échappés de captivité, qui prolifèrent grâce à notre
hospitalité et la nourriture surabondante. Ils sont originaires de tous les continents. Nous
connaissons déjà les ouettes ou oies d’Égypte et les bernaches du Canada.
D’autres espèces, comme l’oie de Magellan (Chloephaga picta), superbes oiseaux origi-
naires de la Patagonie, l’oie barrée (Anser indicus), le cygne noir (Cygnus atratus), d’Australie
et de Tasmanie, sont des visiteurs occasionnels suscitant beaucoup d’émoi parmi les ornitho-
logues. Épinglons encore deux bijoux : le canard mandarin (Aix galericulata), comme son nom
le laisse deviner originaire de Chine, et le canard carolin (Aix sponsa) qui niche dans les arbres
creux de l’est des États-Unis.
Les autres vertébrés
Les poissons exceptés, peu de données sont disponibles sur les batraciens et les reptiles.
La présence du triton (Triturus vulgaris) est très discrète, mais certifée. Il fréquente
toutes les pièces d’eau, essentiellement pour la ponte, mais se cache également sous les pierres
à des endroits humides.
Le crapaud commun (Bufo bufo) révèle sa présence surtout lors de migrations de ponte
à la fn de l’hiver. Il emprunte les mêmes itinéraires, traversant la nuit, à ses risques, des artères
où il périt, victime du trafc.
Les grenouilles indigènes sont plus rares, sauf dans les étangs du parc de Woluwe. Il
s’agit de la grenouille verte (Rana esculenta), tandis que la grenouille rousse (Rana tempora-
ria), moins aquatique, se rencontre également dans des endroits plus urbanisés. Des espèces
exotiques ont été introduites dans les jardins privés. Très prolifères, elles menacent les espèces
indigènes. Quant aux reptiles, quelques observations de l’orvet (Anguis anguis) ont été rappor-
tées du quartier de la Corniche Verte aux versants bien exposés, lieux préférés de cette espèce.
Depuis peu, la tortue de Floride (Trachemys scripta) a fait son apparition dans le grand
étang du parc de Woluwe et celui du parc Parmentier. Cette tortue aquatique, importée par les
aquariophiles, est appelée également cistude à joues – ou à oreillons – rouges ou jaunes, selon les
sous-espèces d’origine diférente des pays riverains du golfe du Mexique et de la mer des Antilles.
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53
Et les insectes …
Même les insectes ne sont pas oubliés. L
’ association Apis Bruocsella se penche sur
le sort des abeilles solitaires, les osmies, andrènes, colletes du lierre et autres bourdons en
leur présentant des gîtes sous forme de bûches perforées ou de tiges creuses de bambou. Ces
abeilles sauvages participent activement à la pollinisation.
Quant à la seule abeille domestique (Apis mellifca), il existe quelques ruches dans des
parcs et jardins privés. Le parc du Manoir d’Anjou en abrite plusieurs et des cours pour apicul-
teurs y sont donnés.
Si les papillons sont nombreux dans les jardins feuris, ils le sont autant dans les grands
parcs aux trouées et clairières ensoleillées. Une dizaine d’espèces relativement communes
peuvent être observées sur le territoire de la commune : une mérite une mention spéciale, l’au-
rore (Anthocharis cardamines), associée aux cardamines des prés (Cardamine pratensis) feu-
rissant en abondance le long des étangs et de façon inattendue sur la berme centrale gazonnée
de l’avenue de Tervueren. Le mâle de ce joli papillon se reconnaît à la grande tache orange, très
apparente au bout des ailes antérieures, qu’il met en évidence au repos, et un curieux dessin
marbré sur le dessous.
Un BILAn
Apparemment, la population de Woluwe-Saint-Pierre est en général respectueuse de la
nature et de l’environnement, consciente de la problématique de la conservation de la nature et
de la préservation de la biodiversité.
Les plantations dans les parterres feuris sont généralement respectées et les jardins
privés souvent fort bien soignés. Les marchés aux feurs et plantes dans diférents quartiers
très fréquentés ofrent en toute saison un choix illimité. Les amateurs de jardins se retrouvent
au sein du Cercle royal horticole et avicole de Woluwe-Stockel. Il propose à ses membres des
conférences, prodigue des conseils et organise chaque année une bourse de plantes.
Nombre de particuliers ont installé des nichoirs et mangeoires pour les oiseaux. Certains
habitants se plaignent toutefois de la présence gênante des pigeons domestiques qui souillent
les bâtiments, ou des corneilles noires qui s’attaquent aux sacs poubelles, et encore des pies et
geais qui chassent les petits oiseaux, ou des perruches à collier, trop bruyantes, voire de la pro-
lifération de renards. Mais cette remarque n’entame en rien une attitude et des comportements
très respectueux pour la nature.
Woluwe-Saint-Pierre, un écrin de verdure
Le parc de Woluwe
en octobre 2011.
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Marc Meganck
4
54
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La vallée de la Woluwe constitue une zone particulièrement riche en découvertes archéolo-
giques nous renseignant sur les premières occupations humaines autour de Bruxelles. Les
origines de Woluwe-Saint-Pierre – de la Préhistoire au Haut Moyen Âge – ne peuvent être
correctement appréhendées que si on les intègre dans ce contexte géographique et même dans
celui, plus large, de la région bruxelloise 1.
L
’EnVIROnnEMEnT nATUREL
Le cadre naturel dans lequel se sont développées ces premières activités humaines a
été déterminant2. Les sites et les découvertes isolées sont principalement localisés en dehors
de la zone marécageuse et inondable de la Woluwe et de ses afuents, sur des sols de plateaux.
Les plus hauts sommets se trouvent à l’est de la commune ; ils atteignent 120 mètres au sud de
la drève de la Demi-Heure et du clos de la Forêt et quelque 107 mètres près du clos du Taillis.
À l’ouest, deux sommets – le square Montgomery et le Vogelzang – atteignent plus de 90 mètres.
Quelques découvertes ont également eu lieu sur les berges mêmes de la Woluwe et de ses deux
principaux afuents, le Bemel et le Struykbeek. Les points les plus bas sont situés au niveau de
la Woluwe, à environ 50 mètres d’altitude.
Près de 80 % du territoire de la commune sont aujourd’hui constitués de sols construits
ou artifciels. Les 20 % restant sont des sols essentiellement faits de limons, connus pour leur
qualité propice à l’agriculture, que l’on retrouve sur les plateaux et dans les pentes. Le sous-sol
est, quant à lui, constitué de couches géologiques, majoritairement sableuses, déposées par
les mers tertiaires au cours de l’Éocène (de 53 à 37 millions d’années). La vallée repose sur des
couches de la formation de Kortrijk. De part et d’autre se trouve une large section de sables
appartenant à la formation de Bruxelles ainsi que des sables de la formation de Lede. Ce sous-
sol a fait l’objet de nombreuses exploitations en carrières, peut-être dès l’époque romaine.
les premières implantations humaines
Les afeurements
géologiques à Woluwe-
Saint-Pierre (fond
de plan Ph. Bufel,
G. De Geyter et
J. Matthijs, Carte
géologique de Belgique.
Région de Bruxelles-Capitale.
Planche 31-39 (1-4 pro parte),
Bruxelles-Nivelles, Service
géologique de Belgique,
Bruxelles, 2002 ; IRScNB, dessin
C. Ortigosa).
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55
LA PRéHISTOIRE
La vallée de la Woluwe a livré de nombreux témoignages de la Préhistoire, principale-
ment de l’outillage lithique (silex), plus rarement des structures (levées de terre). L
’ exemple de la
station néolithique de Boitsfort-Étangs à Watermael-Boitsfort et celui du site de Val Duchesse
à Auderghem sont, à ce titre, très éloquents. Woluwe-Saint-Pierre n’est pas en reste. Plusieurs
sites ont en efet fourni des données archéologiques : Stockel, les étangs Mellaerts, le parc de
Woluwe, le Vogelzang ou encore le lieu-dit l’Orée. Il s’agit de lots d’artefacts ou de découvertes
isolées. Si ces dernières ne permettent pas toujours de conclure à la présence d’installations
durables, elles nous renseignent en revanche sur le mode de vie et sur l’industrie des premiers
habitants de la vallée de la Woluwe. Réalisées pour la plupart à la fn du xixe et au début du
xxe siècle, ces découvertes sont essentiellement le fruit de ramassages de surface par des pros-
pecteurs privés ; elles témoignent aussi d’une époque, lorsque Woluwe-Saint-Pierre était encore
essentiellement rurale et que les traces du passé se lisaient plus distinctement dans le paysage 3.
Le Paléolithique
Quelques découvertes archéologiques semblent attester une présence humaine – bien
que ténue – dans la vallée de la Woluwe au Paléolithique. Cette subdivision chrono-culturelle de
la Préhistoire est particulièrement vaste ; elle s’étend en efet de l’apparition de l’Homme (il y a
environ 3 millions d’années) à 9 000 ans avant J.-C. Le Paléolithique est avant tout une économie
de prédation. Nomades, les chasseurs-cueilleurs ont tiré au maximum parti des ressources
disponibles dans leur environnement naturel. La plupart des armes et des outils étaient réalisés
en pierres taillées, fxées ou non sur des manches de bois. Des matières organiques telles que
l’os et le bois de cerf étaient également utilisées 4.
La vallée de la Woluwe.
Détail de la Carte
topographique et
hypsométrique de
Bruxelles et ses environs
levée par J. Huvenne
vers 1858 (carte éditée
par la Commission
française de la Culture
de l’Agglomération
de Bruxelles).
les premières implantations humaines
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56
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Plusieurs artefacts du Paléolithique ont été trouvés dans la vallée de la Woluwe,
sur le plateau du Kapelleveld à Woluwe-Saint-Lambert (éclat de silex retouché)5, de même
qu’à Auderghem, avenue du Grand-Forestier (racloir) et à Val Duchesse (lames)6.
Une découverte réalisée à Woluwe-Saint-Pierre illustre particulièrement bien cette
période. Des travaux de terrassement menés le 22 août 1912 en vue de la construction d’un
immeuble à appartements à hauteur de l’actuel no 165 de l’avenue de Tervueren, en face du
square Montgomery, ont donné lieu à la découverte de vestiges paléolithiques7. Parmi ces restes
se trouvait un biface en silex. Le terme « biface » désigne une pièce lithique sculptée sur ses
deux faces par l’homme préhistorique. Si on en connaît dans le West-Turkana africain qui sont
vieux de 1,6 ou 1,7 million d’années, ils sont beaucoup plus tardifs en Europe où ils se rencontrent
surtout à partir le l’Acheuléen (vers -500 000). Leur utilisation a perduré jusqu’au Paléolithique
moyen. Le biface de Woluwe-Saint Pierre semble aujourd’hui perdu. Il a heureusement fait
l’objet de descriptions et de publications : long de 124 mm et large de 74 mm, l’artefact fut pro-
bablement produit au cours du Moustérien et a pu servir de hache8. Les ouvriers qui frent la
découverte signalèrent que d’autres pièces du même type auraient été évacuées avec les terres.
Le biface de Woluwe-Saint-Pierre a été découvert en compagnie d’ossements d’ani-
maux – également perdus aujourd’hui – qui caractérisent une faune froide. On recensait
notamment un fragment d’humérus de Rhinoceros tichorinus, soit le rhinocéros laineux. Adapté
aux climats glaciaires, ce rhinocéros se rencontre en association avec le renne et le mammouth.
En Europe, il est connu avec certitude depuis la glaciation de Riss9. Sa disparition survient
tardivement ; on le rencontre encore au cours du Magdalénien. L
’ évolution de cette grande faune
mammalienne se situe donc entre –275 000 et -15 000 ans10.
L
’ ensemble de ces éléments (technique, association avec une faune déterminée) penche
en faveur du Paléolithique moyen au sens large, ce qui fait du biface de Woluwe-Saint-Pierre
une des découvertes les plus anciennes en Région de Bruxelles-Capitale !
Le biface découvert
square Montgomery
en 1912 en compagnie
d’ossements d’animaux,
Paléolithique
(photo reprise de
L.-F. De Pauw, La
vallée du Maelbeek
avec monographie
d’Etterbeek, Bruxelles,
1914, pl. III).
Lames et lamelles
mésolithiques en silex
découvertes à Stockel.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photos R. Pesemier).
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57
Le Mésolithique
Phase évolutive intermédiaire entre les peuples de chasseurs et les peuples d’agricul-
teurs, le Mésolithique (de 9000 à 4500/ 4000 avant J.-C.) a livré quelques découvertes dans le
bassin de la Woluwe. Dans toute l’Europe, on observe une densité démographique plus forte
qu’au Paléolithique, mais aussi des technologies plus élaborées, autant d’éléments qui indiquent
une amorce de sédentarisation. Suite au retrait glaciaire, de nouvelles régions sont accessibles
à l’homme. La subsistance de ce dernier, toujours prédatrice, est désormais étalée sur toute
l’année : pêche, chasse – qui reste prépondérante – et cueillette. L
’habitat est encore principale-
ment caractérisé par des campements cycliques, plus rarement fxes. Le Mésolithique est aussi
un stade technique. L
’ outillage se distingue avant tout par la généralisation des microlithes, obte-
nus par un débitage en lamelles. Ces microlithes sont destinés à armer des traits pour la chasse :
pointes de fèches (l’emploi de l’arc se développe), barbelures latérales aux sagaies, etc.11
À la fn du xixe et au début du xxe siècles, le docteur L. Tiberghien et E. Dupréel décou-
vrirent quelques artefacts en silex datant du Mésolithique à Stockel, près du croisement de la
route Gouvernementale et du clos du Taillis. Il s’agissait principalement de lamelles et surtout
d’une armature dite « triangle scalène », témoignant des variations multiples des microlithes
produits au cours du Mésolithique12. Ces armatures adoptaient en efet plusieurs formes
triangulaires. Le triangle scalène découvert à Stockel fut probablement utilisé comme élément
de barbelure plutôt que comme projectile13. Des pièces mésolithiques ont également été décou-
vertes non loin des étangs Mellaerts au cours de diférents ramassages de surface réalisés
vers 1900 (lamelles …)14.
Outre les armatures très fnes, l’usage d’outils domestiques réalisés sur des lames plus
épaisses ou sur des éclats perdure au Mésolithique. C’est de cette façon qu’on produit grattoirs,
burins, couteaux, perçoirs, hachettes, pics et autres tranchets. Les matières organiques (bois
de cerf, os) complètent l’outillage de pierre, notamment pour la confection des pointes de har-
pons ; un exemple de harpon en bois de cerf de ce type a d’ailleurs été retrouvé à Haren, non loin
de l’ancienne confuence de la Woluwe et de la Senne15.
Le Mésolithique est attesté en d’autres endroits de la vallée de la Woluwe, notamment à Val
Duchesse (Auderghem) où, en 1890, L. Tiberghien découvrit des lames, des grattoirs, des micro-
burins, des armatures et d’autres microlithes16. À Woluwe-Saint-Lambert, des découvertes de la
même époque ont été réalisées au Kapelleveld et sur le site de la station de Lindekemale17.
Le néolithique
Cette subdivision de la Préhistoire est celle qui a livré le plus d’artefacts à Woluwe-Saint-
Pierre. De profondes mutations techniques et sociales marquent cette période (de 5550 à 2500/2000
avant J.-C.). Les sociétés humaines passent en efet à une économie de production basée sur
l’agriculture et l’élevage et donc à la sédentarisation. Les évolutions techniques sont nombreuses.
On note principalement la généralisation de la pierre polie et de la poterie en céramique. Haches et
herminettes au tranchant régulier, très résistantes, sont produites à partir de matériaux durs (silex,
roche éruptive). Le polissage n’est que la dernière étape de la fabrication de la lame qui est obtenue
Triangle scalène en silex
(Mésolithique) découvert
sur le site de Stockel.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photo R. Pessemier).
Armatures néolithiques
à tranchant (silex),
Stockel.
Bruxelles, musées royaux d’Art
et d’Histoire
(© MRAH, photo R. Pessemier)
les premières implantations humaines
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58
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
par un débitage bifacial. Le polissage entier de ces outils n’est pas seulement un atout technique ;
il relève aussi de la recherche esthétique, elle-même probablement liée à des conditions sociales.
Ce nouvel outillage facilitera les travaux de défrichage liés à l’agriculture18.
À Woluwe-Saint-Pierre, le site majeur est celui de Stockel. Il nous donne un bel aperçu
de la production lithique de cette période. L
’ endroit – nous l’avons vu – a également livré des
artefacts mésolithiques. Il est à cheval sur Woluwe-Saint-Pierre et Crainhem où se trouve d’ail-
leurs un second site contemporain. Il couvre l’embranchement route Gouvernementale – clos
du Taillis. Les pièces furent principalement ramassées par L. Tiberghien, E. Dupréel et
E. De Munck19. La liste est impressionnante : des fragments de haches polies, des fragments
de meules, des armatures à pédoncule et ailerons, des grattoirs … Preuve que ces découvertes
Grattoirs néolithiques
en silex, Stockel.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photo R. Pessemier).
Fragments de haches
néolithiques en grès et
en roche sédimentaire,
Stockel.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photo R. Pessemier).
Armatures néolithiques à pédoncule
et ailerons (silex), Stockel.
Bruxelles, musées royaux d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photo R. Pessemier).
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59
étaient remarquables, les plus belles pièces furent mises en vitrine lors de l’Exposition univer-
selle de Bruxelles de 189720.
Plusieurs découvertes archéologiques datant du Néolithique ont été réalisées ailleurs
sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre. Parmi les pièces les plus intéressantes trouvées près
des étangs Mellaerts à la fn du xixe et au début du xxe siècles, citons le corps d’une hache polie
découvert par L. Tiberghien et une hache polie trouvée par L. Flamacke21. En 1931, une hache
polie complète fut découverte entre les racines d’un hêtre, au lieu-dit l’Orée à Stockel, à la lisière
de la forêt de Soignes22. Des trouvailles néolithiques furent également réalisées au Vogelzang
dans la première moitié du xxe siècle, notamment par E. Dupréel (fragment de hache polie …).
D’autres lieux ont livré du mobilier néolithique dans la vallée de la Woluwe. Notamment
à Woluwe-Saint-Lambert, aux abords du moulin de Lindekemale (fragments de haches polies,
Corps de hache polie
néolithique (silex),
Stockel.
Institut royal des Sciences
naturelles de Belgique
(© MRAH, photo R. Mommaerts).
les premières implantations humaines
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60
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
grattoirs, pointes de fèches …) et au Kapelleveld (grattoirs, percuteurs et lames). En aval, des
lots signifcatifs d’artefacts ont été trouvés à Crainhem et à Zaventem23.
Outre cet abondant mobilier, Woluwe-Saint-Pierre possède peut-être sur son territoire
les vestiges d’un camp ou d’un habitat néolithique. Une série de levées de terre s’observent en
efet dans le parc de Woluwe. Le site attira déjà l’attention d’E. Sacassyn della Santa qui ft réa-
liser une photographie aérienne en 194724. Elle pensait pouvoir y distinguer six levées de terre
parallèles entre elles25. Localisées dans le haut du parc, ces levées auraient formé un syste d’en-
ceinte autour du petit promontoire dominant l’intersection des avenues de Kouter et du parc de
Woluwe26. Aujourd’hui, trois levées s’observent encore sur près de deux cent cinquante mètres.
Primitivement, elles cernaient sans doute la plus grande partie du promontoire et formaient une
sorte d’enclos fortifé. Elles ont peut-être fonctionné avec l’habitat néolithique de Val Duchesse
à Auderghem, situé en face, sur la rive droite de la Woluwe. La topographie des lieux se prête bien
à la création d’une zone refuge du côté abrupt de la vallée, alors que le site d’habitat se situerait
en contrebas, sur le versant en pente douce. On pourrait donc être en présence d’un site à carac-
tère défensif, à l’image du camp fortifé néolithique de Boitsfort-Étangs à Watermael-Boitsfort27.
Des fouilles archéologiques devront confrmer ces hypothèses dans le futur.
Hache polie néolithique
en silex, lieu-dit l’Orée.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photo R. Pessemier).
Dessin de la hache polie
néolithique en silex,
lieu-dit l’Orée.
(© MRBC-DMS, dessin
C. Ortigosa).
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61
LA PROTOHISTOIRE
Si le peuplement semble avoir été relativement dense et durable au cours du Néolithique
dans la vallée de la Woluwe, la même chose ne peut pas être avancée pour la Protohistoire
(de 2000 av. J.-C. à l’invasion romaine). Les découvertes de cette période sont rares en région
bruxelloise et datent principalement du premier Âge du Fer (750-475 avant J.-C.). Le site prin-
cipal est celui du Kattepoel à Schaerbeek (hache, fragments d’anneau et pointe de fèche en
bronze, fragments de céramique). Citons encore la découverte d’une urne et d’une tasse en
céramique à Uccle (avenue Coghen) et d’une crémaillère à Anderlecht (Champ Saint-Anne)28.
Malheureusement, à ce jour, aucune découverte ne peut être rattachée à ces périodes sur le
territoire de Woluwe-Saint-Pierre, ni même dans le reste de la vallée de la Woluwe29.
L
’éPOqUE ROMAInE
Quelques décennies après la conquête romaine, le territoire de la Gaule est réorganisé
à l’initiative d’Auguste, entre 16 et 13 avant J.-C. De nouvelles circonscriptions administratives
sont créées : les cités (civitates). Englobant la région bruxelloise, celle des Nerviens avait Bavay
comme chef-lieu. Peu de vestiges de cette époque sont connus autour de Bruxelles, à l’exception
du site Neckersgat à Uccle (Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C)30.
Après leur accession au pouvoir en 69 après J.-C., les Flaviens instaurent une période
de stabilité qui dure presque jusqu’à la fn du Haut Empire. Si l’habitat se développe alors dans
toute la région, sa concentration ne donnera pourtant jamais lieu au développement d’un vicus,
comme à quelques kilomètres de Bruxelles, à Velzeke, Asse ou Elewijt. Quelques villae isolées se
développent à partir de la fn du Ier siècle ap. J.-C. On en recense à ce jour une dizaine en région
bruxelloise (Jette, Anderlecht, Laeken …), essentiellement sur la rive gauche de la Senne. Centre
de grands domaines ruraux (fundi), ces villae comptaient des annexes agricoles. Elles étaient
généralement implantées à la limite des terres de plateaux (agriculture) et des terres basses
(élevage). Les fouilles archéologiques de ces ensembles ont mis au jour les structures de cer-
tains bâtiments, dont quelques-uns étaient dotés de systèmes de chaufage par hypocauste.
Outre ces sites remarquables, les découvertes isolées de l’époque romaine sont nombreuses en
région bruxelloise : monnaies, tuiles (imbrices et tegulae), céramique, sigillée, œuvres en bronze,
verre, fragments de meule, fbules …
les premières implantations humaines
Quantité d’artefacts
de la Préhistoire ont été
découverts aux étangs
Mellaerts.
Photothèque communale.
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62
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La vallée de la Woluwe et les plateaux avoisinants ont, eux aussi, été occupés à l’époque
romaine. De nombreuses découvertes l’attestent, principalement en aval (Sint-Stevens-Woluwe,
Machelen, Vilvorde, Diegem, Zaventem …). Une découverte réalisée au début des années 1950
à Woluwe-Saint-Lambert semble indiquer qu’un centre domanial de type villa s’y trouvait peut-
être entre le ier et le iiie siècle ; des fragments de tuiles et des carreaux de céramique ayant pu
appartenir à un hypocauste ont en efet été retrouvés près du Kwak. Une série de découvertes
isolées à Woluwe-Saint-Pierre confrme aussi une présence romaine. Au début du xxe siècle,
Jean-Louis Lambotte, instituteur à Woluwe-Saint-Pierre, découvrit plusieurs pièces romaines
au cours de ses prospections, sans doute sur le plateau séparant les vallées du Maelbeek et de la
Woluwe. Il s’agissait notamment de monnaies en bronze frappées sous Hadrien (117 à 138 après
J.-C.), sous Antonin le Pieux (138 à 161 après J.-C.) et sous Gallien (253 à 268 après J.-C.). En
1946, un habitant de Woluwe-Saint-Lambert trouva, quant à lui, rue Vervloesem, un as de Néron
frappé à Lyon en 66. Aussi, cinq fragments de céramique gallo-romaine furent découverts par
E. Dupréel à Stockel dans la première moitié du xxe siècle31.
Commencées sous Agrippa, de nombreuses voies de communication furent rapidement
construites dans nos régions. Les plus grandes chaussées romaines évitaient Bruxelles. Deux
axes passaient cependant à proximité : la Bavay-Tongres-Cologne au sud et la Bavay-Asse-
Utrecht à l’ouest. Deux diverticules sont identifés aux alentours : le premier, au nord, reliait
Asse à Elewijt et Tienen ; le second, à l’ouest, reliat Rumst à Elewijt, Wavre, Baudecet et Namur.
D’aucuns évoquent aussi un diverticule reliant Uccle à Wezembeek : le Dieweg. Mais le caractère
romain de ce dernier n’est guère prouvé par l’archéologie32. Certains auteurs le font passer par
Woluwe-Saint-Pierre, en s’appuyant sur le simple fait que la rue T. Decuyper porta le nom de
Dieweg jusqu’au début du xixe siècle.
Enfn, la toponymie locale pourrait garder le souvenir de sépultures sous tumulus, prisées
par les catégories aisées de la population. À Woluwe-Saint-Lambert, les lieux-dits Tomberg
(place du Tomberg) et Tomveld (avenues de Gribaumont et des Ombrages) signalent peut-être
des tombes sous tumulus, même si, jusqu’ici, aucune preuve matérielle ne soutient cette hypo-
thèse. Les faits sont également invérifables en ce qui concerne les découvertes relayées par le
naturaliste F.-X. Burtin dans son Oryctographie de Bruxelles (1784) : des restes d’une tour en bois
trouvés dans une tourbière avec des armes et des monnaies à Woluwe-Saint-Lambert …
Fragments de céramique
gallo-romaine découverts
par E. Dupréel à Stockel.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, photo A. Guillaume).
Les principales
voies romaines
autour de Bruxelles.
Bruxelles, musées royaux
d’Art et d’Histoire
(© MRAH, dessin A. Guillaume).
Page 63Top

Des levées de terre
(Néolithique?) ont été
repérées dans le parc
de Woluwe.
63
LE HAUT MOyEn ÂGE
À partir du ve siècle, les Francs mettent en place de nouvelles structures politiques,
administratives, juridiques et militaires dans nos régions. Autour de Bruxelles, l’époque méro-
vingienne (vers 500–750) est surtout illustrée par la nécropole d’Anderlecht (Champ Sainte-
Anne) ; les fouilles ont mis au jour quelque 300 tombes, ce qui suppose une concentration
humaine relativement importante. D’autres découvertes, très éparses, ont été réalisées dans
la région (Ixelles, Uccle, Saint-Josse-ten-Noode). En ce qui concerne la vallée de la Woluwe,
c’est principalement son cours inférieur qui a livré des données signifcatives pour la période
mérovingienne, notamment sous forme de sépultures (Diegem, Machelen …). La nécropole de
Haren, près du Dobbelenberg, a livré un riche mobilier (épées, scramasaxes, couteaux, tessons
de poteries) ; une des sépultures se démarquait par la richesse de son contenu (fbules, clous de
cuivre, bandoulières, squelette de cheval). Aucun vestige de cette époque n’a encore été retrouvé
à Woluwe-Saint-Pierre.
Les données sont encore moins nombreuses pour les époques carolingienne et postca-
rolingienne. Les textes étant lacunaires, seule l’archéologie pourra sans doute nous renseigner
à l’avenir sur cette période en région bruxelloise33. Une installation de la fn du ixe ou du début
xe siècle a été identifée à Uccle (Groeselenberg). Il semble aussi qu’un premier sanctuaire en
bois fut érigé sur le site de l’église Saint-Pierre à Neder-Heembeek dans le courant du xe siècle34.
C’est vers la même époque que le domaine de Watermael est cité pour la première fois. Ce
vaste ensemble, avec ses dépendances d’Auderghem et de Boitsfort, est le refet de l’accrois-
sement démographique qui s’amorce alors dans la vallée de la Woluwe. Plus tard, ce mouve-
ment mènera à l’éclosion de l’ensemble au sein duquel naquirent Woluwe-Saint-Lambert et
Woluwe-Saint-Pierre …
les premières implantations humaines
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64
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Page 65Top

65
LA FORêT DE SOIGnES
Sur ses 4 381 hectares, 1 654 hectares de la forêt de Soignes se trouvent en Région
bruxelloise. Ils constituent un vestige de l’antique forêt charbonnière. Au xe siècle, la loi salique
en attribua la possession au duc de Lotharingie. Par la suite, elle appartint aux ducs de Brabant
puis aux ducs de Bourgogne, aux Habsbourgs enfn.
Jusqu’à la fn de l’Ancien Régime, la forêt de Soignes recouvrait la plus grande partie du
territoire actuel (et plus précisément la partie sud-ouest) de la commune de Woluwe-Saint-
Pierre. Le bois représentait un facteur primordial de l’économie locale et a conditionné l’occu-
pation de l’espace. Une ferme le long de la Woluwe est clairement identifée dès la deuxième
moitié du xive siècle sans spécifer s’il s’agit de Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert
ou Woluwe-Saint-Étienne. Vu la proximité de la forêt, Woluwe-Saint-Pierre semble le plus
vraisemblable.
Actuellement, quelques bois témoignent encore de cet ancien tissu forestier. Le plus
important d’entre eux, le bois de Mesdael, déjà mentionné en 1272, a toutefois disparu en tant
que tel. Plusieurs propriétaires fonciers, institutions ecclésiastiques ou détenteurs laïques ont
tôt fait de mettre en valeur les richesses immédiates ou potentielles de la forêt et des bois des
alentours. L
’hôpital Saint-Jean de Bruxelles et les châtelains de Bruxelles en possédaient parfois
des centaines de bonniers1. Le bois jouxtait le hameau du Bemel et les confns d’Auderghem.
Le site est maintenant occupé par le quartier du Chant d’Oiseau.
5
De l’An Mil à la fn du Moyen Âge
Christian Sgrooten,
Nobilissimus Brabantiae
ducatus, qui Mosa et
Schaldi fuminibus
orbiculariter fere
circumscribitur et
includitur, planche no 13
de l’Atlas Bruxellensis,
publié en 1573. Échelle :
ca 1 / 260 000.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
Christian Sgrooten,
Nobilissimus Brabantiae
(…) (détail).
Le massif de la forêt de
Soignes est encore très
dense aux abords de
Woluwe-Saint-Pierre.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
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66
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Des deux côtés du chemin du Bemel se trouvaient également plusieurs autres bois plus
petits : le bois du Ketel, le Motteken, proche de l’Hof ten Bemel, et un autre bois au sud de cette
même ferme. Le Grand Béguinage de Bruxelles possédait un petit bois au nord du hameau du
Bemel. Sur la rive droite de la Woluwe, entre le ruisseau et le chemin de Woluwe-Saint-Pierre
à Auderghem, le Zand Bosch se déployait sur une superfcie importante vers le sud et s’étendait
vers l’ouest jusqu’au Zondag Bosch. À Stockel, le bois du Varenberg, au sud de l’Hof te Stockel,
fut progressivement exploité par la ferme2.
La forêt ofre des ressources économiques fondamentales pour les petites communautés
qui y vivent ou la fréquentent3. On y trouve en abondance le bois de chaufage, le bois d’œuvre,
l’eau pure des sources, les étangs poissonneux, les fruits, le gibier. Le bétail peut lui aussi s’y
nourrir, valorisant des sous-produits dont les hommes n’ont que faire en temps normal, comme
les glands. En paissant, le bétail éclaircit le tissu arboré, supprimant les jeunes pousses. Ce
toilettage permet aux arbres principaux un meilleur développement. Les activités humaines
peuvent en outre se développer de manière plus harmonieuse et structurée, la lumière et le sol
relativement dégagé facilitant les travaux et les déplacements.
La vie spirituelle en forêt de Soignes
Peu à peu aménagée, la forêt accueille de plus en plus d’habitants, qui y cherchent
notamment le recueillement et l’autonomie.
En 1262, la duchesse Aleyde de Brabant fonde une communauté religieuse le long de la
Woluwe, le prieuré de Val Duchesse, à Auderghem. Ce prieuré prospère grâce aux dotations
dont il jouit et à son implantation propice. L
’ Atlas terrier de l’abbaye du Parc, en 1665, recense
notamment des bois appartenant au prieuré de Val Duchesse, sur le territoire de Woluwe-
Saint-Pierre, entre le bois de Varenberg et la forêt de Soignes. Un ermitage est mentionné
à Groenendael (la Vallée verte) dès 1304 dans une charte de Jean II, duc de Brabant4. L
’ abbaye
de Rouge Cloître – Saint-Paul en Soignes – est fondée à deux pas vers 13595. Ces communautés
n’auront l’une et l’autre que peu d’infuence sur le développement de Woluwe-Saint-Pierre, mais
leur développement prestigieux atteste de la vigueur de la vie économique et de l’impact humain
sur l’évolution de la forêt de Soignes.
L
’essor des villes dans le duché de Brabant : de la féodalité aux ducs de Bourgogne
Le Haut Moyen Âge a transformé, dans nos régions, les structures héritées de l’empire
romain en un conglomérat de royaumes francs aux cadres politiques, administratifs et juri-
diques parfois difciles à cerner à l’heure actuelle. Les environs de Bruxelles, dont la vallée de la
Woluwe, appartenaient au pagus de Brabant6, une subdivision de l’ancienne civitas nerviorum
de l’empire. Ce pagus, devenu le pays au sens régional en ancien français, est une structure
administrative, très probablement calquée sur la structure ecclésiastique de l’archidiaconé de
Brabant. Cette subdivision du diocèse de Cambrai, vaste territoire compris entre la rive droite
de l’Escaut, le Rupel et la rive gauche de la Dyle, comprenait la quasi-totalité des bassins hydro-
graphiques de la Dendre et de la Senne. Les structures administratives et ecclésiastiques sont
le plus souvent difciles à séparer à l’époque, les responsables religieux ayant souvent pris le
relais des institutions impériales défaillantes au déclin de l’empire.
Le pagus de Brabant apparaît dans les sources écrites dès 870, divisé en quatre comtés,
sur base de quatre doyennés primitifs. Les régions situées à l’est de l’Escaut relevaient alors du
Saint-Empire Romain de la Nation Germanique, État issu de la Francia Orientalis, créé lors du
partage de l’ancien empire carolingien divisé par le traité de Meersen en 870.
Bruxelles et ses environs se seraient détachés, dès la seconde moitié du xe siècle, du
reste de l’ancien pagus de Brabant pour être intégrés progressivement dans les possessions
des comtes de Louvain par le jeu des infuences politiques et des alliances matrimoniales dès le
début du xie siècle7. Vers l’An Mil, le comte Lambert Ier de Louvain reçoit par mariage le comté de
Bruxelles. Le comte de Brabant Godefroid est élevé en 1106 au titre de duc de Basse-Lotharingie.
Dorénavant, les landgraves de Brabant sont également comtes de Louvain et de Bruxelles. Le
marquisat d’Anvers leur échoit également à la même époque.
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67
LES InTERACTIOnS EnTRE BRUxELLES ET WOLUWE-SAInT-PIERRE
Depuis la seconde moitié du xiiie siècle, Bruxelles s’est peu à peu imposée comme rési-
dence ducale, sous les règnes de Jean Ier (1276–1294) et Jean II (1294–1312) et ce, au détriment de
Louvain. Sur le plan économique, Bruxelles se trouve dans une phase dynamique. Les produits
de sa draperie s’exportent dans une large partie de l’Europe. L
’ expansion de la ville vers la cam-
pagne environnante se marque notamment par l’établissement de la banlieue, véritable zone de
contrôle économique et fscal. Dès 1291, le duc de Brabant annonce qu’il n’établira plus de ton-
lieu dans un périmètre de 5,5 kilomètres du centre de la ville.
Les châtelains de Bruxelles sont alors les représentants du duc de Brabant à Bruxelles
et dans la région. Ils accèdent à la noblesse vers 1220. Ils possédaient un ensemble de biens,
notamment dans la vallée de la Woluwe8.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
Tenture des Chasses de
Maximilien : Le Mois de
Septembre, Le signe de
la Balance, 1531–1533.
Bruxelles, Belgique,
tapisserie de basse-lisse,
laine, soie, fls d’or et
d’argent.
Paris, musée du Louvre.
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68
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
L
’administration locale
Woluwe-Saint-Pierre, tout comme Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Étienne,
est distinctement séparée de l’administration de Bruxelles.
En 1286, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert dépendaient de la mairie
d’Overijse. Suite à une réorganisation des circonscriptions juridiques régionales, celle-ci fut
démembrée au proft, d’une part, de la mairie de Vilvorde, à laquelle on rattacha Woluwe-
Saint-Lambert, et de la mairie de Rhode-Saint-Genèse, de laquelle allait dépendre dorénavant
Woluwe-Saint-Pierre. La perception des taxes, revenus domaniaux et autres contributions
étaient à la charge d’un receveur régional. Dès 1270, l’ammanie de Bruxelles se partageait en
trois ofces de recette : Bruxelles, Overijse et Vilvorde-Tervuren.
Dès 1300 environ, les contours des ressorts juridiques et fscaux du duché de Brabant se
précisent. L
’ ammanie de Bruxelles avait progressivement remplacé l’ofce de châtelain – sans
pour autant le supprimer – dès le premier tiers du xiie siècle. Elle était subdivisée en mairies. Le
maire, ofcier subalterne, remplissait, à son échelon, des fonctions similaires à celles de l’amman.
Dans les dénombrements successifs, commandés par les ducs de Brabant entre 1374 et
1526, le duché est composé de six, puis quatre « quartiers », de grandes divisions territoriales et
administratives. En 1374, le duché de Brabant comprenait l’ammanie de Bruxelles, la mairie de
Louvain – l’ancienne capitale du duché –, le Brabant wallon, qui regroupait des villages et des
seigneuries proches autour de la ville de Nivelles, l’ammanie du marquisat d’Anvers, la mairie de
Tirlemont et celle de Bois-le-Duc9.
Joos De Deken, Carte
fgurative voor Sint
Jans Gasthuis op den
poel binnen Brussel
van hunne Bosschen
gelegen onder Sinte
peeters woluwe gemaect
ende gemeten door den
onderschr.en gesworen
lant m.r inden Raede
van Brabant daer toe
geadmitteert onder de
vryhyt van … in febr.y
1704, détail, 1704.
La ferme du Bovenberg
et ses terres les plus
proches, sur la Woluwe.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, 341.
©ACPASB
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69
Tous les villages de Woluwe appartiennent au quartier de Bruxelles, sous des mairies
diférentes, mais sans toutefois relever de la ville de Bruxelles même.
Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert et les villages voisins ne dépendaient
à l’époque ni de la même mairie ni du même échevinage. Woluwe-Saint-Pierre dépendait, de
même que Crainhem, Etterbeek et Watermael-Boitsfort ou encore Uccle de la mairie de Rhode-
Saint-Genèse et de l’échevinage de Watermael. Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-
Étienne étaient rattachés à la mairie de Vilvorde comme Wezembeek, Oppem et Zaventem et
à l’échevinage de Erps10.
Quelques petites entités disparaissent du dénombrement suivant, en 1437. On en
déduit qu’elles sont comptabilisées le plus souvent avec d’autres, proches et plus importantes.
Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Étienne échappent à cette
démarche et restent clairement identifables. Les liens avec la ville de Bruxelles n’ont donc
aucune réalité juridique ou fscale proche.
La société religieuse
Sur le plan religieux, Woluwe-Saint-Pierre appartenait, avant 1559, comme les autres
villages aux alentours de Bruxelles, au diocèse de Cambrai, lui-même subdivisé en archidia-
conés. Primitivement, Bruxelles et sa région dépendaient de l’archidiaconé de Brabant. En
1272, celui-ci fut scindé en deux. Sa moitié nord fut érigée en une nouvelle circonscription dont
Bruxelles forma le centre. Sur le plan local, Bruxelles était également le siège d’un doyenné qui
englobait Woluwe-Saint-Pierre11.
WOLUWE-SAInT-PIERRE, Un VILLAGE SE STRUCTURE PEU à PEU
L
’implantation humaine dans la vallée de la Woluwe dès le xe siècle
Après une interruption de quelques centaines d’années, une occupation permanente
réapparaît dès le xe siècle dans la vallée du Watermaelbeek, l’un des afuents de la Woluwe.
Quelques centres villageois peuvent être identifés dès le xe siècle, du moins au vu des
sources connues actuellement. Diegem, situé au nord de Woluwe-Saint-Pierre sur le cours
inférieur de la Woluwe, sans être contigu, est un centre domanial dès 881.
En 914, l’abbaye Saint-Martin de Tournai obtient un domaine dans une clairière dans les
bois, à Watermael. Constitué sur le modèle classique de cour carolingien, ce domaine est doté de
champs cultivés, de terres en friche, de bois, de prairies, de manses ou de tenures exploités par
des serfs. Le domaine comptait pourtant déjà une église paroissiale, l’église Notre-Dame, l’ac-
tuelle église Saint-Clément à Watermael-Boitsfort, et une infrastructure économique, un moulin.
Au xe siècle, Woluwe-Saint-Étienne apparaît clairement dans les textes. Fulbert, futur
évêque de Cambrai de 934 à 956, y voit le jour. À deux pas, Crainhem est mentionné comme
possession de l’abbaye de Saint-Bavon de Gand et, dès 1095, ces terres appartiennent
à Lambert de Crainhem12.
L
’ expansion du domaine de Watermael a mené à l’émergence de deux nouveaux
hameaux, Auderghem et Boitsfort, tous deux situés le long de la Woluwe. La construction de la
chapelle Sainte-Anne à Auderghem aux xie et xiie siècles témoigne de l’existence d’un noyau de
population déjà quelque peu conséquent.
émergence de Woluwe-Saint-Pierre
Il est intéressant de constater que saint Pierre et saint Lambert se rencontrent plusieurs
fois associés, dans au moins trois cas de villes ou de villages proches. Ces trois bi-pôles s’ins-
crivent tous dans une région restreinte, à l’est de Bruxelles, sur un axe reliant Bruxelles et Liège.
La ville de Louvain est placée sur la protection de saint Pierre, l’entité d’Heverlee est placée sous
celle de saint Lambert. Le même couple se retrouve dans les environs immédiats, l’église de
Bertem est dédiée à saint Pierre, celle de Leefdael à saint Lambert. Enfn, Woluwe-Saint-Pierre
et Woluwe-Saint-Lambert ont une origine relativement indissociable.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
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70
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
L
’importance de saint Lambert dans le diocèse de Liège a, semble-t-il, infuencé toute la
région et certainement tout le diocèse. En outre, saint Hubert, prédécesseur de Lambert sur le
trône épiscopal de Liège, possédait un domaine foncier dont le centre se situait à Tervuren.
À l’époque de l’émergence du village de Woluwe-Saint-Pierre, aux confns de la forêt
de Soignes, la région était très vraisemblablement entre les mains des comtes de Louvain.
Ils cédèrent à la longue une partie de leurs domaines à plusieurs institutions religieuses. En
revanche, les terres situées sur la rive droite de la Woluwe furent peu à peu cédées à des sei-
gneurs locaux comme la famille de Woluwe, apparentée à la famille de Wezembeek et de Dufel13.
Les sources les plus anciennes permettent raisonnablement d’établir que le village de
Woluwe-Saint-Pierre devait exister au moins au xie siècle. Des « manses de terre » sont évo-
quées dès 1129 et des « coutures » sont mentionnées dans la microtoponymie locale plusieurs
siècles durant. Ces deux termes très précis signalent à eux seuls une origine plus ancienne et
peuvent faire penser à un domaine éventuellement post-carolingien de quelque 900 hectares.
Comme partout, on constate dès le début du xiie siècle une fragmentation considérable de la
propriété foncière. Des seigneurs de Woluwe sont mentionnés dès 1140.
La première mention irréfutable du noyau villageois de Woluwe-Saint-Pierre est datée
de 1173, dans un acte de cession de l’église à l’abbaye de Forest.
Les limites territoriales de l’entité sont toutefois difciles à cerner. On peut raisonna-
blement estimer que le noyau villageois s’est développé autour de l’église Saint-Pierre. Les
hameaux proches ont pris une importance croissante avec le temps sans pour autant renoncer
à leur identité particulière.
Les institutions religieuses
En 1173, un certain Gérard, dit persona de Woluwe, cède l’altare Obwolewa, l’église du
village de Woluwe-Saint-Pierre, qui surplombait la vallée, à l’abbaye de Forest.
La charte de donation stipule :
… Eapropter altare de obwolewa cum suis appertinentis petitione domini Gerardi persone
eiusdem altaris saluo iure episcopali ecclesie forestensi in nostri perpetuam in eadem forestensi
ecclesia memoriam consilio nostri capituli in perpetuam habendum concessimus.14
Ce Gérard n’est très probablement pas un membre de la famille des seigneurs de
Woluwe. Un laïc n’a pas a priori le droit de céder un bien ecclésiastique15. En outre, les dates
ne concordent pas. Le Gérard de Woluwe cité pour la dernière fois en 1140 semblait alors être
dans son âge mûr. Il est très probablement décédé en 1173. Ce Gérard persona de Woluwe
est-il le curé ou un simple desservant du lieu de culte ? Dans ce cas, sa responsabilité semble
bien grande pour efectuer une telle donation. Peut-être est-il un homme de paille. L
’ évêque
de Cambrai reconnaît cette cession et accorde l’église et les droits paroissiaux du village
à l’abbaye qui en restera propriétaire jusqu’à la fn de l’Ancien Régime. Il est fait mention, dans
cette charte, d’un Obwoluwe (Woluwe-en-Amont)16. Il est vraisemblable qu’à l’époque, ce
terme désigne tout à la fois Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert, par opposition
à Woluwe-Saint-Étienne, nettement distinct et clairement en aval des deux premiers.
Comme le chapitre de Sainte-Gudule a autorité sur l’église Saint-Lambert dès le
xiie siècle, on peut en déduire qu’au même moment, l’église Saint-Pierre est bien entre les mains
de l’abbaye de Forest.
La forme toponymique de Woluwe-sancti-Petri – Woluwe-Saint-Pierre - apparaît de
manière manifeste en 1269 dans une charte de l’abbaye17.
L
’ abbaye de Forest fut, dès lors, l’un des premiers propriétaires qui, sur le territoire de
Woluwe-Saint-Pierre, sut profter de la générosité des seigneurs de Woluwe. Elle possédait en
outre une grande ferme à Woluwe-Saint-Lambert – l’Hof ten Berg – et probablement des terres
sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre. La plupart de ces terres, détenues comme alleux
(terres libres) lui avaient été cédées en fermage par l’abbaye de Nivelles et le chapitre de Saint-
Vincent de Soignies. Elles formeront plus tard le noyau du vaste domaine du Bovenberg, avec la
ferme et le moulin.
L
’ origine médiévale de Woluwe-Saint-Pierre rejoint généralement celle de Woluwe-
Saint-Lambert. La légende raconte que, dès le début du viiie siècle, saint Hubert aurait fondé
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71
l’église de Woluwe et l’aurait consacrée à saint Lambert, son prédécesseur sur le trône épis-
copal de Liège. Mais l’histoire est trop belle et rien ne la confrme. Il faut attendre le milieu du
xie siècle pour que soit attestée l’existence de Woluwe-Saint-Lambert18.
Les deux églises ne sont séparées que de quelque 350 mètres environ. Cette situation
peut s’expliquer par le fait que les deux localités relevaient à l’origine d’autorités ecclésiastiques
distinctes, ce qui justife l’existence de deux paroisses séparées. Aucun élément archéolo-
gique ni historique ne démontre une hiérarchie dans la création des deux localités. Cela incite
à penser que les deux villages ont une origine diférente et qu’ils constituent des fragments de
domaines plus anciens et plus vastes que l’on ne peut restituer actuellement faute de recherches
plus poussées, voire simplement faute de documents19.
De même, l’état des connaissances actuelles, les sources historiques et les découvertes
archéologiques ne permettent pas d’établir l’antériorité éventuelle d’un des deux villages20.
Aux xiie et xiiie siècles, en revanche, la relative abondance de documents permet de préci-
ser quelque peu les circonstances des premiers développements de Woluwe-Saint-Pierre.
Aux xiie et xiiie siècles, l’ancien noyau villageois se situe clairement sur la rive gauche de
la Woluwe, autour de l’église dédiée à saint Pierre. Le hameau de Stockel, qui a constamment
dépendu de Woluwe-Saint-Pierre, notamment en matières ecclésiastiques, est déjà cité dans
un document de 114721.
Les propriétaires fonciers à Woluwe-Saint-Pierre
Des institutions ecclésiastiques détiennent de nombreux bonniers de terre dès le xiiie siècle.
L
’hôpital Saint-Jean, fondé en 1186, bénéfcia entre 1266 et 1290 de multiples donations compo-
sées de biens fonciers qui provenaient de membres d’importantes familles patriciennes bruxel-
loises comme les Pipenpoy, les Uten Steenweghe ou encore les de Leeuw. L
’ essentiel de ces biens
se trouvait sur le territoire de Woluwe-Saint-Pierre. Ils allaient former par la suite le noyau du
vaste domaine de l’Hof te Bovenberg avec la ferme et le moulin que l’hôpital possédait jusqu’au
xviiie siècle, à l ’emplacement actuel du parc de Woluwe et des étangs Mellaerts.
L
’ abbaye du Parc possédait une de ses granges les plus importantes dès le xiie siècle dans
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
Le Slot, à Woluwe-Saint-
Lambert, au début du
xxe siècle.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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72
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le hameau de Stockel, et les terres qui en dépendaient regroupaient une centaine de bonniers,
de la fn du xiiie à la fn du xviiie siècle.
L
’ abbaye de Forest, le chapitre de Soignies et, par la suite, le Rouge Cloître à Auderghem
fguraient également parmi les propriétaires de terres et de bois à Woluwe-Saint-Pierre. Ces
possessions ecclésiastiques ayant fni par susciter la naissance de petits noyaux d’habitats. Le
village se présentait dès le Moyen Âge sous une forme caractéristique. De part et d’autre de la
Woluwe, le vieux village, sur la rive gauche, se compose de parties boisées à l’ouest et, sur la rive
droite, de deux hameaux importants, Bovenberg et Stockel, adossés à la forêt de Soignes – dont
il reste encore aujourd’hui une soixantaine d’hectares sur le territoire actuel de la commune22.
L
’ expansion de l’économie agraire est marquée non seulement par l’apparition de ces hameaux,
mais aussi par la présence de plusieurs moulins à eau dont le plus ancien est cité au début du
xiie siècle, et la mention de terres nouvellement mises en culture (novales) dès 1173.
La croissance démographique est attestée sur le plateau de Stockel par l’érection d’une
chapelle en cet endroit en 132623. L
’hospice bruxellois de Ter Arken bénéfcia lui aussi de largesses
en terres situées à Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert. On en trouve encore la trace
dans l’atlas foncier de l’hôpital Saint-Jean en 1712. Il est intéressant de noter que la première maî-
tresse de l’hospice est Yde de Woluwe, citée en 1268. Les Woluwe comptent parmi les donateurs
principaux de l’hospice et pourraient faire partie des fondateurs de l’institution en 126324.
Les seigneuries de Woluwe et de Stockel
Les comtes de Louvain transmirent progressivement une part de leurs possessions
aux institutions religieuses, tandis que les terres sur la rive droite de la Woluwe passèrent peu
à peu aux seigneurs locaux, comme les seigneurs de Woluwe et les familles apparentées de
Wezembeek. Au milieu du xive siècle, au décès du dernier membre de la branche familiale ori-
ginaire, Lionnet Vander Borcht (van Woluwe de Castro), le patrimoine familial des seigneurs de
Woluwe est divisé en deux seigneuries foncières, celle de Woluwe et celle de Stockel.
La famille des Woluwe
Un lignage chevaleresque a porté jadis le nom de Woluwe. Les archives de l’abbaye
du Parc à Heverlee signalent que, vers l’an 1140, Gérard de Woluwe donna à cette abbaye une
manse25 sise à Stockel. Simon, fls de Gérard, revendiqua ce bien mais sans résultat. En 1173,
Jean de Woluwe et ses frères Siger et Guillaume cédèrent une dîme à l’abbaye d’Heverlee. Adam
de Woluwe fut amman de Bruxelles en 1254 et maire d’Uccle plusieurs fois dans les années 1250.
Les armoiries des chevaliers de Woluwe étaient d’argent à trois feuilles de nénuphar
de sinople. Le sceau de Siger, échevin de Bruxelles à la fn du xive siècle, était à ces armes, la
première feuille étant toutefois chargée d’une tour crénelée. Cet emblème est celui des sires dits
de Saint-Géry, du nom de l’île entourée de marécages qui a été le premier noyau de Bruxelles.
Il a été ensuite porté par les premiers seigneurs de Wavre, issus des Saint-Géry, et il est extrê-
mement probable que les chevaliers de Woluwe faisaient partie de la maison de Wavre. Il n’est
pas prouvé que les chevaliers de Woluwe aient été les seigneurs des localités dont ils portaient
le nom et qui, semble-t-il, appartenaient aux ducs de Brabant puisque ceux-ci les détachèrent
de leur domaine en faveur d’une ligne bâtarde de leur lignage : celle des seigneurs de Stalle,
fréquemment cités dans les chartes brabançonnes du xiie siècle. Après une éclipse, ils réap-
paraissent avec éclat deux siècles plus tard. Henri de Stalle était échevin d’Uccle et seigneur
de Beersel, sa flle Marie possédait une partie des trois Woluwe et de Wezembeek. Elle épousa
en 1362 Jean, fls aîné de Jean, seigneur de Witthem. Henri de Witthem, fls de Marie de Stalle,
hérita de la seigneurie de Woluwe et il en ft relief en 1403. Un de ses descendants fgure dans la
famille van der Aa et la famille Armstorf et Kiefelt.26
LA PAROISSE SAInT-PIERRE
La première mention d’une église remonte à 1173, quand l’évêque de Cambrai attribue l’al-
tare de Obwolewa et des terres à l’abbaye de Forest, à la requête vraisemblablement du curé « de
Page 73Top

73
garde » (en charge) Gerardus. La dénomination Obwolewa ou « situé en amont de la Woluwe »
renvoie aux deux villages de Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert, à la diférence
de Neer-Woluwe ou Nederwoluwe, « situé en aval de la Woluwe », c’est-à-dire Woluwe-Saint-
Étienne. Le patronat de l’église Saint-Pierre relève donc de l’abbaye de Forest, alors que l’autorité
de l’église Saint-Lambert relève du chapitre de Sainte-Gudule de Bruxelles. Le 15 novembre 1269,
on trouve une première mention de la dévotion de l’église à saint Pierre – Woluwe Sancti Petri. La
construction d’un sanctuaire à 350 mètres environ de l’église de Woluwe-Saint-Lambert semble
plaider en faveur de l’idée que les deux lieux dépendaient d’autorités diférentes. Mais à l’heure
actuelle, il n’existe pas de source historique ni de données archéologiques qui permettent de
trancher la hiérarchie ou l’antériorité de l’un ou l’autre village27.
Les curés de Woluwe-Saint-Pierre
Les premiers curés de Saint-Pierre ont laissé peu de traces connues à ce jour. Toutefois,
l’un d’entre eux, Jean Frisé, a été prisonnier à Tunis de 1378 ou 1379 à 1386. Capturé par les
Sarrasins alors qu’il se rendait à Fondi à la rencontre de la curie papale, il fut mis en prison. De
retour à Woluwe-Saint-Pierre, il fait appel au pape Clément VII, en Avignon, afn de récupérer
tous ses biens et ses droits spoliés28.
L
’ abbaye de Forest conserva le patronat sur l’église Saint-Pierre jusqu’à la fn du
xviiie siècle. La paroisse était alors bien plus étendue que les limites de la commune actuelle. Le
territoire de Woluwe-Saint-Lambert, sur la rive droite de la Woluwe, était desservi alors par le
curé de Woluwe-Saint-Pierre. Il avait également en charge la chapelle Notre-Dame à Stockel,
mentionnée depuis 1326.
Statue en bois
polychrome de saint
Pierre, xvie siècle,
provenant de l’église
Saint-Pierre. L
’ œuvre
est relativement bien
préservée mais le saint a
très probablement perdu
les clefs que ses mains
semblent tenir encore.
Cabinet du bourgmestre,
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
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74
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
LE DéVELOPPEMEnT DéMOGRAPHIqUE, SOCIAL ET éCOnOMIqUE
L
’essor démographique
Une grande enquête est commanditée par la duchesse Jeanne de Brabant en 1389. Cette
enquête vise à vérifer le travail de gestion des fonctionnaires. L
’ enquête recense les procès-
verbaux des plaintes reçues dans l’ammanie de Bruxelles et les taxes et amendes infigées aux
fonctionnaires indélicats29. Ces documents contribuent à une étude approfondie de Bruxelles
à la fn du xive siècle. Les faits dont traitent les documents relatent la vie journalière des habi-
tants de Bruxelles et du Brabant, comme les soucis et les disputes qui les occupaient.
Plusieurs documents renvoient de manière explicite à la commune de Woluwe-Saint-
Pierre et ses habitants. Les documents traitent de thèmes diférents, ce qui démontre que la
commune connaissait déjà à cette époque une vie sociale et économique active et diversifée.
Un des fonctionnaires locaux, un certain Everart Cunne, ft l’objet de plusieurs plaintes et com-
mentaires de la part des habitants de Woluwe-Saint-Pierre. Mais l’enquête mentionne égale-
ment des querelles entre les habitants de la commune.
Tout un dossier traite de l’afaire opposant Robin de Scemper et Jan Tserarts. De
Scemper possédait un étang à Woluwe qui était alimenté par un ruisseau issu d’une source.
Cet étang se situait en face de la propriété de Tserarts. Ce dernier avait construit un barrage
afn que l’eau de la source ne puisse plus alimenter cet étang. De Scemper était d’avis que cette
source appartenait à la communauté (« ene ghemenen borre ») ; Tserarts quant à lui prétendait
que la source se situait dans sa propriété, et qu’il était dès lors libre d’orienter l’eau qui jaillissait
de cette source où il le voulait. 
Plusieurs dénombrements de foyers permettent de mieux cerner l’état de la population
dans le Brabant et les régions avoisinantes depuis le xive siècle. Il convient toutefois d’examiner
ces chifres avec précautions. Le dénombrement de 1347, demandé par les ducs Wenceslas
et Jeanne de Brabant, est destiné à payer la rançon du duc et des siens, faits prisonniers à la
bataille de Bäsweiler30, répartissait la population en deux catégories de trois classes repré-
sentatives des capacités fnancières de chacun31. À ce moment, Woeluwe Sancti Petri compte
19 personnes adultes capables de payer durant trois ans une somme annuelle d’au moins un
mouton d’or32. À titre de comparaison, Craeyenhem en compte 71 et Uckele 171, toujours dans la
mairie de Rhode. Dans la mairie de Vilvorde, Woluwe-Sancti-Lamberti peut s’enorgueillir de 34
contribuables et Woluwe-Sancti-Stephani en compte 31.
En 1437, le duc de Bourgogne Philippe le Bon est le « légitime souverain » du duché de
Brabant, hérité de la duchesse Jeanne via la famille des comtes de Saint-Pol en 1430. Il introduit
le système des fouages ou dénombrement de foyers, établi sur le modèle français. Sept autres
dénombrements de ce type eurent lieu jusqu’en 1526. On remarque un appauvrissement géné-
ral des villages de la région, appauvrissement lié notamment aux épidémies de peste durant la
seconde moitié du xve  siècle (1456 et 1459 et entre 1480 et 1496). Plus tard, la guerre entre les
États et l’archiduc Maximilien, régent des Pays-Bas en 1488 et 148933, contribuera encore à mal-
mener les populations. L
’habitat était depuis toujours très clairsemé. En 1437, le village comp-
tait à peine 29 maisons de foyers relativement aisés, et donc imposables, et 5 familles pauvres,
exemptées d’impôt. La zone habitée la plus ancienne se situe sur la rive gauche de la Woluwe.
Cette proximité forte avec Woluwe-Saint-Lambert a pu créer quelques confusions, certaines
maisons de Woluwe-Saint-Pierre ont pu à l’occasion être comptabilisées sur le territoire de
Woluwe-Saint-Lambert et inversement.
En 1464, le dénombrement recense 32 maisons et, en 1472, 24 habitations seulement,
sans mention de maison pauvre. La chute est assez nette. Aucune précision n’accompagne ces
chifres ; on peut toutefois en déduire un appauvrissement général du village et de la région.
L
’ ensemble du duché de Brabant compte alors 92.738 maisons en 1437, dont 21.721 sont
estimées pauvres. Un quart de la population vit sous le seuil d’imposition en vigueur. Le tournant
du xve siècle est généralement vu comme un pic de prospérité dans le duché34.
En 1480, 22 foyers sont taxés à Woluwe-Saint-Pierre. Il en existe probablement 29 en
tout, 5 familles restent sans doute sous le seuil imposable. En 1492, 21 foyers payent l’impôt.
En 1496, le village compte 13 maisons habitées, 3 maisons d’ecclésiastiques, 4 maisons pauvres
et 2 maisons vides.
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75
Le projet de dénombrement des foyers de 1496 livre quelques informations sur la situa-
tion et les responsables locaux de l’époque dans le village :
Item drye geestelike huysen ’d een toebehorende der erfcueren aldaer ende bij den pro-
chiaen bewoent, ‘d andere der abdijen van Percke ende ‘t derdde den gasthuyse van St Jans in
Bruessel, beyde bij werliken personen bewoent, 3.
Overgebracht ende geafrmeert 27 Maii bij heren Janne van Mons, vice-cureyt,
Willemme van der Schueren, meyere, Erasmum van Bruyseghem, Peteren die Ber ende Janne
van der Spict, scepenen, Janne Hoolman, heylichgeestmeestere, ende Heinricke Bogaert, bede-
settere tot Ste-Peters Woluwe35. (Jan van Mons, vicaire ; Guillaume van der Schueren, mayeur ;
Erasme van Bruyseghem, Pierre die Ber et Jean van der Spict, échevins ; Jan Hoolman, maître
des pauvres ; Henri Bogaert, assesseur à Woluwe-Saint-Pierre).
L
’ extension maximale d’habitat groupé au Moyen Âge et par après peut être située
dans le périmètre formé par les actuels boulevard de la Woluwe – rue Vandenhoven, rue des
Bannières, rue Sombre, rue François Gay, avenue Jules de Trooz, rue J. Wellens et rue L. Titeca.
L
’essor économique
Bien que les deux villages de Woluwe, comme Watermael, Auderghem et Boitsfort, se
soient développés dans la forêt de Soignes, leur économie, avant l’urbanisation, principalement
basée sur l’agriculture, reste essentiellement céréalière. Cette diférence d’avec les villages
voisins s’explique par les circonstances historiques36.
Le développement économique des villages jouxtant la forêt de Soignes, ou implantés
dans des clairières qui s’étendront peu à peu, est intimement lié aux ressources abondantes
qu’ofrent ces bois, bois de chaufage, bois de construction, gibier, fruits et faune sauvages.
Les essartages progressifs ont entamé irrévocablement le tissu arboré.
Le moulin actionné par la Woluwe, au Bovenberg, se situait sur la rive droite de la rivière.
Il appartenait à la vaste ferme de l’hôpital Saint-Jean de Bruxelles – l’Hof te Bovenberg – men-
tionnée dès 128837.
La forêt de Soignes et les diférents bois jouaient un rôle vital dans l’économie locale. Ils
fournissaient le bois de chaufage et de charpente et étaient riches en gibier. Ils étaient en outre
indispensables comme pâture pour le bétail, au point que, sous l’Ancien Régime, les droits de
pâture étaient très strictement réglementés38.
Les voies de communication
La Woluwe n’est pas navigable, elle fournit tout au plus de la force motrice, de l’eau et
des ressources alimentaires. Ses afuents nombreux sont encore moins utiles comme voie de
communication. Si Bruxelles est puissamment désenclavée par la construction de son port,
Woluwe-Saint-Pierre se trouve à l’époque très loin, géographiquement et mentalement, de
telles évolutions commerciales.
Le réseau des chemins
Le réseau des chemins est relativement stable avant le xvie siècle et la mise en œuvre des
développements importants que veulent les ducs de Bourgogne pour les principautés du nord
de leurs possessions. La structure ancienne léguée par l’empire romain est encore primor-
diale à l’échelle du duché de Brabant. Pour les localités de Woluwe-Saint-Pierre et ses environs
immédiats, quelques chemins relient les églises aux hameaux périphériques. Une rue du Moulin,
sur le site de l’actuelle rue L. Titeca, reliait l’église Saint-Pierre au moulin de l’Hof te Bovenberg.
Le chemin de Kelle, devenu la rue Kelle, reliait le hameau du Bovenberg au chemin allant de
Woluwe-Saint-Pierre à Stockel, l’actuelle rue Konkel.
Enfn, un chemin permettait d’aller du hameau du Bemel au chemin reliant Nivelles
à Malines, l’actuelle drève de Nivelles39.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
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76
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Charte de donation
de six journaux de
terre en alleu, situés
entre Auderghem et
Bovenberg, à l’hôpital
Saint-Jean par Marie
flle de Francon
Rolibuc, le 4 avril 1288.
C’est, actuellement,
la première mention
connue du lieu-dit
Bovenberg.
Bruxelles, Archives du CPAS,
Fonds de l’hôpital Saint-Jean,
no 46, du 4 avril 1288.
©ACPASB.
L
’éMERGEnCE DES HAMEAUx
Le hameau du Bovenberg
L
’ étymologie Bovenberg est relativement aisée, la ferme se situe clairement sur une
petite élévation surplombant la vallée. L
’ exploitation est à l’origine du hameau qui se développe
progressivement dans ses alentours immédiats.
Le hameau du Bovenberg s’étofe petit à petit, sur la rive droite de la Woluwe, et se
constitue aux côtés de la ferme et du moulin à eau de l’hôpital Saint-Jean. Cette exploitation
agricole se situait sur la rive droite de la Woluwe, à côté du pont enjambant la rivière à hauteur
du chemin menant de Woluwe-Saint-Pierre à Auderghem.
En 1266, l’hôpital Saint-Jean reçoit de Hedwige, flle de Francon van der Maerct, un bon-
nier de terre, tenu en censive de Sainte-Gertrude de Nivelles, une propriété située au Putdael,
à peu près sur la frontière entre Woluwe-Saint-Pierre et Auderghem40.
Notum sit universis quod Heilewedis, flia quondam Franconis de Foro, resignavit … ad
opus hospitalis beati Johannis in Bruxella bonarium unum terre site apud Woluwe, in loco dicto
Putdale…
Le 3 décembre 1271, Jean Pipenpoy, doyen de Sainte-Gudule à Bruxelles, Guillaume
de Platea, chevalier, et Gilles Lose ofrent en alleu 8 bonniers de terre situés entre Melsdal et
Veeweide …octom bonaria terre, parum plus vel minus, prout jacent inter Melsdal et Veweide, pro
allodio… 41.
Le 4 avril 1288, la première mention du lieu-dit Bovenberg apparaît clairement. Noverint
universi quod Maria, flia quondam Franconis dicti Rolibuchs… hospitali sancti Johannis in
Bruxella ad opus dicti hospitalis sex jornalia terre ad mesuram, jacentia in duobus peciis inter
Bovenberga et Ouderghem, pro allodio…
« Marie, flle de Francon Rolibuc … donne en alleu à l’hôpital Saint Jean de Bruxelles
6 journaux de terre 42 situés entre Auderghem et Bovenberg43 ».
Le 4 janvier 1290, Jean de Louvain cède comme allodium la moitié des cinq sixièmes
d’une terre de 7 bonniers apud Woluwe à l’hôpital Saint-Jean44. Le dernier sixième de ce bien
est cédé le même jour par Elisabeth, la flle de Jean de Louvain, et Godefroid de Mont-Saint-
Pont, son tuteur45. Ce bien reste la propriété de l’hôpital Saint-Jean de Bruxelles du xiie au
xviiie siècles et constitue le cœur d’un ensemble étendu de terres d’environ 120 hectares à la fn
de l’Ancien Régime46 étalé sur les deux rives de la Woluwe. Ce domaine était le plus souvent
dénommé, d’après son propriétaire, la ferme de l’hôpital Saint-Jean ou, par sa situation, l’Hof te
Bovenberg. Il était cédé à ferme à des paysans.
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De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
Charte de donation de
trois bonniers de terre
en alleu, par trois frères,
à l’hôpital Saint-Jean
de Bruxelles, au lieu-dit
Bovenberg.
Bruxelles, Archives du CPAS,
Fonds de l’hôpital Saint-Jean,
no 46 du 4 mars 1291.
©ACPASB.
Un autre acte de donation, daté lui du 4 mars 1291, stipule que « Jean, Francon, Gilles …
cèdent 3 bonniers à Bovenberg … Noverint universi quod Johannes, Franco, Egidius, Arnoldus,
Michael, fratres, liberi Henrici, flii Geldulf, cume debita renunciatione contulerunt fratri
Waltero, magistro ac provisori hospitalis sancti Johannis in Bruxella, ad opus ejusdem hospi-
talis, tria bonaria terre, parum plus vel minus, prout jacent aput (sic) Bovenberga, pro allodio,
promittentes ei inde ad opus dicti hospitalis rectam warandiam. »47
La ferme possédait également un moulin à eau, lui aussi propriété de l’hôpital Saint-
Jean, destiné à la mouture du grain, tout comme le moulin de Lindekemale ou encore le moulin
situé en aval, exploité par l’Hof ten Berg à Woluwe-Saint-Lambert. Le moulin se situait dans un
périmètre défni actuellement par la rue du Leybeek, le Bovenberg et les avenues de Tervueren
et Parmentier. Le Leybeek était utilisé à l’époque comme chenal de décharge de la Woluwe. Le
site du moulin, détruit par un incendie au xixe siècle, est actuellement occupé par le musée du
Transport urbain bruxellois.
Au xve siècle, l’ensemble compte, avec la ferme, le moulin et les dépendances, un
ensemble de 54 bonniers48. En 1686, l’hôpital possède encore 44 bonniers sur le territoire de
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78
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Hof te Bovenberg
la ferme du Bovenberg
la première mention de l’Hof te Bovenberg
remonte à 1288, quand le censier ducal de 1321
mentionne une curiam du Bovenberghe1.
Située sur la rive droite de la Woluwe et
proche du pont qui la surplombait à hauteur du
chemin reliant Woluwe-Saint-Pierre à auderghem
– l’équivalent actuel serait un périmètre défni
par le musée du Transport urbain, le boulevard
de la Woluwe et le parc des Sources –, l’exploi-
tation s’est progressivement étoffée par les
donations de terre dont l’hôpital Saint-Jean de
Bruxelles bénéfcia dans les environs.
Charte fgurative van de
goederen gelegen onder
die prochie van St Peters
als St Lambrechts en
de dry partyen onder
Ste Stevens Woluwe
bestaande in twee
deelen. 1712.
Détail : la ferme du
Bovenberg et les terres
environnantes.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, no 103.
©ACPASB
l ’ensemble de terres, de prairies et de
bois comptait, à la fn du xviiie siècle, quelque
120 hectares, développés sur les deux rives
de la Woluwe. le plus souvent désignée par le
nom de son propriétaire – la ferme de l’hôpital
Saint-Jean – ou par sa situation – la ferme du
Bovenberg – elle était cédée selon un bail à ferme
à des exploitants particuliers2.
l ’Hof te Bovenberg est représentée
sur l’atlas foncier de l’hôpital Saint-Jean de
Bruxelles et se retrouve également sur la carte
du géomètre juré C. J. Everaert dessinée en
juillet 1775. On peut clairement identifer trois
bâtiments allongés autour d’une cour inté-
rieure carrée au centre de laquelle se trouve un
puits. De l’autre côté du chemin, le moulin est
actionné par la Woluwe.
Passée dans le domaine public à la fn du
xviiie siècle, suite à l’instauration du régime répu-
blicain, l’exploitation devient une propriété privée
appartenant directement à l’assistance publique.
Joos De Deken, Carte
fgurative voor Sint
Jans Gasthuis op den
poel binnen Brussel
van hunne Bosschen
gelegen onder Sinte
peeters woluwe gemaect
ende gemeten door den
onderschr.en gesworen
lant m.r inden Raede
van Brabant daer toe
geadmitteert onder de
vryhyt van … in febr.y
1704, détail, 1704.
La ferme du Bovenberg
et ses terres les plus
proches, sur la Woluwe.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, 341.
©ACPASB
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79
en 1886, la propriété est vendue par
l’administration des Hospices civils de Bruxelles
au général lemaire. elle est rachetée en 1900
par la famille Blaton. l ’entrepreneur Blaton fait
construire un manoir, le château Blaton, actuel-
lement détruit.
les bâtiments agricoles sont simplement
adjoints à la construction.
le moulin actionné par la Woluwe,
également connu comme « moulin de Woluwe-
Saint-Pierre », se situait sur la rive droite du cours
d’eau. Il servait à moudre le grain. Il resta en
service jusqu’en 1896 et fut, l’année suivante,
démonté pour faire place au grand dépôt du
tram, construit entre le Bovenberg, l’avenue de
Tervueren et la rue du Leybeek3. en 1887, les
deux bâtiments au nord et à l’est de la cour sont
démolis pour faire place à deux constructions
plus modestes, un petit bâtiment donnant sur
le chemin du Bovenberg et une longue construc-
tion au nord de l’ensemble. Ce dernier est à son
tour démoli en 1901. le bâtiment annexe dispa-
raît en 1973.
à l’heure actuelle, seul le bâtiment
à l’ouest de la cour, quoique fortement trans-
formé, remonterait au xviiie siècle4. un autre petit
bâtiment annexe, fait de briques rouges sur une
base de pierres blanches, déjà visible sur le plan
de 1712, a été maintenu le long de la Woluwe5.
Le château Blaton.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le moulin de la ferme
du Bovenberg.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Hof te Bovenberg : la ferme du Bovenberg
Planche Haute Montagne
de l’Atlas de la commune
de Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808. Détail.
Échelle 1 / 2 500.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, service de
l’urbanisme.
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80
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Woluwe-Saint-Pierre. L
’hôpital exploite des bois et des étangs (notamment le Nederste vyver,
Oude vyver, Sint-Jans vyver) dont l’ensemble totalise 7,5 bonniers49.
Une mention explicite en brosse le tableau suivant : « een pachthof inde parochie van
Sinte Peeters Woluwe ter plaetsen geheten ten Bovenberghe comende metter eender zijde aan
de Male Beeke en metter andere sijde aenne s’Heeren straete oppers gaende naer het hof te
Vlessembeke die derde sijde boven … »50.
On estime que les biens de la ferme s’étendaient, au xve siècle, à 54 bonniers. Le cœur de
l’exploitation se situait sur le plateau du Lauzemet, futur quartier Saint-Paul51. Il existe toujours
une avenue Saint-Jean à Woluwe-Saint-Pierre, dans le quartier du Putdael.
Le hameau de Kelle
Le terme kelle évoque un ravinement, une structure du paysage étroite et encaissée,
naturelle ou artifcielle. Mais aussi un chenal, une rigole le long de laquelle l’eau est amenée
à une roue, ou encore à une machine hydraulique sur un cours d’eau, par laquelle l’eau est
amenée à la roue du moulin52. Vu la disposition des lieux, on pense automatiquement au moulin
à eau du Bovenberg53. Au nord du Bovenberg se développe, vraisemblablement dès le xiiie siècle,
un hameau le long du chemin Kelle (l’actuelle rue Kelle). Ce chemin reliait la ferme du Bovenberg
au chemin de Konkel qui menait à Stockel. La première mention de ce lieu remonte à 1384 et le
chemin lui-même est déjà mentionné en 1469, aen die kellestraete. L
’idée d’un chenal au service
du moulin est toutefois contrebalancée par la distance et la diférence d’altitude entre le chemin
Kelle et le moulin du Bovenberg.
STOCKEL
étymologie et développement
« Stockel » évoquerait un petit bois sur un sol de sable surélevé54 et Varenberg une colline
avec des fougères55.
Le hameau de Stockel se situe à l’extrême nord-est de l’entité et jouxte la forêt de
Soignes. Il est mentionné depuis 1147. Il s’agit d’une donation, faite par Jean de Dufel, vir nobi-
lis – homme noble de la branche des Grimbergen – qui cède à l’abbaye du Parc sa part de pro-
priété du bois de Varenberg et du moulin de Stockel. Les autres parts de ces biens appartiennent
alors aux familles de Woluwe et de Wezembeek.
Il s’y trouvait à peu près le même nombre d’habitants qu’au vieux village de Woluwe-
Saint-Pierre 56. Le centre du hameau était la chapelle Notre-Dame, mentionnée pour la pre-
mière fois en 1326. L
’ endroit est un croisement important dans le réseau de chemins entre
Drapelet de pèlerinage
fgurant la chapelle
Notre-Dame de Stockel,
xviiie siècle.
Bruxelles, Archives de la Ville de
Bruxelles, Fonds iconographique.
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81
Bruxelles, la forêt des Soignes et Tervuren. L
’habitat, pour l’essentiel concentré le long de l’ac-
tuelle rue de l’Église et du Stuyvenberg, était comparable au centre villageois de Woluwe-Saint-
Pierre. L
’ activité économique du hameau était largement déterminée par la ferme considérable
de l’abbaye du Parc57.
La ferme du Stuyvenberg appartenant à la chapelle de Stockel « toebehoorende de
capelle van Stockele … »58.
La seigneurie de Stockel appartenait à sire Henri van Coelen, en 1415 à Henri den
Hertoghe, en 1488 à Henri Bauw, seigneur de Muggenberge et à Maître Jean Brugman; plus
tard, à la famille Kiefelt et, enfn, elle fut annexée au comté de Hinnisdael ou Crainhem. Le
territoire judiciaire de Stockel fut détenu par plusieurs seigneurs et fut fnalement vendu en 1724
à Henri-Antoine Van Berchem, seigneur de Crainhem59.
La paroisse notre-Dame de Stockel 
La première mention de la chapelle Notre-Dame, ou chapelle de la Visitation, remonte
à 1326. Elle se situait au coin des actuelles rue de l’Église et rue Vandermaelen. On y invoquait la
Vierge contre les hernies.
Un hameau commença à se développer autour de la chapelle, et devint rapidement d’une
importance comparable au noyau villageois de Woluwe-Saint-Pierre. Elle était habituellement
desservie par le curé de Woluwe-Saint-Pierre, parfois secondé en cela par des membres de la
communauté du Rouge Cloître60.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
H. Le Roux, L’ église
Notre-Dame de Stockel,
aquarelle sur papier,
1900, signé et daté en bas
à droite.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, Bureau
du directeur des Travaux.
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82
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Hof te Stokkel
la ferme de Stockel
Les bâtiments de l’Hof te Stokkel – aujourd’hui
disparus – se situaient à l’angle des chemins qui
constituent actuellement les avenues Orban et de
l’escrime1.
L ’abbaye du Parc, fondée à Heverlee près
de louvain en 1129, a, dès son origine, développé
une ferme centrée autour de Stockel. L ’abbaye
possède depuis la première moitié du xiie siècle
des domaines dans la vallée de la Woluwe.
la première mention explicite de l’Hof te
Stokkel remonte à 1283, quand l’abbaye reçoit en
fef une parcelle de bruyères proche de la ferme
de l’abbaye des mains du duc Jean Ier de Brabant.
les possessions de l’Hof te Stokkel s’étoffent peu
à peu suite à cette première donation. et du xiie
au xviiie siècles, l’exploitation est une des fermes
les plus importantes de l’abbaye. Son vaste
domaine, plus homogène que celui de Forest,
s’étendait en majeure partie au sud de Stockel,
hameau cité pour la première fois en 1147.
Par divers achats et dons dans le courant
des xiie et xiiie siècles, l’abbaye accrut ses posses-
sions dans la région. l ’acquisition de ces biens
ne se ft pas toujours sans diffculté2.
en 1287, la ferme gérait plus de 112 bon-
niers de terres arables sur lesquelles s’appliquait
le système de la rotation triennale. Les terres
qui s’y rattachent sont situées principalement
à Stockel même, à Woluwe-Saint-Pierre et
Woluwe-Saint-Lambert, mais aussi à Wezembeek
et à Oppem.
L ’Hof te Stokkel formait le noyau le plus
ancien du domaine de l’abbaye du Parc, avec les
fermes de Vossem et de egenhoven – opérant
de la sorte un lien physique entre Bruxelles et
Schéma d’implantation
de la ferme de Stockel.
Fonds de plan Brussels UrbIs RC
1.06, dessin C. Ortigosa.
Le centre de Stockel
en 1665.
Archives Générales du Royaume,
Cartes et Plans manuscrits, 8186.
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83
Louvain dans le Brabant famand. Elle représen-
tait également l’une des sources de revenus les
plus importantes de l’institution. L ’abbaye affer-
ma l’ensemble à des exploitants dont les noms
sont connus depuis 1287. les accords de fermage
avaient le plus souvent des durées de 9 ans. Outre
les travaux à la ferme, les fermiers entretenaient,
à titre de corvées, les chemins et les canaux
encore soumis à rude épreuve par les charrettes
et les chevaux. Ils étaient également chargés
de l’approvisionnement en bois de chauffage
du refuge de l’abbaye du Parc à Bruxelles. En
contrepartie, ils pouvaient laisser le bétail paître
dans les bois de l’abbaye. La ferme était l’une des
exploitations agricoles les plus importantes de
l’abbaye du Parc qui en comptait pourtant 18,
notamment à Crainhem, Wezembeek et Evere3.
Il n’existe toutefois pas de document
représentant les bâtiments de la ferme avant
le xvie siècle.
en 1548, l’abbé louis Vanden Bergh
donne l’autorisation à Jean Van Hamme de
construire une nouvelle écurie – étable d’une
longueur de 70 pieds et d’une largeur de
32 pieds. le nouveau bâtiment avait 7 travées. un
petit abri pour les machines agricoles est adossé
au pignon. en 1593, on enregistre la livraison de
pierres pour l’aménagement des auges des che-
vaux et des veaux. Au même moment, un nouvel
escalier est construit devant le corps de logis
du fermier4.
en 1559, on construit une nouvelle
remise à voiture. Vers 1613, Peter Herincx fait
construire une nouvelle étable pour un montant
de 827 forins.
un incendie détruit une partie de
l’exploitation en 1637, les frais de reconstruction
s’élèvent à 1.100 forins.
un recensement de l’exploitation est
opéré en 1654. un dessin présente une ferme
en carré, centrée sur une cour dotée d’une
tour à colombier. un vaste verger entoure alors
l’ensemble des bâtiments. une nouvelle écurie
est construite en 1659. une carte de 1661 montre
que, désormais, la ferme est desservie par une
longue drève, mais la tour à colombier semble
avoir disparu. une nouvelle carte de recense-
ment, élaborée en 1720, présente peu de diffé-
rences avec la précédente.
Les bâtiments restent en place jusqu’à la
Première Guerre mondiale, groupés autour
d’une cour intérieure carrée. Suite à la disso-
lution de l’abbaye du Parc en 1796, la ferme est
cédée en vente publique le 7 germinal de l’an VI
(27 mars 1798) avec 103 bonniers ou 135 hectares
de terres, pour 21.100 livres à Jacques Herman
Marischal et Henri Vouwel, résidant tous deux
à Bruxelles. le géomètre François lambert en
donne alors la description suivante :
Un bâtiment de cense, appelée cense de Stockel,
située au hameau de Stockel, commune de Woluwe
Saint Pierre, avec deux granges, ecuries et etables
(sic) et remises de voitures, construites en bois,
les murs plaqués de terres argille en très mauvais
état, exigent des réparations et reconstructions
excepté la maison que batis de briques d’un état
médiocre, assis sur quatre bonniers environs de
pâtures y compris une closière, joignant la grande,
avec cour et jardin.5
Suite au décès de Jacques Marischal,
la ferme entre dans l’héritage des familles van
Volxem, Orban et lepage. la ferme est en grande
partie démolie en 1913, notamment pour faire
place à la nouvelle avenue de l’escrime. les
derniers vestiges sont progressivement abattus
entre 1926 et 19386.
La ferme de Stockel,
vue de la cour intérieure.
Collection Jozef Laureys.
La ferme de Stockel au
début du xxe siècle.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Hof te Stockel : la ferme de Stockel
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84
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
6
De la renaissance
à la fn de l’Ancien Régime
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85
Un VILLAGE à L
’HEURE DES GUERRES EUROPéEnnES
Période d’instabilité politique, le règne de Philippe II ne compte plus les crises fru-
mentaires causées par les destructions et les réquisitions des récoltes, à quoi s’ajoutent les
conditions climatiques mauvaises. L
’ ensemble a, en outre, favorisé l’émergence de crises épidé-
miques. L
’ accalmie et le retour à une certaine prospérité dans la première moitié du xviie siècle
n’empêchèrent pas les malheurs de s’abattre sur Woluwe-Saint-Pierre. En 1636, la peste
sévit en Brabant. Depuis 1635, la guerre de Trente ans mais aussi les guerres de Dévolution, de
Hollande, de la Ligue d’Augsbourg et de Succession d’Espagne et plusieurs épidémies ravagent
Bruxelles et ses environs immédiats entre 1667 et 16691.
Les seigneuries de Woluwe et de Stockel
Du xive siècle à la fn du xviie siècle, la seigneurie de Woluwe-Saint-Pierre échut entre
les mains des familles Vandermeeren, de Bornival, Van der Aa et d’Armstorf. La seigneurie de
Stockel, au cours de la deuxième moitié du xive siècle, entra dans le domaine de la famille des
chevaliers van Meldert. Au milieu du xvie siècle, elle appartenait à la puissante famille Kiefelt.
Agathe-Clémence Kiefelt, épouse de Henri-Antoine van Berchem, achète en 1694 la seigneu-
rie de Woluwe à la famille d’Armstorf. De la sorte, le lien originaire entre Stockel et Woluwe se
trouvait restauré. Sa flle, Anne-Florence-Thérèse de Berchem, épousa François de Hinnisdael,
qui transmit Woluwe et Stockel à ses descendants2.
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
M.-F. Van Langren, Plan
des travaux de défense
de la ville de Bruxelles
utilisant les inondations
comme moyen de
défense, vers 1655.
Bruxelles, musée de la Ville
de Bruxelles, Maison du Roi.
Carte topographique des
environs de Bruxelles,
par l’abbé Mann, 1785.
Collection musée communal
de Woluwe-Saint-Lambert.
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86
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
En 1536, Henri et Georges de Witthem achètent la seigneurie de Woluwe à Charles Van
der Aa. Françoise Van der Aa, épouse de Charles d’Armstorf, hérite en 1577 de la seigneu-
rie à laquelle appartiennent les trois Woluwe, Stockel et Roodebeek. Woluwe avait alors ses
propres échevins et son tribunal à Woluwe-Saint-Lambert, mais la peine capitale était pronon-
cée à Saint-Josse-ten-Noode. En 1626, le droit de justice de Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-
Saint-Lambert et Wezembeek fut vendu à Georges Kiefelt, seigneur de Stockel. Il aboutit
fnalement entre les mains de Henri-Antoine van Berchem, seigneur de Tongelaer et Crainhem,
et du comte Antoine de Hinnisdael3.
Il faut remarquer que, même si la notion de château est adjointe, sous la forme de castro,
au patronyme des Woluwe, aucun édifce de type castral n’a laissé de trace sur le territoire de
Woluwe-Saint-Pierre.
Les Hinnisdael, derniers seigneurs de Woluwe, étaient issus d’une importante famille de
la noblesse hesbignonne. Henri fut comte de Crainhem, sa seigneurie recouvrait en tout ou en
partie les territoires actuels de Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-
Étienne, Crainhem et Stockel. François-Bernard, né en 1759, fut le dernier seigneur de Woluwe.
Au milieu du xviiie siècle, l’impératrice Marie-Thérèse créa, pour la famille de Hinnisdael, le
comté de Crainhem, qui rassemblait les droits en termes de justice, cens domaniaux et nombre
de domaines sur les territoires de Woluwe-Saint-Lambert, Stockel, Woluwe-Saint-Pierre,
Wezembeek et Crainhnem. Les seigneuries de Woluwe et Stockel se situaient largement sur la
rive droite de Woluwe.
La partie foncière de la seigneurie de Stockel, de la fn du Moyen Âge à 1615, est détenue
par la famille de Mérode-Westerloo. Elle passe ensuite entre les mains des Kiefelt, une famille
appartenant à la noblesse de robe, d’origine nord-brabançonne. En 1626, Georges Ier Kiefelt
prend en engagère la haute justice de Woluwe-Saint-Pierre, tandis que celle de Stockel est
reprise par Roger Clarisse. Elles furent réunies à la fn du xviiie siècle et un demi-siècle plus tard,
elles furent versées au comté de Crainhem4.
Portrait de Hermann
de Hinnisdael chevalier
vivant en 1234 et sa
descendance légendaire.
Les trois oiseaux
présents dans les
armoiries de sable au
chef d’argent chargé
de trois merlettes du
même ont été repris dans
celles de la commune.
Hermann de Hinnisdael
a très probablement
vécu au XIIIe siècle. Le
château à l’arrière-plan
serait sa propriété de
Fumal (Vechmaal). La
généalogie exposée de
part et d’autre sous
forme de blasons est très
simplifée et mentionne
une ultime alliance datée
de 1723.
Peintre anonyme. Huile
sur toile. Première moitié
du xviiie siècle.
Cabinet du bourgmestre,
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre.
Obit de Henri-Antoine
de Berchem, décédé le
10 janvier 1729.
Woluwe-Saint-Lambert,
chapelle de Marie-la-
Misérable.
Bruxelles, cliché A.C.L.
Dalle funéraire de
Charles d’Armstorf
et de son épouse
Françoise Van Der Aa.
Woluwe-Saint-Lambert,
église Saint-Lambert.
Bruxelles, cliché A.C.L.
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88
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
LA PAROISSE SAInT-PIERRE ET SES CURéS
Aux Temps Modernes, Woluwe-Saint-Pierre soufrit à ce point des troubles religieux
que le curé de Woluwe-Saint-Lambert fut amené à desservir la paroisse Saint-Pierre de 1580
ou 1584 à 1721–1722. Cette situation ambiguë provoqua même de la part des curés de Saint-
Lambert une tentative d’instaurer l’unité paroissiale des deux Woluwe. Cela engendra, par la
suite, un long litige sur les limites entre les deux paroisses, quant aux ressorts paroissiaux et
à la perception des dîmes. L
’ abbaye de Forest percevait, à la fn du xviiie siècle, les deux tiers des
dîmes de la paroisse, c’est-à-dire 1.135 forins en 1787. Le curé de Woluwe-Saint-Lambert per-
cevait lui aussi une partie de ces bénéfces, en échange de quoi il s’acquittait chaque année de
quatre rasières de seigle envers l’abbesse5.
Les registres paroissiaux sont intéressants à propos de cette imbrication des responsa-
bilités. De 1651 à 1721, les baptêmes, les mariages et les décès des deux paroisses sont inscrits
dans le même registre, celui de Woluwe-Saint-Lambert. Philippe Van der Zijpen, le dernier curé
qui desservit les deux paroisses, tenta même d’annexer défnitivement la paroisse Saint-Pierre
à celle de Saint-Lambert. Il développe l’idée dans un mémoire rédigé en 1721, un opuscule où il
argumente que les deux paroisses doivent fusionner pour le bien commun. Selon lui, celle de
Woluwe-Saint-Pierre n’est pas viable, car trop peu peuplée. Il est vrai que les limites entre les
deux paroisses étaient devenues très compliquées, que les habitants se rendaient à l’église la
plus proche plutôt que dans leur paroisse ofcielle et que le morcellement extrême des terres
soumises à la dîme rendait toute frontière difcile à percevoir. Cette tentative de prise d’autorité
fut un échec. C’était là aller trop loin et l’abbesse de Forest se dut de réagir. La paroisse Saint-
Pierre retrouva un pasteur la même année. Le 3 juin 1721, l’archevêque de Malines nomma,
après concertation avec l’abbesse de Forest, Arnold Van Homberghen curé de Woluwe-Saint-
Pierre6. Cette fois, il est clairement signalé que le curé sera rémunéré directement
par l’abbaye.
Section B dite de Bemel,
de l’Atlas de la commune
de Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808.
Échelle 1 / 2 500.
Les zones foncées
représentent les
bois, les zones vertes
représentent les pâtures
et les zones claires
représentent
les champs.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, service de
l’urbanisme.
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89
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
LE DéVELOPPEMEnT DéMOGRAPHIqUE, SOCIAL ET éCOnOMIqUE
L
’essor démographique
Dès l’enquête de 1526, les chifres fournis par les dénombrements sont plus nuan-
cés qu’auparavant. On trouve à Woluwe-Saint-Pierre 21 foyers aisés, 1 maison vide, 6 foyers
pauvres, 8 fermes et 4 maisons d’ecclésiastiques7.
À titre de comparaison, le même dénombrement reprend pour Crainhem 33 maisons
habitées, 2 maisons vides, 22 foyers pauvres, 7 fermes, 3 foyers d’ecclésiastiques. Woluwe-
Saint-Lambert, toujours dans le dénombrement de 1526, compte 36 maisons habitées, dont une
à deux foyers, aucune maison vide, 14 foyers pauvres, 8 fermes, 5 foyers d’ecclésiastiques 8.
« … 21 foyers aisés, 1 maison vide,
6 foyers pauvres, 8 fermes et 4 maisons
d’ecclésiastiques … »
Le château Kiefelt au
début du xxe siècle.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Extrait du premier
registre paroissial de
décès de la paroisse
Saint-Lambert, à
l’époque commun aux
deux Woluwe et Stockel.
La mention no 16, au bas
de la page, mentionne un
décès à Stockel.
Collection musée communal
de Woluwe-Saint-Lambert.
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90
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Ces chifres ne précisent toutefois pas le nombre d’enfants ni ce qu’on entend par
enfants dans ces calculs. Il va de soi que nombre d’entre eux étaient à l’ouvrage dans les exploi-
tations familiales et participaient modestement à la prospérité générale. Mais sans laisser de
traces palpables. On peut ainsi imaginer que le village comptait entre 250 et 300 habitants dans
la première moitié du xvie siècle.
Il faut attendre 1686 pour retrouver des chifres permettant de mesurer le potentiel
humain de Woluwe-Saint-Pierre.
L
’évolution de la population du xvie au xviiie siècle
En 1709, le premier recensement complet de personnes, opéré en Brabant, donne le
chifre de 314 habitants pour Woluwe-Saint-Pierre9 et 267 pour Woluwe-Saint-Lambert10.
Le dénombrement général de 178411 est, cette fois, nettement détaillé. On y trouve,
comme ecclésiastiques, 1 religieux séculier, le curé de Saint-Pierre très probablement, et
1 religieux régulier, probablement le desservant de la chapelle Notre-Dame de Stockel, dont la
charge pastorale était confée à un chanoine régulier du Rouge Cloître.
La ferme du Bovenberg et
ses terres traversées par
la rue Kelle, bordées par
un bois et le chemin vers
Auderghem. Le fermier
de l’époque, Pierre de
Busscher, exploite les
terres, les prairies, les bois,
les étangs. Le moulin, sur
la Woluwe, est exploité par
le meunier de Woluwe-
Saint-Pierre, Henri Van
den Borre, né à Dieghem,
décédé en 1793.
Minutes et cartes
fguratives Sous St Pierre
Woluwe.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, no 102 1, 2.
©ACPASB.
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91
Les laïcs de plus de 12 ans sont au nombre de 229 hommes et 224 femmes. Les laïcs
de moins de 12 ans regroupent 98 garçons et 97 flles. Le village compte alors un total de
650 habitants12.
L ’ enseignement
Aucun enseignement primaire organisé ne semble avoir existé à Woluwe-Saint-Pierre
sous l’Ancien Régime.
À titre d’exemple, les registres d’état civil, inaugurés sous le régime français en 1795,
ofrent rétrospectivement un aperçu intéressant sur le niveau de scolarisation de l’époque pré-
cédente. Les mariés et leurs témoins sont généralement majeurs et ils sont invités à signer l’acte
de mariage. Ces documents fournissent des données très concrètes sur le taux d’alphabétisa-
tion, même sommaire, des habitants.
Trois cas se présentent. Certaines personnes signent, d’une belle signature soignée
voire esthétique. Cela dénote une habitude manifeste. Mais on trouve également des signatures
maladroites, hésitantes, parfois légèrement erronées. Elles ont été sufsantes pour valider
l’acte, mais la personne n’a que peu l’habitude de signer et ne maîtrise pas aisément l’écriture.
Troisième cas, les personnes déclarent tout simplement ne pas savoir signer. Parfois, l’ofcier
d’état civil explique tout bonnement « parce qu’il, ou elle, est illettré ». Elles apposent une croix
à côté de leur nom. Et même, certaines de ces croix sont très maladroites. La plume a dû être
difcile à tenir. L
’ émotion du moment solennel peut avoir joué elle aussi.
Les premières lois promulguées sous le régime français n’étaient pas suivies pour autant
d’efets immédiats. Lorsque nos régions furent rattachées aux Pays-Bas, les autorités hollan-
daises mirent en œuvre un vaste programme d’amélioration et de développement de l’enseigne-
ment primaire13.
LA PROSPéRITé RETROUVéE AU xVIIIe SIèCLE
Un changement assez net s’opère à partir des années 1725–1730, sous le règne de
Léopold II. Seule, l’annexion de nos régions à la France de 1745 à 1748 lors de la Guerre de
Succession d’Autriche, vient troubler cette tranquillité. En conséquence, on observe une
réelle croissance démographique, manifestée par l’augmentation et l’agrandissement d’édi-
fces ruraux.14
Le recensement industriel de 1764 mentionne à Woluwe-Saint-Pierre une foulerie de
peaux « où l’on prépare les peaux et les bufeteries à l’usage des troupes de S. M. ». Et de spé-
cifer que les produits sont destinés aux « troupes de S. M. en garnison dans le pays ». La petite
usine, tout en relevant de la paroisse Saint-Pierre, est en réalité une enclave, en plein territoire
de Woluwe-Saint-Lambert, au lieu-dit du Vellemolen.
Le propriétaire, Jean Degernier, est maître bufetier de la ville de Bruxelles.
L
’ établissement existe « depuis de longues années » et utilise 4 à 5 ouvriers. Le document ne
« … une foulerie de peaux où l’on prépare les peaux
et les buffeteries à l’usage des troupes de Sa Majesté
en garnison dans le pays … »
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
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92
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
livre pas de chifres précis, mais estime « le chifre d’afaires annuel à 45 000 forins… Les peaux
viennent du pays et de l’étranger ». La rubrique mentionne enfn qu’ « il n’existe pas de foulerie
semblable sur les frontières qui pourrait permettre à celle-ci de frauder »15.
Le même recensement industriel mentionne sept carrières de pierre et quatre fours
à chaux à Woluwe-Saint-Étienne, et une papeterie employant quatre ouvriers à Crainhem16.
La dimension sociale
La terre, sous l’Ancien Régime, restait le placement le plus sûr, le plus rentable, et la mise
en exploitation « à ferme » était régie par des principes et des usages courants et reconnus.
Des institutions religieuses et civiles conséquentes possédaient des terres sur le terri-
toire de Woluwe-Saint-Pierre. L
’ abbaye du Parc avec la ferme de Stockel, l’hôpital Saint-Jean
de Bruxelles, avec la ferme du Bovenberg, la congrégation des Jésuites avec la ferme du Bemel
étaient des propriétaires fonciers dont la gestion à très long terme – aucun héritage, aucune
parcellisation des biens – permettait des économies d’échelle et des rendements dont les béné-
fces alimentaient les communautés – en denrées et en numéraire. Le Brabant passait à la fn
Dossier de la petite
Maria B. Compte des
vêtements distribués,
1791–1827 (enfants
infrmes).
Bruxelles, Archives du CPAS
de Bruxelles, Fonds des
enfants trouvés et abandonnés.
©ACPASB.
Page 93Top

93
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
de l’Ancien Régime pour une région agricole des plus productives et la proximité de Bruxelles
ofrait également un débouché évident aux producteurs voisins.
À l’inverse, des institutions de bienfaisance plaçaient des personnes sous leur responsa-
bilité directement à la campagne, afn de désengorger leurs refuges urbains.
Les archives du CPAS de Bruxelles conservent les registres des enfants trouvés et
abandonnés établis par le régime autrichien. Pour les années 1780–1790, l’institution traite en
moyenne un cas par jour. Ce chifre peut paraître inquiétant. Il est moitié moindre cependant
que ce que traitera le même service dans le courant du xixe siècle.
Un cas précis, bien documenté et suivi avec précision, attire l’attention parmi d’autres.
La petite Maria B. est mentionnée dans le Livre des Infrmes17 et le Registre des Enfants Trouvés
et Abandonnés. Elle est trouvée le 8 septembre 1790, à l’âge supposé de 2 ans, sur la chaussée de
Louvain. « Maria B … oud salvo justo 2 jaaren 8 7bre 1790 gevonden op den steenweg van Loven
en dry uren s’naar middag ter selven dagen op conditio gedoopt tot St Joos ten Noode woont by
Joe De Becker (barré) … (texte caviardé) … by Pieter Geeraerds tot St Peeters Woluwe van 5 8bre
1791 ». Cette petite flle est estimée folle.
Elle est baptisée à tout hasard et de toute urgence le jour de son sauvetage. Elle reçoit
très probablement un prénom et un nom de fortune, comme souvent dans ce genre de cas. Rien
« … Maria B … oud 2 jaaren 8 7bre 1790
gevonden op den steenweg van Loven en dry
uren s’naar middag ter selven dagen op conditio
gedoopt tot St Joos ten Noode … »
Procès-verbal de
découverte et placement
de la petite Maria B.
le 8 septembre 1790.
Bruxelles, Archives du CPAS
de Bruxelles, Fonds des enfants
trouvés et abandonnés.
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94
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
en efet, dans les diférentes rubriques qui lui sont consacrées, ne mentionne qu’elle aurait été
abandonnée avec l’une ou l’autre marque permettant de l’identifer.
Il est vraisemblable qu’elle a été abandonnée à l’âge estimé de deux ans quand sa famille
dut se rendre à l’évidence de son état mental. Quoi que la folie soit mal défnie en termes cli-
niques à l’époque, cette petite soufrait probablement d’une « diférence » qui la rendait inapte
à la vie exigeante des familles pauvres de l’époque. Elle a toutefois été déposée dans un endroit
de grand passage, ce qui augmentait très nettement la probabilité qu’elle soit sauvée. Si sa
famille ne pouvait l’assumer, on ne lui voulait toutefois aucun mal et on lui aura donné une
grande chance d’être trouvée.
La rubrique no 350 du registre du Fonds de l’Hospice des enfants trouvés et abandonnés
permet de suivre son parcours. Son identifcation se fait soudain plus précise, sans explication.
Soit l’administration lui a confectionné une identité et, partant, une respectabilité sociale, soit
de nouvelles informations ont permis de nourrir son dossier. Il est cette fois spécifé qu’elle est
Planche Het Groot Veldt
de la carte fgurative d’un
journal de l’abbaye du
Parc.
Archives du CPAS de Bruxelles,
cartes et plans, 244.
©ACPASB.
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95
née le 8 février 1788. Elle est placée en pension chez la veuve de Pierre de Coster, devenue la
femme de Pierre Geerarts à Woluwe-Saint-Pierre. Maria B. ne restera que quelques années
dans cette famille nourricière. Elle sera ensuite transférée à Hoeilaart, à Huldenberg, à Uccle,
chez autant de familles rémunérées pour cet accueil. L
’ administration fournissait chaque fois,
et chaque année, un trousseau complet mais modeste dont le détail est émouvant. Les registres
permettent de suivre les déracinements successifs de la petite flle. Peu à peu, Maria grandit
et son caractère s’afrme. Les difcultés aussi. Elle « déserte » plus d’une fois les familles qui
l’accueillent. Elle sera fnalement placée, le 19 avril 1815, au Dépôt des Insensés de Gheel. Ce sont
là les dernières traces conservées dans les registres.
L
’ESSOR éCOnOMIqUE
La vie économique
L
’importance de la vallée de la Woluwe reste centrale. En 1769, un chroniqueur fait la
louange des environs agréables, avec ses nombreuses sources, ses champs, ses prairies, ses
étangs, ses bois, ses autres végétations.
La forêt de Soignes et les diférents bois jouaient un rôle vital dans l’économie locale. Ils
fournissaient le bois de chaufage et de charpente et étaient riches en gibier. Ils étaient en outre
indispensables comme pâture pour le bétail, au point que sous l’Ancien Régime, les droits de
pâture étaient très strictement réglementés18.
À la fn du xviie siècle, Woluwe-Saint-Pierre apparaît comme un village dont le territoire
se répartit essentiellement en terres de cultures (environ 350 bonniers) et en surfaces boisées
de près de 200 bonniers largement utilisés par la population locale pour l’élevage du bétail au
point que, pendant tous les Temps Modernes, la pâture en forêt est sévèrement réglementée
pour les bovins et les porcins, les ovins en étant exclus19.
L
’ agriculture reste clairement jusqu’au xixe siècle l’activité économique prédominante.
Jusque vers 1560, les rendements agricoles ofrent une évolution globalement positive, puis
connaisent une détérioration brutale durant les graves troubles du dernier tiers du xvie siècle. La
première moitié du xviie siècle se révèle assez bonne mais très vite la situation est hypothéquée
par les événements déstabilisateurs de la seconde moitié de ce siècle. Le xviiie siècle voit s’opé-
rer un redémarrage20. L
’ activité agricole se joue pour l’essentiel dans le cadre des trois grosses
fermes du Bovenberg, du Bemel et de Stockel. Les sols ont été le plus souvent gagnés sur les
bois. Le système d’assolement triennal (tour à tour le froment d’hiver, les céréales de printemps
et la jachère) était d’application. L
’Hof te Stockel possédait également quelques pieds de vigne21.
Un recensement du gros bétail, établi pour chaque famille de la paroisse de Saint-Pierre,
dressé le 6 novembre 1770, fournit les chifres suivants :
Le village totalise 234 bovins roux, 48 bovins noirs, 32 non spécifés, pour un ensemble
de 346 bêtes. Les familles les plus riches en possèdent au maximum une quarantaine. François
Coosemans est propriétaire de 19 bêtes, sans spécifcations. Henri Buyckens possède 13 bovins
roux. Le plus souvent, les familles possèdent un ou deux animaux. Quelques familles en pos-
sèdent une dizaine voire une quinzaine.
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
le village totalise 234 bovins roux, 48 bovins
noirs, 32 non spécifés, pour un ensemble
de 346 bêtes.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
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Le réseau des chemins
Sous le règne des archiducs Albert et Isabelle (1598–1621), il fut apporté grand soin aux
diverses communications de Bruxelles vers Tervuren. Afn de les améliorer, des terrains furent
achetés à Oppem, Stockel et Woluwe-Saint-Pierre. La rue du Duc, parfois appelée Chemin
de Bruxelles ou Heirbaan de Bruxelles, traversait le territoire de Woluwe-Saint-Pierre, depuis
Etterbeek jusqu’à Stockel. A l’origine, ce chemin était réservé à la Cour. L
’ accès était dès lors
protégé par des barrières. Plus tard, la voie devint une voirie publique. Le tracé correspond aux
rues du Duc et Fr. Gay actuelles. Diférents chemins partaient de l’ancien centre villageois. Une
partie de la rue du Duc, l’actuelle rue Sombre, menait au village et à l’église de Woluwe-Saint-
Lambert. La rue du Moulin – actuelle rue L. Titeca – où se trouvaient quelques habitations,
menait vers le sud, vers l’Hof te Bovenberg et son moulin à eau. Une fois au-delà de la Woluwe,
le trajet rencontrait le chemin de Woluwe-Saint-Pierre vers Auderghem. À l’est de la ferme, le
chemin Kelle, l’actuelle rue Kelle, reliait le hameau du Bovenberg au chemin de Woluwe-Saint-
Pierre à Stockel, devenu la rue Konkel. Ce long chemin établissait la communication entre le
village de Woluwe-Saint-Pierre et le hameau de Stockel. Stockel formait alors un croisement
important, à la rencontre du chemin de Konkel et un chemin allant de la forêt de Soignes
à Tervuren (Heirbaan van Ter Vueren)22.
En 1749, la chaussée reliant Auderghem à Tervuren est construite et va profondément
transformer la répartition de l’habitat sur son parcours23.
LES GRAnDES FERMES DE L
’ AnCIEn RéGIME, LE DéVELOPPEMEnT DES HAMEAUx
Le hameau du Bovenberg
Au xve siècle, l’ensemble compte, avec la ferme, le moulin et les dépendances, un
ensemble de 54 bonniers24. En 1686, l’hôpital possède encore 44 bonniers sur le territoire de
Woluwe-Saint-Pierre. L
’hôpital exploite des bois et des étangs (notamment le Nederste vyver,
Oude vyver, Sint-Jans vyver) dont l’ensemble totalise 7,5 bonniers25.
Une mention explicite en brosse le tableau suivant : « een pachthof inde parochie van
Sinte Peeters Woluwe ter plaetsen geheten ten Bovenberghe comende metter eender zijde aan
de Male Beeke en metter andere sijde aenne s’Heeren straete oppers gaende naer het hof te
Vlessembeke die derde sijde boven … »26.
À proximité de l’Hof ten Bemel, au centre du hameau du Bemel, la maison de plaisance
du sieur Haelewijck (Speelhuis Haelewijk) a les traits d’un manoir dont la construction remontait
sans doute au xviie siècle. Il se situait dans le périmètre défni actuellement par la rue du Bemel,
la Montagne aux Ombres et les avenues de l’Atlantique et Mostinck.
Au début du xviiie siècle, il présentait une tour carrée impressionnante s’appuyant sur un
bâtiment au toit en bâtière. L
’ ensemble était entouré de fossés et une petite construction précé-
dait l’avant du pont d’accès. Les douves sont encore bien visibles sur la Carte topographique de
la forêt de Soignes de Ferraris en 177027.
En dehors du Bemel, les Jésuites possédaient d’autres terres à Woluwe-Saint-Pierre.
« … certaine maison avec les terres y annexées … grand ensemble un bonnier, située sous la
paroisse de Woluwe-Saint-Pierre, tenue en louage par la veuve de Jean Van den Branden, dont
le rendant a reçu quarante forins pour l’année de loïer échue à la mi-mars 1776 », ou encore
« certaine tenure avec une pièce de terre grand ensemble cinq journaux donnée en emphytéose
(sic) l’an 1725 pour quatre vingt dix ans à Pierre Theunis clerc de la paroisse de Woluwe-Saint-
Pierre pour trente forins annuellement, dont le rendant a reçu trente forins en satisfaction
de l’année échue à la Saint-André 1776 … ». Une dernière partie de terre, de deux journaux, est
louée à Jeanne De Coningh et ofre un rendement de 7 forins au cours de l’année.
Les étangs sont importants eux aussi, par leur omniprésence et les ressources qu’ils
peuvent ofrir. Le même décompte des biens des Jésuites mentionne des étangs sous Woluwe-
Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert, grands de 12 bonniers trois journaux quarante-neuf
verges, loués par Gilles Michiels, pour un rendant de 280 forins au cours de 1776.
L
’ exploitation des bois est rentable, 11 bonniers 83 verges de bois permettent à l’exploitant
de vendre, le 6 avril 1776, 52 marchés d’arbres de haute futaie, pour la somme de 1.467 forins.
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
Gérard Mercator et
Jodocus I Hondius, Pars
meridionalis Brabantiae,
dans Atlas Mercator-
Hondius-Janssonius, s.l.
(Amsterdam), 1636.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
Le Woluwebeek, la
Woluwe, prend sa source
à Boitsfort puis traverse
les villages d’Ouwergem
(Auderghem), S.
Peeters Woluwe, Op
Woluwe (Woluwe-Saint-
Lambert), Craienhem
(Crainhem), S. Stevens
Woluwe (Woluwe-
Saint-Étienne) puis
Saventhem. Au-delà,
son cours s’incurve vers
Vilvorden.
Page 98Top

a
98
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Woluwe-Saint-Pierre. les revenus paroissiaux
sont alors toujours trop modestes pour fnancer
les travaux et une demande d’aide est adressée
au Conseil de Brabant. Un terrain adjacent
à l’église est choisi.
L ’architecte Jean-François Custers est
sollicité pour la réalisation des plans et d’une
maquette. Les moyens fnanciers sont mis
en œuvre aussitôt, regroupant les revenus de
la vente de biens communaux et des legs de
paroissiens. les travaux débutent dès 1724 mais
sont abandonnés peu après, les ressources étant
déjà épuisées. Une nouvelle demande de fonds
est envoyée au Conseil de Brabant en 17252. la
situation reste indécise et nulle trace ne permet
de se faire actuellement une idée précise de l’état
de la cure avant qu’une nouvelle campagne de
travaux ne vienne à bout du chantier.
Plus d’un demi-siècle plus tard, l’abbaye
de Forest est dirigée par Marie-Josèphe-Victoire
de Bousies de Rouveroy, abbesse de 1760 à 1785.
elle reprend fermement la gestion de la commu-
nauté et de ses biens et notamment plusieurs
chantiers en déréliction. elle entreprend de
grands travaux à l’abbaye même. Elle sollicite
pour cela l’architecte Laurent-Benoît Dewez
entre 1764 et 1776.
Les travaux à l’abbaye sont entamés par
Laurent Dewez. Suite à une brouille, l’abbesse
lui retire la responsabilité et la confe à Claude
Fisco3. Dans la foulée, l’abbesse fait achever les
travaux de la cure de Woluwe-Saint-Pierre entre
le printemps 1784 et l’automne 1785, après 700
jours de travail selon les comptes du chantier
la cure de l’église Saint-Pierre
Petite rue de l’église, 2
la date de construction et l’emplacement exact
de la première cure restent inconnus. Mais celle-
ci, au cœur de l’ancien noyau villageois, face
à l’église, est le plus ancien bâtiment en place de
Woluwe-Saint-Pierre.
ancienne cure d’une petite paroisse
rurale, le bâtiment a conservé le caractère sobre
et modeste des habitations de l’ancien village.
Le premier presbytère, construit à une époque
indéterminée, est complètement incendié aux
alentours de 1570, durant les guerres de religion.
le curé décède peu après. Il ne fut pas remplacé
dans l’immédiat et la paroisse fut desservie
jusqu’en 1722 par le curé de Woluwe-Saint-
lambert. le trop grand empressement de l’un
d’entre eux, Philippe van der Zijpen, à fusion-
ner radicalement les deux paroisses, attire
fnalement l’attention de l’abbesse de Forest et
l’amène à mettre fn à cette situation ambiguë.
La nomination d’un nouveau curé spécifque
à Woluwe-Saint-Pierre, arnold van Homberghen
en 1721, nécessite dès lors – et justife pleine-
ment – la construction d’une nouvelle cure. Des
actes notariés, datés de 1723 et 1724, visent à lui
en assurer la jouissance1. la démarche rétablit
symboliquement l’autonomie de la paroisse de
La cure de la paroisse
Saint-Pierre.
La porte d’entrée
de la cure.
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a
99
conservés dans les archives de l’abbaye4. un
certain Martin Botman a livré 900 pieds de
pierre bleue le 9 novembre 1783, pour la somme
de 63 forins5.
La première pierre de l’édifce néo-clas-
sique est posée le 26 juillet 17846. les murs en
conservent la trace sur la façade principale.
Deux pierres de fondation portent les initiales
de ceux qui les ont posées et la date de recons-
truction du bâtiment : à gauche « J.C.R.D.F. / ME
POSUIT / 26 JULII 1784 » et à droite : 3J.D.C.P. /
ME POSUIT / 26 JULII 1784 ».
Il est intéressant de constater que les
217 000 briques nécessaires ont été produites
dans les environs. l ’argile est tirée directement
du sol, un four est construit spécialement et le
charbon nécessaire à la cuisson est apporté sur
le chantier, sans que son origine soit spécifée.
au xixe siècle, plusieurs briqueteries prospéraient
toujours à Woluwe-Saint-Pierre.
le millésime 1784, en briques noires
dans la partie supérieure du pignon du côté de la
Petite rue de l’église, est d’origine. la fabrique
d’église assuma une partie des frais, tandis que
le pouvoir autrichien paya ce qui était encore dû
un an plus tard, 849 forins.
La cure n’a probablement pas bénéfcié
de plans architecturaux autres que les projets de
Custers. Elle s’inscrit nettement dans la typologie
des cures de campagne courantes au xviiie siècle8.
en 1792, l’armée autrichienne, désorga-
nisée et désemparée après sa défaite contre les
Français à Jemappes, établit un vaste campe-
ment dans la vallée de la Woluwe. Des soldats
pénétrèrent dans la cure et y causèrent beaucoup
de dégâts9.
L ’élargissement de la rue Jean Deraeck,
l’ancienne rue Saint-Pierre, large alors de
1,65 mètre, en 1907, va nécessiter la destruction
d’une aile entière, déjà très abîmée par un incen-
die, face à l’aile en place actuellement, et d’un
tiers d’une troisième aile10.
Entre 1929 et 1932, la bâtisse fait l’objet
de plusieurs campagnes de restauration, sous
l’égide de la commune qui en est propriétaire.
Pour l’essentiel, les pignons et les façades sont
nettoyés et consolidés. Ils sont en outre ornés
d’éléments historicisants comme les ancres
en fer forgé et le blason portant les armoiries
de l’abbesse de Forest, une belle pierre taillée
qui surplombe la porte d’entrée principale11.
l ’intérieur reçoit des cheminées en marbre, des
portes et des lambris de remploi, originaires
de la propriété Dumon à Stockel12. l ’escalier
en chêne, sculpté, à volées droites, vraisembla-
blement contemporain de la reconstruction de
1784, est décapé. Il avait coûté 6 forins 12 sols et
2 liards (6 gulden, 12 stuivers, 2 oorden)13.
À l’arrière de la cure, un jardin pentu,
qui s’étendait jusqu’à la rue Vandenhoven,
bordait jusqu’aux années 1960 toute la longueur
de la Petite rue de l’église. la construction du
centre paroissial edelweiss en 1966 va ampu-
ter drastiquement ce jardin. Le bâtiment a été
entre-temps revendu, il est occupé actuellement
par l’académie des arts néerlandophone rHoK
Kunstschool14.
la cure est classée depuis le 4 mars 2004.
la cure de l ’église Saint-Pierre, Petite rue de l ’église, 2
Le blason surplombant
la porte d’entrée de la
porte de la cure.
La cure de la paroisse
Saint-Pierre avant les
transformations des
années 1930.
Collection Jozef Laureys.
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Joos De Deken, Carte
fgurative voor Sint
Jans Gasthuis op den
poel binnen Brussel
van hunne Bosschen
gelegen onder Sinte
peeters woluwe gemaect
ende gemeten door den
onderschr.en gesworen
lant m.r inden Raede
van Brabant daer toe
geadmitteert onder de
vryhyt van… in febr.y
1704, détail, première
partie, 1704.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, 341.
©ACPASB.
Chaerte fgurative van
de goederen gelegen
onder die prochie van St
Peters als St Lambrechts
en de dry partyen onder
Ste Stevens Woluwe
bestaande in twee
deelen. 1712.
Détail : la ferme des
Jésuites et la maison
de plaisance du Sieur
Hallewijck.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, no 103.
©ACPASB.
100
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le hameau de Kelle
En 1665, il est question d’une ferme dans le hameau, la Kellenhof. Ensuite, il sera ques-
tion d’un étang, situé dans l’actuel parc des Sources, mentionné pour la première fois en 1671, et
d’une prairie mentionnée en 1777, qui appartenaient peut-être à la ferme28.
Le petit ruisseau du Maalbeek, synonyme de Molenbeek, a lui aussi une étymologie des
plus limpides : « le ruisseau qui moud »29. Un document de 1775 évoque même un « maelbeek
genaamd Woluwe »30.
Stockel 
La seigneurie de Stockel, dont l’origine remonte sans doute au xive siècle, était vaste et
puissante. Elle comprenait des terres censales, des tenures et des droits de justice foncière. Elle
resta la propriété des Meldert jusqu’en 1430 avant de passer aux mains de la famille Bauw. Elle
fut ensuite la propriété des Merode-Westerloo puis des Kiefelt, famille très riche qui détient
les droits de justice sur Crainhem et les trois villages de Woluwe. Au début du xviiie siècle, suite
au mariage de la petite-flle de Georges III Kiefelt, le patrimoine revint à François de Hinnisdael.
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101
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
L
’ ancienne ferme Hof Allome, sous Woluwe-Saint-Lambert, détruite par un incendie en 1900,
était, semble-t-il, l’un des centres économiques de la seigneurie. La ferme du Bovenberg, pro-
priété de l’hôpital Saint-Jean, située à la limite entre les terres de Stockel et de Woluwe, formait
aussi l’un des grands complexes agricoles31.
La paroisse notre-Dame de Stockel
Le curé de Woluwe-Saint-Pierre desservait également la chapelle de Stockel. Il se fai-
sait parfois remplacer par l’un des chanoines réguliers du couvent du Rouge Cloître. L
’un d’eux,
J.F. Van Der Auwera, fut, en 1783 ou 1784, installé comme confesseur de la chapelle. La chapelle
est visible d’ailleurs sur un étendard de pèlerinage de Notre-Dame de Stockel du xviiie siècle32.
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Planche Bemel de l’Atlas
de la commune de
Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808. Détail.
Échelle 1 / 2 500.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, service de
l’urbanisme.
Schéma d’implantation
de la ferme du Bemel.
Fond de plans Brussels UrbiS RC
1.06, dessin C. Ortigosa.
102
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Hof ten Bemel,
la ferme du Bemel
l ’Hof ten Bemel était située au milieu de l’actuel
pâté de maisons constitué par les avenues de l’at-
lantique, Jules César, de Tervueren et la rue du
Bemel, aux confns du parc de Woluwe. La date
de fondation et l’histoire des premiers siècles de
cette ferme n’ont guère laissé de traces. Il s’agit
très probablement d’une infrastructure agricole
comparable à la ferme du Bovenberg1.
Rodrigo-Louis Ghuyset, propriétaire de la
ferme, la cède aux Jésuites de Bruxelles le 16 dé-
cembre 1647, en échange d’une rente de 334 fo-
rins. Cette rente fut par après transformée en
rente viagère de 557 forins. L ’Hof ten Bemel était
encore entourée de bois à l’époque. Les Jésuites
de Bruxelles avaient alors plusieurs domaines
dans la région, à Laeken, à Jette, à Grimbergen,
Kappel-op-den-Bosch notamment.
l ’Hof ten Bemel est représentée dans
l’atlas de l’hôpital Saint-Jean de 1712. Quatre
bâtiments entourent une vaste cour intérieure en
forme de fer à cheval, ouverte sur le Chemin du
Bemel. Il s’agit vraisemblablement de l’habita-
tion du fermier, de granges et de remises. une
tour en poivrière se situait dans le coin sud-est de
la cour. Cette tour était encore visible au milieu
du xixe siècle2. au sud de la ferme, un grand étang
concentrait les eaux de ce quartier humide3.
en 1771, la ferme est louée à François
Coosemans ; elle compte 41 bonniers de terre,
de prairies et de vergers. à l’époque, la ferme est
toujours entièrement entourée de bois. La ferme
changea plusieurs fois de nom, avec toujours une
référence au Bemel ou aux Jésuites : ’t hoff ge-
noemt ten Bemelen, het t’hof van de Pater Jesuiten,
la Cense de Bemel sout St Pierre Woluwe ou la
ferme du hameau du Bemel. Au sud, elle jouxte un
grand étang alimenté par le ruisseau du Bemel
(Bemelbeek) proche du bois dit Gezetten Bosch.
au nord, le Bemels Veld faisait partie de la ferme
de Ganshoren tenue en fef par les vicomtes
de Bruxelles.
après la suppression de la Compagnie
de Jésus sous le gouvernement de l’empereur
Joseph II en 1773, la ferme fut reprise par dif-
férents particuliers dont quelques noms sont
connus.
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Les serres et le pavillon
du château Mostinck.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La ferme du Bemel
au début du xxe siècle.
Collection Jozef Laureys.
103
le prolongement de la rue du Bemel
en 1864 divisa la ferme en deux. les bâtiments
furent démolis dans les années 1920, la tour
subsista jusqu’en 1989. Elle fut détruite pour
faire place à un complexe d’appartements
à l’actuel no 65.
au xixe siècle, la famille de Waha s’instal-
la dans une propriété non loin de la ferme. l ’un
de ses descendants, eugène de Waha, fut en 1864
bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre. le notaire
Mostinck acheta vers 1850 les possessions de la
famille de Waha et vint s’y établir. Sa villa était
située aux alentours de l’emplacement où le sieur
Haelewijck avait auparavant établi son pavillon
de plaisance (speelhuys). Le « château Mostinck »,
construit en 1870, reprenait quelques éléments
du pavillon de plaisance du xviie siècle6. Cette
grosse villa, démolie en 1985, se situait à hauteur
de l’actuel no 30 de la rue du Bemel 7.
Une situation est dressée en 1776, « un
compte des biens des ci-devant Jésuites de
Bruxelles sous Woluwe … »4.
« … certaine cense sous la paroisse de
Woluwe-Saint-Pierre nommée la cense Ter
Bemel, avec quarante un bonniers un journal
et quarante neuf verges tant terres, prairies et
que verger, présentement tenue en louage par
François Coosemans, dont le rendant a reçu six
cent (sic) forins pour l’année de loier (sic) échue
à la Saint André 1776. »
Le document spécife en note que « la
cense Ten Bemel et les terres ci-dessus reprises
sont publiquement vendues le 16 octobre 1779
mais il y a une convention faite entre le ren-
dant et le dit fermier Coosemans en date du
19 octobre 1778 aggrée en cette Chambre le 30
du même mois ou entr’autres est conditionné
le fermier pourra habiter la dite cense jusqu’au
mi-mars 1779 … ».
Hof ten Bemel, la ferme du Bemel
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104
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Acte de vente de deux
bonniers de terre
au Kapelleveld à
Stockel, signé par Aert
Cammaerts et Anthoon
Cloetens, échevins de la
seigneurie de Stockel, le
18 juin 1709. La terre est
vendue par Suzanne de
Sempel à Dirk Soeteweis
et son épouse Barbara
Fabri.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Dalle funéraire de
Georges III Kiefelt
(orthographié ici Kiefel)
et de son épouse Anne
van Asseliers. Milieu du
xviie siècle.
Woluwe-Saint-Lambert,
chapelle de Marie-la-
Misérable.
Bruxelles, cliché A.C.L.
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105
LA FIn DE L
’ AnCIEn RéGIME
La révolution Brabançonne de 1789
La fn de l’Ancien Régime est marquée par plusieurs crises politiques et militaires d’am-
pleur diverse. La toute première d’entre elles, la révolution Brabançonne, n’a probablement pas
beaucoup d’impact sur Woluwe-Saint-Pierre. Mais à deux pas de là, à Woluwe-Saint-Lambert,
François de Clerck, le fermier de l’Hof ten Berg pour l’abbaye de Forest, est un sympathisant
vonckiste notoire et remarqué. Il sollicite du curé de Woluwe-Saint-Pierre, Daniel Cornelis,
l’autorisation de cacher de la poudre dans le clocher de l’église33.
La première occupation française, 6 novembre 1792 – mars 1793
Reculant devant l’armée française de Dumouriez, l’armée autrichienne, battue
à Jemappes, installe un de ses campements à Woluwe-Saint-Pierre, des installations qui
s’étendent jusqu’au bois de Linthout. Un témoin oculaire estima le nombre de soldats à 25 000,
ce qui, compte tenu des pertes subies, paraît en accord avec le chifre ofciel des efectifs.
Parmi cette troupe, on comptait 7 000 cavaliers dont le célèbre régiment des dragons de Latour.
Quelques-uns d’entre eux pénétrèrent dans le presbytère de Woluwe-Saint-Pierre et y cau-
sèrent des déprédations. Les deux localités eurent d’ailleurs à soufrir de ce séjour des troupes
autrichiennes qui commirent bon nombre de pillages34. Une administration militaire se mit en
place à la suite des armées de la République. En novembre 1792, l’abbaye de Forest fut grevée
d’une somme de 50 000 forins à verser dans les quatre jours aux armées d’occupation, soit plus
des deux tiers de l’ensemble de ses revenus. L
’ abbaye dut immédiatement hypothéquer l’Hof
ten Berg de Woluwe-Saint-Lambert. La victoire des armées autrichiennes à Neerwinden, le
18 mars 1793, précipita le départ des troupes françaises de Belgique. Lors de leur retraite,
durant quelques jours, les troupes de Dumouriez établissent leur camp le long de la Woluwe,
de Woluwe-Saint-Pierre à Vilvorde35.
La deuxième occupation française, la conquête, 1794–1795
La victoire de Fleurus ouvre défnitivement nos régions à l’implantation du pouvoir fran-
çais. La Belgique, ayant une des agricultures les plus avancées du continent, est soumise à des
contributions énormes. L
’ abbaye de Forest qui, après le départ des religieuses pour Cologne à la
mi-juin, a subi un pillage systématique, est contrainte de verser une taxe de plus de 127 000 fo-
rins, ce qui la force à aliéner une part importante de ses biens. À ces exactions s’ajoutent
l’application du maximum (tarif sur la vente des denrées alimentaires et des marchandises),
l’introduction des assignats et l’appropriation des trésors artistiques du pays. Finalement, la
Convention change de politique par un adoucissement relatif du régime en vigueur36.
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
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106
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
7
L
’InSTALLATIOn DU RéGIME RéPUBLICAIn
La paroisse Saint-Pierre dans les premiers temps de la République
Sous l’Ancien Régime, l’infuence du curé était prédominante dans un petit village
comme Woluwe-Saint-Pierre. Par la perception des dîmes, il était le bénéfciaire d’une part
importante des revenus du sol. La tenue des registres paroissiaux et l’instruction des enfants
relevaient le plus souvent directement de sa compétence1. Le régime révolutionnaire français,
imposé parfois avec vigueur, va profondément modifer la situation.
La paroisse sous le Directoire, le Consulat et l’Empire
La politique intransigeante du Directoire, guidée par une réaction antireligieuse, va pro-
voquer un profond bouleversement des mentalités et des usages. À partir de septembre 1797, les
prêtres sont obligés de prêter le serment de haine à la royauté. La plupart d’entre eux refusent,
entrent en clandestinité et sont pourchassés. Leurs églises sont désafectées, parfois démolies
ou encore transformées en temples de la raison ou en entrepôts2.
Suppression des propriétés monastiques
Le violent incendie qui avait ravagé l’essentiel des bâtiments de l’abbaye de Forest le
26 mars 1764 avait laissé le site dans un état désastreux. Très tôt, le 6 mai de la même année,
les religieuses décident « en chapitre » de reconstruire leur abbaye et, dans ce dessein, de
dégager un budget de 150 000 forins. Les travaux de reconstruction, confés à l’architecte
réputé Laurent Benoît Dewez, prirent quelques années et livrèrent un ensemble majestueux.
La communauté est toutefois engagée dans un endettement délicat qui la poursuivra jusqu’à 
sa suppression.
En novembre 1792, le général Dumouriez impose à l’abbaye une contribution de
50 000 forins et lui laisse 5 jours pour s’en acquitter. Cette levée est destinée à participer aux
frais d’entretien des troupes d’occupation françaises.
1790–1815, la période française
de la création des communes à la fn
de l’empire
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107
Pour parer au plus pressé, les religieuses, réunies en chapitre, décident d’hypothéquer
l’Hof ten Berg de Woluwe-Saint-Lambert. Le début d’une longue agonie.
La restauration du pouvoir autrichien enraye le déclin durant quelques mois.
Le retour des forces françaises, en juin 1794, achève cependant de programmer la fn
des institutions ecclésiastiques. Les taxes de toute nature s’abattent sur les institutions et les
quelques religieuses restées au sein de la communauté entament un processus de vente de
biens abbatiaux. Les ventes de terres et de biens commencent dès le mois d’août 1794.
Le démantèlement systématique du domaine atteint les propriétés situées
à Woluwe-Saint-Pierre.
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
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108
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le 12 germinal de l’an IV (13 avril 1796), les religieuses de Forest se voient imposer une
contribution de 6 000 livres de France, en numéraire métallique – et non en assignats si mal
considérés par la population, et peut-être même par l’autorité. La somme équivaut environ
à 27 kilogrammes d’argent pur. L
’ abbaye plonge davantage encore dans l’endettement. Peu
après, la communauté se voit infiger une contribution de 40 000 livres contre laquelle elle
proteste par une supplique adressée à l’Administration Centrale du département de la Dyle, où
les religieuses se disent « épuisées par les énormes contributions militaires qu’elles ont payées
dans le courant de l’année 1794, vieux style, elles sont aux abois et destituées de toute ressource.
Le principal revenu vient de leur être ôté, puisque les dîmes sont abolies. »3
Le décret du Directoire du 15 fructidor de l’an IV (1er septembre 1796) supprime défnitive-
ment tous les établissements religieux. Deux jours plus tard, le 17 fructidor (3 septembre 1796),
un autre décret lance un vaste programme d’inventaire des biens religieux, inventaire mené
par la Direction des Domaines nationaux. L
’ abbaye de Forest est supprimée le 8 octobre 1796,
celle de la Cambre le 17 novembre de la même année tandis que les religieux de l’abbaye du Parc
étaient défnitivement chassés de leur monastère le 1er février 1797. Leurs biens furent confs-
qués au proft de l’État, convertis en biens nationaux et revendus par la suite4.
Les religieuses de Forest peuvent emporter leurs efets personnels et se partager les
objets de la communauté. À titre d’indemnité, elles reçoivent de l’administration des pensions
sous forme d’assignats, censés permettre aux ex-religieuses de racheter les biens nationalisés,
comme n’importe quel acquéreur potentiel5. Les religieuses obtiennent ces assignats pour une
valeur globale de 250 000 francs. Elles les refusent toutefois pratiquement toutes, y voyant une
caution inacceptable de la mainmise de l’autorité6.
Les ventes des biens nationalisés commencent aussitôt. Sur le territoire de Woluwe-Saint-
Pierre, les parcelles sont vendues comme suit : un bien de 5 bonniers 99 verges, situé au Groenen
Wegh et au lieu-dit Linneken Maerveldt, loué depuis le 21 septembre 1795 à Philippe Cammaerts
pour 70 forins, vendu le 17 nivôse an VI (6 janvier 1798) comme 5 bonniers pour une valeur de
5 250 livres à A. G. Damier, résidant à Bruxelles. Deux journaux, loués à ferme depuis 27 ans à Van
Obberghen, vendus le 18 frimaire an VII (8 décembre 1798) pour 180 francs à Henry Greindl de
Bruxelles, qui achète encore le 2 nivôse (22 décembre 1798) 2 bonniers 2 journaux et 12 verges au
lieu-dit De Zetel, loué à Henry Denayer et Francis Cloetens, pour la somme de 705 francs.
Enfn, les frères Rombaut Donatus et Joseph de Hulstere, de Bruxelles, achètent le
18 messidor an VII (7 juillet 1799) un ensemble de terres pour 2 485 francs, ensemble loué aupa-
ravant à Francis Boeykens, depuis la Saint-André 1793 pour une rente annuelle de 140 forins.
Le 28 thermidor an VIII (16 août 1800), J. B.Weemaels achète au nom de Jean Joseph
Smits, domicilié rue du Bacq à Paris, une pièce de terre de 3 journaux et 16 verges au chemin de
Wezembeek, loué pour 17 forins à François Timmermans.
CRéATIOn DE LA COMMUnE DE WOLUWE-SAInT-PIERRE
Un décret du 9 vendémiaire de l’an IV (1er novembre 1795) instaure neuf départements
dans les anciens Pays-Bas autrichiens, sans toutefois les confgurer strictement sur les
anciennes provinces7.
Les limites territoriales sont pour la première fois strictement établies.
Le régime français introduit des réformes de structures aux efets durables, qui
marquent encore actuellement dans une large mesure le paysage institutionnel et juridique de la
Belgique. Suite à l’adaptation de la Constitution de l’an III (août 1795), qui prône une politique de
centralisation, toutes les localités comptant un nombre inférieur à 5 000 habitants sont regrou-
pées en cantons administratifs. Le système veut que chaque localité délègue un agent munici-
pal au conseil du canton. Woluwe-Saint-Pierre, qui comptait alors environ 700 habitants8, est
intégrée au canton de Woluwe-Saint-Étienne dont la présidence échoit à François De Clerck, un
républicain convaincu.
La tâche de l’agent municipal à l’époque consiste en la gestion des biens et revenus com-
muns, l’exécution des travaux publics, la police locale et l’enregistrement des actes de l’état civil.
Cette première « fusion des communes » sera de courte durée. Le 28 pluviôse de l’an VIII (17
février 1800), une nouvelle loi restitue à chaque commune son administration propre.
Pages précédentes :
Ph. J. Maillart et
sœur, Nouvelle carte
du département de la
Dyle, divisée en trois
arrondissements
et justices de paix,
dressée d’après
des renseignemens
exacts fournis par les
municipalités de chaque
canton, Bruxelles,
1799 ou 1800.
Le département
compte 386 466
âmes, l’essentiel des
productions agricoles
sont le froment, le seigle,
l’avoine, le bled sarrazin
(sic), les pommes de
terre, les légumes secs
et les légumes potagers
de toutes espèces, les
productions industrielles
sont principalement la
bierre, l’eau de vie de
genièvre, les huiles de
colsat (sic), de lin et de
pavot, les dentelles, les
chapeaux, la sellerie, la
carosserie, et diférents
tissus (camelots,
cotonnades, serges,
pannes, fanelles, étofes
de laine…)
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
Page 109Top

109
Le personnel municipal
Woluwe-Saint-Pierre, commune autonome vis-à-vis du canton municipal de Woluwe-
Saint-Étienne, depuis la dissolution de celui-ci en 1800, est intégrée dans l’arrondissement
administratif de Bruxelles, le siège d’un tribunal de première instance.
Le choix des ofciers municipaux fut difcile, surtout en milieu rural. Un niveau d’ins-
truction élémentaire et la connaissance du français étaient requis9. La langue française s’était
répandue en Flandre sous l’Ancien Régime, mais à titre privé. L
’ administration du pouvoir autri-
chien acceptait les communications en néerlandais.
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
Première page du
registre des conseils
communaux de Woluwe-
Saint-Pierre, 1806–1835.
La première séance,
celle du 20 avril 1806, est
consacrée à rappeler
la loi du 26 Ventôse de
l’An IV de la République
sur l’échenillage des
arbres et des buissons.
La deuxième séance, du
26 avril, s’inquiète de
l’entretien des chemins
vicinaux et du curage
des rivières et ruisseaux.
Deux préoccupations qui
se répéteront à l’infni au
fl des siècles.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 110Top

110
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Par souci de rationalisation et d’unifcation, le pouvoir français, centralisateur et jacobin,
impose irrévocablement sa langue dans les administrations. Tenant compte toutefois des dis-
parités régionales et du temps nécessaire à l’adoption des nouvelles normes, les écrits impor-
tants, comme les lois, les décrets, les arrêtés, les règlements, les avis, etc. sont rédigés dans un
premier temps dans les deux langues pour éviter tout risque de contournement argumenté par
l’ignorance. En revanche, toutes les communications adressées au pouvoir doivent être formu-
lées en français10.
Face à la réalité du terrain, force est d’adapter les principes aux contingences. Les petites
municipalités rurales famandes peuvent très difcilement ofrir le personnel requis et l’admi-
nistration de l’arrondissement de Brabant se contente fnalement de personnel francophone ou
du moins apte à travailler en français dans les communes d’au moins deux mille habitants11.
Le premier registre des délibérations du conseil communal, conservé dans les archives
communales, est un beau volume, relié de cuir. Les premières séances du conseil sont encore
peu nombreuses et les préoccupations variées et très concrètes. Mais l’essentiel porte sur le
propre fonctionnement du conseil.
Le tout premier procès-verbal de délibération est daté du 20 avril 1806. Il est décidé de
mettre en application de la loi du 26 ventôse An IV (16 mars 1796) sur l’échenillage des arbres et
des buissons12.
Le 26 avril 1806, on envisage le curage de la rivière, vu l’ordonnance du 10 juin 1628 sur
l’entretien des chemins vicinaux et les curemens (sic) annuels des rivières, ruisseaux et cours
d’eau. Les contrevenants seront soumis à une amende de 3 à 10 jours de travail.
Il est intéressant de constater que les peines sont encore exprimées en journées de tra-
vail au bénéfce de la communauté villageoise.
Le 22 mai 1807, Adolphe Walter Walram Cajétan Charles Marie Joseph de Thiennes
Lombise est installé en qualité de maire en remplacement de M. Masseaux, par ordre du préfet
du département de la Dyle. Le 12 novembre 1807, on procède à l’installation du maire-adjoint
Henri van Keerberghen, originaire de Woluwe-Saint-Lambert. Il prend ses fonctions ofcielle-
ment le 4 avril 1808.
« … obéissance aux Constitutions de l’Empire
et fdélité à l’Empereur… »
« … adhésion au Gouvernement et fdélité
aux Hautes Puissances Alliées… »
Planche Section A dite
de Saint-Pierre de
l’Atlas de la commune de
Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808. Les zones
foncées représentent
les bois, les zones vertes
représentent les pâtures
et les zones claires
représentent les champs.
Échelle 1 / 2 500.
Administration communale
de Woluwe-Saint-Pierre,
service de l ’urbanisme.
Page 111Top

111
Le 17 janvier 1813, le conseil procède au renouvellement du maire Adolphe de Thiennes
Lombise et à l’installation du maire-adjoint Henri van Keerberghen, renouvelé lui aussi. Ils ont
juré « obéissance aux Constitutions de l’Empire et fdélité à l’Empereur ».
Le 14 mai 1814, François-Joseph Buyckens, fermier, est nommé à la place et fonction du
maire-adjoint, il jure « adhésion au Gouvernement et fdélité aux Hautes Puissances Alliées ».
Durant la même séance, Henri van Keerberghen prête serment à son tour « idem, installé comme
maire. Prête serment d’obéissance et fdélité au Gouvernement des Hautes Puissances Alliées »13.
Le changement de régime se fait sentir par les références à de nouvelles autorités, le
poste et le titre de maire ne sont cependant pas remis en question.
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
Page 112Top

112
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La maison communale
Depuis l’époque française, les quelques réunions annuelles du conseil communal avaient
généralement lieu à la maison du secrétaire communal. Le secrétaire conservait les archives14.
Les registres du conseil communal livrent à ce propos des informations. Le conseil
municipal du 17 janvier 1813 stipule que pour le : « … renouvellement quinquennal des Maires et
Adjoints … (selon) … le décret impérial du 18 avril 1806 … nous étant rendu dans le local destiné
pour la mairie de cette commune et en présence des Membres du conseil municipal convoqués
extraordinairement avons procédé à l’installation de Monsieur Adolphe de Thiennes Lombise
renouvelé maire de cette commune. » Rien ne précise toutefois quel est ce « local destiné pour
la mairie ».
Page 113Top

113
La population
En 1795, le village devient une commune. Sur le premier atlas établi en 1808, il appa-
raît que l’habitat reste clairsemé et que le territoire est encore totalement rural. Les cultures,
principalement des parcelles de forêt défrichées, côtoient de vastes bois utilisés pour l’extrac-
tion forestière. Les activités agricoles étaient concentrées autour des trois grandes fermes du
Bovenberg, Bemel et Stockel. Le moulin à eau du Bovenberg sur la Woluwe était impliqué dans
l’industrie agricole et utilisé principalement pour moudre le grain 15 16
Les notables locaux sont les gros fermiers ou la classe fortunée de la paysannerie locale.
Souvent, ces dynasties fournissaient aussi les bourgmestres, la plupart des échevins et des
conseillers. Le montant de l’impôt qu’ils versent à l’État, contribution foncière et contribution
personnelle, détermine leur accès au pouvoir par le biais du régime électoral censitaire. Mais
également, de petits industriels parviennent à se créer une situation sociale appréciable, comme
les meuniers et les brasseurs. Le payement du droit de patente, un impôt sur la production de
biens et de services, les plaçait au rang d’électeurs et d’éligibles. Un des premiers maires de la
commune, Marc Fabry, est cultivateur. En 1804, le notaire Jean Louis van Mons, né à Bruxelles
et demeurant à Woluwe-Saint-Pierre, épouse une jeune femme née elle aussi à Bruxelles. Le
registre des mariages ne spécife toutefois pas s’il exerce à Woluwe-Saint-Pierre.
Les noms des éventuels instituteurs n’ont pas été retrouvés à ce jour. Toutefois, Philippe
Theunis, instituteur âgé de 66 ans en 1801, est manifestement toujours en fonction. Il est éga-
lement maire-adjoint dès 1802 et remplace très régulièrement le maire dans les fonctions
d’ofcier d’état civil. Rien dans l’état actuel des archives ne permet de certifer la présence d’un
médecin dans la commune. Si l’on se base sur la situation de communes comparables en taille
et en importance à l’époque, l’on peut raisonnablement estimer que les notables représentent
10 à 15 % du total des habitants.
L
’ essentiel de la population se compose de petits agriculteurs, ouvriers, journaliers et
jardiniers. Les ouvriers du bâtiment sont également bien représentés, ils sont maçons, cou-
vreurs, plafonneurs… Enfn, la commune compte une proportion importante d’artisans, comme
des tisserands, des menuisiers, des charrons et des forgerons.
Le premier recensement de la population mené par l’administration française, en l’an IV
de la République (1795-1796)17, signale que Woluwe-Saint-Pierre compte alors 439 habitants,
ce qui paraît en contradiction avec les chifres de 1784 et de l’an VIII. Soit il s’agit d’une erreur
de calcul, soit les circonstances de l’occupation française ont été particulièrement dures pour
les populations rurales. Au vu des troubles profonds qui ont afecté les campagnes des alen-
tours de Bruxelles, ceci n’est pas à exclure. Le recensement suivant, mené en l’an VIII (1799–
1800), compte 737 habitants18. Au même moment, Woluwe-Saint-Lambert en compte 75219. Le
recensement décennal en compte 750 en 180620. Les registres permettent également d’établir la
géographie des échanges entre familles, des migrations économiques et maritales.
Parmi les habitants les moins fortunés, les journaliers par exemple, on trouve plusieurs
anciens enfants de la patrie placés à Woluwe-Saint-Pierre par l’Hospice des enfants trouvés de
Bruxelles. Ils ont choisi de rester dans la commune une fois à l’âge adulte et ils ont trouvé une
situation, même assez faible économiquement. Ils épousent pour la plupart des femmes issues
du même parcours. Rares sont les époux et les témoins de ces mariages à même de signer les
actes, ou du moins d’apposer une belle signature franche et lisible. Les gros propriétaires ou
les petits industriels tissent des liens plus larges, en contractant des alliances avec des familles
d’Anderlecht, Molenbeek, Watermael-Boitsfort. Le plus souvent, ils manifestent un meilleur
taux d’alphabétisation.
De manière générale, l’endogamie locale reste forte. Les deux pôles que constituent
Woluwe-Saint-Pierre et Stockel semblent assez complémentaires. Quelques habitants sont
issus de Cortenbergh, Wezembeek, Crainhem … mais la proximité reste souvent de mise.
En 1800 toutefois, un ressortissant néerlandais, tisserand à Woluwe-Saint-Pierre,
épouse une jeune femme de Woluwe-Saint-Lambert.
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
Planche Section E dite
de Stockel de l’Atlas
de la commune de
Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808. Les zones
foncées représentent
les bois, les zones
vertes représentent
les pâtures et les zones
claires représentent les
champs.
Échelle 1 / 2 500.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 114Top

114
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Création des registres d’état civil
Le nombre de décès d’enfants, notamment des enfants de la patrie et des enfants en
nourrice, est particulièrement élevé. Les enfants de moins de quelques jours ne sont même pas
cités dans les décès, ils ne sont sans doute pas pris en compte. 50 % d’enfants décèdent en hiver
entre 1797 et 1813.
À titre d’exemple, l’an XII de la République compte 22 décès, dont un tisserand, et l’an XIII
enregistre 16 décès dont un ex-carme déchaussé de 68 ans.
L
’enseignement
Il n’existe à ce jour aucune trace de l’existence d’un enseignement communal structuré
à l’époque, sauf la mention de Philippe Theunis, adjoint au maire et instituteur. Il signe tous les
actes de l’état civil dont il a manifestement la charge.
25 décès en l’an xI 
1 journalier de Stockel né à Erps de 63 ans
1 enfant de 5 mois né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre,
enfant illégitime …
1 journalier de 37 ans né à Stockel, décédé à Stockel
1 journalier de 45 ans décédé à Stockel, né à Wezembeek
1 meunier de 33 ans, né à uccle, célibataire, décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 journalier né à Woluwe-Saint-Pierre, sans âge, décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 enfant de 8 jours, né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre,
enfant illégitime …
1 enfant de 4 semaines, né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 enfant de 10 jours né à Stockel, décédé à Stockel
1 enfant de 4 ans, né à Stockel, décédé à Stockel
1 enfant de 15 mois, né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 enfant de 1 mois, né à Bruxelles, décédé à Stockel en nourrice, enfant de la patrie,
de père et mère inconnus
1 journalier de 33 ans, né à Stockel, décédé à Stockel
1 enfant de 52 jours, né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 enfant de 2 ans et demi, né à Stockel, décédé à Stockel
1 servante de 23 ans, née à Stockel, décédée à Stockel
1 célibataire (sic) de … ans, né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 journalier de 60 ans, né à Tervuren, décédé à Stockel
1 enfant de 3 ans, né à Stockel, décédé à Stockel
1 fermier de 63 ans, né à Woluwe-Saint-Pierre, décédé à Woluwe-Saint-Pierre, célibataire
1 enfant de 7 jours, né à Bruxelles, décédé à Stockel, enfant de la patrie,
de père et mère inconnus, mère nourrice Joanne Huenaerts, journalière
1 enfant de 6 mois, né à Bruxelles, père et mère inconnus, décédé à Stockel
Joanne Huenaerts mère nourrice, journalière
1 cultivateur de 72 ans, né à Bruxelles, décédé à Woluwe-Saint-Pierre,
de père et mère inconnus
1 journalier de 70 (septante sic) ans, né à Woluwe-Saint-Lambert,
décédé à Woluwe-Saint-Pierre
1 enfant de 6 mois, né à Bruxelles, père et mère inconnus, à Stockel,
nourrice Begga Bockhauwers, journalière
Récapitulatif des
décès en l’An XI
de la République
(23 septembre 1802 –
23 septembre 1803).
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, état civil.
Page 115Top

115
La conscription
Instituée en 1798, elle rendait obligatoire l’inscription sur des listes de tous les jeunes
âgés de 20 à 25 ans en vue de leur incorporation aux armées. Charles Jacquemain, dit Charles
de Loupoigne, qui fait fgure de résistant à l’occupant français, pénétra sur le territoire des deux
Woluwe dans la nuit du 20 au 21 juillet 1799 et captura les agents municipaux. Mais ils furent
libérés dans les heures qui suivirent21.
Sous l’administration française, de l’an VII au sénatus-consulte de 1813, plus de
225 000 jeunes hommes furent appelés au service militaire. Les villes de Bruxelles et de Louvain
ressortissaient du département de la Dyle, ancêtre de la province de Brabant. Le canton de
Woluwe-Saint-Étienne, dont dépendait la commune de Woluwe-Saint-Pierre au même titre que
Woluwe-Saint-Lambert, Etterbeek et Schaarbeek, fournit à lui seul plus de 28 000 hommes. Les
faits d’armes de nombre de Belges furent appréciés sur les champs de bataille de la République
puis de l’Empire. 28 militaires originaires de 10 départements constituant la future Belgique
accédèrent au grade de général au sein de l’armée française entre 1792 et 1812. Quelques décen-
nies plus tard, en 1857, l’empereur Napoléon III accorda par décret la Médaille de Sainte-Hélène
aux survivants de cette époque. Les archives communales de Woluwe-Saint-Pierre conservent
la liste des 10 habitants de la commune concernés : les frères Henri et Jean-Joseph Alderson,
originaires de Woluwe-Saint-Lambert, Jean Poels, Jean Van Craenenbroeck, Pierre Flion,
Charles Nootens, Winand Dagavits, J.B. Nys, J.B. Bonnewijn et un certain M. Brener. Rien ne dit
toutefois qu’ils habitaient Woluwe-Saint-Pierre à l’époque des combats22.
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
Page de garde du
registre des naissances
de la municipalité de
Woluwe-Saint-Pierre,
An II de la République
(l’An II allant du
2 septembre 1793 au
21 septembre 1794).
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, état civil.
Première page du
registre des naissances
du registre de l’An II.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, état civil.
Page 116Top


116
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
L ’ Auberge des Maïeurs,
la ferme Thielemans
parvis Saint-Pierre, 1
l ’ancienne ferme de la famille Thielemans
constitue, avec l’église et la cure, un élément
important de l’ancien noyau villageois de
Woluwe-Saint-Pierre.
elle représente en outre un dernier ves-
tige de l’habitat et des fonctions économiques ru-
rales du Centre. les différents bâtiments datent
d’époques différentes, mais forment un en-
semble homogène et représentatif du xviiie siècle.
l ’entrée de la ferme, à l’époque de la famille
Thielemans, se situait rue Louis Thys. La ferme
entre dans la famille Thielemans en 1824, par le
mariage de louis Thielemans, né à Kortenberg,
et Maria Nootens, héritière de la ferme.
Cet ancien complexe agricole est
probablement la trace d’un premier peuple-
ment médiéval dont la plus ancienne mention
remonte au xiie siècle lorsque l’abbaye de Forest
en prend possession. elle est, avec l’ensemble du
Bovenberg, l’unique ferme rappelant le caractère
rural de Woluwe-Saint-Pierre.
Tous les bâtiments sont enclavés dans
le périmètre formé par la Petite rue de l’église,
le parvis Saint-Pierre et les rues Poels et Thys.
Selon J. Verbesselt, le village originaire comptait
trois fermes dont il ne reste peut-être que ce
seul exemple. le plus ancien bâtiment encore en
place aujourd’hui remonterait au xviiie siècle. Sur
l’atlas foncier des terres de l’hôpital Saint-Jean
de 1712 fgure un grand bâtiment au milieu de
ce bloc de maisons. Il s’agit peut-être de l’un des
bâtiments qui formaient à l’époque la ferme.
le long bâtiment rectangulaire orienté
sud-ouest porte millésime 1748, installé
à l’époque. Il s’agit probablement de l’étable1.
l ’aile principale est clairement repré-
sentée sur la Carte topographique de la forêt de
Soignes de Ferraris2. le bâtiment est orienté
parallèlement à la rue Thys. On y voit également
d’autres constructions au sein de cet îlot. un
autre petit ensemble de bâtiments situés du
côté de la rue Poels pourrait correspondre à la
situation des actuels numéros 9–23 de la même
rue. Sur la carte de Bruxelles et ses environs
dessinée par Guillaume de Wauthier dans les
années 1820, l’ensemble des constructions est
bien visible, il se présente sous la forme d’un
seul bâtiment allongé le long de la rue Poels.
Comme sur l’atlas communal de 1808 et le plan
parcellaire de la commune de Woluwe-Saint-
Pierre publié par Ph. Vandermaelen en 1836, ce
bâtiment est déjà divisé en plusieurs lots cadas-
trés 39, 39bis, 40 et 40bis imbriqués les uns dans
les autres3. l ’aile d’habitation a été exhaussée
d’un étage à une époque indéterminée4. une aile
secondaire apparaît sur le plan de 18085.
l ’ensemble reste la propriété de la
famille Thielemans jusqu’au décès de Joseph
Thielemans, en 1952. les bâtiments de la ferme
sont rachetés en 1957 par le menuisier Guillaume
Pélleriaux qui les transforme et y installe un
L
’ Auberge des Maïeurs,
façade du restaurant
installé dans l’ancienne
ferme Thielemans.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Schéma d’implantation
de la ferme Thielemans,
avec indications
chronologiques.
Dessin 2006.
Pierre Bernard, L
’ Auberge des
Maïeurs, ancienne ferme de
la famille Thielemans, dans
Inventaire du patrimoine
architectural, Région de
Bruxelles-Capitale, 2003.
Page 117Top


Vue aérienne de
l’Auberge des Maïeurs.
À l’arrière-plan, les
travaux préparatoires au
tracé du boulevard de la
Woluwe. Avant 1963.
Collection Jozef Laureys.
117
restaurant, l’Auberge des Maïeurs. les
terres agricoles sont morcelées.
les bâtiments sont achetés par la
commune en 1976. l ’activité du restaurant et
le logement de l’exploitant sont maintenus. la
commune entreprend d’importants travaux de
rénovation qui s’étendent sur plusieurs décen-
nies. un incendie dévastateur, en avril 2009, met
temporairement fn à l’activité du restaurant.
Des recherches historiques, archéologiques et
architecturales ont été menées sur le site suite
au sinistre et dans le souci de réhabiliter les
bâtiments et ses environs immédiats de manière
cohérente et respectueuse.
le bâtiment est classé depuis le 1er sep-
tembre 2005.
L’Auberge des Maïeurs, la ferme Thielemans
G. Jamotte, La ferme
Thielemans vue de
l’actuel parvis Saint-
Pierre, huile sur toile,
1939, signé en bas
à gauche.
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre, cabinet du
bourgmestre.
Page 118Top

Guillaume de Wautier,
Carte topographique
de Bruxelles et de
ses environs, levée et
dessinée par
Mr G. De Wautier,
gravée par J.B. Jouvenel,
échelle : ca 1 / 30 000, s.l.
(Bruxelles), s.d. (1814– ).
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
118
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Page 119Top

119
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
Page 120Top

120
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
LA VIE éCOnOMIqUE
Tous les habitants sont encore fortement liés à la terre, de manière directe ou indirecte.
Un sondage dans les registres des mariages, entre l’an IX de la République, du 23 sep-
tembre 1800 au 22 septembre 1801, fait état de 4 mariages. Deux des époux sont journaliers, un
autre est cultivateur, le quatrième est brasseur. Ils sont tous les quatre âgés de 22 à 34 ans, dans
la force de leur productivité.
L
’ an XI, du 23 septembre 1801 au 22 septembre 1802, compte 7 mariages. Parmi les
époux, on trouve 1 cultivateur à Woluwe-Saint-Pierre, 1 fouleur de peaux à Stockel, 1 journa-
lier à Stockel, un autre à Woluwe-Saint-Pierre, 1 boulanger à Woluwe-Saint-Pierre, et enfn
1 maçon, un enfant de la patrie qui a choisi de rester dans la commune. Le septième mariage
uni une habitante de Woluwe-Saint-Pierre au meunier de Crainhem, de 17 ans son cadet. Les
6 mariages de l’an XI (1802) comptent 1 journalier à Woluwe-Saint-Pierre – un enfant trouvé
à Bruxelles, de père et de mère inconnus –, 1 cultivateur à Woluwe-Saint-Pierre, 3 journaliers
à Stockel et un cordonnier à Stockel.
Les trois mariages de l’an XII traitent d’un journalier et un cultivateur à Woluwe-Saint-
Pierre et un journalier à Stockel. En l’an XIII, 4 mariages sont contractés : deux journaliers
de Woluwe-Saint-Pierre, dont un enfant de la patrie âgé de 27 ans, un notaire âgé de 34 ans
demeurant à Woluwe-Saint-Pierre, mais n’y exerçant peut-être pas, et un « particulier », donc
un rentier, demeurant à Louvain qui épouse une jeune flle de Stockel.
Page de titre de l’Atlas
de la commune de
Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808.
Administration communale
de Woluwe-Saint-Pierre,
service de l ’urbanisme.
Page 121Top

121
L
’ an XIV compte 5 mariages, dont celui d’un tisserand à Woluwe-Saint-Pierre, 1 journa-
lier à Woluwe-Saint-Pierre, un autre à Stockel, un plafonneur à Woluwe-Saint-Pierre, 1 garçon
meunier à Woluwe-Saint-Pierre, qui épouse la flle du meunier de Woluwe-Saint-Pierre décédé
en 1793. Il est intéressant de noter que le frère de l’épouse est meunier à Molenbeek et que l’un
des témoins est vendeur de bière.
Par exemple, Sébastien Moonens, né à Alsemberg, apparaît pour la première fois dans
les registres en 1806 lors de son mariage avec Marie-Thérèse Van den Borre, née à Saint-Gilles,
de 9 ans son aînée. Il est alors garçon meunier, elle est la flle du meunier de Woluwe-Saint-
Pierre, Henri Van den Borre, né à Dieghem, décédé en 1793. Le frère de l’épouse est lui-même
meunier à Molenbeek. Un des témoins, Pierre Nootens, est vendeur de bière.
La famille Timmermans prospère dans les mêmes domaines. Elisabeth-Thérèse
Timmermans, la flle du brasseur de Stockel François Timmermans décédé en 1806, épouse
la même année un marchand de bois de Boitsfort. Le frère de l’épouse, Pierre-Joseph
Timmermans, est alors lui aussi brasseur à Stockel. Il a très probablement repris l’entreprise de
son père. Le beau-frère de l’épouse, Michel Coomans, est cabaretier à Boitsfort. Enfn, le neveu
de l’épouse, Henri Draeck, qui fera une belle carrière de conseiller communal, est alors cultiva-
teur. Les époux et les témoins de ce mariage ont tous été à même de signer l’acte, ils ont donc un
minimum d’instruction.
Le réseau des chemins
Le réseau des voiries est resté comparable durant toute la période. La rue du Duc traver-
sait le centre du village et tout le territoire de Woluwe-Saint-Pierre d’ouest en est, d’Etterbeek
à Stockel. Son tracé correspond aux actuelles rues du Duc et Fr. Gay. Plusieurs chemins par-
taient du centre du village ancien. Une partie de la rue du Duc, qui aboutit à l’angle de l’actuelle
rue Sombre, établissait la liaison avec le village et l’église de Woluwe-Saint-Lambert. La rue
du Moulin, maintenant rue L. Titeca, menait vers le sud à la ferme du Bovenberg et son moulin
à eau sur la Woluwe. À l’est, la rue Konkel et la rue de l’Église reliaient Woluwe-Saint-Pierre et
Stockel. À l’ouest, le chemin du Bemel – l’actuelle rue du Bemel suit en partie ce tracé – menait
au hameau du Bemel. Stockel était également un croisement important de plusieurs chemins
vers la forêt de Soignes et Tervuren23.
Un bel atlas colorié, conservé par l’administration communale, livre la situation de
manière précise et détaillée. Cet Atlas de la commune de Woluwe-Saint-Pierre, exercice
1808 est signé par « Monsieur de la Tour du Pin, Baron d’Empire Préfet » et ses rédacteurs,
l’Ingénieur vérifcateur Guichard et le Géomètre J.C. Demortier. Le maire de la municipalité a
signé étonnamment « A. Déthiennes », un souci peut-être républicain de banaliser un patro-
nyme nobiliaire. Le tableau d’assemblage de la commune de Woluwe-Saint-Pierre est dressé
à l’échelle de 1 à 10 000, les planches consacrées aux sections à l’échelle de 1 à 2 50024.
1790–1815, la période française, de la création des communes à la fin de l ’empire
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
8
1815–1830, la période néerlandaise,
du Congrès de Vienne à la création
de la Belgique
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123
LA FIn DE L
’EMPIRE, LE RATTACHEMEnT AU ROyAUME DES PAyS-BAS
L
’administration communale et la maison communale
Selon un arrêt promulgué le 3 janvier 1818, dans les localités de moins de 2.500 habitants,
l’administration était confée à un bourgmestre, deux échevins et six conseillers. Ils étaient choi-
sis en toute logique parmi les habitants les plus instruits. Le premier registre communal, inter-
rompu après la nomination du maire Henri van Keerberghen et de son adjoint François-Joseph
Buyckens en 1814, reprend la transcription de ses activités le 24 décembre 1818. Deux réunions
du conseil sont prévues par la loi, au mois de mai pour l’examen des comptes de recettes, et de
septembre, afn de constituer le budget de l’année à venir.
« Le Conseil municipal … Les membres du conseil communal réunis en la maison
d’Henry Draeck, cabaretier, d’après la convocation faite par le Mayeur, le sieur de Spoelberch,
percepteur des contributions directes remet ses comptes. Recettes efectives : 816,68 forins,
dépenses efectives : 800,27 forins, recette solde : 16,41 forins. »
Le lieu destiné à accueillir le conseil est cette fois bien mentionné, le cabaret de Henri
Draeck, cultivateur à Woluwe-Saint-Pierre, âgé de 36 ans en 18061. Henri Draeck sera conseiller
communal en 1819, réélu en 18222.
Dès lors, l’organisation de l’administration tend à se structurer. Le conseil communal du
13 janvier 1819 procède au renouvellement du « mayeur » Henri van Keerberghen, à l’installation
des échevins et du secrétaire du conseil, Henri van Keerberghen fls, âgé de 21 ans, aspirant
notaire à Woluwe-Saint-Lambert. Puis le conseil examine la question des archives commu-
nales. Elles seront confées aux soins du secrétaire3.
En 1830, le conseil se réunit explicitement dans la demeure de l’aubergiste Wolf, sans en
mentionner l’adresse, supposée connue de tous4.
À partir de 1824–1825, la politique du roi Guillaume Ier amena un raidissement de l’autorité
gouvernementale vis-à-vis de l’autonomie locale, mais cette attitude afecta surtout les villes.
Woluwe-Saint-Pierre, commune autonome vis-à-vis du canton municipal de Woluwe-
Saint-Étienne, depuis la dissolution de celui-ci en 1800, est intégrée dans l’arrondissement
administratif de Bruxelles, le siège d’un tribunal de première instance.
Les registres du conseil communal sont tenus en français jusqu’à la fn de l’année 1822.
Les fnances communales 
Le 14 septembre 1819, le conseil se penche sur les comptes communaux.
Les comptes présentent la situation suivante : recette efective : 929,14 forins ; dépenses
efectives : 759,28 forins ; solde : 169,86 forins.
À titre de comparaison, le 30 septembre 1820, le receveur de la commune Peretti pré-
sente les comptes de 1819 : recette efective : 900,33 forins ; dépenses efectives : 682,89 forins ;
excédent des recettes : 217,44 forins5.
Le 15 juin 1819, le conseil communal examine la proposition de legs de 800 forins de
Joseph Timmermans, décédé à Bruxelles, au proft de la chapelle de Stockel pour des cierges …
« Les membres du conseil communal réunis
en la maison d’Henry Draeck, cabaretier … »
1815–1830, la période néerlandaise, du Congrès de Vienne à la création de la Belgique
Extrait du premier
registre du conseil
communal, 1806–1835.
Le registre présente en
vis-à-vis les comptes
rendus des dernières
séances en français
et la première page,
en néerlandais, un
règlement de police.
Le changement de
nationalité et de langue
est ici très manifeste.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
et l’excédent au proft des pauvres de Stockel. Le conseil estime que « ce legs ne peut en aucun
cas qu’être avantageux tant à la chapelle qu’aux pauvres du hameau de Stockel … ». Au vu des
chifres annuels des comptes communaux, ces 800 forins représentent plus que l’ensemble
des dépenses efectives de l’exercice précédent de l’administration communale, qui atteignent
759,28 forins6.
En 1829, les intérêts des capitaux placés en banque, résultant de la vente de biens com-
munaux et du placement des fonds de réserve, sont estimés pour l’exercice 1830 à 42,78 forins7.
La population
Les recensements décennaux établis par l’administration nationale au xixe siècle per-
mettent de suivre l’évolution de la population de Woluwe-Saint-Pierre durant toute la période
néerlandaise. De 797 habitants en 18168, le village retrouve ses forces dès 1818 avec 8369 habi-
tants, et passe en deux ans à 849 habitants en 182010. À l’aube d’un nouveau changement de
régime, Woluwe-Saint-Pierre atteint presque le seuil du millier d’habitants, 975 en 1830.
La collecte de l’impôt livre elle aussi des informations intéressantes. Le 17 août 1825, le
conseil communal stipule que « vu l’état de distribution, voir la conclusion où la part de la com-
mune a été fxée à 299 Guldens, pour une population de 870 habitants dont 702 sont taxables,
les autres étant pauvres ou n’ayant pas de biens »12. La répartition de la charge a été établie sur
base des habitudes de consommation en céréales des contribuables et leur état de fortune sup-
posé13. Les contribuables imposables sont dès lors répartis en 12 classes, payant chacun de
1,40 à 0,06 centime pour rassembler les 299 forins requis.
En 1826, le conseil remarque que l’enveloppe de la contribution personnelle est fxée
à 250 forins mais qu’il est urgent de diminuer la pression sur les habitants, qui s’en plaignent
quotidiennement et s’appauvrissent régulièrement14.
En 1826 toujours, le conseil communal se préoccupe d’établir les diférentes catégories
de pain, considéré comme « voornaemst en dagelijks voedsel in deze gemeynte » à savoir « wit,
tarwe, masteluyn en rogge-brood » (blanc, froment, méteil et seigle). L
’ estimation de la qualité
du pain, défnie par sa couleur – ici du plus clair au plus foncé – sert de marqueur social, et dès
lors de critère fscal15. Le village, considéré par le conseil comme peu peuplé, ne compte toujours
qu’un seul boulanger16. Et en juillet 1830, le conseil communal se penche sur la question de la
rétribution du curé et du salaire du sacristain, pour un total de quelque 230 forins, ce qui n’a
pas été prévu au budget de la commune par les États députés17. Au cours du même exercice, le
budget de la fabrique d’église présente un défcit de 549,51 forins …
L
’enseignement communal
Les premières lois tendant à généraliser et uniformiser l’enseignement, tout en le laïci-
sant, sous le régime français, n’avaient pas été suivies scrupuleusement. Lorsque nos régions
« … une population de 870 habitants dont
702 sont taxables, les autres étant pauvres
ou n’ayant pas de biens … »
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125
furent rattachées aux Pays-Bas, les autorités hollandaises mirent en œuvre un vaste pro-
gramme d’amélioration et de développement de l’enseignement primaire18.
Nous en trouvons la trace dans le registre du conseil communal. Le 11 avril 1825, le
conseil se penche sur la question, en séance extraordinaire. Et de conclure « … par manque
d’argent et la pauvre condition des habitants … et … comme il n’y a pas de maison ou autre
emplacement à vendre au centre de la commune … le Conseil … pensant que l’espace de
l’école que l’enseignant utilise ofre sufsamment de places pour donner cours à de nombreux
enfants… »19. Le besoin d’une école primaire, soulevé par une directive du gouverneur de la pro-
vince, est tranché en séance, le 14 novembre 1826. Les quelques fonds disponibles seront utilisés
« … par manque d’argent et la pauvre condition
des habitants … et … comme il n’y a pas de
maison ou autre emplacement à vendre au
centre de la commune … le Conseil … pensant
que l’espace de l’école que l’enseignant utilise
offre suffsamment de places pour donner
cours à de nombreux enfants … »
1815–1830, la période néerlandaise, du Congrès de Vienne à la création de la Belgique
Plan d’une nouvelle
boulangerie à construire
dans le jardin du Sieur
Sébastien Moonens,
Meunier à Woluwe
St Pierre, mars 1820.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, Cartes et Plans, 100, 5.
©ACPASB.
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126
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
à équiper la commune de matériel destiné à lutter contre les risques d’incendie. Le projet d’école
est écarté, vu qu’il pèserait encore davantage sur les habitants20. Il existe donc une école, mais
rien ne sera fait pour l’améliorer. La même position est régulièrement réitérée jusqu’à la fn de la
période néerlandaise21.
La conscription
H. van Keerberghen a tenu durant toute la période un registre des jeunes hommes appe-
lés à l’armée, Inschrijvingsregister voor de nationale militie. Ce registre reprenait, entre autres,
l’année de naissance des miliciens. Pour chaque année, la liste énumère le nombre de conscrits
tirés au sort et le nombre de jeunes gens libérés de leur service militaire pour une raison ou
l’autre, Ligting van het jaar … À titre d’exemple, pour l’année 1829, un an avant les événements
qui donneront naissance à la Belgique, Woluwe-Saint-Pierre compte 15 miliciens tirés au sort et
5 libérés de leurs obligations.
Registre des conseils
communaux de Woluwe-
Saint-Pierre, volume 1,
1806–1835, séance du
9 janvier 1821 : tableau
des chemins.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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127
Le réseau des chemins
Le 22 janvier 1820, le conseil communal examine une requête. Une lettre du 16 juin
1819 des Hospices Civils de la Ville de Bruxelles, toujours propriétaires de terres au Bovenberg,
demande de supprimer le chemin de prairie communale dit Groote gemeynte traversant leurs
propriétés, et livrer sur une autre place la digue de l’étang … Le conseil accorde sur le passage le
pâturage aux bestiaux. Elle se charge de la confection d’un pont sur la Woluwe et d’un « idem »
sur le Leybeke et de leur entretien à perpétuité.
En 1821, la réparation des routes et des chemins de première classe fait l’objet d’une
répartition du rôle des prestations que doivent fournir les concitoyens. Certains peuvent appor-
ter leur contribution en journées de travail. Une journée est estimée à 7 forins de contribution
foncière, personnelle et mobilière. Le rôle s’élève dès lors à 466 journées22.
Une afaire de détournement de terre éclate en 1829. Un des assesseurs du conseil
communal, J. F. Coosemans, a manifestement procédé à une appropriation indue d’une partie
de chemin, « vernietiging van een deel der Brockstraert, (Broeckstraat) die is dienende tot het
lossen de Gemeynte Weyden, tot welk eynde er thans eenen anderen weg is liggende, over het
land bij den gemelden Coosemans in’t gebruyck genaemd den Ezel »23. L
’ afaire sera réglée par
la négociation.
1815–1830, la période néerlandaise, du Congrès de Vienne à la création de la Belgique
L. Detry, Verzamelings
tableau der Sectien der
kadastrale kaart der
gemeente St Pieter-
Woluwe…, 1829.
La commune de
Woluwe-Saint-Pierre
jouxte directement
celle de Watermael, la
commune d’Auderghem
sera créée en 1863.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
9
le xixe siècle, de 1830
à la Première Guerre mondiale
Nombre d’habitants
de la commune
1895
2 175
1900
2 669
1905
3 752
1910
5 307
Woluwe St Pierre
Stockel, à 10 minutes
du Cinquantenaire.
Au début du xxe siècle,
la commune vante ses
attraits touristiques et
bucoliques.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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129
LES PREMIERS TEMPS DE LA BELGIqUE
Une légende rapporte que le lieu-dit des Trois Couleurs ferait référence au premier
drapeau national belge brandi par une habitante à l’arrivée d’un groupe de révolutionnaires.
L
’histoire est plaisante, mais infondée. Elle s’enracine dans un certain historicisme propre au
xixe siècle. Il est vrai cependant que trois soldats issus de Woluwe-Saint-Pierre ont pris part à la
révolution de 1830. Jean-Baptiste Pin était soldat d’infanterie, incorporé en 1829, Petrus Cumps
était lui milicien d’infanterie depuis 1827 et Jean-Baptiste Huenaerts, né à Woluwe-Saint-Pierre
en 1809, incorporé en 18271.
En 1849, il est question de transférer le siège du chef-lieu du canton de justice de paix
à Saint-Josse-ten-Noode. Le conseil communal de Woluwe-Saint-Pierre y est opposé, pour des
raisons de distance et de nombre d’habitants par commune et fait connaître sa préférence pour
Woluwe-Saint-Étienne2. Le transfert est efectif en 1853, Woluwe-Saint-Pierre rejoint le canton
de Saint-Josse-ten-Noode. Et en 1852, le conseil communal de Bruxelles fait part de son projet
d’agrandir la capitale. Cette fois, le conseil de Woluwe-Saint-Pierre est favorable à ce qui sera
une valorisation de la commune3.
En 1905, le ministère de la Guerre demande au collège échevinal d’envisager l’installation
d’une gendarmerie sur le territoire de la commune4. Le collège saisit l’occasion pour s’interroger
sur l’utilité d‘un corps de pompiers volontaires armés5.
La conscription
La toute jeune armée chargée de défendre l’État belge naissant en 1830 était composée
de soldats issus de l’armée néerlandaise, des Belges qui pour la plupart avaient déserté pour
éviter de devoir combattre leurs concitoyens, et de « Patriotes » belges rassemblés en difé-
rents corps de volontaires. Le 15 juillet 1831, l’armée belge comptait 62 900 hommes. Les corps
d’armée étaient à l’époque toujours constitués par tirage au sort, avec la possibilité de se faire
remplacer. Les fls de familles aisées pouvaient dès lors, contre paiement, échapper à leurs
obligations militaires. Le Registre d’Inscriptions pour la milice nationale (« Inschrijvingsregister
voor de nationale militie »), déjà évoqué, était toujours tenu dans chaque commune. L
’ année
1850 livre quelques informations pour Woluwe-Saint-Pierre, province de Brabant, 11e canton de
milice. 18 jeunes hommes de la commune ont fourni leur service militaire, 2 jeunes gens en ont
été libérés, l’un parce que sa mère était veuve, l’autre parce qu’il était trop petit. Le registre nous
apprend également qu’entre 1822 et 1911, pas moins de 27 membres de la famille Schoonjans
ont rempli leurs obligations militaires. Cette famille importante, dont les racines se retrouvent
à Woluwe-Saint-Lambert, avait peu à peu essaimé à Woluwe-Saint-Pierre.
Le système de tirage au sort, assorti de la possibilité de remplacement, posait autant
de questions sociales que militaires. Il fut fnalement supprimé par la loi du 30 décembre 1909,
qui rendait le service militaire obligatoire pour un fls par famille. Le roi Léopold II, favorable au
système précédent, s’était fermement opposé à cette nouvelle loi. Il signa toutefois le texte trois
jours seulement avant son décès.
L
’administration communale
La loi communale du 30 mars 1836 permit à Woluwe-Saint-Pierre d’augmenter le
nombre de conseillers, élus directement pour 6 ans par l’assemblée des électeurs de la com-
mune, et toujours rééligibles. Le conseil est désormais renouvelable par moitié tous les 3 ans.
Un tirage au sort établira l’ordre de sortie des conseillers6. L
’une des conditions majeures était le
versement d’un cens électoral7.
Woluwe-Saint-Pierre, commune autonome vis-à-vis du canton municipal de Woluwe-
Saint-Étienne, depuis sa dissolution en 1801–1802, est intégrée à l’arrondissement administratif
de Bruxelles, où siège un tribunal de première instance.
La jeune administration se structure peu à peu au sein d’un royaume qui doit en partie
s’inventer. Jusqu’en 1831, les registres du conseil communal sont tenus en néerlandais.
Le conseil communal se réunit deux fois en 1831, une fois en 1832, cinq fois en 1833,
cinq fois en 1834.
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
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130
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Les indemnités du bourgmestre se montent en 1830 et 1832 à 25 forins. Le secrétaire
communal gagne 90 forins. Le garde champêtre touche 109 forins. Il reçoit en outre pour 40
forins de vêtements. Les deux sonneurs de cloches entrent pour 15 forins dans le budget de
l’exercice 1831, et les « maréchaussées » pour 7,09 forins8.
Dès 1833, les budgets sont tenus en francs belges. Sur base de chifres mentionnés en
1841, un franc belge équivaut alors à un tout petit peu moins d’un demi-forin9.
Les registres du conseil échevinal sont tenus intégralement en français jusqu’en 1895.
Puis, « aangezien het grootste deel der gemeenteraadsleden de Fransche taal niet volkomen
machtig zijn, of ten minste zich met meerder gemak van de Vlaamsche dan van de Fransche taal
bedienen … de beslagingen van de gemeenteraad in het vervolg in het Nederlandsch … de brie-
fwisseling met de hogere overheid en staat-of provincieambten in het Fransch … »10.
Toutefois, les transcriptions des prestations de serment, par exemple, sont en néerlan-
dais, probablement la langue dans laquelle elles ont été réellement prononcées11.
L
’ accroissement constant de la population se répercute sur les indemnités perçues par
les membres de l’autorité communale. En 1905, le traitement annuel du bourgmestre passe
à 200 francs, celui des échevins à 150 francs12.
En 1894, le secrétaire communal Bosmans doit être démis de ses fonctions. Il exploite un
cabaret dans sa propre maison et a déjà plusieurs fois été mis en garde par l’administration sur
l’incompatibilité de ses occupations13.
En 1908, le conseil communal estime souhaitable que ses membres assistent régulière-
ment aux séances, les jetons de présence passent de 1,50 franc à 2 francs d’indemnités14.
Depuis l’époque française, les quelques réunions annuelles du conseil communal se
tiennent généralement à la maison du secrétaire communal. Il conserve en outre les archives15.
Dans le budget de 1831, les frais de location de la maison du conseil (Raedhuys) s’élèvent
encore à 12 forins16.
L
’ancienne maison
communale et l’église
Saint-Pierre avant
1930. Sur la gauche de
la maison communale,
le début de l’aile de
la salle de classe. Un
passage sur la droite de
la maison communale
permettait d’accéder
à la salle de danse de
l’établissement Poels.
Actuellement, l’ensemble
a été rasé pour faire
place à l’avenue Charles
Thielemans.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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131
L
’éVOLUTIOn DE LA POPULATIOn DE 1831 à 1914
La croissance démographique
Des 700 habitants que comptait la commune lors de sa création en 1795, Woluwe-Saint-
Pierre passe à 1 008 âmes en 1830, 1 096 habitants au 1er janvier 1837, 1 106 âmes au 1er janvier
1838 et 1 318 en 1850.
En 1839, le Rapport des bourgmestre et échevins revient sur le respect du règlement
de police et le peu de contraventions dressées dans la commune. La population est passée
à 1 130 habitants au 1er janvier 183917. En 1839, l’état civil a enregistré 52 naissances, 6 mariages
et 25 décès. Le 1er janvier 1840, la population s’élève à 1 159 habitants18. Cette même année, le
contingent de la milice compte 3 hommes19.
L
’ entité passe de 1 218 âmes en 1842 à 1 343 en 186320. Pour atteindre le record de 5 307
en 191021. Le recensement de 1890 dénombre 1 976 habitants. La commune relève donc de la
5e catégorie, établie par la loi du 3 juillet et comportant une population de 1 500 à 2 000 habitants.
En 1900, Woluwe-Saint-Pierre compte 563 maisons habitées ou non, destinées à l’habi-
tation, 574 ménages, 2 686 habitants, et une superfcie de 885 hectares. Au même moment,
Crainhem compte 252 maisons habitées ou non, destinées à l’habitation, 249 ménages,
1 295 habitants et une superfcie de 580 hectares22. La même année toujours, Woluwe-Saint-
Lambert compte 698 maisons habitées ou destinées à l’habitation, 741 ménages, 3468 habitants
et une superfcie de 723 hectares23.
En 1901, l’administration commence à se préoccuper des habitants étrangers, tout
comme des locataires, et leur demande de se faire enregistrer24. La commune compte alors, au
dernier recensement, 2 867 habitants. Les honoraires du secrétaire communal sont régulière-
ment revalorisés, car sa tâche augmente constamment vu l’accroissement régulier de la popu-
lation25. En 1906, la population avoisine les 4 000 habitants26.
Il devient peu à peu nécessaire d’augmenter les forces de police. En 1907, la commune
décide d’ouvrir deux postes d’agent, pour un traitement annuel de 1 000 francs à quoi s’ajoutent
les frais d’habillement. Les candidats doivent maîtriser le français et le famand (sic) et réussir
un examen afn de le prouver, mesurer au moins 1 mètre 68 centimères, avoir 30 ans maximum,
être de conduite irréprochable et en bonne santé. Avoir servi dans l’armée constitue un atout
notable27. Les premiers agents de police de la commune seront Léopold Denys, né en 1865, et
Guillaume Struelens, natif de la commune, né en 1882. Ils prennent leur service le 1er juin 190728.
En 1909, Léopold Denys sera promus au rang d’inspecteur de police29. Un nouveau poste d’agent
de police est ouvert en 1912, toujours en relation avec l’augmentation de la population30.
En 1904, l’augmentation de la population et l’importance de rester en contact avec la
capitale – notamment en cas d’incendie pour appeler les pompiers – pousse l’administration
à équiper la maison communale d’un téléphone. Les habitants pourront utiliser l’appareil,
moyennant une petite somme à déposer dans une boîte. Cet argent sera remis au Bureau de
Bienfaisance. Les frais d’installation seront couverts par le budget communal31. En conséquence
de quoi, les frais d’entretien de la maison communale sont augmentés de 10 francs, passant de
50 francs à 60 francs, dès 1905. Le bureau doit rester ouvert chaque jour et les allées et venues
nécessitent davantage de nettoyage. L
’ escalier sera, lui, nettoyé chaque semaine, alternative-
ment par l’instituteur et le responsable de l’entretien de la maison communale32.
En 1905 toujours, il devient nécessaire de remeubler la maison communale, comme de
repeindre ses deux pignons33.
Les réunions du conseil communal se multiplient au début du xxe siècle. En 1904, les
jetons de présence passent de 1 franc à 1,5 franc, et les honoraires du bourgmestre sont aug-
mentés de 200 francs par an, ceux des échevin de 150 francs pas an34.
Une demoiselle Ceusters est nommée en 1908 à la responsabilité de nettoyer la maison
communale et d’allumer les poêles dans les trois salles de classe de grand matin. Elle reçoit
100 francs par an pour ces tâches35.
Selon une lettre datée du 4 octobre 1901 du Conseil civique de révision de Schaerbeek, la
population du village s’élève au 31 décembre 1900 à 2 669 habitants. Le taux de 2 % du total de
la population donne pour la commune un efectif de 54 gardes civiques, nombre sufsant pour
former un peloton de 35 hommes.
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
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132
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le profl social et linguistique des habitants
La commune conserve toutefois jusqu’au milieu du xixe siècle son caractère rural, et
même plus tard pour certains quartiers. À cette époque, tous les habitants ou presque sont
cultivateurs ou liés à la terre en général. La première poussée démographique démarre à la
fn du siècle et, avec elle, les transformations profondes et déterminantes comme la mise en
exploitation de nombreuses briqueteries et sablonnières, l’urbanisation du sol liée à la création
du chemin de fer Bruxelles – Tervuren en 1880, l’ouverture de la grande avenue reliant le parc du
Cinquantenaire au château de Tervuren en 1897, l’aménagement du parc de la Woluwe la même
année, la rectifcation du cours de la rivière et le peuplement progressif du territoire entre le
village du Centre et le plateau de Stockel.
L
’ arrivée massive de nouveaux habitants à Woluwe-Saint-Pierre a pour corollaire une
francisation progressive de la population. Relativement faible durant la première partie du
xixe siècle, la présence francophone se développe, avant la guerre de 1914, en lien direct avec l’ur-
banisation du quartier de l’avenue de Tervueren, dont la majeure partie des habitants, appar-
tenant à la bourgeoisie aisée, pratique d’une manière généralisée le français comme langue
usuelle, en privé, dans leurs activités professionnelles et dans leurs rapports avec les autorités
publiques36. En 1911, le conseil communal se prononce sur le choix des langues à l’échelle natio-
nale, et il exprime le vœu que la loi sur la famandisation de l’université de Gand soit votée37.
En 1914, juste avant l’entrée en guerre, l’autorité communale se pose clairement la ques-
tion de l’usage des langues dans sa correspondance avec les autorités « La population famande
étant majoritaire … (il est décidé) d’utiliser le Flamand dans la correspondance avec les autorités
et les autres communes avec lesquelles cela se peut … d’utiliser le Flamand et le Français dans
les communications avec les habitants … et de correspondre avec les cas particuliers dans la
langue qu’ils utilisent eux-mêmes »38.
L ’ enseignement communal
En 1840, le conseil communal reconnaît le piètre état de l’instruction qui « laisse beau-
coup à désirer, nous ne possédons pas d’école communale. Seulement de petites institutions où
les enfants pauvres reçoivent l’instruction et dont les rétributions sont payées par le Bureau de
Bienfaisance »39.
En 1843, force est de prendre les choses au sérieux. La loi organique sur l’Instruction
primaire et les Instituteurs du 23 septembre 1842 pousse le conseil communal à constater « que
cette commune n’a pas d’école privée et ne peut se passer d’une école communale sans porter
atteinte à l’Instruction de la jeunesse ». On décide de ne plus diférer la nomination d’un institu-
teur. François-Xavier Duys, âgé de 31 ans, est nommé après sufrage. Il recevra, chaque année,
60 francs d’indemnités de logement, 200 francs de traitement et 20 francs pour l’achat de livres.
Un budget pour l’instruction primaire devra dorénavant être pris en compte. La subvention pour
les enfants pauvres sera prise en charge par le Bureau de Bienfaisance40.
En vertu de cette loi sur l’instruction gratuite pour les enfants pauvres, le registre des
inscriptions de la rentrée de septembre 1843 mentionne 9 garçons et 12 flles dans le cas. Le
Bureau de Bienfaisance payera une rétribution annuelle de 50 francs pour ces enfants qui rece-
vront l’instruction primaire dans l’école communale41.
L
’école du Centre
La rentrée de septembre 1844 réunit 39 enfants susceptibles de recevoir l’instruction
gratuite, 22 garçons et 17 flles. Quelques autres sont mentionnés comme « refusés ». Le Bureau
de Bienfaisance verse toujours 50 francs de subsides et les instituteurs, MM. Duys dans le
Centre et Van den Plas à Stockel, reçoivent chacun 64 centimes par élève42.
La rentrée 1845–1846 compte 43 enfants bénéfciaires de l’instruction gratuite, 28 gar-
çons et 15 flles. L
’ année suivante, 51 enfants, 32 garçons et 19 flles, font l’objet d’une subvention
totale de 150 francs43. En 1848, 67 enfants, 43 garçons et 24 flles. 1849 : 69 enfants, 42 garçons
et 27 flles44. En 1850 : 93 enfants, 61 garçons en 32 flles45. En 1852, 98 enfants, dont 61 garçons et
37 flles, pour une subvention totale de 350 francs. Le Bureau de Bienfaisance n’a pas les moyens
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133
d’intervenir46. En 1853, 95 enfants, dont 58 garçons et 37 flles47. En 1854, 90 enfants, 54 garçons
et 36 flles48. En 1855, 89 enfants, 53 garçons et 36 flles49. En 1856, 89 enfants, 50 garçons et
39 flles50. En 1857, 91 enfants, 49 garçons et 42 flles51. Les garçons restent toujours majoritaires.
En 1845, la question éclate : l’instituteur Duys n’a pas l’agrégation pour diriger une école.
L
’ administration communale lui accorde un délai pour acquérir les notions nécessaires. Au
même moment, une lettre du gouverneur fait remarquer la vétusté et l’exiguïté de la salle d’école
qui peut contenir 50 enfants, or il y en a 100 en hiver.
En 1848, la nécessité de meubler correctement l’école communale du Centre devient
préoccupante. Un devis de 327,50 francs est refusé par le conseil communal qui ne peut assu-
mer de tels frais52. La question revient à l’ordre du jour en 1850, quand le gouverneur de la
province insiste pour que les écoles primaires soient correctement aménagées. Il faudrait pour
cela développer un budget de 207,5 francs pour l’école du Centre. Le conseil estime toutefois que
le mobilier actuel est sufsant pour le petit nombre d’enfants qui la fréquentent, « ce qui est dû
à l’incapacité de l’Instituteur communal car les enfants de la commune, même ceux qui sont en
droit de recevoir l’instruction gratuite, se rendent à leurs frais dans une commune voisine ». Il
est dès lors décidé « de ne pas faire, dans l’état actuel des fnances, de plus grands sacrifces »53.
En 1854, le conseil se penche sur l’obligation légale pour la commune de posséder un
local convenable à titre d’école, et force est de reconnaître qu’à Woluwe-Saint-Pierre « le local
est insufsant et insalubre, qu’il y a urgence à mettre un terme à cet état de choses qui com-
promet grandement la santé et l’instruction de la jeunesse ». Et de voter à 5 voix contre 4 la
construction d’une nouvelle salle d’école. Le collège est aussitôt chargé de trouver un empla-
cement convenable54. La même année, un particulier propose au conseil 6 500 francs pour
acquérir une prairie communale. L
’ expertise estime ce bien à 6 000 francs tout au plus55. L
’ ofre
est toutefois reconnue comme avantageuse et surtout inespérée, car la prairie n’intéresse que
très peu d’autres acheteurs potentiels. Cette ofre est en outre la meilleure venue à l’heure de
rassembler le budget de construction de l’école. L
’ ofre est pourtant refusée par la députation
permanente, mais le conseil argumente que cet argent est de la plus grande nécessité et fait
monter le prix. La vente se fera fnalement à plus de 8 000 francs.
En 1856, le commissaire d’arrondissement estime qu’il serait juste d’augmenter les
appointements de l’instituteur de 50 francs par an sur le budget scolaire de l’exercice. M. Duys
a une famille nombreuse et la cherté des denrées alimentaires croît sans cesse. La commune
rétorque toutefois qu’elle ne peut assumer cette augmentation56. En 1857, l’inspecteur provincial
revient sur cette question délicate et propose d’augmenter les appointements de l’instituteur, de
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
La première salle
de classe de l’école
communale, adossée
à la première maison
communale. En
1851, le commissaire
d’arrondissement
mentionne que la salle de
classe « n’a que 16 pieds
carrés et ne devrait
contenir que 40 à 50
élèves, alors qu’il y en a
79 à 80 en hiver. »
Archives communales
wde Woluwe-Saint-Pierre.
La nouvelle école
communale, avenue
Charles Thielemans.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
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134
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
250 à 300 francs par an. Il a en efet 7 enfants dont 6 sont encore à charge. La commune recon-
naît la réalité de la situation, mais ne peut prendre en charge la diférence57.
Considérant que la construction d’une salle d’école est cette fois d’une nécessité incon-
testable, la commune achète enfn un terrain en 1857, pour 2 193 francs à Mélanie Moonens
(Section A, parcelles no 98 et 99)58. Au prix d’achat, il faut ajouter un budget destiné à l’archi-
tecte Spaack, ce qui porte l’ensemble à quelque 4.400 francs59.
Dès 1859, le conseil communal adapte le règlement scolaire, la rétribution fournie par les
élèves solvables passe à 12 francs par enfant et par an60.
Il convient maintenant de meubler la nouvelle école, une demande de subside est envoyée
à la députation permanente61. La commune propose de contribuer fnalement pour 300 francs
au budget d’ameublement de la salle d’école62. Dès la rentrée de 1860, les enfants pauvres sub-
sidiés par la commune sont au nombre de 38 garçons et 38 flles, et l’instituteur Duys reçoit
pour chacun une rétribution de 6 francs par an. Le Bureau de Bienfaisance intervient alors pour
50 francs dans l’ensemble de l’enveloppe63.
L
’instituteur Duys prend sa retraite en 1864. À la rentrée suivante, l’école est confée
au jeune Jean-Louis Lambotte, tout juste âgé de 23 ans64. Il est né à Brustem en 1841, il était
jusque-là sous-instituteur à l’école communale de Woluwe-Saint-Lambert65. Dès la rentrée de
1864, les chifres sont clairs, il touche un casuel établi comme suit : une subvention pour l’ins-
truction de 53 enfants pauvres à raison de 7 francs par élève et par an, ce qui donne 371 francs ;
une rétribution scolaire de 9 élèves solvables à raison de 9 francs par élève et par an, ce qui
donne 81 francs ; et enfn, le traitement annuel de M. Lambotte est fxé à 500 francs par an, dont
la commune prend en charge 117 francs et le Bureau de Bienfaisance 50 francs66.
Dès avant 1874, il est décidé de doter les deux écoles communales, celle du Centre et
celle de Stockel, « d’un ouvroir67 pour l’enseignement des travaux à l’aiguille aux jeunes flles
(tricot, couture, coupe des vêtements, point de manque, ravaudage, remaillage) » deux fois par
semaine, le mardi et le vendredi dans l’après-midi de 2 à 4 heures. Deux maîtresses de couture
sont nommées, elles recevront 160 francs par an, soit 40 francs par trimestre68. Il s’agit de la
demoiselle Barbe Loeckx, née le 18 janvier 1836 à Woluwe-Saint-Pierre, et de la dame Catherine
Cloetens, épouse du sieur Nélis, instituteur à Stockel69. Le 25 septembre 1892, Marie Julie
Vanhumbeek, l’épouse de l’instituteur De Veuster, est nommée maîtresse d’ouvrages manuels
à l’école communale de Stockel70.
Dès 1874, il est question d’augmenter le personnel dans les deux écoles de la commune.
À l’école du Centre, M. Lambotte se retrouve parfois à la tête de plus de 100 élèves. Son trai-
tement annuel de 700 francs passe toutefois à 800 francs. Mais comme une école privée pour
petites flles vient d’ouvrir à Woluwe-Saint-Lambert, on ne voit pas la nécessité d’engager
d’autres instituteurs. Et le conseil communal d’argumenter que, de toute manière, les écoles
sont nettement moins fréquentées durant l’été71.
En 1874, le commissaire d’arrondissement de la province de Brabant revient sur cette
question du surpeuplement de l’école du Centre, la nécessité d’exécuter des travaux aux écoles
et de les pourvoir de sous-instituteurs. L
’ administration lui répond que la nécessité est toute
relative, au vu de la fréquentation des écoles, et le nombre d’élèves diminuera encore à l’ouver-
ture de l’école pour petites flles à Woluwe-Saint-Lambert. En outre, la saison est trop avancée
pour penser à des travaux. Et, position récurrente, les écoles sont nettement moins fréquentées
durant l’été, il n’y a donc pas d’inconvénient à reporter les travaux72.
En 1879, la question revient à l’ordre du jour, cette fois relancée par le ministère de
l’Instruction publique. Il souhaite faire efectuer des travaux nécessaires à l’école primaire
du Centre et faire nommer un sous-instituteur. Les demandes sont rejetées, la commune est
déjà trop endettée. Une taxe personnelle pèse déjà pour 2 200 francs sur les 1 500 habitants
soumis à l’impôt. Et malgré les 44 centimes additionnels, on ne parvient pas à l’équilibre entre
les ressources et les dépenses indispensables. Et, argument décisif, la moitié des élèves n’a
pas atteint l’âge de 6 ans73. Plusieurs années durant, le refus de nommer un sous-instituteur
à l’école du Centre sera source de confits entre l’autorité supérieure et le conseil communal.
Toute la dissension vient de ce que le ministère compte le nombre d’enfants fréquentant l’école
et que l’administration communale se base sur la liste des inscriptions, qui ne reprend ni les
enfants issus des communes voisines, ni les enfants de moins de 6 ans. Il y a donc une diférence
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importante entre les chifres, subtilité qui nourrira des années de tensions entre tenants et
opposants à l’ouverture du poste de sous-instituteur.
En 1881, un arrêté de la députation permanente approuve le plan et le devis des travaux
prévus. L
’ école compte alors toujours plus de 100 élèves, du moins à la date de la prise de l’ar-
rêté. Elle ne compte plus que 30 à 40 élèves en juin de la même année et les travaux sont une fois
encore reportés sine die74.
Une deuxième salle de classe est projetée en 1883. Mais la classe ne peut se tenir
qu’après la nomination d’un sous-instituteur. Il y a donc lieu de la reporter cette fois encore75.
L
’ ouverture d’une deuxième classe nécessiterait aussi un ameublement adéquat. Un
budget de 442,50 francs est voté pour y faire face, et prévoit même quelques objets didactiques
pour les autres classes. Mais les dépenses restent inenvisageables sans l’intervention de l’État76.
En novembre 1884, il est décidé que la religion restera en tête du programme et que les
écoles resteront mixtes. En novembre de la même année, les enfants sont admis à partir de l’âge
de 5 ans, pour peu qu’il y ait des places disponibles. Ceci n’est toutefois qu’ « une simple tolé-
rance car ces enfants ne pourront pas fgurer sur les listes de fréquentation »77.
En août 1885, à la veille de la rentrée, l’instituteur Lambotte demande sa mise à la
retraite pour cause d’infrmité. Manifestement épuisé, il n’a que 44 ans. Le conseil communal
refuse sa demande, étant d’avis que « le pétitionnaire est parfaitement en état de continuer …
et qu’il n’a jamais jusqu’à ce jour demandé de congé du chef de son infrmité »78. M. Lambotte
remet sa démission en octobre de la même année, elle est refusée car il paraît « en état de
santé qui lui permet de continuer encore ses fonctions »79. Elle sera toutefois acceptée sous
la contrainte, quand une lettre du commissaire d’arrondissement stipule que la commission
provinciale des pensions reconnaît M. Lambotte « hors d’état de remplir ses fonctions et de les
reprendre à l’avenir »80. Le traitement annuel du remplaçant de M. Lambotte passe aussitôt
à 1 500 francs81.
Henri Adrien Borgmans est nommé instituteur communal quelques jours plus tard, en
décembre 1885. Il est né à Arendonk le 20 janvier 1855. Il occupera également la place de secré-
taire communal vacante82. Il aura dès février 1886 l’autorisation d’être également secrétaire de
la fabrique de l’église Saint-Pierre83.
Sa nomination engendre semble-t-il un regain d’intérêt de la part de la population. En
janvier 1887, au plus fort de l’hiver, une lettre du commissaire d’arrondissement signale que « il
résulte de renseignements que vient de fournir l’Inspecteur scolaire que votre école communale
est fréquentée par 125 élèves. Il n’est pas possible … qu’un seul instituteur donne un enseigne-
ment convenable à tant d’enfants. ». À quoi le conseil communal rétorque que « considérant
qu’en défalquant les enfants qui ont moins de 6 ans et quelques enfants étrangers à la com-
mune, le nombre d’élèves fréquentant l’école peut-être réduit à une centaine … considérant
« … il résulte de renseignements que vient de
fournir l’Inspecteur scolaire que votre école
communale est fréquentée par 125 élèves.
Il n’est pas possible … qu’un seul instituteur
donne un enseignement convenable à tant
d’enfants … »
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
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136
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
que c’est la présence du nouvel instituteur qui a amené une fréquentation aussi considérable…
décide de demander de pouvoir attendre encore quelques mois avant de créer une place … »84.
En 1889, la question du sous-instituteur à l’école du Centre entre dans une phase cri-
tique. Une dépêche du gouverneur du 24 juin est lue en séance du conseil communal. Si « avant
le 1er octobre 1889 il n’a pas été pris les mesures nécessaires pour assurer convenablement le
service de l’enseignement primaire, la commune sera déchue de tout droit aux subsides sur les
fonds de l’État pour cet exercice 1888 ». Cette fois, l’administration se doit de réagir positive-
ment. « Afn de ne pas encourir cette déchéance et sans cependant reconnaître que l’organisa-
tion actuelle n’est plus sufsante ; le conseil décide de nommer un sous-instituteur à l’école du
Centre pour les 6 mois d’hiver, càd jusqu’au mois d’avril 1890 … »85. Le 5 novembre, Jacques Van
Wesmael est fnalement nommé, il jouira d’un traitement de 1 000 francs par an86. Il demande
une augmentation dès le mois d’avril 1890. La demande est « bien justifée » aux yeux de l’admi-
nistration, mais les fnances ne permettent pas d’y accéder et on se borne à recommander le
pétitionnaire à la bienveillance du gouvernement87.
Peu après la rentrée de 1891, le conseil décide, « comme la fréquentation est bien loin
d’atteindre le chifre des inscriptions, (que) les instituteurs seront payés l’année prochaine
pour ce qui concerne les fournitures classiques d’après la liste de fréquentation qu’ils auront
à fournir »88.
Henri Borgmans soufre dès 1897 de bronchite chronique. Il est en congé depuis
7 mois et l’administration examine son éventuelle mise en retraite. Il sera dans un premier
temps remplacé89. Pour faire face à la rentrée scolaire, l’instituteur intérimaire Lightvoet est
nommé en septembre 1897, il bénéfcie d’un traitement annuel de 1 200 francs, auquel participe
M. Borgmans pour un cinquième90.
Une nouvelle série de travaux sont efectués à l’école du Centre en 1898. On construit une
galerie couverte et le pavage de la cour, et l’on veille à l’assèchement de la cave de l’instituteur91.
M. Borgmans décède en 1900, sans avoir manifestement repris sa charge d’enseignement. Il
sera remplacé par Louis Ceusters, jusqu’alors sous-instituteur à Stockel92. Louis Ceusters sera
remplacé comme instituteur à l’école de Stockel par Gustave De Kerck, auparavant sous-ins-
tituteur à l’école du Centre93. La veuve de M. Borgmans se verra confer le poste d’institutrice
auxiliaire à l’école communale du Centre en 190694.
En 1900, les heures de classe et les congés scolaires sont fxés. Les enfants fréquenteront
l’école de 8h30 à 11h30 et de 1h30 à 4h00 en été. Et en hiver, de 8h30 à 11h30 et de 1h30 à 3h30.
Les congés sont établis les dimanches, les jours fériés, les jeudis après-midi, les 1er et 2e jours
« … tous les enfants de Stockel, hameau qui
forme à peu près la moitié de la commune, ne
fréquentent pas l’école communale à cause de
son éloignement. Quelques-uns fréquentent
l’école privée dirigée par le sieur Bosmans et le
plus grand nombre ne fréquentent pas d’école. »
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de l’an, le 21 juillet et le 15 novembre. Les vacances de Pâques courent du mercredi midi avant
Pâques au samedi après Pâques. Et les grandes vacances, du 1er au 30 septembre95.
Une nouvelle série de travaux de restauration et d’amélioration de l’école primaire com-
mence en 190096. L
’ école est raccordée au gaz en 190497.
Une place de sous-instituteur est fnalement ouverte en 1908. Le premier à occuper le
poste est Petrus Hujoel, né à Woluwe-Saint-Pierre en 188798.
L
’enseignement pour les adultes
À la rentrée de septembre 1883, le nombre d’adultes admis à l’instruction gratuite s’élève
à 33 au Centre et 58 à Stockel99.
Les écoles pour adultes sont supprimées en 1884 car elles sont trop peu et trop irréguliè-
rement fréquentées100.
L
’enseignement à Stockel
Depuis 1844, la commune a vu des écoles privées se développer à Stockel. Le conseil
prend la mesure de la situation. L
’ école primaire communale du Centre, la seule existante, est
trop éloignée pour y envoyer les enfants pauvres du hameau. Le conseil estime que l’école privée
établie à Stockel, dirigée par le sieur Van den Plas, réunit toutes les conditions légales pour
tenir lieu d’école communale et qu’elle pourrait être adoptée, être reconnue par l’administration
communale pour donner l’Instruction aux enfants pauvres du hameau101.
Dès 1865, l’administration s’inquiète de ce que les enfants de Stockel ne fréquentent pas
l’école communale du Centre, trop éloignée pour justifer les déplacements. Ils se rendent dans
une école établie au hameau102.
Le bourgmestre Jean-Baptiste Dumoulin expose la situation le 21 août. « … 61 inscrip-
tions d’enfants pauvres, ce qui est loin d’être en rapport avec la population. Cela provient de ce
que tous les enfants de Stockel, hameau qui forme à peu près la moitié de la commune, ne fré-
quentent pas l’école communale à cause de son éloignement. Quelques-uns fréquentent l’école
privée dirigée par le sieur Bosmans et le plus grand nombre ne fréquentent pas d’école. En
présence de cette situation, il me paraît urgent d’organiser l’instruction primaire au hameau de
Stockel sur un pied convenable et à cet efet, j’ai fait inscrire d’ofce les enfants qui demandent
la gratuité pour en jouir au hameau même, ces inscriptions s’élèvent à 71 ».
L
’ école privée tenue par M. Bosmans est donc « adoptée » à l’unanimité, elle recevra
dorénavant des subsides et sera priée d’accueillir les enfants désignés par la commune103.
Mais une école communale proprement dit reste une préoccupation constante à Stockel.
L
’instituteur Jean-Jacques Nélis est nommé en février 1871104. Il était auparavant sous-
instituteur à l’école communale de Woluwe-Saint-Lambert. La première rentrée scolaire
à l’école communale de Stockel a lieu le 27 septembre 1871105.
Les résultats de cette école inquiètent l’administration en 1888 : « si l’école du sieur Nélis
ne prospère pas et si les élèves n’y font pas beaucoup de progrès, c’est plutôt dû à la fréquenta-
tion irrégulière, conséquence de l’indiférence des parents, que l’insufsance de l’instituteur ».
« … il me paraît urgent d’organiser l’instruction
primaire au hameau de Stockel sur un pied
convenable … »
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
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138
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
évalué à un montant de 12 612,19 francs à quoi
s’ajoutent 9 280,3 francs de frais d’ameublement.
la commune ne se sent pas capable d’assumer
les 5 000 francs à sa charge et demande un em-
prunt au Crédit Communal, qui lui est accordé.
en 1895, l’inspection scolaire constate
que l’école primaire de Stockel est fréquentée par
un nombre d’élèves « variant de 100 à 120, placés
sous la direction d’un seul instituteur, alors que
la salle de classe ne peut contenir en réalité que
65 enfants ». Le gouvernement de la province
de Brabant s’en indigne et invite la commune
à prendre immédiatement des mesures pour
construire à frais conjoints avec la commune
de Crainhem une seconde salle de classe. Cette
dernière est érigée en 1897 par l’entrepreneur
François De Becker, sur les plans de l’architecte
H. Jacobs6. La maison de l’instituteur bénéfcie
d’un abonnement à la Société des eaux du Bocq
dès 19027. la cour en mauvais état est pavée en
19058. l ’école est dotée d’une nouvelle aile en
19099. Cette aile est exhaussée d’un étage en
1929 sur les plans de l’architecte alexis Dumont.
Ce bâtiment semble encore partiellement sub-
sister aujourd’hui, en intérieur d’îlot, au milieu
d’autres bâtiments plus récents bâtis entre 1978
et 1996 par l’architecte Christian Vander elst10.
Enfn, en 1997, une conciergerie indépendante
a été construite, libérant l’espace destiné à créer
de nouvelles classes.
l ’école communale de Stockel
rue Henri Vandermaelen, 61
un terrain est acquis par la commune dès
1868, aux alentours de l’église Notre-Dame1.
Le terrain est acheté à M. Perezo, propriétaire
demeurant à Saint-Josse-ten-Noode, à raison
de 10 000 francs l’hectare. la parcelle est située
dans la section D, no 64 du cadastre, elle a une
contenance de 19 ares 70 centiares et coûte donc
1 970 francs. avec les frais de la vente, il faut
compter un total de 2 150 francs2. Des plans sont
dressés aussitôt par l. Spaack. en septembre, ils
sont améliorés. Il faut penser à construire égale-
ment « une galerie couverte dans chaque préau et
des trottoirs autour des bâtiments de l’école, un
four à pain pour la famille de l’instituteur et un
lieu d’aisance séparé … »3.
en avril 1869, un premier devis prévoit
13 500 francs de travaux et 3 100 francs d’acces-
soires4. Le projet portait sur une véritable école
de village typique à l’époque : une seule classe,
destinée à accueillir une centaine d’élèves,
dirigés par un seul instituteur. le logement de
l’instituteur se situait à l’étage et quelques amé-
nagements de type privé lui étaient accordés au
sein des bâtiments.
une seconde salle de classe est construite
en 18745. Ce projet est dans un premier temps
L
’école communale
de Stockel à l’heure
actuelle.
Photo Renaud Ben Lakhal.
L
’école communale des
garçons de Stockel, rue
Henri Vandermaelen.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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La rentrée 1913 d’une
école communale
de garçons de la
commune.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
139
L
’ administration réprouve l’idée de sanction disciplinaire à son égard106. L
’instituteur Jean-
Jacques Nélis décède quelques mois plus tard, le 2 décembre 1888. On décide à l’unanimité que
sa veuve pourra continuer à occuper une partie de la maison qui leur était attribuée, jusqu’à ce
qu’elle trouve une autre habitation, et ce jusqu’au 1er septembre 1889. En outre, une expertise des
arbres plantés dans le jardin de l’école par le sieur Nélis permettra de fxer un montant imposé
au nouveau titulaire au proft de la veuve Nélis. Le traitement du nouvel instituteur de Stockel
est fxé à 1 300 francs par an107. Treize postulants se présentent. Jean Alphonse De Veuster, né
à Keerbergen le 9 avril 1858, domicilié à Saint-Gilles, est nommé le 2 janvier 1889. La veuve Nélis
peut habiter la partie droite du bâtiment de l’école : une cuisine, une cave, un cabinet au rez-
de-chaussée, une chambre à l’étage. Jean De Veuster, convoqué en séance, déclare consentir
à cette cohabitation et prend l’engagement de payer à la veuve Nélis la reprise des arbres … une
somme de 200 francs, un quart par trimestre108. En août 1889, Catherine Cloetens, la veuve de
Jean-Jacques Nélis, sollicite une pension à charge de la caisse des veuves et orphelins des pro-
fesseurs et instituteurs communaux. Sa demande est accueillie favorablement109.
Cette fois, l’école a trouvé son public. En 1895, une plainte fait état de ce que depuis
plus d’une vingtaine d’années, bon nombre d’élèves viennent de Crainhem. Cette année-là, on
compte 25 enfants, quand ceux de Stockel sont au nombre de 63110. La commune se promet de
les exclure dès la rentrée d’octobre. Ce qui supprime le besoin d’agrandir l’école. La gestion des
locaux scolaires était en grande partie laissée aux bons soins des instituteurs.
En 1900, les notes de frais de chaufage de Jean De Veuster pour les classes de 1899
s’élèvent à 200 francs en primaires et à 30 francs pour les classes d’adultes. Or, le budget com-
munal avait provisionné les sommes de 100 francs et 20 francs. Vu la « cherté extraordinaire
du charbon en 1899 … il faudra … mandater au proft de M. De Veuster les sommes de 200 et
30 francs. À l’avenir, l’indemnité sera calculée en fonction du cubage des classes »111.
Ses honoraires passent en 1904 à 1 700 francs pour l’école du jour à quoi s’ajoutent
200 francs pour la classe d’adultes le soir. Et un budget de 20 francs lui est alloué pour s’équiper
des fournitures scolaires nécessaires à la classe des adultes112.
Une place de sous-instituteur est ouverte en 1897, pour un traitement annuel de
1 100 francs113. Le premier à occuper la charge sera Louis Ceusters, né en 1860, diplômé de
l’Ecole normale de Lierre. Il est nommé défnitivement en juin 1897, après avoir occupé le poste
à titre provisoire114. Son traitement annuel passe de 1 100 francs à 1 300 francs115.
Malgré l’accord établi en 1896 avec la commune de Crainhem, la question n’est toujours
pas réglée en 1906. La commune de Crainhem est invitée plus que jamais à participer aux frais
de scolarisation de ses enfants si elle veut éviter de les voir exclure des écoles de Stockel116.
En 1907, les enfants de Crainhem sont toujours nombreux à fréquenter l’école commu-
nale de Stockel. L
’ administration, consciente de la situation difcile de la commune limitrophe,
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Page 140Top

140
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
lui réclame toutefois 700 francs par an dès la rentrée 1908 plutôt que de rejeter ces enfants qui
n’ont d’autre solution117.
En 1909, une plainte est adressée à l’administration. L
’instituteur De Veuster occupe
ses heures de loisir à des travaux d’horlogerie. Il ne sera pourtant pas sanctionné, car il donne
correctement ses leçons et il a une famille importante à nourrir. Son traitement annuel sera
toutefois immédiatement porté à 2 000 francs118.
Répercussions de la guerre scolaire à Woluwe-Saint-Pierre
Le dernier quart du xixe siècle fut marqué par un violent confit opposant partisans de
l’enseignement libre et adeptes de l’enseignement laïque. La seconde loi organique de 1879 du
ministre libéral Pierre Van Humbeeck mettait en évidence la laïcité et la neutralité des écoles
primaires. Lorsque les catholiques revinrent au pouvoir en 1884, ils frent voter une troisième
loi organique favorisant l’enseignement confessionnel et limitant l’action de l’État et des pou-
voirs publics119. « L
’ enseignement de la religion et de la morale du culte catholique font partie du
programme des écoles primaires de la commune. L
’ enseignement de la religion et de la morale
se donnera au commencement des classes. Les enfants dont les parents en feront la demande
seront dispensés d’y assister. »120
En 1904, le règlement scolaire spécife que le français doit être considéré comme une
matière obligatoire, bien que les leçons principales se donnent en néerlandais, et que la religion
sera enseignée aux enfants dont les parents n’ont pas clairement demandé qu’ils en
soient dispensés121.
La bienfaisance
Le Bureau de Bienfaisance prend régulièrement en charge les frais d’instruction des
enfants pauvres reconnus par l’institution. Du moins, le Bureau verse chaque année un subside
de 50 francs à cette intention. Son action est plus vaste. En 1846, « vu le nombre de familles
secourues pendant les hivers ordinaires, le nombre de celles qu’on présume devoir secourir
pendant cet hiver, le montant des revenus du Bureau de Bienfaisance et du Fonds de réserve,
le Bureau demande de retirer de la Caisse d’épargne une partie des fonds de réserve ». Cette
demande est approuvée122. Au budget de 1847, on prévoit une somme de 750 francs pour le
payement de frais d’entretien de mendiants, enfants abandonnés et indigents dans les hôpitaux
tant pour les exercices écoulés que pour l’exercice courant. Une somme de 750 francs, proposée
par un habitant pour supprimer un sentier « de peu d’utilité » qui traverse sa propriété, estimé
à 350 francs, sera versée automatiquement à ce fonds de secours123. Quelques mois plus tard,
la situation s’est aggravée. En mars 1847, le Bureau de Bienfaisance ne peut plus faire face aux
besoins les plus pressants des pauvres de la commune, « ayant pour toute distribution une
somme de 320 francs ». La commune ne peut aider directement, mais s’engage à faire exécuter
des travaux de déblai et de remblai dans la rue Kelle et la rue de la Cambre « ce qui occasion-
nera une dépense de 500 francs environ et par ce moyen occupera la classe ouvrière ». Mais
seulement la classe ouvrière : « il faut trouver d’autres ressources pour les autres pauvres ». Le
conseil se résout enfn à demander un subside de 500 francs sur les 1 500 000 francs votés par
les Chambres pour venir en aide aux classes indigentes124.
En 1854, les frais d’entretien des indigents s’élèvent à 1 842,37 francs, ce qui, aux yeux du
Conseil et en fonction des revenus de la commune, est une somme énorme125. Outre les budgets
gérés par le Bureau de Bienfaisance, l’administration doit également rembourser diférentes
institutions qui prennent en charge des ressortissants de la commune. Ce type d’attribution
pose parfois d’embarrassantes questions de reconnaissance. Et le problème existe depuis long-
temps. À titre d’exemple, la commune refuse de reconnaître comme une de ses ressortissantes
Thérèse-Elisabeth C. pour qui les frais à rembourser sont déjà élevés.
De la sorte, les frais pris en compte en 1854 comprennent notamment un rembour-
sement au Dépôt de la Cambre, 634,18 francs, divers établissements d’enfants trouvés,
525,45 francs pour le 2e semestre de 1853, l’entretien d’insensés, 325,85 francs, et un rembour-
sement aux Hôpitaux de Bruxelles de 167,34 francs126.
Page 141Top

141
LA PAROISSE nOTRE-DAME DE STOCKEL
La paroisse Notre-Dame est annexée en 1808 à la paroisse de Woluwe-Saint-Pierre127.
Dès janvier 1844, une pétition est soumise à l’administration communale : une partie
importante des habitants souhaite voir ériger la chapelle Notre-Dame en église succursale
de Saint-Pierre. Les pétitionnaires tirent argument du nombre de 650 habitants du hameau,
des 2,3 kilomètres qui séparent le cœur de Stockel de l’église Saint-Pierre – trajet estimé 23
minutes – et du fait que se rendre à l’église de Crainhem n’est pas moins pénible. Les 6 mois
les plus sombres de l’année rendent le trajet encore plus difcile. Comme la messe du matin a
lieu à 7 heures en été et 8 heures en hiver à la chapelle et la grand-messe à 10 heures à Saint-
Pierre … et il serait souhaitable d’avoir également à Stockel une grand-messe à 10 heures.
La cloche installée en 1840, qui a coûté 350 francs, a été partiellement payée par les
paroissiens, à hauteur de 60 francs, rassemblés lors d’une collecte menée par le curé et le
bourgmestre. Enfn, la chapelle remplit, grâce à son vicaire, tous les ofces d’une église à pro-
prement parler. Elle conserve le Saint-Sacrement et la Sainte-Huile, elle dispose d’un cimetière
pour inhumer les défunts, etc … et de regretter que la communauté du Rouge Cloître soit dis-
soute, parce que plus aucun religieux ne vient célébrer les ofces les samedis …128.
Le 8 mai 1844, le commissaire d’arrondissement répond et fait remarquer que les
membres du conseil de la Fabrique d’église sont pour la plupart membres du conseil communal.
Il accepte toutefois de prendre la question en considération. Le 25 mai 1844, les membres de
la Fabrique d’église de Saint-Pierre s’adressent directement au gouverneur et à la députation
permanente de la province. Ils dénoncent la pétition comme une atteinte grave aux biens de la
Fabrique de Saint-Pierre, basée sur « des inexactitudes et des allégations fausses, des préten-
tions illégales, des accusations sans fondement pour ne pas dire davantage, comme le démontre
victorieusement la réponse du conseil communal. Que l’intérêt religieux, le bien-être moral des
habitants n’est absolument pour rien dans cette démarche de deux ou trois cabaretiers, pre-
miers moteurs de cette pitoyable afaire et dont les intérêts matériels se sont trouvés momen-
tanément lésés par un état de choses (l’absence d’un vicaire) auquel il n’était point en notre
pouvoir de porter remède »129.
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Le patronage de
Woluwe-Saint-Pierre,
démoli en 1957.
La maison se situait de
trois-quarts par rapport
à l’église Saint-Pierre,
sur l’actuelle rue Poels.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Afche présentant le
règlement de l’accueil
des enfants en nourrice
à Woluwe-Saint-Pierre.
Février 1909.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 142Top

142
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La question semble enterrée pour un moment. Mais elle rebondit en 1852. Les habitants
de Stockel demandent l’érection de la chapelle Saint-Antoine en église succursale, ce qui est
refusé130. Et le 15 novembre, les pétitionnaires s’adressent directement au roi Léopold II. « Le
hameau de Stockel se compose de deux parties dont la plus importante se trouve sous la com-
mune de Woluwe-Saint-Pierre … tandis que l’autre est sous la commune de Crainhem … Dans
la première partie s’élève une chapelle assez considérable pourvue de tour, cloche, jubé, orgue,
confessionnal, table de communion, horloge, bancs, chaises et autres meubles, ainsi que d’un
cimetière où se font les inhumations des personnes décédées dans cette partie. Tout près de
là … existe une maison avec jardin appartenant à la chapelle très convenable pour l’habitation
d’un ecclésiastique qui serait chargé de desservir la chapelle … Les soussignés, tous habi-
tants de Stockel … désirent vivement l’érection de la chapelle en succursale … ils fondent cette
demande sur ce que … toutes les facilités se réunissent à cet efet … les habitants forment plus
de la moitié de la population de la commune de Woluwe-Saint-Pierre (leur nombre s’élève
autour de 700). Une distance de 30 à 35 minutes existe entre Stockel et ladite commune, d’où
résultent souvent des inconvénients graves surtout pour les vieillards, les femmes et les enfants,
obligés pour l’accomplissement de leurs devoirs religieux, à recevoir l’instruction, à se rendre
de Stockel à l’église de Woluwe-Saint-Pierre en hiver par les jours courts et les mauvais temps.
À la chapelle de Stockel se font des pèlerinages très suivis à l’honneur (sic) de la Sainte Vierge
et de Saint Antoine, les ofrandes y sont très considérables et produisent un revenu important.
De nombreuses fondations enrichissent la chapelle : à celle-ci appartiennent des immeubles
importants, dont la fabrique de Woluwe-Saint-Pierre s’attribue la propriété et perçoit les
revenus … Tout cela formerait naturellement la dotation de la nouvelle fabrique à établir … une
demande d’ériger la chapelle de Stockel en succursale a déjà été présentée en 1844, mais ayant
rencontré dans Mr. le curé de Woluwe-Saint-Pierre un adversaire infatigable, dont elle froissait
les intérêts, elle n’a pas eu alors le succès espéré. Cet ecclésiastique étant décédé … » le vicaire
en charge de Stockel peut très bien être nommé curé, ce qui simpliferait beaucoup les choses
sans coûter davantage131.
Le 20 décembre de la même année, le conseil de Fabrique de Saint-Pierre s’adresse au
gouverneur et à la députation de la province, en réponse à cette demande réitérée. La délibération
insiste sur le manque total de nouveauté de cette demande déjà rejetée en 1844 et l’absence de
tout nouvel argument. Et les contre-arguments se succèdent. La chapelle ne peut contenir 400
personnes et a prouvé son exiguïté les jours de fête de la Sainte-Vierge où les ofces s’y célèbrent.
La maison proche, destinée à servir de cure, tombe en ruine et ne peut espérer mieux que la des-
truction, la distance entre la chapelle et l’église Saint-Pierre est bel et bien de 23 minutes et non
de 30 à 35 minutes, des ofces sont célébrés à la chapelle précisément pour les personnes qui se
déplacent difcilement, et les ofrandes n’ont rapporté, depuis le début de l’année, que 71,5 francs
« ce qui permet de juger de leur importance ». Seules trois fondations sont attachées à la chapelle
« Le hameau de Stockel se compose de deux
parties dont la plus importante se trouve
sous la commune de Woluwe-Saint-Pierre …
tandis que l’autre est sous la commune
de Crainhem … »
Page 143Top

143
et les immeubles sont en réalité pleine propriété de la Fabrique de Saint-Pierre. Enfn, les habi-
tants seraient poussés à cette démarche par « le vicaire actuel de notre église qui, jeune encore,
trouverait de cette manière à s’afranchir prématurément des obligations qu’implique le vicariat …
Il n’y a donc … aucune raison sérieuse pour accueillir la demande qui a été faite par quelques habi-
tants du hameau … ce ne serait pas un bien pour eux »132.
En août 1861, les habitants de Stockel demandent à nouveau à avoir un ecclésiastique,
ou tout au moins un vicaire à demeure au hameau, et une habitation pour l’héberger133. Leur
demande est accordée pour peu que la Fabrique d’église de Notre-Dame de Stockel participe
pour moitié aux frais que cela engendre134. Et en 1863, par arrêté royal, la chapelle Notre-Dame
devient une paroisse autonome. En 1868 une cure est construite rue Vandermaelen, no 25. Des
pèlerinages sont organisés vers la chapelle, au nom de Notre-Dame de l’Ascension135. L
’ église
est entourée d’un cimetière dès 1866136.
« Une distance de 30 à 35 minutes existe entre
Stockel et ladite commune, d’où résultent
souvent des inconvénients graves surtout
pour les vieillards, les femmes et les enfants,
obligés pour l’accomplissement de leurs devoirs
religieux, à recevoir l’instruction, à se rendre
de Stockel à l’église de Woluwe-Saint-Pierre en
hiver par les jours courts et les mauvais temps. »
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
La rue du Moulin vers
1890, à hauteur du pont
sur la Woluwe.
La Molenstraat occupe
le site de l’actuelle rue
Titeca. Auparavant
encore, chemin de
Nivelles.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 144Top

144
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
la chapelle est visible sur un étendard
de pèlerinage de Notre-Dame de Stockel du
xviiie siècle3.
les vestiges de la chapelle médiévale, le
chœur, la sacristie et la nef à croisée d’ogive, sont
reconstruits en 1884 ou 18864.
en 1902, il devient urgent de penser
à remplacer les horloges des deux clochers, dans
le centre et à Stockel. la commune fait l’achat
sur ses propres fonds5.
Dès 1958, le développement démo-
graphique de la paroisse – qui compte alors
6 500 âmes – dépasse les capacités d’accueil de la
jolie chapelle presque encore médiévale qui ne
peut accueillir que 350 fdèles. Il est décidé de la
remplacer puis de la détruire.
le cimetière est détruit lui aussi, les
sépultures et les monuments sont déménagés
vers le nouveau cimetière6.
Cinq ans plus tard, le bâtiment moder-
niste érigé à sa place par les architectes aerts et
l ’église Notre-Dame de Stockel
rue de l’église
une chapelle Notre-Dame, dite aussi de la
Visitation, dominait le hameau de Stockel dès
avant 1326, date d’une première mention dans
des textes. On y invoquait une effgie de la Vierge
dans l’espoir de soulager les hernies et les accès
de fèvre.
à l’origine, la chapelle avait la forme d’un
petit oratoire de style gothique. Elle est repré-
sentée dans les atlas fonciers de l’abbaye de la
Cambre et de l’abbaye du Parc à Heverlee1.
Une très belle statue polychrome de la
Vierge à l’enfant, datée du xive siècle, est encore
présente dans l’église actuelle.
en 1778, la chapelle Notre-Dame de
Stockel est agrandie par l’ajout d’une nouvelle
nef, terminée par un pignon surmonté d’une tou-
relle à haute toiture en fèche2. élevée en brique
et en pierre naturelle blanche et ensuite plâtrée,
cette nef donnait sur un transept qui assurait la
transition avec un chœur peu développé. l ’entrée
ouest était alors surplombée d’un petit clocher.
le millésime 1778 était gravé dans le linteau de
la porte d’entrée de style Louis XV.
La chapelle Notre-Dame
de Stockel au début du
xviiie siècle.
Archives générales du Royaume,
cartes et plans manuscrits
86761B.
L
’église Notre-Dame de
Stockel, démolie en 1966.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 145Top

La nouvelle église
Notre-Dame de Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
145
ramon était consacré. Strictement orthogonal
en plan et en élévation, le dessin de l’édifce
constitue un manifeste d’austérité spirituelle
culminant dans le clocher à claire-voie.
Un premier projet prévoyait un toit
pyramidal, une tour indépendante, un baptistère
et une galerie extérieure. Il devra être profon-
dément modifé. Les fondations ne peuvent
supporter le poids impressionnant de cette
pyramide en béton armé. La tour, le baptistère
et la galerie sont abandonnés, eux, pour des
raisons budgétaires. le toit plat en béton armé
est terminé en 19657. Toute de béton, de verre et
de ciment, l’église offre un aspect représentatif
des matériaux et des conceptions volumétriques
et esthétiques de son temps.
l ’ancienne église, maintenue en activité
aux côtés du chantier, est démolie au printemps
1966, pour céder la place au parvis actuel,
construit dans la foulée8.
les vitraux, créés par le maître verrier
etterbeekois Pierre Majérus, occupent la paroi
latérale gauche du sanctuaire et les murs de la
chapelle de semaine9.
la cure a été construite en 1869, dans un
style bourgeois, entourée d’un jardin.
le mobilier de l’ancienne église n’a pas
eu la chance d’être accueilli dans les nouveaux
bâtiments. Il s’en faut de peu que « la chaire de
vérité, le banc de communion, l’autel princi-
pal et la boiserie des orgues, les deux confes-
sionnaux et l’unique cloche … » soient vendus
à des amateurs privés. les deux autels latéraux
baroques, provenant de l’ancien prieuré du
rouge Cloître sont cédés à l’église Sainte-anne
d’auderghem, en souvenir de leur origine10.
l’église Notre-Dame de Stockel, rue de l ’église
L
’ancienne et la nouvelle
église Notre-Dame
de Stockel côte à côte,
entre 1962 et 1966.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 146Top

Philippe Vandermaelen,
Plan parcellaire de la
commune de Woluwe
St Pierre avec les
mutations jusqu’en
1836, dans Atlas
cadastral du royaume
de Belgique, Échelle
1 / 5 000, planche 1 et 2.
Bruxelles, Établissement
géographique de
Bruxelles, vers 1837.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
146
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Les cimetières 
Les cimetières du Centre et de Stockel supportent mal l’expansion démographique de la fn
du xixe siècle. Dès 1904, l’espace se fait rare et les décisions se multiplient pour retarder le recours
à un nouveau cimetière. Dorénavant, les inhumations de ressortissants d’autres communes
seront taxées de 20 francs pour le cimetière du Centre et de 10 francs pour celui de Stockel137.
En 1908, le curé et le fossoyeur de Stockel reçoivent des consignes très strictes.
Interdiction leur est faite d’enterrer des personnes pour qui on ne peut prouver que la taxe de
10 francs a bien été versée à la caisse communale138.
Un terrain est enfn trouvé chaussée de Stockel, en 1912, disponible et convenable, au
prix de 20 000 francs l’hectare. Ce qui est considéré comme assez avantageux, mais mérite
encore d’être négocié dans l’espoir d’atteindre 18 000 francs l’hectare139. Les négociations
n’aboutiront pas et le terrain est placé sous option d’achat à 20 000 francs l’hectare pour une
durée de 5 à 6 mois140.
Page 147Top

Philippe Vandermaelen,
Plan parcellaire de la
commune de Woluwe St
Pierre avec les mutations
jusqu’en 1836, dans Atlas
cadastral du royaume
de Belgique, Échelle
1 / 5 000, planche 1 et 2.
Bruxelles, Établissement
géographique de
Bruxelles, vers 1837.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
147
LA VIE éCOnOMIqUE
En 1855, Alphonse Wauters décrit, dans son Histoire des environs de Bruxelles, Woluwe-
Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert comme des villages des plus pittoresques, agrémentés
de prairies feuries, de nombreux étangs, de bosquets ci et là disséminés dans le paysage ; et les
maisons de campagne que l’on rencontre partout forment un ensemble joyeux et coloré141.
Les notables principaux au début du xixe siècle sont encore les gros fermiers ou la classe
fortunée de la paysannerie locale142. Quelques bourgmestres en sont issus, comme Jean Lepage,
Joseph Coosemans, Joseph et Charles Thielemans. Le train de leur maisonnée peut être appré-
hendé par l’importance de leur domesticité. La plupart des échevins et conseillers dirigeaient
d’importantes exploitations agricoles. L
’impôt qu’ils versent à l’État (contribution foncière et contri-
bution personnelle) détermine leur accès au pouvoir par le biais du régime électoral censitaire.
Le village compte aussi quelques petits industriels et notamment un milieu actif et aisé
de meuniers et de brasseurs souvent apparentés. Le droit de patente, impôt sur la production
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Page 148Top

Philippe Christian Popp,
Plan parcellaire de la
commune de Woluwe
St Pierre, avec les
mutations, dans Atlas
cadastral de Belgique,
province de Brabant,
Arrondissement de
Bruxelles, Canton de
Saint-Josse-ten-Noode,
publié avec l’autorisation
du gouvernement sous
148
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
de biens et de services, les plaçait au rang d’électeurs et d’éligibles. Parmi eux aussi, le bourg-
mestre Jean Dumoulin. Ou encore Sébastien Moonens, membre du Bureau de Bienfaisance,
réélu le 20 décembre 1837, meunier et cultivateur à Woluwe-Saint-Pierre143.
Les notables locaux représentent la majeure partie des propriétaires mais aussi un
certain nombre de petits artisans et ouvriers agricoles dont les possessions se limitent souvent
à la maison qu’ils occupent. Certains propriétaires résident à Bruxelles, surtout la grande bour-
geoisie urbaine qui a racheté en grande abondance et à bas prix, sous le régime français, les
biens confsqués aux communautés religieuses. La place Dumon, par exemple, doit son nom à la
famille Dumon, propriétaire à cet endroit des terrains depuis 1864. Une maison de campagne
trônait dans un parc de six hectares144.
Page 149Top

les auspices de Monsieur
le Ministre des Finances,
Bruges, circa 1842-1879.
Échelle : 1 / 5 000.
Bruxelles, Bibliothèque royale de
Belgique, département des Cartes
et Plans.
149
La majorité de la population compte de petits agriculteurs, des ouvriers agricoles – des
journaliers au statut précaire et sans grande perspective d’avancement –, des jardiniers et
un corps relativement conséquent d’ouvriers du bâtiment (maçons, couvreurs, plafonneurs)
et d’artisans (tisserands, menuisiers, charrons et forgerons). On compte également quelques
domestiques.
La chapelle Saint-Roch fut érigée par la famille Dumon sur ses terres après l’épidémie
de choléra de 1848–1849. Elle a été déplacée dans la rue de l’Église, du côté de la rue Vander Elst.
Dans la chapelle trônait une statue rustique et polychromée de saint Roch. La construction du
premier bâtiment au coin de la place Dumon et de la rue de l’Église intégra une partie de la cha-
pelle dans la façade. La café Saint-Roch occupait le rez-de-chaussée. Aujourd’hui, le bâtiment
a disparu. L
’ entrepreneur remit, en 1978, la statue de saint Roch à l’administration communale
de Woluwe-Saint-Pierre qui la ft restaurer. Elle en est actuellement propriétaire145.
Nombre d’habitants pratiquent ces mille métiers habituels dans les petits villages rela-
tivement autarciques, comme maçons, charpentiers, couvreurs, plafonneurs, boulangers et
bouchers, tenanciers de débits de boissons, cabarets, estaminets et cafés146.
L
’agriculture et la petite industrie terrienne
La superfcie des terres consacrées aux cultures diminue fortement au fl des décennies,
pour faire place aux artères nouvelles et aux nouvelles exploitations de briqueteries et de car-
rières de sable.
En 1850, environ 300 hectares étaient consacrés aux céréales, environ 160 hectares
l’étaient à la nourriture du bétail, et environ 130 hectares étaient maintenus en pâtures pour
le cheptel abondant. Le reste du territoire communal, plus de 300 hectares, était boisé147.
Au fl des décennies, des habitants issus de Woluwe, généralement de souche peu aisée,
se sont installés en ville et dans la banlieue urbanisée, participant au phénomène d’exode rural.
Les femmes s’y sont placées comme servantes, les hommes y ont développé des commerces
de détail ou des débits de boisson. D’autres, restés au village parce que mieux favorisés, ont pu
s’orienter vers des cultures plus rémunératrices comme les cultures maraîchères tout en prati-
quant l’élevage du petit bétail et des animaux de basse-cour148.
En 1909, une veuve demande à pouvoir maintenir son élevage de porcs rue du Marais.
Les oppositions sont nombreuses, basées sur les nuisances et la dépréciation qu’une telle acti-
vité entraîne pour les habitations riveraines. Toutefois, après enquête, l’administration accorde
cette autorisation, car la dame tient correctement sa porcherie et que d’autres voisins s’étaient
montrés favorables. L
’ autorisation est cependant limitée à une durée de 5 ans149.
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Selon alphonse Wauters, en 1855, peu de
villages sont aussi pittoresques que Woluwe-
Saint-lambert et Woluwe-Saint-Pierre ; les
prairies feuries, les nombreux étangs, les
bosquets ci et là disséminés dans le paysage ;
les maisons de campagne que l’on rencontre
partout forment un ensemble joyeux et coloré …
Page 150Top

150
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Les briqueteries et les petites industries mettent en exploitation des bancs de pierre, des
grès calcaires à partir desquels on façonnait des pavés ou utilisés comme fondation ou soutè-
nement. Dès 1890, des briqueteries sont exploitées (entre autres dans la rue du Duc, la rue de
la Barrière, l’actuelle avenue des Volontaires et la rue Konkel) tout comme des sablières (rue
Mertens et avenue Thielemans), dont certaines restèrent actives jusqu’au début des années
1960150. Des fours à chaux se sont développés en parallèle, on y réduisait la pierre calcaire afn
d’obtenir de la chaux destinée essentiellement à la fertilisation des terres et à la construction.
Les briqueteries se sont multipliées rapidement mais leur existence était souvent de
courte durée. La plupart de ces entreprises conservaient un caractère artisanal, employant
surtout des ouvriers saisonniers issus de la Flandre151.
Entre 1897 et 1909, quinze demandes d’installation ou de prolongement de la durée
d’activité de briqueteries sont émises. Elles sont accordées le plus souvent, pour des durées
limitées à 3 ans, et sous conditions strictes de veiller à respecter les chemins d’accès, qui
soufrent beaucoup des allées et venues des camions. Les refus sont argumentés par les nui-
sances occasionnées aux plantations, aux riverains et à la qualité de vie de quartiers en pleine
expansion urbanistique.
Le 12 mars 1893, une distillerie clandestine est découverte rue du Chaudron. L
’ enquête
est menée par un contrôleur des contributions et un commis des accises. Ils sont accompa-
gnés d’un maréchal des logis de gendarmerie d’Etterbeek. Le procès-verbal stipule que le sieur
Joseph Gofaux, s’exprimant en français, reconnaît avoir installé sa petite usine depuis environ
2 mois. Mais il ne produit que depuis quelques jours seulement. Les fonctionnaires découvrent
un alambic en cuivre à feu nu, un réfrigérant en cuivre avec serpentin en plomb, trois cuves
à mélasse, un alcoomètre, un pèse-sirop, un thermomètre et quelques objets divers. Les cuves
ont des capacités de 2,48 hectolitres et 1,61 hectolitre, l’alambic de 64 litres, le réfrigérant de
52 litres. Les mélasses en cours de fermentation titraient déjà entre 10° et 48°. Le distillateur
encourt une amende de 10 993,52 francs. Son matériel est confsqué. Il est évalué à envi-
ron 300 francs. Une peine d’emprisonnement de 1 à 2 ans et le paiement des droits fraudés,
s’élevant à 73,29 francs viennent compléter les sanctions. Des échantillons sont prélevés. Les
liquides sont dénaturés aussitôt. Les scellés sont posés sur l’usine et l’épouse de Joseph Gofaux
est constituée gardienne des ustensiles. Le contrevenant est arrêté sur-le-champ et remis au
gendarme qui le présentera au procureur du Roi153.
En 1904, le carrossier industriel Vandenplas s’installa rue du Collège Saint-Michel. Le
nombre relativement restreint d’ateliers et d’industries de la commune était regroupé essen-
tiellement dans le quartier Saint-Michel, au centre et à Stockel près de la ligne de chemin de
fer. Il s’agissait pour l’essentiel d’entreprises de construction métallique, de transformation du
bois, de menuiseries, de garages, de cordelleries, de quelques petits entrepreneurs divers et du
fabricant de pianos Boen154.
Un inventaire professionnel dressé en 1912 livre les informations suivantes :
« … un alambic en cuivre à feu nu, un réfrigérant
en cuivre avec serpentin en plomb, trois cuves
à mélasse, un alcoomètre, un pèse-sirop, un
thermomètre et quelques objets divers … »
Page 151Top

151
Le réseau des chemins
Un tableau dressé le 16 janvier 1837 reprend l’ensemble des voies de communication
de la commune et les classife.
Le rapport des bourgmestre et échevins soumis au conseil communal le 3 septembre
1838 estime que les chemins communaux sont assez bien entretenus, mais que ces moyens de
communication réclament des améliorations dont on s’occupera activement aussitôt que les
circonstances le permettront155. L
’ amélioration des chemins, leur pavage, revient d’année en
année dans les préoccupations du conseil, soucieux du « bien-être général » qui en dépend.
En 1840, 158 mètres de pavage ont été placés dans la rue Profonde et la rue des Jésuites,
l’actuelle rue Jean Wellens. Ces travaux ont occasionné une dépense de 300,20 francs y compris
le transport de sable et de pavés qui a été fait gratuitement par les habitants156.
L
’ année suivante, les bienfaits de ces travaux sont reconnus et pris en exemple pour
démontrer les avantages d’améliorer les communications. Toutefois, les budgets manquent. Des
centimes additionnels sont votés une fois encore sur les contributions foncières et personnelles,
et l’espoir de subsides de la province est renouvelé157. En 1842, le conseil communal se propose
de demander à la députation permanente le droit de convertir en argent les contributions en
nature qui ne sont plus d’aucune utilité158. La demande est répétée en 1844159 et en 1845, avec
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
patrons
ouvriers
employés
H
F H
F H
F
Maçons
6
130
Menuisiers
6
100
Plafonneurs
5
180
Couvreurs
4
50
Constructeurs
1
20
Serruriers
1
20
Tailleurs
2
8
Tailleuses
11
8
Modistes
1
10
Peintres
1
30
architectes
4
15
Employés industr.
15
3
empl. Négoc.
10
empl. Magasin
8
8
Terrassiers
3
150
Briquetiers
5
80
Carrossiers
2
650
Plombiers-Gaziers
4
25
Bouchers
5
10
Cordonniers
3
8
Jardiniers
3
20
Charrons
2
12
Boulangers
5
15
Marbriers
3
25
Tailleurs de Pierre
1
50
Mécaniciens
4
50
Garnisseurs
2
10
Paveurs
1
20
Hôteliers
5
18
Papiers fabr.
1
6
8
Charretiers
4
20
Chauffagistes
1
8
Forgerons
3
12
Blanchisseuses
7
30
Total
88
12
1742 56
33
11185.
Page 152Top

Les bâtiments de la
carrosserie Vandenplas,
rue du Collège Saint-
Michel. La carrosserie
Vandenplas produisait
des voitures Minerva,
marque de prestige du
début du XXe siècle.
De qualité comparable
à Rolls-Royce mais
légèrement moins
chères, les Minerva
étaient très prisées des
personnalités en vue
avant la Seconde Guerre
mondiale.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
152
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Tableau des chemins dressé le 16 janvier 1837 
Classe Nom
Nature
Direction
1ère
rue de la Cambre
passage des bestiaux
venant de Tervuren &Tercamere Straet allant à Bruxelles
1ère
Donckerstraet
communication aux
conduisant à Woluwe-Saint-lambert
Hertogsweg
habitants
vers Woluwe-Saint-Pierre & Bruxelles
1ère
Diepstraet ou Jesuitenstraet
idem
venant d’Etterbeek et Woluwe-Saint-Lambert et
Passant le moulin
allant au moulin de Woluwe-Saint-Pierre
1ère
Kellestraet
idem
conduisant au moulin à Woluwe-Saint-lambert
1ère
Kerseleerstraet
idem
allant à la forêt de Soignes
1ère
Vloetgroebbe
idem
venant de Woluwe-Saint-lambert et conduisant à la chaussée d’auderghem
1ère
lieve Vrouw Straet
idem
conduisant de Crainhem à Stockel & auderghem
ou lange Straet
1ère
Bosch Straet
idem
conduisant de Woluwe-Saint-Lambert à la forêt de Soignes
1ère
Soning Straet
idem
conduisant à la chaussée de Tevueren
2e
Konckelstraet
chemin d’agriculteur
passant le Grand’Champ & allant à Stockel
2e
Broeck Straet
idem
chemin servant de décharge aux prairies communales
2e
Zuvelgat
idem
destiné à la décharge des terres sises au-dessus de la haie d’or
2e
Streekweg
idem
traversant le champs dit Het Streek et destiné à la décharge des terres
2e
Luyze-Merkt-weg
idem
destiné à la décharge des terres sises sur le champ dit Luyze Merkt, qu’il traverse
2e
Chemin de Stuyvenberg vers
idem
idem
la ferme de l’Hof ten Berg
2e
Uyle Straetje
idem
de Stuyvenbergh vers la Ziekhuysstraetje
2e
Ziekhuystraetje
chemin d’agriculteur
de Stuyvenbergh vers la Ziekhuystraetje
2e
Kravattens-weg
chemin de traverse
allant de Woluwe-Saint-lambert à l’église de Woluwe-Saint-Pierre
2e
sentier longeant la Woluwe
idem
allant de Woluwe-Saint-lambert à anderghem
2e
Boschweg
idem
allant de Stockel vers le Bois
2e
Sentier de Stuyvernbergh
idem
idem vers la chapelle de Stockel
2e
traversant le Wanwersveld
idem
allant de Stockel vers la chapelle de la Virgo pitoyable
2e
sentier de Struyvernbergh
idem
idem
2e
sentier traversant
idem
allant de la rue dite Kelle Straet vers auderghem le Comberg
2e
sentier traversant
idem
le Grand Cauter
Page 153Top

L
’ancienne rue de
l’Église, dans le quartier
du Centre, actuelle rue
René Declercq.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’ancien bureau de
poste, commun aux
deux communes de
Woluwe-Saint-Pierre
et Saint-Lambert,
rue de la Station.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
153
cette fois l’argument intéressant qu’il est important de « maintenir le même groupe d’ouvriers
habitués à ce genre de travaux »160. Les contributions personnelles versées à la commune sous
forme de journées de travail étaient source de disparités d’expérience et d’efcacité dont le
résultat ne pouvait qu’être aléatoire.
En 1847, la commune demande à la députation permanente l’autorisation d’acheter des
pavés mis en vente sur la route de Malines à Tervuren. Ils sont destinés aux travaux nécessaires
à la rue de la Cambre et à Stockel, il faudra pour cela débloquer un fonds extraordinaire sur
les exercices 1846–1847161. Les travaux sur le chemin reliant la route provinciale de Malines
à Tervuren à celle de Bruxelles à Louvain par le hameau de Stockel et la commune de Woluwe-
Saint-Pierre font l’objet d’une enquête de comodo-incomodo. Il est spécifé que le chantier devra
n’employer que des ouvriers de la commune et des matériaux de bonne qualité162.
En 1842, M. de Waha soumet au conseil sa demande de redresser et de modifer une par-
tie de l’ancienne route de Nivelles, un changement « entièrement dans l’intérêt de la commune ».
L
’ accord lui est donné, à charge de faire niveler le terrain pour rendre le chemin praticable et
d’entretenir le chemin pendant 5 ans163. Peu avant, en 1841, il avait obtenu la concession de deux
jardins de 12 ares 59 centiares dans les environs de la route de Nivelles et
de la rue de Bruxelles, moyennant la somme de 1 528,5 francs. Ces terrains, ayant été estimés
à 1 100 francs et étant exploités sur base d’un fermage annuel de 16,93 francs (8 forins), lui sont
accordés sans difculté164.
En mai de la même année, une pétition est adressée au gouverneur de la province par
un habitant de Woluwe-Saint-Lambert. Il demande que soit rétabli un chemin longeant ses
propriétés, chemin mis à mal par les locataires des terres des Hospices et des terres du sieur
Coosemans, face à ses propres biens, qui auraient réduit par empiètement le chemin de près de
la moitié de sa largeur, « empêchant le libre passage des voitures ». Une délégation du conseil
s’est rendue sur place pour constater … « que le chemin a la même largeur qu’il y a 30 ans,
qu’aucune usurpation n’a été faite, selon des personnes de bonne foi »165.
Le pavage des rues est un souci constant. En 1843, le conseil propose de paver
1 670 mètres de voirie dans la rue de la Cambre et la rue Profonde (rue Jean Wellens). Les frais
occasionnés par ces travaux seront couverts par les taxes de l’exercice 1842 et par des capitaux
placés à la Caisse d’épargne, au Mont-de-Piété. Il faudra toutefois veiller à « éviter que ces fonds
ne soient détournés de leur véritable destination »166.
L
’ Atlas des chemins vicinaux est approuvé par le collège et le conseil en 1847167.
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Page 154Top

Le café Au Petit Woluwe,
place de la Gare.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La rue Kelle, bâtie
sur un seul côté.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
154
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La même année, un habitant de Stockel, Jules Cans, propose à la commune de prendre
en charge le pavage de la rue de la Cambre, le chemin no 1 de l’Atlas, conduisant de Stockel
à Woluwe-Saint-Lambert. Cette dépense d’environ 6 000 francs est accueillie avec faveur par
la commune qui propose d’allouer 1 500 francs sur trois ans à ce projet (demande de subside de
2 000 francs à l’État et la province). Les travaux devront être terminés en 1849 et M. Cans sera
tenu responsable de l’entretien de la rue durant encore un an168. Une partie de cette avance sera
remboursée en 1850 sur base des fonds extraordinaires votés sur la possession de chiens entre
1836 et 1849, des fonds placés à la Caisse d’épargne s’élevant à 1 163,13 francs169.
En 1849
–1850, Louis Thielemans prend la liberté de supprimer le Borreweg, qui traverse
sa propriété, en y plaçant des barrières. Les habitants se plaignent bruyamment. Le chemin no
39 est tout d’abord rayé de l’atlas des chemins communaux, sur base de l’acte de propriété de
1793 fourni par Thielemans. Le chemin est par après rétabli suite au « charivari », aux chansons
injurieuses, à l’intervention du bourgmestre et au procès qui s’ensuivirent. Finalement, le chemin
est défnitivement supprimé de l’atlas en 1850, « la commune n’ayant que peu d’arguments »170.
Dès le milieu du xixe siècle, la commune accorde de l’importance aux plantations d’arbres
le long des chemins. Sans toutefois évoquer clairement la question du drainage des terres, ni de
l’esthétique du paysage. Toutes les demandes en ce sens de particuliers soucieux d’améliorer
leur terrain sont acceptées sans hésitation171.
Le grand souci reste le pavage, le redressement et l’assainissement de chemins exis-
tants. Peu à peu, le réseau de la voirie s’améliore, à grands frais, par petits tronçons. En 1897,
on décide de paver 150 mètres du Stuyvenberg à Stockel172.
De même, la rue du Duc, en 1897, est estimée être en bien mauvais état. Il est urgent de
réguler l’écoulement des eaux. La pente est trop faible à certains endroits et l’eau stagnante
devient vite malsaine. Ailleurs, la pente est trop forte, ce qui cause des ravines à chaque grosse
pluie. La rue en devient impraticable. En outre, les terres emportées viennent ensabler le che-
min en contre-bas, au centre de la commune173. En 1908, la rue revient au premier plan des
préoccupations. Son parcours sur les deux Woluwe engendre des confusions qu’il faut là aussi
tirer au clair. Demande est faite à l’administration de Woluwe-Saint-Lambert et d’Etterbeek de
renommer leur partie de la rue en rue de la Duchesse174.
Certaines actions concertées avec les communes limitrophes permettent de faire avancer
quelques chantiers. En 1899, la commune de Woluwe-Saint-Lambert propose de paver la partie res-
tante du chemin de la Procession, à la limite entre les deux communes. Elle fournit même les pavés,
à prendre le long de la chaussée de Roodebeek. En contre-partie, la commune de Woluwe-Saint-
Pierre se charge des frais de transport, de la fourniture de sable et de la main-d’œuvre175.
À la fn du xixe siècle, la plupart des rues et des chemins sont constamment en travaux
d’élargissement, de redressement, d’alignement, de pavage, d’installation de canalisations.
Quelques cas de typhus sont encore signalés en 1907 à Stockel et dans le quartier des Trois
Bonniers. La volonté de poursuivre drastiquement les travaux d’assainissement des voiries
s’en trouve encore renforcée 176. L
’ assainissement et l’embellissement sont des préoccupa-
tions constantes. Toutefois, il arrive que les travaux soient freinés par de petites tensions : « les
Page 155Top

155
riverains en bénéfcient mais refusent souvent de céder le terrain nécessaire à l’augmentation
de valeur vénale de leur bien »177.
En général, deux procédures coexistent. Soit les grands entrepreneurs prennent en
charge la création de nouvelles artères, et la valorisation des terrains qu’elles rendent attrayants,
à l’exemple de Parmentier, soit la commune elle-même s’attache à créer ou améliorer des axes
qu’elle estime stratégiques pour le développement structurel du village existant, en dehors des
nouveaux quartiers en plein essor. Par exemple, la commune contracte en 1904 un emprunt de
60 000 francs, remboursable en 66 annuités, auprès du Crédit Communal, afn d’assurer les
frais de redressement et d’alignement de la rue du Duc et de la chaussée de Stockel178.
La même année, les sœurs Luig proposent de tracer une avenue à travers leurs terres,
au lieu-dit du Val d’Or, la future avenue du Val d’Or179. Elles cèdent le terrain nécessaire à cette
jonction entre la rue du Duc et l’avenue de Tervueren. Les enfants Van der Borght se joignent
à elles pour améliorer le projet180. Dans les environs, Madame Eggerickx demande dès 1908
à pouvoir ouvrir une rue de 14 mètres de large sur son propre terrain. Elle reçoit un délai de
5 ans pour réaliser l’entreprise181.
L
’urbanisme
L
’ aspect actuel de Woluwe-Saint-Pierre est en grande partie déterminé par les déve-
loppements urbanistiques consécutifs à l’impulsion donnée à ces abords de Bruxelles par
Léopold II. La ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren, les modifcations du cours de la
Woluwe et la mise en place de grandes artères qui désenclavèrent les hameaux et mirent la
commune en relation avec le centre de Bruxelles et les communes limitrophes. Il s’agit princi-
palement de l’avenue de Tervueren (1896–1899), de l’avenue Parmentier et de l’avenue Grand-
champ. Les communications entre les hameaux du Bemel, Stockel, le Centre et Joli-Bois furent
en cela améliorées mais, jusqu’à ce jour, ces lieux conservent leur caractère et leur ambiance
propres. L
’ ancien noyau villageois autour de l’église Saint-Pierre compte peu dans l’organisation
spatiale actuelle de l’ensemble182.
L
’impact de l’urbanisation sur la partie rurale de la commune
De 1850 à nos jours, l’évolution immobilière de Woluwe-Saint-Pierre est impressionnante,
elle va de pair avec la croissance démographique et la mise en place des voies de communication.
Entre 1850 et 1914, le nombre de bâtiments enregistrés est passé de 280 à 1 700183.
La construction de la ligne de chemin de fer Bruxelles–Tervuren marqua le premier pas
vers le désenclavement du village de Woluwe-Saint-Pierre et ce, dès le début des années 1880.
Grâce à la proximité du chemin de fer, de petites entreprises s’établirent dans le quartier du
« Petit Woluwe », tout autour de la gare. En 1909, les deux Woluwe sont dotées d’un bureau de
« … les nouvelles constructions devront se
plier au plan d ’alignement, devront éviter de
placer un fumier à moins de 10 mètres de la
voie publique et certainement pas en façade,
et devront être munies de gouttières et veiller
à ce que les eaux de fumier ou de basse-cour ne
soient pas évacuées sur la voie publique … »
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Page 156Top

156
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le parc de Woluwe
D’une superfcie de plus de 71 hectares, il est du
type « paysage anglais » et fut créé sur des fonds
humides et des terres de culture que François
Mellaerts avait acquises en vente publique dès
1883. Quinze ans plus tard, edmond Parmentier
s’en porta acquéreur aux termes d’un échange,
puis les céda à l’état.
L ’architecte paysagiste français Laîné
conçut le projet initial, entre 1896 et 1899, mais
il est probable que l’inspecteur des Plantations
Louis Vander Swaelmen développa et modifa
le projet pour lui donner sa forme défnitive. Il
prévoit une nomenclature de quelque 85 plantes
rupestres, destinées à rehausser les enroche-
ments. les fonds humides accueillent 32 espèces
de saules, 22 espèces de peupliers, 20 espèces
d’aulnes et 30 espèces de frênes originaires
d’europe, d’asie et d’amérique du Nord. les
espèces forestières indigènes ou exotiques sont
réservées aux terrains plus élevés. en 1906, des
notes font encore état de bergers autorisés à faire
paître leurs moutons dans le parc de Woluwe
« à condition de faire parquer leurs moutons sur
des pelouses pendant toute la bonne saison »1.
léopold II voulait voir ses nouvelles ave-
nues dotées de décors verts prestigieux. en 1909,
le parc, appartenant à la Donation royale, est
cédé à l’état belge. après 1945, le parc fut entière-
ment remis à neuf. la dénivellation de 30 mètres
offre un point de vue splendide sur le vallon vert.
Les trois étangs artifciels et les pelouses qui
les bordent abritent une faune et une fore très
diversifées.
Un règlement de 1923 spécife que les
automobiles sont interdites dans le parc entre
12 et 22 heures, les cavaliers peuvent se prome-
ner jusqu’à 12 heures mais uniquement sur les
pistes cavalières et les voies latérales et, enfn, les
parents sont civilement responsables des dégâts
engendrés par leurs enfants2. et de constater,
en décembre 1923, que les automobiles roulent
beaucoup trop vite dans le parc, mettant en dan-
ger les promeneurs et les enfants. Il est temps de
faire appliquer très strictement le règlement3 …
Le parc à l’automne 2011.
Le parc de Woluwe,
à l’époque des
plantations récentes
d’arbrisseaux.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
Jeux d’enfants dans le
parc de Woluwe , dans
les années 1930.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 157Top

Woluwe-Saint-Pierre, Un coin
des Ardennes aux portes de
Bruxelles. La commune met
en valeur, outre la grande
nouveauté architecturale qu’est
le palais Stoclet, la rapidité de
ses communications avec la ville
et les lieux de divertissement
qu’elle propose, comme
l’hippodrome et les parcs.
Archives communales de Woluwe-Saint-
Pierre.
157
poste commun situé rue de la Station, un peu en contrebas de la gare184. Le prix du terrain à l’hec-
tare est estimé à 12 000 francs dans le quartier du Centre et à 10 000 francs à Stockel en 1904185.
Les demandes de permis de bâtir se multiplient constamment depuis le milieu du
xixe siècle. Les autorisations accordées par le collège spécifent toutefois encore que les nou-
velles constructions devront se plier au plan d’alignement, devront éviter de placer un fumier
à moins de 10 mètres de la voie publique et certainement pas en façade, et devront être munies
de gouttières et veiller à ce que les eaux de fumier ou de basse-cour ne soient pas évacuées sur
la voie publique186. En 1898, le conseil communal décide d’interdire dorénavant la construction
de « cambuses », qui doivent être considérées comme des habitations malsaines187.
Les préoccupations de l’époque tentent de trouver l’équilibre entre les soucis récurrents
d’un bâti rural et agricole et les exigences soulevées par un nouveau souci du confort, de l’efca-
cité et de l’esthétique des rues.
Les quelques entreprises tentées par des terrains si accessibles et si proches de
Bruxelles sont aussi soumises à des critères de rentabilité et de salubrité marqués par des pers-
pectives longues. Une fabrique de vernis est interdite d’installation, car elle pourrait constituer
Page 158Top


Le château de Putdael.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
158
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le Manoir d’Anjou
rue au Bois, 365 b
Une vaste partie de la forêt de Soignes, 6 500 hec-
tares – ou 12 000 bonniers selon d’autres
sources – fut mise en vente par la Société
Générale de Belgique aux premiers temps de la
Belgique, dans le souci manifeste de se refnan-
cer. un pharmacien bruxellois, Philippe Servais,
acquit un vaste domaine aux alentours du
Putdael. Le bien passa entre les mains de Joseph
de Visser-Walraevens, meunier et distillateur,
qui le revendit en février 1846 à Julien-Alexis
Delfosse, imprimeur lithograveur bruxellois.
Dès 1848, Julien-Alexis Delfosse fait
construire une jolie maison, une ferme et une
cour sur son domaine de Putdael. un potager,
un verger et un étang agrémentent le terrain1.
Julien-Alexis Delfosse sollicite déjà la
suppression du Molenweg en 1862. Il lui fut
répondu que ce chemin était utile au public et
sa demande avait été alors rejetée2.
En juin 1884, la propriété, c’est-à-dire
les constructions et 31 hectares, est vendue par
les héritiers de Julien-Alexis Delfosse à Alfred-
Casimir Madoux. Madoux est également pro-
priétaire, depuis 1878, du château des Orchidées
à auderghem. Ce domaine totalise 26 hectares.
Madoux se trouve dès lors à la tête d’un domaine
de 57 hectares. l ’ensemble se trouvera divisé par
la percée de l’avenue de Tervueren.
Dès 1885, Madoux transforme les deux
petites maisons en un château prestigieux de
style néo-classique, doté de trois étages surmon-
tés d’un dôme, auquel il adjoint de nouvelles
dépendances3. Il l’utilise comme résidence
secondaire.
Dans la foulée, il demande à son tour
une indemnité pour la suppression du sentier
du Molenweg, dit aussi Postweg, qui reliait le
chemin du Katshoeck au chemin allant d’auder-
ghem à Stockel. Ce chemin ne fgurant pas dans
l’atlas communal était toutefois utilisé par les
habitants depuis plus de 100 ans4.
Son fls Charles Madoux (1870–1928),
sixième bourgmestre d’auderghem entre 1903 et
1907, se délasse de ses activités journalistiques
et directoriales en allant peindre en pleine
nature des paysages propres à l’inspiration. Il
est aussi sculpteur et sa dernière œuvre fgure
au Salon de Bruxelles. Il est également connu
comme amateur de musique, pépiniériste et
importateur d’orchidées5.
Alfred-Casimir Madoux
le quotidien libéral L’étoile belge fut
fondé en 1850 par Marcellin Faure grâce au
soutien fnancier de la famille des princes de
Bourbon-Orléans, en exil depuis la destitution
du roi louis-Philippe en France en 1848. le
journal connut très vite un succès réel. Son direc-
teur Denis-Joseph Madoux en devint proprié-
taire puis céda l’affaire à son fls Alfred-Casimir
(1838–1904).
Celui-ci en fait l’organe de presse de
la classe moyenne, de la bourgeoisie, selon
les principes du libéralisme. la fortune de la
famille Madoux est dès lors assurée. elle permet
Le Manoir d’Anjou.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 159Top


Les jeunes pensionnaires
et les religieuses de
l’Institut du Bon Pasteur
au Manoir d’Anjou.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Promenade autour
des étangs du Manoir
d’Anjou.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
159
à alfred-Casimir d’acheter le domaine de
Putdael en juin 1884 aux héritiers de Julien-
alexis Delfosse.
en 1884 également, alfred-Casimir
Madoux épouse Maria de Gomrée (1847–1915).
elle vivait à auderghem au château des
Orchidées, actuellement détruit.
La famille d’Orléans
en 1913, le duc d’Orléans, Philippe VIII
(1869–1926), chef de la Maison de France et petit-
fls du roi Louis-Philippe, est contraint par la loi
d’exil à vivre en dehors du territoire français. Il
loue le château et le domaine de 9 hectares à la
veuve d’alfred Madoux, pour 20 000 francs par
trimestre6. En juillet 1914, la famille Madoux
souhaite sortir d’indivision et propose au duc
l’achat du bien. le château et l’ensemble des ter-
rains, réduit toutefois à 11 hectares, sont vendus
pour 750 000 francs. en outre, le duc choisit de
louer 4 hectares de prairies supplémentaires.
le duc, après l’avoir restauré, baptisa le château
« Manoir d’Anjou » en l’honneur de Philippe de
France, duc d’Anjou. Ce frère de Louis XIV est le
fondateur de la 4e Maison royale de France. Le
duc aménagea un golf, un parc à cerfs, un musée
pour ses collections d’animaux naturalisés et
trois garages pour automobiles.
l ’exil pesait beaucoup au duc d’Orléans.
Il ne se séparait d’ailleurs jamais d’un coffret
contenant de la terre de France.
À sa mort, son neveu Jean III d’Orléans,
duc de Guise, lui succéda à la tête de la Maison
royale de France et s’installa avec son épouse
et leur fls Henri au château. Henri, comte de
Paris, épousa sa cousine Isabelle d’Orléans et
Bragance, et cinq enfants naquirent au Manoir
d’Anjou. Le troisième enfant, Hélène-Astrid,
était la flleule de notre reine Astrid7. le château,
situé à l’orée de la forêt de Soignes, était alors un
rendez-vous de chasse réputé.
en septembre 1939, lors de la déclaration
de guerre, la famille quitte le château. Jean III
et son épouse s’envolent vers le Maroc. Henri
part avec son épouse et leurs enfants au Brésil,
pour revenir en France en 1950. le château
est réquisitionné par les troupes d’occupation
allemandes en 1940, puis par la Royal Air Force
de 1945 à 1947.
le 21 avril 1948, le château est vendu
aux Sœurs de la Miséricorde d’evere, membres
de la congrégation des « Sœurs du Bon pasteur
d’Angers ». Elles se mettent au service de l’ensei-
gnement. la communauté monacale installe
alors un couvent pour en faire un lieu de prière,
un orphelinat et un refuge pour des jeunes flles
placées par le juge. Plusieurs bâtiments scolaires
sont alors construits dans le parc.
entre 1949 et 1966, les Sœurs font agran-
dir le bâtiment principal et ériger de nouvelles
constructions le long de la rue au Bois dont l’une
est destinée à l’internat.
repris en 1973 par la commune, un des
bâtiments à front de la rue au Bois est dévolu
à l’enseignement spécial.
en 1986, les religieuses cèdent la place
à la Fraternité du Bon Pasteur, une communauté
laïque engagée dans la foi chrétienne, organisée
en asbl qui se retira partiellement du domaine
trois ans plus tard.
Le Manoir d’Anjou abrite depuis 1985
le second site de l’école supérieure de gestion
ICHeC – Institut catholique des hautes études
commerciales – dont le siège est établi à proxi-
mité du square Montgomery.
Le Manoir d ’Anjou, rue au Bois, 365 b
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Afche d’enquête de
comodo-incomodo pour
le tracé du boulevard
de Grande Ceinture,
future jonction entre le
boulevard Militaire et
l’avenue de Tervueren,
signé par le bourgmestre
Jean Lepage le 14
décembre 1898.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Transcription du contrat
d’approvisionnement en
gaz entre la commune de
Woluwe-Saint-Pierre et
la Compagnie impériale
continentale pour
l’éclairage par le Gaz,
basée à Londres. Contrat
signé en 1899, du vivant
de la reine Victoria.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
160
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
« une nuisance pour les voisins188. En revanche, le cabaretier Dumoulin – le futur bourgmestre
élu en 1864 – demande en 1857 l’autorisation d’établir un four à briques au lieu-dit Grote
Ketelberg sur une parcelle de terre sous Etterbeek. Il obtient l’autorisation car aucune contesta-
tion n’a été opposée189.
En parallèle, le centre du village poursuit sa modernisation. En 1898, la commune conclut
un contrat avec la Société intercommunale des Eaux du Bocq190.
Dès 1899, la commune examine les possibilités de raccordement et d’abonnement au
gaz et à l’électricité proposées par la Société continentale du Gaz, du moins pour l’éclairage
public191. L
’ accord est conclu le 13 avril 1899192. Dès 1900, une taxe spéciale est projetée sur les
propriétaires riverains des rues éclairées du centre de la commune193. Elle ne sera jamais votée,
trop d’oppositions se sont manifestées. La commune estime faire « de sérieux sacrifces »
pour l’éclairage public et reporte l’impact sur les cotisations personnelles des habitants194. La
Compagnie continentale du Gaz, établie à Ixelles, sollicite dès 1902 l’autorisation d’établir une
machine à vapeur, une deuxième chaudière avec réchaufeur et deux pompes à vapeur dans son
usine d’éclairage de Woluwe-Saint-Pierre195. L
’installation de lanternes au gaz se fait dès lors
peu à peu, rue par rue.
Jusqu’au tournant du siècle, le centre du village vit d’autres réalités que les nouveaux
quartiers. La mise à niveau se fait progressivement. Ainsi, le 14 janvier 1900, la commune s’in-
quiète de ce que des maisons des chemins no 13 et no 3 de la rue de l’Église ont de petits jardins
insignifants mais rejettent des eaux usagées ménagères dans le chemin. Leur stagnation
génère des émanations malsaines. On a relevé des cas de fèvre typhoïde en 1899 dus au mau-
vais écoulement des eaux. Or, installer des puits perdus dans chacun de ces jardins est aussi
une solution insalubre. On envisage donc de construire un égout dans les chemins no 13 et no 3,
du Keerbeeck jusqu’au Leybeek196.
En 1903, un règlement communal dresse la liste des animaux dorénavant interdits sur la
voie publique. Les cochons, les bêtes à corne, entre autres, ne pourront plus paître le long des
chemins ni déambuler librement dans les rues197.
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161
le palais Stoclet
avenue de Tervueren, 279-281
la réalisation la plus aboutie de l’architecture
et des arts décoratifs des Wiener Werkstätte se
trouve à Bruxelles et non à Vienne. l ’ensemble
est intégralement préservé et vient d’être partiel-
lement restauré.
le palais Stoclet est incontestablement
une des perles architecturales de Bruxelles. Il
est avant tout le fruit d’une rencontre entre deux
hommes remarquables à Vienne, au début du
xxe siècle.
adolphe Stoclet, ingénieur comme
son père Victor, et, comme son père, membre
dirigeant de la Société Générale pour favoriser
l’industrie nationale, apprécie les idées neuves,
artistiques et philosophiques de l’art Nouveau.
Mais il cherche son inspiration et son maître
d’œuvre au-delà de la Belgique.
en 1903 et 1904, adolphe Stoclet est
à Vienne. Il travaille pour la Compagnie de
chemin de fer Vienne-anspang dont son propre
père est président1. Il contacte un jeune archi-
tecte autrichien déjà célèbre, Josef Hoffmann.
Hoffmann, qui fut un élève d’Otto Wagner, avait
participé en 1897 à la fondation de la « Sécession
Viennoise » et voulait mettre au premier plan
l’art Nouveau belge et l’école de Glasgow, n’ayant
aucune sympathie pour l’académisme architec-
tural qui sévissait alors en autriche et en europe.
en 1903, il s’associe à la création des Wiener
Werkstätte – les ateliers Viennois –, groupes
d’ateliers artisanaux soucieux de rassembler la
création architecturale et les métiers d’art. Dans
un esprit de respect profond de l’artisan, des
matériaux et des clients. Pour Hoffmann, la de-
mande que lui adresse Adolphe Stoclet signife la
concrétisation d’un rêve : une carte blanche pour
la conception globale d’un immeuble de luxe.
Le premier projet d’Adolphe Stoclet
aurait dû trouver place à Vienne. Mais les décès
successifs de son père puis de son frère le
conduisent à reprendre les affaires familiales
à Bruxelles. Il achète aussitôt un terrain sur l’ave-
nue de Tervueren, le nouveau feuron en plein
essor dans la capitale. le terrain est exigeant,
polygonal, dénivelé de 2,3 mètres et situé à l’is-
sue du square elliptique2. Le déf plait à Josef
Hoffmann. en 1906, adolphe Stoclet introduit
une demande de permis de bâtir auprès de la
commune, accompagnée des plans établis par le
bureau d’architecture.
l ’avenue de Tervueren s’urbanise
à vive allure à l’époque. la plupart des mai-
sons s’alignent sagement côte à côte. Le projet
d’adolphe Stoclet se démarque radicalement.
Il s’agira d’une villa à quatre façades, nettement
décalée, dotée d’une aile ancillaire.
Hoffmann inscrit la façade avant en
stricte parallèle avec l’avenue, ménageant un
le palais Stoclet
Le palais Stoclet vu du
square Elliptique, tel
que le découvraient les
passants à l’époque,
avant que le square ne
soit traversé par l’avenue
de Tervueren.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 162Top


La demande de permis
de bâtir d’Adolphe
Stoclet.
L
’encre violette et la
bordure noire du papier
à lettres signalent son
deuil. Il vient de perdre
son père et son frère
aîné, ce qui motive son
retour en Belgique.
2 avril 1906.
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, service
de l’urbanisme.
162
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
maximum d’espace à l’arrière pour développer
le jardin. Sur base de cette parallèle à l’avenue,
il élabore un plan orthogonal de part et d’autre
d’un axe nord-sud perpendiculaire à l’avenue. la
façade avant aligne l’aile résidentielle et l’aile de
service sur une longueur de 60 mètres de long.
Un hémicycle rythme la façade avant. Il trouve
écho dans deux autres hémicycles, sur la façade
arrière et au fond du jardin.
Le marbre blanc rehaussé d’arêtes
métalliques dorées donne à l’ensemble une
allure sobre et lumineuse à la fois.
les travaux commencent en 1906 et
durent cinq ans. avec le recul, il est permis
d’estimer que cette période correspond très pro-
bablement à la phase la plus créative et la plus
originale des Wiener Werkstätte.
Adolphe Stoclet et son épouse Suzanne
Stevens3, tous deux amoureux des arts et très
cultivés, veulent habiter une œuvre d’art globale.
Ils veulent en outre que chaque détail s’harmo-
nise dans l’ensemble. le contenant et le contenu
doivent se fondre en une œuvre artistique
constamment évolutive. Chaque pas dans la
maison ou dans le jardin doit offrir un nouveau
regard, une nouvelle surprise, valoriser les
œuvres d’art des collections, le jeu de la lumière,
les détails de l’architecture.
la construction est entièrement tournée
vers les jardins avec lesquels elles fait corps. La
façade la plus austère seule est visible de l’avenue
de Tervueren4.
la sobriété de cette façade, érigée en
marbre de Norvège et en granit de Belgique, est
tempérée par quelques éléments décoratifs. la
tour nord-ouest est surmontée d’une couronne de
roses et de lauriers et de quatre statues d’Héra-
clès en bronze de Franz Metzner, dotées chacune
de cornes d’abondance. Ces statues sont presque
orientées vers les quatre points cardinaux. la
belle statue en bronze de Pallas-Athéna, protec-
trice des arts, a été créée par le sculpteur viennois
Michael Powolny ; elle surveille l’accès couvert
de l’entrée. Dans le cercle des amis du maître de
maison, la demeure était plaisamment baptisée
« Stocléion », par référence aux temples grecs.
Mais la bâtisse était aussi qualifée de Sanctuaire
ou d’écrin, en hommage aux collections abon-
dantes et impressionnantes d’œuvres d’art
ancien qu’elle abritait et mettait en valeur.
Le jeu des volumes intérieurs consti-
tue en grande partie l’originalité de l’œuvre,
l’architecte ayant veillé par ailleurs – fdèle aux
idées des Wiener Werkstätte – à l’intégration du
mobilier et de la décoration à l’espace créé. Dans
la grande salle à manger, l’architecte fait appel
Page 163Top


Le palais Stoclet et
ses jardins en mai 2011.
Photothèque communale.
163
le palais Stoclet
à son compatriote Gustav Klimt (1862–1918),
co-fondateur de la Sécession Viennoise. la salle
de 14 mètres de long est ornée d’une fresque
famboyante et de meubles de Wiener Werkstätte
dans une théâtralisation fascinante. Klimt
élabore un immense arbre de vie, encadré de
deux allégories de l’attente et l’accomplissement,
symbolisé par un couple amoureux.
Chef-d’œuvre de l’art du début de ce siècle,
le palais Stoclet impressionne par ses marbres
divers, ses bois précieux, ses mosaïques et ses
bronzes dorés. Et son sens de la mise en scène.
Le jardin est entièrement conçu par Josef
Hoffmann et les éléments décoratifs, comme
le mobilier et les sculptures, sont estampillés
Wiener Werkstätte. l ’ensemble répond aux
mêmes critères que la maison : harmonie,
globalité, perspectives et jeux de lumière.
les terrasses aménagées sur le toit de
l’aile de service permettent elles aussi d’appré-
cier l’espace dégagé autour de la construction,
d’admirer le jardin ou d’observer le spectacle de
l’avenue. Ces toits plats aménagés sont tout à fait
originaux et novateurs pour l’époque.
l ’harmonie et le respect des créateurs et
de leur œuvre, le credo des Wiener Werkstätte,
se prolonge entre le client et son architecte et
se retrouve dans la fuidité des échanges entre
l’architecte et les artistes qui entreprennent la
décoration de la maison. le résultat est d’une
grande cohérence, parfaitement novatrice et
fondatrice d’une esthétique complexe inégalée.
le couple Stoclet se devait de prolonger
au quotidien cette élégance harmonieuse. un
observateur de l’époque relate par exemple que
la décoration forale, essentiellement composée
en camaïeu d’une seule couleur, s’accordait aux
nuances de la robe de Madame et à la cravate
de M. Stoclet5. et pour donner vie et sens à son
projet, le couple veut mener une existence toute
ouverte aux arts et aux artistes. Chaque pièce de
la maison, parée de matières nobles travaillées
de manière originale – comme la peau de renne
qui recouvre les sièges de plusieurs salons –,
participe à structurer la lumière, les couleurs, le
son, la perception de l’espace.
la vie culturelle de la maison, à l’époque,
est aussi avant-gardiste que la construction. le
couple Stoclet, mécènes reconnus et très au fait
des courants, accueille tour à tour Jean Cocteau,
Anatole France, Sergeï Diaghilev, Sacha Guitry,
Darius Milhaud… dans un esprit d’ouverture et
de découverte.
le palais Stoclet a été inscrit sur la liste
du patrimoine mondial de l’unesco en 2009. Il
a fait l’objet par ailleurs de plusieurs arrêtés de
classement successifs du gouvernement de la
Région de Bruxelles-Capitale. Ces arrêtés ont
progressivement étendu l’ampleur des éléments
classés, outre l’immeuble, au jardin, puis au
mobilier, puis aux alentours inclus dorénavant
dans le périmètre de protection.
Page 164Top

Le square Elliptique
n’était pas traversé par
l’avenue de Tervueren
à l’origine.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
164
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
LES PRéMICES, LE TRACé DES GRAnDES AVEnUES
Edmond Parmentier et l’avenue de Tervueren
Les ducs de Brabant et les souverains suivants qui administrèrent nos régions ont tou-
jours porté grand intérêt au domaine de chasse de Tervuren. Ils attachèrent donc toujours
grand soin à la voie de communication entre Bruxelles et Tervuren. Mais Léopold II estima cette
route trop peu représentative et décida la construction d’une voie majestueuse entre Bruxelles
et Tervuren198.
L
’ avenue de Tervueren et le boulevard du Souverain sont tous les deux percés à l’instiga-
tion du roi Léopold II, dans la perspective de l’aménagement des faubourgs de Bruxelles. Le per-
cement de l’avenue de Tervueren, initié en 1895 en prévision de l’Exposition universelle de 1897,
devait relier le parc du Cinquantenaire au château de Tervuren, où devait se tenir une exposition
des productions et réalisations de l’État du Congo199. On parle vers 1893 encore d’une avenue du
« Cinquantenaire », dont la conception est attribuée à l’architecte Gédéon Bordiau. Un an plus
tard, Victor Besme a repris la direction du projet. Dès 1895, l’avenue de Tervueren est un concept
bien enraciné200. Ce fut une des créations majeures de Victor Besme. En 1862, l’inspecteur-voyer
Besme avait conçu, avec l’appui du duc de Brabant, futur roi Léopold II, un plan d’ensemble pour
l’extension et l’embellissement de l’agglomération bruxelloise. Ce projet prévoyait notamment
un boulevard de ceinture autour de Bruxelles. La réalisation se ft en plusieurs étapes de 1887
à 1914. Le tronçon compris entre l’avenue de Tervueren et la chaussée de Louvain fut l’œuvre
d’Edmond Parmentier.
Un arrêté royal du 20 mars 1900 entérina les termes d’une convention que Parmentier
conclut avec les communes de Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre et Etterbeek.
Commencés en 1900, les travaux furent rondement menés. Les terrassements étaient achevés
en décembre 1901201.
Dès 1893, ce projet d’une belle avenue du Cinquantenaire, « reliant les châteaux
de Tervuren et de Ravenstein à Bruxelles, dressé par M. Bordiaux » est soumis au conseil
Page 165Top

Le square Elliptique.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
165
communal. Qui en conclut que « ce beau projet développerait considérablement la commune
et comme il comporte l’expropriation par zones, il est indispensable que la commune, qui a
une population de 2 970 habitants, soit au moins partiellement soumise au régime de la loi du
1er février 1844 »202.
L
’industriel Edmond Parmentier est agréé comme entrepreneur pour l’immense chantier
subdivisé en six sections. Le 14 septembre 1894, il envoie au ministre Léon De Bruyn un avant-
projet. Le cahier des charges défnitif est accepté le 10 juin 1895. L
’État belge est représenté par
J. Beyaert, ingénieur principal des Ponts et Chaussées. La largeur de l’avenue est de 76 mètres,
alors que le Roi rêvait d’une voie de 88 mètres, jusqu’aux Quatre-Bras de la forêt de Soignes et
elle comportera un promenoir central incluant une allée réservée aux piétons, une allée pour les
cavaliers, une voie cyclable et la plateforme d’un tramway à double voie. À l’exception des hêtres
de la forêt de Soignes, le roi imposera les marronniers à feurs blanches qui conféraient plus de
grandeur et d’unité à l’avenue de Tervueren203.
Le 10 juin 1895, l’État belge et l’entrepreneur Edmond Parmentier scellent une conven-
tion, approuvée par la loi du 11 septembre 1895. Un arrêté royal du 6 février 1896 règle les
expropriations et notamment l’obligation de maintenir le long des nouvelles avenues des zones
dégagées à l’avant des maisons. Le conseil communal accorde au collège des échevins l’autori-
sation d’établir une convention avec Edmond Parmentier sur cette question délicate204.
Parmentier accepte de construire les deux tiers de l’avenue de Tervueren pour 1,5 million
de francs. La convention comprend également la contribution de 400 000 francs de la province
et l’apport des arbres à abattre dans la forêt de Soignes, estimé à 100 000 francs. L
’État prend
à son propre compte une longueur de 2,7 kilomètres sur les terrains du domaine de Léopold II.
La largeur de l’avenue est fxée à 57 mètres. Les chantiers sont ouverts le 1er octobre 1896. Le 19
mai 1897, Parmentier livre les quatre premières sections de la nouvelle avenue à l’administration
des Ponts et Chaussées. Le roi Léopold II attache un grand intérêt aux fnitions, comme les plan-
tations de deux rangs de marronniers à feurs blanches205.
Les travaux d’assainissement des voiries portent parfois sur de petits éléments
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Page 166Top

Victor Besme,
Plan de l’avenue reliant le
Palais du Cinquantenaire
au parc de Tervueren,
8 décembre 1894, échelle
1 / 10 000.
Le « boulevard de
ceinture à créer »,
prolongement du
boulevard Militaire,
destiné à rejoindre le
Tir National, esquisse
déjà le futur rond-point
Montgomery. Plusieurs
projets crayonnés sur le
plan imprimé retracent
les réfexions diverses
qui ont accompagné
l’aménagement des
abords de l’avenue de
Tervueren.
Bruxelles, Archives
du Palais Royal.
166
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
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167
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
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168
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
inattendus. En 1912, on décide d’installer des urinoirs (pissijnen) sur l’avenue de Tervueren, et
demande est faite au ministère des Travaux publics de fournir des « waterclosets » et de les
placer sur le rond-point du Chien Vert et près du pont du chemin de fer206.
Pour la réalisation des travaux, jusqu’aux Quatre-Bras, Parmentier reçut 1,5 million
de francs de subsides. Il travaillait comme concessionnaire de l’État belge. Il conserva pour
lui-même une parcelle aux abords des étangs Mellaerts, où il ft établir une grande maison,
entièrement en bois, son futur Chalet « Norvégien ». Le coût total de l’avenue, jusqu’au musée
du Congo, actuel musée royal de l’Afrique centrale, atteint 2,8 millions. En comparaison, les
Arcades du parc du Cinquantenaire coûtèrent 7,5 millions de francs en 1905 et le musée du
Congo 8,5 millions en 1906. Léopold II voulait aussi une ligne de tram entre les deux sites de
l’exposition. Dans ce dessein, Parmentier obtint une autorisation de cinquante ans pour l’instal-
lation et l’exploitation d’une ligne de tram entre Saint-Josse et Tervuren. Le 4 mai 1897, la ligne
était inaugurée, mais les trams fonctionnaient encore à la vapeur. Les premiers trams élec-
triques circulent dès le 15 mai.
Edmond Parmentier était le parfait exemple de l’entrepreneur immobilier. Un homme
d’afaires réféchi et audacieux. Il réalisa en 15 ans plusieurs avenues du pourtour de la capitale,
comme l’avenue de Tervueren, le boulevard du Souverain. Il était également l’homme de paille
du Roi qui ne se découvrait pas volontiers comme commanditaire, comme dans le cas de l’ave-
nue de Meise, ouvrage imposant d’une largeur de 156 mètres.
Ses travaux générèrent des plus-values appréciables sur les terrains favorisés par les
aménagements de ces nouvelles artères. Cela ne l’empêcha pas de réclamer une fois ou l’autre
des diminutions de contributions personnelles ou foncières, systématiquement rejetées par
l’administration communale. En 1909, il se propose d’équiper la commune d’une nouvelle école
pour garçons, pour peu que l’administration assume les frais de personnel enseignant et les
frais de fonctionnement. La demande n’est pas rejetée d’emblée207.
À l’approche de la cinquantaine, Parmentier se marie, contre le souhait de sa famille,
avec Antoinette Voet, qui remplissait depuis de longues années les fonctions de gouvernante
auprès de sa famille. Il rendit le dernier soupir à Woluwe-Saint-Pierre le 27 janvier 1910, à peine
âgé de 52 ans. Il laissait un héritage considérable à son épouse, qui déménagea peu après. Elle
légua sa fortune à des œuvres ; laissée à l’abandon pendant quelques années, sa propriété passe
en 1915 à la princesse Jean de Merode, qui y installera un centre de convalescence et de réédu-
cation professionnelle destiné aux soldats mutilés pendant le premier confit mondial208.
Dès la création de l’avenue de Tervueren, les lotissements attirèrent de nombreux
investisseurs. On relève à plusieurs reprises des propriétaires qui acquièrent de trois à sept
Le carrefour de l’avenue
de Tervueren et du
boulevard du Souverain,
vue sur les étangs
Mellaerts depuis le pont
du chemin de fer.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
L
’établissement des
Trois Couleurs, avenue
de Tervueren à Woluwe-
Saint-Pierre.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 169Top

169
parcelles et y font construire autant de maisons. Le cas d’André Fauchille est représenta-
tif. La commune donne son nom à une rue car « il possède la plus grande partie des terrains
situés dans la rue nouvellement créée entre l’avenue de Tervueren à environ 80 mètres de
l’église. Cette rue portera son nom, d’autant qu’il a fait un don de 2 000 francs à la commune.
La dénomination est dorénavant irrévocable209 ». De même, en 1902, Louis Gribaumont ofre
2 000 francs pour la voirie. Son nom sera attribué à l’avenue qui longe sa propriété, entre la rue
du Duc et l’ellipse de l’avenue de Tervueren210.
La vie s’organise petit à petit dans ces nouveaux quartiers. Dès 1900, il est décidé qu’une
fois par semaine, les déchets ménagers de l’avenue de Tervueren seront enlevés par une char-
rette211. L
’ adjudication est attribuée à un charretier de Woluwe-Saint-Lambert, pour la somme
de 3,70 francs par semaine212. La tournée se fera trois fois par semaine dès 1907213.
En 1898, une usine électrique est établie aux abords de l’avenue de Tervueren, à la
demande d’un ingénieur des Ponts et Chaussées, au nom de l’État, afn de produire l’électricité
nécessaire à l’éclairage de l’avenue214.
En 1901, « L
’Union des Intérêts matériels de l’avenue de Tervueren » demande de faire
éclairer l’avenue jusqu’à minuit en hiver et 11 heures 30 du soir en été, au moyen d’une taxe
à faire supporter par les habitants de l’avenue215. Comme la convention conclue avec Edmond
Parmentier s’engageait à éclairer les rues jusqu’à 10 heures du soir, les frais occasionnés par les
heures supplémentaires seront couverts par une taxe à charge de l’Union dès le 1er janvier 1902216.
La question rebondit en 1907. L
’Union désire faire éclairer l’avenue de Tervueren toute
la nuit et la commune trouve judicieux que cette belle artère, entre le rond-point du boulevard
Militaire – futur rond-point Montgomery – et le pont du chemin de fer, ce qui nécessite l’instal-
lation de quelque 130 candélabres pour un coût approximatif de 16 000 francs, et d’argumenter
qu’un subside de l’État serait tout à fait justifé, l’État ayant « grand intérêt à ce que l’éclairage de
l’avenue de Tervueren soit aussi parfait que possible au point de vue de la conservation et de la
surveillance des plantations … et des parcs qui la bordent217. Et la demande est entendue. L
’État
fournit les candélabres au gaz et les fait placer, à condition que la commune prenne en charge
les frais d’éclairage électrique de deux candélabres du rond-point de l’avenue de Tervueren218.
« L
’Union des Intérêts matériels de l’avenue de Tervueren », toujours, demande dès 1906
qu’un garde champêtre soit afecté à la surveillance particulière de la zone. Et elle se montre
prête à participer aux frais. La commune, qui souhaite déjà installer un poste de gendarmerie
et renforcer la police, accepte l’ofre, l’expérience est lancée pour un an. Le garde champêtre
efectuera des rondes d’octobre à mars, entre 7 heures du soir et 5 heures du matin, et de mars
à octobre, de 10 heures du soir à 4 heures du matin dans un périmètre couvrant la rue du collège
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Le restaurant des étangs
Mellaerts, propriété de
M. François Mellaerts.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La laiterie café-
restaurant du Chien
Vert, au 300 de l’avenue
de Tervueren, à l’angle
de l’actuelle rue Paul
Wemaere. La girouette
de l’établissement
a été préservée lors
de la démolition de
l’immeuble. Grâce à une
souscription fnancée
par les habitants, elle
a été replacée sur la
façade du bâtiment
actuel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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170
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Saint-Michel, l’avenue Verte, la rue du Duc, la rue de l’Église, la rue Profonde, la rue du Moulin
et le boulevard de la Grande Ceinture, et l’avenue de Tervueren entre la rue Saint-Pierre et la
Broeckstraat219.
Des « auberges campagnardes » se multiplient elles aussi, dans la foulée d’un pre-
mier essor « touristique ». Le concept récupère sans hésitation le caractère rural de Woluwe,
pourtant en voie de disparition aux alentours de ces nouveaux pôles d’attraction. La taverne-
restaurant du Chien Vert, au no 300 de l’avenue de Tervueren, est remplacée aujourd’hui par
un immeuble de bureaux dont l’entrée est surmontée par la ferronnerie originale qui ornait
le pignon du bâtiment à l’époque220. D’autres établissements, comme Les Trois Couleurs, Le
Château Vert, La Laiterie du Val Saint-Pierre, A la Cascade, A la Belle Vue du Parc et les étangs
Mellaerts ofraient des lieux de restauration adaptés aux goûts de l’époque. Tous les styles du
XIXe siècle sont mis à l’honneur : de l’historicisme des « néo » nostalgiques du Moyen Âge, de
la Renaissance ou du classicisme français à l’éclectisme et à l’Art Nouveau, comme le no 151 dû
à Paul Hankar et le no 120 dessiné par Paul Hamesse pour le lieutenant de Lannoy en 1906, ou
encore du Jugendstil, voire même du Bauhaus221.
Les alentours de l’avenue de Tervueren
Edmond Parmentier continue sur sa lancée et envisage la valorisation des abords de
l’avenue de Tervueren. Dès 1898, il sollicite l’autorisation de créer quatre nouveaux chemins
à partir de l’avenue, à angle droit dans la partie de la zone entre la commune d’Etterbeek et
le rond-point, et d’un chemin latéral. Il propose d’en supporter tous les frais de construction.
L
’ autorisation lui est aussitôt accordée222. Il est sur tous les fronts. Le même jour, dans le cadre
de la convention de 1896 qui lui donne 10 ans pour certains travaux de pavage dans la zone de
l’avenue de Tervueren, il propose de s’exécuter immédiatement avec des pavés de réemploi de
la société du Tramway électrique Ixelles-Boendael. Il reçoit l’autorisation à condition de paver
également la rue Profonde223.
Dans la foulée, Parmentier obtient, toujours en 1898, un contrat pour la création d’une
avenue avec dépendance reliant l’avenue Militaire à l’avenue de Tervueren et au Tir National,
actuellement boulevard Reyers224. Le projet est considéré comme « un embellissement de la
commune (qui) contribuera grandement à son développement et à sa prospérité ».
Les acquisitions de gré à gré ou par expropriation pour cause d’utilité publique suivent
généralement aussitôt. Pas toujours sans mal. Parmentier dut plus d’une fois argumenter de
la validité de ses ofres d’achat des parcelles nécessaires. Et certains riverains, conscients des
enjeux, résistèrent autant que possible avant de céder. La transformation profonde des alen-
tours était toutefois irrépressible.
La vie de ces nouvelles artères demande de nouveaux codes de conduite. Par exemple,
un règlement communal de 1907 tente d’encadrer les comportements des utilisateurs. « … les
« … les camions automobiles lourdement
chargés ne pourront plus dépasser les 7 km/
heure dans l’agglomération, et les 5 km/heure
en passant sur des ponts… »
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allées empierrées de l’avenue de Tervueren et du boulevard de Grande Ceinture sont réservés
aux voitures suspendues. Toutefois sur le boulevard de Grande Ceinture les voitures non sus-
pendues pourront emprunter l’empierrement pour accéder aux propriétés riveraines … L
’ on ne
peut emprunter ces mêmes allées empierrées ainsi que celles plantées d’arbres … pour y passer
avec des brouettes ou des objets de grand volume, tels que échelles, planches tonneaux … il est
interdit de jeter ou de laisser tomber sur la voie publique de la terre, de la chaux, du charbon ou
d’autres matières qui pourraient salir les chemins ou gêner la circulation … »225.
La circulation s’organise elle aussi. Dès 1907, un loueur de véhicules demande l’autori-
sation de disposer d’une place de parking sur le square Elliptique (futur square Léopold II) de
l’avenue de Tervueren. Elle lui est accordée au prix de 2 francs par an, à verser dans la caisse
communale226. Une autre demande est lancée en janvier 1908, pour une durée de 3 ans. Elle sera
accordée moyennant 50 francs de taxe. Mais plus aucune autre autorisation ne sera accordée
dorénavant227. Deux emplacements de taxis sont accordées à M. Herrebouts, en 1909, sur le
rond-point du boulevard Saint-Michel, à raison de 75 francs par taxi et par an228.
Enfn, un règlement communal de 1914, quelques jours avant la guerre, instaure que
suite aux plaintes répétées de nombreux habitants, les camions automobiles lourdement
chargés ne pourront plus dépasser les 7 km/heure dans l’agglomération, et les 5 km/heure en
passant sur des ponts229.
Le projet de l’Exposition universelle de 1910
Forte de son développement urbanistique et démographique constant, la commune vit
comme une vexation très vive de ne pas être choisie comme site pour l’Exposition universelle
de 1910. Dès 1906, « le conseil proteste avec énergie contre le choix fait par le comité exécu-
tif de l’Exposition de Bruxelles 1910 de l’emplacement d’Ixelles-Solbosch. Il ne comprend pas
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
Le terminus des trams
place Dumon, bordée
d’arbres et de maisons
basses, à Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La rue de l’Eglise, à
Woluwe-Saint-Pierre,
quartier du Centre.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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Rame électrique cfebt
sur le pont, à l’aplomb
du carrefour entre
l’avenue de Tervueren, le
boulevard du Souverain
et l’avenue Parmentier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La passerelle de la
Promenade Verte,
à l’emplacement de
l’ancien pont du chemin
de fer, en octobre 2011.
172
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
172
la ligne de chemin de fer
Bruxelles-Tervuren
Les premiers projets de liaison ferroviaire entre
Bruxelles et louvain, via Tervuren, remontent
à 1837. au moment où il décide de racheter
toutes les concessions particulières, l’état n’en
renonce pas moins à faire construire à ses frais
de nouvelles lignes par le secteur privé pour,
ensuite, les exploiter lui-même. C’est ainsi qu’en
1877, il confe la création de la liaison Bruxelles-
Tervuren à la Banque de Belgique. la ligne est
ouverte par étapes au cours des années 1881 et
1882. Dès 1882, une liaison par chemin de fer est
établie entre le Quartier Léopold et Tervuren. Le
tronçon auderghem-Woluwe-Saint-Pierre était
prêt dès le mois de mai 1882, celui de Woluwe-
Tervuren en septembre de la même année1.
Son itinéraire traversait l’avenue de
Tervueren sur un pont métallique entre le dépôt
des trams et l’avenue Parmentier, aujourd’hui
remplacée par une passerelle piétonnière. lors
de l’exposition de 1897, le terminus est établi au
parc de Tervuren, à proximité de l’actuel musée
de l’afrique centrale.
Par la suite, la gestion de la petite ligne
de chemin de fer Bruxelles-Tervuren est auto-
matiquement versée au patrimoine de la Société
Nationale des Chemins de Fer Belges, créée
le 23 juillet 1926. Mais son exploitation – cinq
trains par jour, sauf le dimanche – se révèle très
défcitaire2. Elle desservait toujours les arrêts de
Woluwe-avenue, Woluwe-Village, Kapelleveld
et Stockel. en 1926, la Société Générale des
Chemins de Fer economiques fait une demande
en concession pour l’établissement d’un réseau
de métro auquel serait raccordée la ligne
Bruxelles-Tervuren ; le projet ne vit jamais
le jour. La ligne de chemin de fer Bruxelles-
Tervuren est concédée en 1929 à la société
privée electrobel. la démarche est tout à fait
exceptionnelle, car elle déroge au monopole des
chemins de fer nationaux. la liaison ferroviaire
de 14,2 kilomètres compte 12 haltes.
la ligne est conçue comme un véri-
table métro suburbain. les haltes d’etterbeek,
auderghem, Woluwe-avenue et Woluwe-village,
Kapelleveld, Stockel, Oppem et Tervuren per-
mettaient de desservir tous les quartiers entre
Bruxelles et Tervuren3. elle devient la fameuse
ligne 160, une des très rares à ne pas être exploi-
tée par la sncb.
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173
en 1930, la ligne est effectivement reprise
par la Société du chemin de fer electrique de
Bruxelles à Tervuren (cfebt) dans le seul souci de
substituer la traction électrique à la vapeur, afn
d’assurer un service à la fois fréquent et rapide.
La mise en service de la nouvelle ligne électrifée
(la première en Belgique) a lieu en décembre
1931, assurant dès ce moment une meilleure
desserte des différents quartiers de la commune.
Chaque année, la petite ligne peut s’enorgueil-
lir de 3 millions de voyageurs. Le dimanche,
les jours de courses hippiques à Sterrebeek, les
la ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren
trains directs effectuent le trajet en 14 minutes.
Malheureusement, la société est assez tôt
confrontée à de grosses diffcultés fnancières, le
déclin s’amorce dès 1955. la Société cesse toute
activité fn 1958. Les installations et le personnel
sont repris par la sncb qui utilise la ligne pour
le transport de marchandises jusqu’en 1970 à rai-
son de trois trains par semaine.
Sur l’avenue de Tervueren, le pont
métallique qu’empruntait le train est démonté
en 19724. Il est remplacé par une passerelle cyclo-
piétonne 25 ans plus tard.
Le pont du chemin de fer,
surplombant l’avenue
de Tervueren, vu du
boulevard du Souverain.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le Pavillon de la Gare, un
établissement agréable
avenue Parmentier. Ici
durant les années 1930.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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174
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Musée du Transport
urbain bruxellois
avenue de Tervueren, 364
le site du dépôt occupe l’emplacement du
moulin de la ferme du Bovenberg, démantelée
progressivement au cours du xixe siècle.
le terrain est acheté en 1897 par la
« Société anonyme du chemin de fer à Voie
Etroite de Bruxelles » situé à Ixelles-Boendael. La
société avait jusqu’alors un seul dépôt à Ixelles,
avenue de l’Hippodrome1. le développement de
la ligne desservant Tervuren, construite dans
le cadre de l’exposition universelle de 1897, exi-
geait davantage de matériel et d’infrastructure.
les premiers bâtiments sont construits
dès 1897. Ils abriteront la direction et les
employés, l’habitation du chef de dépôt, une
remise à voitures à deux nefs, le long de la rue du
Leybeek, deux autres bâtiments démolis 10 ans
plus tard, un magasin et un atelier de réparation
de tram et une usine productrice d’électricité
destinée à alimenter la ligne. Ces premières
constructions sont opérationnelles lors de
l’inauguration de la ligne, le 9 mai 1897. en 1899,
le réseau est repris par la Société anonyme « Les
Tramways Bruxellois » et les infrastructures du
dépôt s’étoffent. une lampisterie est construite
en 1900. elle est actuellement démolie. le bâti-
ment administratif est complété, en 1903, par
une cage d’escalier extérieure et une annexe.
Les économiques ou
« trams chocolat »,
bien que n’ayant jamais
circulé à Woluwe-Saint-
Pierre, font partie des
collections du musée, à
l’instar des vicinaux et
d’une série d’autobus
et de taxis de diverses
origines.
Bruxelles, musée du Transport
urbain bruxellois asbl.
La ligne 41 de la S.A.
« Les Tramways
Bruxellois » fut la
première à desservir
Stockel dès 1909.
Bruxelles, musée du Transport
urbain bruxellois asbl.
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175
l ’extension de la ligne en direction de
Stockel, puis l’augmentation du matériel roulant
destiné à assurer le service de l’exposition
universelle de 1910, nécessitent la construction
de nouveaux espaces de remisage. une nou-
velle remise à deux nefs est construite au fanc
est de la première, puis toutes les deux sont
prolongées jusqu’à atteindre le Bovenberg. Une
maison d’habitation pour le chef-électricien est
construite à l’angle de la rue du Leybeek et du
Bovenberg. une petite remise sous appentis, avec
fosse de visite, est construite sur le fanc ouest de
la remise de 1897. le bâtiment administratif de
1897 est agrandi lui aussi et une nouvelle lampis-
terie vient compléter l’ensemble.
Durant la Seconde Guerre mondiale,
une partie de la remise de 1897 est aménagée
en locaux sociaux. un vestiaire et un réfectoire
destinés au personnel, des bureaux, des ateliers
et des magasins, une cave à charbon et un abri
anti-aérien sont construits.
Ce dépôt fut durant la guerre un centre
de la Résistance et de l’action syndicale, ce qui
explique la présence dans la commune, après-
guerre, de partis de gauche2.
la désaffectation progressive de plu-
sieurs lignes, ou segments de lignes de tram,
est une conséquence directe du développement
du métro, dès 1976. les remises de 1897 et 1907
sont peu à peu transformées en halls d’exposi-
tion. Elles jouxtent des bâtiments utilisés encore
actuellement par la stib.
en 1982, la Société de Transports inter-
communaux bruxellois transforme le dépôt
de tram de l’avenue de Tervueren en musée du
transport urbain géré par une aSBl rassemblant
des amateurs tous bénévoles. une collection de
véhicules anciens – des trams, des trolleybus,
des autobus et des taxis dont les plus anciens
remontent à 1869 – sont exposés sur 1 500 mètres
carrés. Outre les visites du site et l’exposition du
matériel roulant, le musée propose des pro-
menades, les week-ends d’été, entre le parc du
Cinquantenaire et la gare de Tervuren, à bord de
voitures anciennes.
les bâtiments sont classés depuis le
24 avril 2002. une restauration profonde des
bâtiments a eu lieu entre 2007 et 2009.
la stib occupe toujours une partie des
installations et le site voit encore passer les
lignes de tram 39, 44 et, depuis 2011, 94 et plu-
sieurs lignes de bus.
Musée du Transport urbain bruxellois, avenue de Tervueren, 364
La station de tramways
au carrefour de l’avenue
de Tervueren et du
boulevard du Souverain.
À l’arrière du bâtiment,
le pont du chemin de fer
à droite et les tours du
premier bâtiment en bois
de la halte de Woluwe-
Avenue.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
Page 176Top

176
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
comment on puisse établir un parallèle entre le Cinquantenaire-Woluwe et Ixelles-Solbosch, ce
dernier devant, par ses expropriations seules, coûter des millions de francs, sans avoir, après
cela, un terrain préparé pour cette exposition, n’ayant pas encore de voie d’accès bien établie, ni
de parc ». Le conseil communal de Woluwe-Saint-Pierre constate d’autre part que l’emplace-
ment de Bruxelles-Cinquantenaire-Woluwe réalise tous les avantages, comme la proximité de la
ville, les artères grandioses et un site pittoresque à occuper sans aucune expropriation. Il émet
le vœu que le Comité exécutif examine le bien-fondé de son vote et reviendra sur une décision
qui entraînerait l’insuccès de l’Exposition de 1910230.
 
Le quartier du Centre
Dès 1906, l’entrepreneur Ruelens propose de construire un nouveau quartier à proxi-
mité de la maison communale, entre l’avenue du Val d’Or, la rue du Duc, la rue de l’Église, la rue
Profonde et l’avenue de Tervueren. Son projet est accepté à condition qu’il se charge également
d’élargir la rue de l’Église (actuelle Petite Rue de l’Église) à 15 mètres entre la maison com-
munale et la rue Profonde, qu’il utilise partout des pavés nouveaux et non de réemploi et qu’il
installe des égouts aptes à canaliser les eaux de pluie. Il doit aussi prévoir une place publique
de minimum 25 ares, 60 mètres sur 60 mètres, à la croisée de la rue allant de la rue de l’Église
à l’avenue du Val d’Or et la première rue vers la maison communale allant de la rue du Duc
à la rue Profonde. Sur ces bases, la commune accepte de contribuer au projet à hauteur de
25 000 francs en 10 ans231. Il subira quelques modifcations, mais sera respecté dans l’ensemble.
L
’arrivée du tram à Woluwe-Saint-Pierre puis à Stockel
La création d’artères larges et modernes à Woluwe-Saint-Pierre appelait immanquable-
ment l’extension du réseau des tramways de la capitale sur son territoire.
Le roi Léopold II a très tôt pressenti l’impact potentiel d’une liaison par le tram entre
les deux sites de l’Exposition universelle de 1897. La mise en œuvre du projet est confée
à Parmentier, qui s’engage à relier le parc de Tervuren à la place Saint-Josse par un tramway
à traction mécanique le long de la nouvelle avenue. Parmentier obtint cette concession pour
cinquante ans. Celle-ci est toutefois cédée en 1896 à la S. A. du Chemin de fer à voie étroite de
Bruxelles à Ixelles-Boendael (BIB) qui entreprit la construction de la ligne inaugurée en mai
1897. Jusqu’au 15 mai, des trams à vapeur assurèrent le trajet, puis des motrices électriques
prirent le relais232.
Dès le printemps 1897, la commune veut faire connaître à l’administration des Tramways
son souhait d’obtenir quelques arrêts sur le territoire communal : au rond-point (futur square
Montgomery), à hauteur de la rue du Bemel, au rond-point du chemin de fer (actuel musée du
Transport urbain) et à hauteur de l’avenue du Putdael, actuel arrêt Madoux233.
Dans un premier temps, la Société anonyme d’Entreprise à Stockel souhaite tout au plus
desservir le futur champ de courses. Argumentant qu’en l’état, le tramway serait de peu d’utilité
à la population, l’administration pose comme condition sine qua non que la ligne soit prolon-
gée jusqu’à la rue de l’Église de Stockel234. Seule concession, Stockel sera desservi à un rythme
moindre que la ligne vers Tervuren.
Premier petit drame, une erreur d’impression des premiers coupons mentionne
« Woluwe-Saint-Lambert » à la place de « Woluwe-Saint-Pierre ». Les usagers et l’adminis-
tration communale sont scandalisés. Mais il faut bien se résoudre à écouler le stock malgré
le mécontentement et les plaintes auprès de la compagnie235. Dans la foulée, l’administration
demande à la compagnie d’installer deux aubettes, l’une à l’entrée de la commune, à hauteur
de la chaussée du Bemel, et l’autre à hauteur du pont du chemin de fer236.
À la diférence de l’avenue de Tervueren, le boulevard du Souverain, envisagé dans
les plans de Besme, ne fut ouvert à la circulation qu’en 1910 suite à des retards à répétition
de natures diverses : lenteurs des organes de décision et de l’administration communale, des
confits entre l’État et la commune d’Auderghem et les difcultés liées à la nature marécageuse
du terrain.
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177
Stockel, un développement constant
En 1873 et en 1886, les habitants du plateau de Stockel manifestent des souhaits d’indé-
pendance vis-à-vis de Woluwe-Saint-Pierre. Ils essayent sans résultat de faire reconnaître le
hameau comme une commune à part entière. Le cas est examiné très sérieusement par l’admi-
nistration communale. Qui décide de s’abstenir de réagir.
Après l’établissement de meilleures communications, les habitants de Stockel pourront
mieux s’identifer avec Woluwe237.
L
’ ancien hameau s’étofe rapidement. En 1902, il devient nécessaire de nommer un garde
champêtre auxiliaire à Stockel. Il recevra 500 francs par an et sera chargé de porter la corres-
pondance communale à la maison commune le lundi, le jeudi et le samedi. Il prêtera en outre
son concours pour maintenir l’ordre au Centre et à l’avenue de Tervueren quand nécessaire238.
Le conseil communal s’oppose toutefois, en 1902, à la proposition de la députation per-
manente de supprimer les sections électorales. Celles-ci consacrent « les droits de la mino-
rité ». Stockel se situe à demi-lieue239 du Centre, qui devient la partie urbaine de la commune
et compte quelque 2 000 habitants, alors que Stockel reste plus rural et ne compte qu’environ
1 000 habitants240. La question est relancée en 1906 par une lettre du gouverneur de la pro-
vince datée du 24 décembre 1906 militant pour la suppression des sections électorales dans
les communes là où elles existent encore. Le conseil communal s’insurge : « considérant que la
division de notre commune en deux sections électorales présentent (sic) des avantages autre-
ment sérieux que les inconvénients qui en résultent ; en efet elle garantit la représentation des
deux centres importants et elle consacre les droits de la minorité. Le hameau de Stockel est
situé à une demi-lieue du Centre dont il est séparé par un vaste champ. Le Centre avec le quar-
tier de l’avenue de Tervueren est appelé à devenir peut-être dans un bref délai la partie urbaine
de notre commune, le hameau de Stockel conservera longtemps encore son caractère éminem-
ment rural, c’est donc dire que les intérêts de ces deux sections sont bien distincts et que leur
représentation directe au conseil communal est pleinement justifée ; considérant que le Centre
compte plus de 3 000 habitants et le hameau de Stockel environ 1 100 et que par suite de la
suppression des sections il pourrait arriver ou que le hameau de Stockel ne soit plus représenté
ou même que par suite des divisions entre les électeurs du centre et un parfait accord entre
ceux de Stockel il pourrait même arriver le cas fâcheux que la partie la plus intéressante de la
commune ne soit plus représentée ou nullement en rapport avec son importance. Considérant
que la meilleure intelligeance (sic) n’a jamais cessé d’exister entre les représentants des deux
sections, qu’avec la même sollicitude, ils se sont occupés des intérêts des diférents quartiers et
que par conséquent la plupart des inconvénients signalés dans la note précitée ne se sont pas
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
« … considérant que la division de notre
commune en deux sections électorales
présentent (sic) des avantages autrement
sérieux que les inconvénients qui en résultent ;
en effet elle garantit la représentation des deux
centres importants et elle consacre les droits de
la minorité … »
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La colonie libertaire
de Stockel, le cours
d’esperanto.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
178
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
fait ressentir … que d’un autre côté, la prédominance d’un conseiller pourrait avoir à cause de sa
position ou ses capacités ne sera pas diminuée par la suppression des sections.
Considérant que les difcultés relatives au recensement des votes pour les deux sections
ne se présentent que pendant un jour tous les quatre ans et qu’elles ne pourraient nullement être
mis (sic) en balance avec les avantages que présente pour notre commune la division en sections ;
Considérant en outre que la suppression des sections électorales en notre commune
provoquerait un mécontentement général et qu’elle amènerait une division entre les habitants
de Stockel et ceux du centre … il y a lieu de maintenir pour notre commune la division en sections
électorales qui y existe depuis plus de 50 ans. »241
En 1905, le poste d’allumeur de lanternes est ouvert à Stockel. Le responsable est payé
15 centimes par lampe par jour242.
Dès 1906, Parmentier voit large et veut donner suite au développement de l’avenue de
Tervueren. Il propose à la commune de développer de larges artères entre la nouvelle avenue
et le hameau de Stockel. L
’ occasion est trop belle de créer un nouveau quartier. L
’idée avait
déjà germé et un projet provisoire avait été proposé par l’association des entrepreneurs Orban,
Du Jardin et De Riemacker243.
Parmentier devra s’allier à la Société anonyme d’Entreprise de Stockel pour développer
ces deux avenues, les futures avenues Madoux / Orban-Van Volxem et Parmentier. Elles rece-
vront leur dénomination en 1908244.
Les anarchistes de Stockel
En 1905, un groupe d’anarchistes s’établit dans le quartier de Joli-Bois, à proximité des
Trois Couleurs. La colonie avait été fondée par Emile Chapelier (1870–1933), un ancien mineur,
admirateur de l’anarchisme et des théories des socialistes de l’utopie, plus tard co-fondateur
du Parti communiste. La colonie était constituée de deux familles qui vivaient d’agriculture et
d’élevage. Chapelier publia le journal L’émancipateur245. La « colonie libertaire de Stockel »
s’installa dans une fermette en bordure de forêt, près de l’actuelle avenue de la Faisanderie. De
1905 à 1907, après une tentative infructueuse de mise en valeur du sol par l’élevage de poules et
de chèvres, elle s’orienta vers la production d’assiettes en céramique vendues à l’attention des
badauds et des curieux venus discuter du mode de vie communautaire. Elle avait inscrit une
devise en lettres noires sur la ferme : « Fay ce que voudras ». Ces anarchistes avaient adopté un
régime d’alimentation végétarien et s’étaient mis à l’étude de l’esperanto. L
’ expérience ne dura
que quelque 18 mois. Le bail de la ferme n’ayant pas été renouvelé, Chapelier et ses amis furent
forcés d’émigrer à Boitsfort où ils fondèrent une imprimerie avec l’aide du Syndicat du Livre.
La rue de l’Église
à Stockel. À gauche,
l’ancienne gendarmerie.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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l’ancien couvent des Franciscaines, avenue de Tervueren 268
179
l ’ancien couvent des Franciscaines
avenue de Tervueren, 268
en 1903, la communauté des Sœurs
Franciscaines missionnaires de Marie démé-
nage de son couvent de la rue du Bois sauvage,
à Bruxelles, et s’installe au no 268 de l’avenue de
Tervueren. la propriété occupait tout l’intérieur
de l’îlot situé entre l’avenue de Tervueren et la
rue du Duc.
leur congrégation avait été fondée le
6 janvier 1877 – lors de la fête de l’Epiphanie, en
Inde, par la Française Hélène de Chapottin.
la communauté de Bruxelles est fondée
le 12 novembre 1899. la congrégation mission-
naire s’attache tout particulièrement à l’accom-
pagnement des jeunes flles et la promotion
des femmes.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la
communauté a accueilli 29 religieuses anglaises
issues de 19 congrégations différentes.
la nouvelle chapelle est construite en
1968. De style moderniste et d’une grande sim-
plicité, elle refète les nouvelles conceptions du
concile Vatican II.
le couvent est vendu vers 1986. un
nouveau bâtiment conventuel, plus restreint et
mieux proportionné aux besoins de la commu-
nauté, est construit au no 31 de l’avenue Père
Damien. La congrégation y déménage en janvier
19881.
Le couvent des
Franciscaines vu
des jardins.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’ouvroir pour les jeunes
élèves du couvent des
Franciscaines.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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180
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Plus tard, Chapelier fonda la Libre Pensée prolétarienne. Il efectua aussi, à la fn de sa vie, un
voyage en Union soviétique d’où il revint passablement déçu246.
Les sociétés artistiques et la vie associative
La nouvelle prospérité et la démographie croissante entraînent des phénomènes mal
maîtrisés. Les bals se multiplient à la toute fn du xixe siècle et au début du xxe siècle. La com-
mune s’en inquiète, certains habitants se plaignent. Tant les riverains qui aspirent au calme
que les cabaretiers qui y voient une concurrence déloyale. Le pouvoir veille « dans l’intérêt de la
moralité publique et de la tranquillité de la commune, à réduire autant que possible ces sortes
de fêtes ». Les autorisations seront accordées dorénavant aux sociétés dont le siège est bien
établi dans la commune et qui comptent au moins cinq membres et un an d’existence247. Par
après, des taxes de plus en plus élevées tenteront d’étoufer le phénomène. 
Une taxe sur les « tentes et baraquements en bois destinés à servir de salles de danse,
de jeu et de débit de boisson portant un préjudice considérable au commerce de la commune »
est établie dès 1898248. Le problème n’est pas enrayé pour autant. Les réclamations continuent
à l’encontre des bals extraordinaires que l’on estime être en augmentation constante. En 1903,
trois sociétés de fanfare seulement seront autorisées dans le Centre et une seule à Stockel. Les
festivités sont limitées à un bal annuel, et les bals publics se tiendront le premier dimanche de
janvier et un autre dimanche de l’année à fxer249.
Mais les habitants réclament davantage de kermesses. Elles seront accordées, quartier
par quartier. Stockel pourra fêter une kermesse en hiver, le premier dimanche de décembre. Le
quartier du Hoek, le dimanche précédent la Pentecôte ; la kermesse du Centre, elle, se tiendra le
premier dimanche de janvier250.
La forêt de Soignes
À partir de 1831, sous la pression d’hommes d’afaires, il y eut aliénation de biens doma-
niaux et le massif forestier fut petit à petit amputé de 7 000 hectares. Cette perte s’explique par
le fait que la Société Générale avait donné le feu vert à une mise en exploitation intensive. En
1843, l’État belge devint propriétaire de la forêt. Un long travail de préservation et de restaura-
tion fut alors entrepris. L
’ exploitation du bois y avait toujours joué un rôle central. Des généra-
tions de sylviculteurs s’étaient succédé à la tâche. Le canton des Pins Noirs, limite sud-est de
Woluwe-Saint-Pierre, est partie intégrante de la forêt. C’est aussi un résidu du défrichement
qui commença durant le Haut Moyen Âge et qui se poursuivit jusqu’à l’époque moderne.
Les ruisseaux
Le curage de la Woluwe est une préoccupation constante, les inondations sont fréquentes.
Les propriétaires riverains sont, comme au cours des siècles précédents, chargés d’entretenir
les berges et doivent veiller à l’écoulement des eaux. La réalité des faits est plus compliquée. Par
exemple, la vallée de la Woluwe est inondée en août 1850 parce que l’aqueduc d’écoulement des
eaux de prairie est en péril, des pierres ont été arrachées sur plusieurs chemins.
En 1897, la commune décide de prendre en charge le curage de la Woluwe et de reporter
les frais sur les contribuables riverains251.
En 1903, un arrêté communal interdit de prendre des bains dans la rivière à moins de
50 mètres des habitations et de la voie publique et sans être revêtu de caleçons de bain252.
En 1903, la Société des tramways bruxellois s’insurge contre une servitude de curage
liée au moulin du Bovenberg, qu’elle a acheté aux Hospices de Bruxelles. Le moulin a été
démoli, alors que la servitude est maintenue jusqu’au premier moulin en amont à Auderghem.
L
’ administration communale est infexible, le rôle de la cotisation est maintenu253. Ce type de
télescopage entre deux mondes, entre deux époques, est représentatif de l’évolution galopante,
empreinte encore de réminiscences anciennes, dans cette partie de la commune.
Le 19 mars 1893, M. Mostinck, conseiller communal, fait remarquer que le nom de
Leybeek donné au cours d’eau porté à l’atlas communal sous le no 2 est une erreur qui pourrait
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181
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
avoir des conséquences défavorables dans un procès qu’il a en cours. M. Mostinck produit un
plan copié aux Archives du Royaume, daté du 29 juillet 1775 par le géomètre C.J. Everaert, où
il s’avère « que le Leybeek est un autre cours d’eau qui se forme à la décharge de l’étang de Val
Duchesse dit Langegracht et se jette dans la Woluwe en aval du moulin de Saint Pierre ». Le
conseil estime que cette démarche est fondée et « décide que le cours d’eau porté à l’atlas des
cours d’eau sous le no 2 sera désigné sous le nom de Losbeek »254.
Les grands travaux de voûtement de la Senne ouvrent d’importantes perspectives au
problème récurrent de la gestion des rivières dans Bruxelles et ses environs. Woluwe-Saint-
Pierre s’attaque à la question lancinante des inondations de la vallée. Tout le paysage en est res-
tructuré. Des étangs sont créés dans le parc. L
’ ornementation et la sécurité sont pris en compte
de manière globale. On prévoit des digues, le clayonnage des bords, les conduites en fer de fonte
et en béton, de même que trois ponceaux permettant de franchir la décharge de la Woluwe et
cinq vannes pour régler le débit des eaux255. La commune s’équipe d’engins de sauvetage à pla-
cer près des étangs le long de l’avenue de Tervueren, le site devient un but de promenade256.
Le collecteur de la Woluwe
Les grands travaux de construction du collecteur sont envisagés dès 1912. Un rapport
du collège fournit « le plan d’expropriation et d’alignement de l’avenue Nouvelle à établir dans
le Thalweg de la vallée de la Woluwe : en vue de résoudre la question de l’assainissement et de
l’amélioration du régime des eaux de la Woluwe, M. Le gouverneur de Brabant a constitué une
commission composée de délégués des communes intéressées, de l’État et de la province.
Un service spécial créé par la province a proposé comme solution du problème la
construction d’un grand collecteur sous une avenue à créer le long de la Woluwe.
Cette solution a été mûrement étudiée aux cours des séances de la commission qui l’a
fnalement adoptée ainsi que les plans correspondants, à l’unanimité.
L
’avenue de Tervueren
et le centre de Woluwe-
Saint-Pierre vus du
parc de Woluwe. Une
piste cavalière arborée
occupait encore le centre
de l’avenue de Tervueren,
les voitures roulaient
à double sens sur deux
voies seulement.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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182
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La Belgique entre en guerre le 4 août 1914.
Le 20 août, les troupes allemandes approchent déjà de Bruxelles par la chaussée de
Louvain. Leur arrivée provoque la fuite de nombreux habitants. Vers le 25 août 1914, les villages
de Woluwe et de Stockel sont pratiquement vidés de leur population. Dès le début de l’occupa-
tion, de profonds bouleversements dans les administrations nationales modifèrent le fonction-
nement de l’État. Les administrations locales furent presque les seules maintenues. Il leur fallut,
durant les quatre années de tourmente, veiller au maintien d’un calme relatif, à l’approvision-
nement en nourriture et en combustible de la population, au maintien d’un état sanitaire rendu
très précaire par les privations et l’appauvrissement général des habitants. Il fallut aussi veiller
à mettre la population à l’abri des exactions de l’occupant tout en hébergeant à l’occasion des
troupes ennemies. À la diférence de Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre ne rejoin-
dra pas le regroupement de 16 communes bruxelloises en un « Grand-Bruxelles »1.
L
’ ADMInISTRATIOn COMMUnALE En TEMPS DE GUERRE
Nombre de préoccupations liées au développement de la commune sont reléguées au
vu des problèmes plus urgents liés à la guerre. Les travaux d’aménagement des voiries sont
abandonnés dès le mois d’août 1914 et ne reprendront que lentement vers 1915. L
’ administration
est débordée par les besoins en approvisionnement alimentaire, la pauvreté croissante des
familles de militaires partis au front, ou de chômeurs involontaires. Les employés et les ouvriers
communaux sont mis en chômage à mi-temps, leurs rétributions sont diminuées elles aussi. La
commune vit au ralenti, concentrée sur les démarches de subsistance et la vie au jour le jour.
Toutefois, dès décembre 1915, la vie tend à s’organiser. Une première enquête tente
d’établir une échelle des barèmes pour les traitements des employés communaux, dans l’idée
d’instaurer tôt ou tard un système de pensions2. Mais deux plaintes émises par des employés,
et des demandes répétées d’augmentation de salaires, découragent les promoteurs du pro-
cessus. Il est décidé que la question des barèmes, des pensions et des augmentations sera
examinée en profondeur après la guerre. Toutefois, on reconnaît que le travail des employés
communaux a nettement augmenté, que les conditions de vie se sont amplement dégradées et
que les plaintes sont légitimes. L
’ ensemble du personnel communal recevra alors plus tard une
« bonne augmentation »3. Mais dès la rentrée 1916, la cherté de la vie est telle qu’il n’est plus
temps de tergiverser. Tous les traitements du personnel enseignant sont revalorisés de quelques
1914–1918
la Première Guerre mondiale
Nombre d’habitants
de la commune
1915 7.491
10
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183
centaines de francs par an, tant la situation est devenue intenable4. Peu après, les traitements
des employés principaux de l’administration communale sont augmentés eux aussi5. Suivent les
honoraires attribués aux religieuses de l’école privée pour petites flles de Stockel6. La commune
recourt de plus en plus souvent aux emprunts auprès du Crédit Communal et les montants
empruntés augmentent sans cesse.
Le système des pensions de retraite est fnalement adopté en mai 1917. Il bénéfcie à tous
les employés communaux. La pension pourra être demandée par les personnes âgées de 65 ans
qui comptent déjà 30 années de service. Le montant de la pension sera calculé sur base du
nombre d’années de service. Il en ira de même pour les veuves et les orphelins des fonctionnaires
et des employés. Une caisse de prévoyance est constituée, la participation devient obligatoire7.
Pour occuper les chômeurs involontaires, le Comité national d’alimentation propose
à la commune de les afecter à des travaux d’utilité publique. On pense aussitôt à des aména-
gements de la chaussée de Stockel, du Vloedgroebbe, de la Uilenstraatje et du Streekweg, sous
réserve du projet de budget que fournira l’entrepreneur de ces travaux8.
On ouvre même une nouvelle place d’employé communal, car le travail augmente conti-
nuellement. Il faut, pour postuler, être titulaire d’un diplôme de collège, d’athénée, d’école
moyenne ou d’école normale, avoir une connaissance approfondie du français et du fa-
mand [sic], avoir plus de 20 ans et moins de 35, être en bonne santé et de bon comportement9.
Le travail administratif ne cesse d’augmenter. Le traitement annuel du bourgmestre
passe en décembre 1917 de 700 à 1 000 francs par an, celui du premier échevin, qui assure égale-
ment la charge d’ofcier de l’état civil, passe lui de 350 à 700 francs par an, et celui du deuxième
échevin, de 300 à 400 francs par an10.
1914–1918 la Première Guerre mondiale
Afche invitant les
habitants à éviter tout
acte d’hostilité envers
l’occupant allemand.
Automne 1914.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Carte de la Belgique
occupée et des zones
restées indépendantes,
publiée par la
Commission for Relief
of Belgium.
Collection privée.
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184
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
LA SAnTé PUBLIqUE, UnE PRéOCCUPATIOn PERMAnEnTE
La « Commission for Relief in Belgium » prend très tôt en charge l’approvisionnement
de subsistance de la population. Un Comité national de secours et d’alimentation, présidé par
Ernest Solvay et Émile Francqui, regroupe très tôt plusieurs sections locales, organisées par les
communes11.
Plusieurs communes environnantes s’assurent déjà les services d’un médecin respon-
sable d’enquêter sur la santé des enfants fréquentant les écoles. Le poste est ouvert en janvier
1916. Le médecin touchera 20 francs d’honoraires par classe12. Ses honoraires passent à 1 franc
par élève en 191713. Le docteur Olivier Lambrechts est nommé à cet efet le 22 février 191614. Les
premiers résultats de l’enquête, un rapport fourni en juillet 1916, font état d’une situation alar-
mante, a fortiori en ces mois d’été. 42 % des enfants qui fréquentent les diférentes écoles de la
commune sont estimés en piètre condition physique. Et cela est dû en très grande partie à une
alimentation insufsante. La commune décide enfn de pourvoir à un tiers des frais des rations
fournies aux enfants par le Comité d’alimentation, et de n’en exclure aucun des distributions15.
Une collation leur sera servie durant la récréation, du potage, du lait ou d’autres aliments
comparables. Le budget « potage et deuxième ration » passe à 16 000 francs dès le mois de
novembre 191616. La contribution fnancière devient elle aussi rapidement intenable pour la com-
mune. On demande au comité local de laisser choisir les bénéfciaires : veulent-ils du potage et
du pain ou seulement du pain ? Pourquoi les forcer à prendre du potage ? Et, de même, faut-il
encore fournir des biscuits aux enfants des écoles professionnelles, dont bon nombre viennent
d’autres communes ? Enfn, le conseil communal s’interroge : qui est responsable de fournir
l’habillement des ouvriers qui sont envoyés en Allemagne17 ?
La situation économique empire de manière telle que, dès 1917 les employés et les ouvriers
communaux reçoivent bientôt une aide mensuelle de 15 francs par titulaire de poste, 3 francs
supplémentaires pour leur épouse et 3 francs par enfant de moins de 16 ans, dès le 1er juillet 1917
et tant que ce sera possible (in de maat van het mogelijk, sic), et ce, a priori jusqu’à la fn de la
guerre18. Cette allocation trimestrielle est renouvelée en décembre 1917, elle passe à 100 francs
par titulaire, 50 francs par épouse, 25 francs par enfant de moins de 16 ans, mais les exclut de la
distribution de potage19. L
’ allocation est reconduite pour le 2e trimestre 191820.
Pour le troisième trimestre de l’année, l’allocation passe à 186 francs par titulaire,
96 francs par épouse, à 45 francs par enfant, quel que soit son âge pour peu qu’il ne soit pas
placé ou qu’il n’ait de son propre chef ou suite à une faute, ou encore en bénéfciant d’autres
avantages comme la distribution de potage, perdu ses droits à l’allocation21. L
’ allocation est
reconduite pour le dernier trimestre de 1918. Les allocations particulières se multiplient, elles
aussi, de manière exponentielle.
On demande au comité local de laisser choisir
les bénéfciaires : veulent-ils du potage et du
pain ou seulement du pain ? Pourquoi les
forcer à prendre du potage ? Et, de même,
faut-il encore fournir des biscuits aux enfants
des écoles professionnelles, dont bon nombre
viennent d ’autres communes ?
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Le problème constant du ravitaillement
Durant la Première Guerre mondiale, les agriculteurs ont dû céder une grande partie de
leurs récoltes à l’occupant, mais ils pouvaient toujours s’enrichir en vendant leurs productions
excédentaires aux communes plus urbaines du centre de Bruxelles22.
La Belgique dépendait alors en grande partie de l’étranger pour son approvisionnement,
surtout en céréales. 
Dès le 11 août 1914, une semaine après l’entrée en guerre, l’administration communale
se soucie de s’approvisionner en farine et en denrées générales afn de ne pas courir le risque
d’en manquer. Et de commander aussitôt 200 sacs de farine de froment au gouverneur de la
province. Il est décidé de fournir aux boulangers autant de farine qu’il est possible de le faire
tout en conservant un certain stock à la maison communale23. L
’ approvisionnement en farine
devient très tôt un souci lancinant, les commandes se répètent sans cesse, les besoins croissent
constamment. Les boulangers doivent strictement respecter le poids des pains qu’ils mettent
en vente. Et l’administration lance une enquête sur le poids de farine nécessaire à la préparation
d’un pain d’un kilo24. Il est décidé de vendre le froment à 27 francs les 100 kilos, et le grain plus
commun à 20 francs les 100 kilos25.
Dès la fn de l’année, chaque boulanger doit rentrer une liste de ses clients habitant la
commune et une autre des clients issus d’autres communes, afn que l’administration puisse
répartir judicieusement la farine disponible. Les habitants qui cuisent eux-mêmes leur pain sont
invités à se faire connaître et recevront de la farine en fonction de l’importance de leur maison-
née26. En janvier 1915, un scandale éclate. Un boulanger a livré du pain à Charleroi et en a refusé
aux habitants de Woluwe-Saint-Pierre. Il sera sanctionné en se voyant privé de toute livraison
communale de farine durant 2 semaines27. La peine sera fnalement ramenée à une semaine28.
Peu après, le sel, le coke et le charbon deviennent aussi des préoccupations cruciales.
Puis, dès janvier 1915, des pois et des fèves sont commandés au Comité national d’alimenta-
tion29. On décide, en janvier 1915, de vendre la farine à 42 centimes le kilo tant que le prix d’achat
au Comité d’alimentation n’augmente pas30. En janvier 1917, la commune demande au com-
missaire civil d’envoyer pour le mois en cours, et parce que la population vit un besoin urgent,
1914–1918 la Première Guerre mondiale
Afche ordonnance
sur le prix du pain.
13 octobre 1915.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Afche invitant les
habitants à rassembler
leurs forces pour
procéder d’urgence aux
moissons, nombre de
cultivateurs du village
étant absents, au front,
ou blessés. 5 août 1914.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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186
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
2 wagons de carottes, 1 wagon de navets et 2 wagons de pommes de terre, à livrer à la gare
ferroviaire de Woluwe31.
En 1915, le Comité d’alimentation demande à pouvoir utiliser la galerie couverte de l’école
communale comme magasin communal, ce qui lui est refusé par l’administration32. L
’Union
des intérêts matériels de l’avenue de Tervueren propose dès 1915 à l’administration de partici-
per à l’organisation de la fourniture de vivres à la population, en collectant de l’argent, notam-
ment. La proposition est acceptée sans hésitation33. Des particuliers sont sollicités pour prêter
l’argent nécessaire à son fonctionnement, à raison d’un intérêt de 5 %34.
En 1916, Adolphe Stoclet propose d’établir un magasin communal de denrées de pre-
mière nécessité et de les fournir à la population aux prix les plus avantageux. L
’idée est retenue,
mais la commune préfère se charger elle-même de rassembler l’argent à cet efet35.
Un magasin communal est installé, il occupera au moins deux employés par moments.
Les employés du magasin communal, dont le travail croît sans cesse, voient leurs reve-
nus augmenter eux aussi36. Une place de magasinier est créée en juin 1918, elle sera rémunérée
150 francs par mois. L
’ employé est chargé de la comptabilité et de signer et vérifer « soigneuse-
ment » toutes les entrées et les sorties de denrées37.
Des pommes de terre et des légumes dans le parc de Woluwe
Dès avril 1917, les agriculteurs sont incités, par voie d’afches, à planter autant de
pommes de terre que possible38. Et dès le mois de mai, comme chaque parcelle de terre devient
indispensable, l’administration des Ponts et Chaussées accepte qu’une partie du parc de
Woluwe, constituée de pelouses, soit mise à la disposition des habitants, qui peuvent y planter
des pommes de terre et y semer des légumes39. À condition que tous les frais de remise en état
des pelouses et des plantations soient pris en charge par la commune après la guerre.
On constate, en janvier 1918, que certains habitants cultivent des légumes qu’ils mettent
en vente, alors qu’ils viennent s’approvisionner au magasin communal pour leur propre
consommation de pommes de terre. Dorénavant, tous ceux qui cultiveront l’été suivant plus
de 2 ares par personne ne pourront plus obtenir des pommes de terre de la commune pour la
saison 1918—1919. Et les habitants qui cultivent moins de 2 ares sont obligés de réserver les trois
quarts de leurs plantations aux pommes de terre40.
La crise alimentaire s’aggrave toutefois constamment. À quelques jours de l’Armistice,
le 4 novembre 1918, de nouvelles règles sont instituées pour la mise en valeur des parcs au cours
de la saison suivante. Chaque personne pourra se voir attribuer environ 1 are pour y planter des
… l’administration des Ponts et Chaussées
accepte qu’une partie du parc de Woluwe,
constituée de pelouses, soit mise à la
disposition des habitants, qui peuvent y planter
des pommes de terre et y semer des légumes.
à condition que tous les frais de remise en état
des pelouses et des plantations soient pris en
charge par la commune après la guerre …
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187
pommes de terre ou des légumes, le sol ne pourra pas être retourné à plus de 30 centimètres
de profondeur. Il est bien spécifé que « toute la correspondance avec les autorités à ce propos
devra se tenir en néerlandais, mais des traductions en français pourront être sollicitées »41.
Pour prévenir les vols et les dégradations, l’administration des Ponts et Chaussées instaure des
conditions particulières de prêt de terres. Les bénéfciaires devront participer à des gardes, de
jour comme de nuit, rémunérées à 5 francs par ronde42.
La sécurité au quotidien en temps d’occupation
Le bourgmestre de Bruxelles suggère aux bourgmestres des entités voisines de consti-
tuer un corps de police civile constitué de citoyens volontaires, non rémunérés pour ce faire.
Ce corps serait placé sous les ordres du commissaire de police, sous la surveillance du bourg-
mestre43. Et, en efet, les plaintes d’habitants victimes de vols dans les champs se multiplient
dès le début de la guerre44. À l’approche des troupes allemandes, et à l’idée qu’elles pourraient
résider quelques jours dans la commune, un règlement de police est voté en toute hâte le 28 août
1914. Il vise à éviter toute source de troubles. Les auberges doivent fermer entre 9 heures du soir
et 6 heures du matin, la vente de boissons fortes est interdite45.
Les troupes séjourneront en efet plusieurs jours dans la commune, notamment dans
l’école du Centre. Des habitants ont ramassé des dépêches lancées depuis des avions dans le
parc de Woluwe. Il leur est dès lors interdit de se promener dans le parc ou à ses abords46.
Les nouvelles classes de l’école communale du Centre sont occupées par les chevaux
des troupes allemandes, malgré tous les eforts de l’administration pour leur trouver un autre
refuge. Les dégâts sont très importants47. Les murs, les fenêtres et les meubles sont ruinés, les
biens que la Croix-Rouge y avait installés sont détruits48. De nouveaux meubles et de nouveaux
objets pédagogiques seront livrés en janvier 1916, pour des montants conséquents de 8 991,35 et
3 860,20 francs49. La commune doit plus d’une fois contracter des emprunts auprès du Crédit
Communal pour couvrir les frais d’occupation des troupes allemandes sur son territoire.
1914–1918 la Première Guerre mondiale
Afche invitant les
habitants qui cultivent
une parcelle de terre à
le déclarer.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Afche annonçant la
décision de l’occupant
de mesurer les parcelles
plantées de pommes de
terre et d’avoine le 10 juin
1918. Les habitants sont
invités fermement à
apposer une plaque à
leur nom sur leurs terres
cultivées. 5 juin 1918.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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188
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
En 1915, l’autorité occupante exige que la garde soit assurée nuit et jour autour de la ligne
de chemin de fer de Woluwe à Stockel, suite à des vols. L
’ autorité communale signale n’avoir
aucune connaissance de ces faits de vol et avance que la police semble bien sufsante pour
maintenir l’ordre dans la commune50. Les heures de garde sont rétribuées 0,75 franc dès le
25 mars 191851.
En 1915 toujours, le bourgmestre est menacé d’amende, voire de peine de prison par
l’autorité occupante, car des chiens ont été vus errant sans muselière dans la commune. Le
bourgmestre a pourtant déjà fait placarder trois fois l’avis à la population52. Mais rien n’y fait.
Peu après, une prime d’un franc sera accordée à toute personne qui livre un chien sans muse-
lière aux autorités53.
En octobre 1915, un inconnu a agressé M. Abeloos, employé communal, et lui a volé
l’argent que lui avait remis l’administration communale pour l’achat de farine. La somme déro-
bée sera prise en charge par la commune54.
Durant l’hiver 1916, le Zivilkommissar exige la dissolution de la police communale et la
création de deux postes d’agents auxiliaires, qui bénéfcieront d’un traitement de 100 francs
par mois55.
En janvier 1917, les hommes de la commune, âgés de 17 à 55 ans, doivent se présenter
à Zaventem devant les autorités allemandes. Le conseil communal estime qu’il est plus que pro-
bable qu’une partie d’entre eux seront envoyés en Allemagne, contre leur gré, pour y travailler.
Par anticipation, on décide de débloquer 2 500 francs de subsides, par humanité et par solida-
rité, pour fournir des vêtements, de la nourriture et un peu d’argent à ces malheureux exilés56.
En mai 1917, la commune ne compte ofciellement que deux orphelins de guerre57. On décide
toutefois, dès octobre 1917, d’envoyer des paquets de vivres mensuels aux prisonniers de guerre
détenus en Allemagne58. Dès le mois de décembre, la valeur de ces envois est fxée à 5 francs
chacun, ils se feront tous les mois ou tous les deux mois59.
Comme les vols augmentent sensiblement durant l’été 1918, une prime de 1 franc est
allouée aux agents de police pour tout fagrant délit60. Mais cela ne suft pas et les vols sont de
plus en plus préoccupants. Six places d’agents de police temporaires sont ouvertes dès le mois
d’août61. Les deux agents temporaires Coppens et Vanderschrik62 sont titularisés dans la foulée.
Les dames de la cantine
de l’école communale
du Centre.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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189
Situation de crise pour tous
Pour faire face aux circonstances très perturbées engendrées par la guerre, il est très tôt
décidé que les ouvriers communaux ne travailleront plus que trois jours par semaine63. Et au vu
de la triste situation de la caisse communale, les employés communaux de tous les secteurs et
les agents de police se voient demander d’accepter que leurs appointements soient diminués de
moitié64, alors qu’ils venaient d’être augmentés peu de temps auparavant. L
’ éclairage des voiries
sera dorénavant limité. Les lampes au gaz seront éteintes à 11 heures du soir, et les lampes élec-
triques à 10 heures65. Dès le mois d’octobre 1914, les emprunts auprès de la Société du Crédit
Communal se multiplient ; ils servent à payer les employés et les ouvriers communaux, à verser
la rémunération militaire aux familles de soldats, à se fournir en denrées alimentaires destinées
aux habitants, à subsidier le Bureau de Bienfaisance, à secourir les chômeurs involontaires66.
Par prudence et par lucidité, les emprunts sont contractés pour « la durée de la guerre ».
Dès 1915, le Comité de Secours se propose de fournir une deuxième ration journalière
de nourriture aux pauvres en augmentation constante, aux frais de la commune, ce qui amè-
nerait la contribution communale à 1 750 francs par mois. C’est tout simplement impossible,
vu la situation de la caisse communale et l’impossibilité de contracter un nouvel emprunt dans
l’immédiat67. Les demandes insistantes du Comité fnissent par porter. En avril 1916, l’administra-
tion accepte de verser 600 francs par mois à condition qu’elle aie les moyens d’y faire face 68. Les
emprunts auprès du Crédit Communal s’accélèrent et croissent sans cesse. En septembre 1918,
un emprunt de 550 000 francs est contracté dans le seul dessein d’assurer les dépenses cou-
rantes. Nourrir les habitants : 400 000 francs ; allocation extraordinaire pour la cherté de la vie
aux employés et aux ouvriers de la commune : 50 000 francs, subside au Comité d’Allocations par
le Travail : 3 000 francs ; subside à l’œuvre Stuiverkens : 2 400 francs ; subside au Comité d’Aide
aux Démunis (Onbemiddelden) : 2 400 francs ; subside au Comité des Sans-Abri (Daklozen) : 720
francs ; subside à l’Œuvre des pulmonaires : 50 000 francs ; aide pour les achats nécessaires aux
réfugiés : 38 000 francs ; aide exceptionnelle au Bureau de Bienfaisance : 3 480 francs.
L
’ augmentation efrayante de ces chifres démontre clairement la spirale de la pauvreté,
mais aussi celle de l’infation. Le franc-or dont tout le xixe siècle avait fait une valeur sûre est
défnitivement un souvenir. Comme la commune ne se fait plus guère d’illusion sur sa situa-
tion ni son futur immédiat, la députation permanente est généralement appelée à garantir ces
emprunts répétés.
1914–1918 la Première Guerre mondiale
L
’hôpital militaire
de Woluwe, dans les
baraquements du
parc Parmentier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 190Top

190
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La viIla Parmentier et le parc attenant sont réquisitionnés pour accueillir les mutilés
de guerre. Dans une publication de janvier 1916, la Croix-Rouge de Belgique – dirigée par les
Allemands – dresse un portrait très positif de la situation. À ce moment, une centaine de « muti-
lés » sont hospitalisés, des baraques ont été dressées dans le parc. L
’ article stipule, plein d’es-
poir, que ces baraquements peuvent accueillir jusqu’à 200 blessés. Les blessés reçoivent, pour
ceux qui peuvent les suivre, des formations professionnelles diverses dans les ateliers installés
dans les dépendances de la villa. On y trouve « un atelier de mécanique, une forge, une cordon-
nerie, une librairie, etc ».69
Première page de la
gazette de la Croix-
Rouge, trilingue. No 2,
2e année, dimanche
16 janvier 1916.
Bruxelles, Archives générales
du Royaume.
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191
La Maison dite « Vénitienne »
avenue Parmentier, 250
la deuxième église provisoire Saint-Paul
ressemble plutôt à un édifce privé de style
renaissance. Il n’a de vénitien que le nom.
l ’architecte albert Glibert s’est inspiré du bail-
lage d’Aire-sur-la-Lys, petite ville française située
à une cinquantaine de kilomètres de lille.
au xviie siècle, Aire-sur-la-Lys appartenait
aux Pays-Bas espagnols, tout comme Woluwe-
Saint-Pierre. à l’heure actuelle, la ville est au
centre de la région française du Nord-Pas-de-
Calais. Aire-sur-la-Lys compte, elle aussi, une
vaste collégiale dédiée à saint Pierre.
le baillage, construit en 1600 sur la
Grand-Place d’Aire, et toujours en place actuel-
lement, destiné à l’époque à abriter le corps
de garde de la milice de la ville, est de style
Renaissance et de conception famande. Son
architecte, Pierre Framery, s’était lui-même
inspiré d’un bâtiment faisant partie de l’hôtel de
ville d’amsterdam, détruit en 1651. entre 1634 et
1789, l’édifce a servi de temps à autre de siège au
tribunal du grand bailli.
La version de Glibert est très simplifée,
peut-être inspirée par une reproduction présen-
tée par l’architecte Valentin Vaerewijck à l’Expo-
sition universelle de Gand en 19131.
l ’église et ses bâtiments annexes sont
construits sur des terrains appartenant à l’abbé
De Cleene. la demande de permis de bâtir men-
tionne toutefois une habitation et une salle de
conférences, et non une église.
L ’édifce présente une façade de
17,5 mètres en briques roses et pierres blanches.
un escalier mène au perron et cinq colonnes
soutiennent le balcon du premier étage. Cet
étage compte trois chambres. la loggia est
relativement inspirée de la bretèche du bâtiment
originaire2. L ’église proprement dite se proflait
comme une halle de 13 mètres sur 28 mètres,
éclairée par un lanterneau central3.
L ’habitation du curé jouxtait l’église.
les travaux de construction coûtent
50 000 francs. l ’abbé De Cleene offre
18 000 francs en sus des terrains. le bâtiment est
inauguré le 19 décembre 1915. Peu après son édi-
fcation, le bâtiment souffre déjà de problèmes
de stabilité qui semblent insolubles.
en 1927, l’église est dotée d’un orgue4,
mais elle est déjà trop exiguë pour les 2 000
paroissiens.
en 1928, l’abbé De Cleene offre à la
Fabrique d’église un terrain de 20 ares sur le
Lauzemetveld, la future avenue du Hockey.
L ’église Saint-Paul défnitive peut cette fois
être mise en œuvre5. l ’ancienne église est alors
offerte en 1934 à l’asbl Œuvres Paroissiales du
Doyenné de Bruxelles Faubourg Nord-Est6. les
bâtiments, après la désaffectation de l’église et
leur cession à l’œuvre paroissiale, sont plusieurs
fois agrandis et réaménagés pour abriter les
activités paroissiales.
La Maison dite « Vénitienne », avenue Parmentier, 250
L
’église provisoire Saint-
Paul, avenue Parmentier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’intérieur de l’église
provisoire Saint-Paul,
avenue Parmentier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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192
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La question linguistique comme arme de guerre
La politique de famandisation systématique – la Flamenpolitik – est ouvertement
mise en place par l’occupant, comme moyen d’afaiblir la Belgique, dans le dessein ultime de
l’annexer ultérieurement au Reich. La séparation administrative et linguistique du pays en deux
régions distinctes – Wallonie et Flandre – est rendue ofcielle par le décret du 21 mars 1917.
Bruxelles devient la capitale de la Flandre et un Raad van Vlaanderen s’y installe dès février
1917. L
’ administration et l’enseignement sont famandisés70.
LA VIE qUOTIDIEnnE
Les divertissements se font rares. Les manifestations publiques sont interdites ou du
moins très strictement encadrées, l’ambiance est nettement alourdie par les privations, la
méfance, les deuils, les restrictions économiques obligent les quelques loisirs encore possibles
à changer d’échelle. Les courses de chiens semblent avoir remplacé les manifestations hip-
piques71. Ces manifestations sont taxées à raison de 200 francs par réunion72.
Les orgues de rue sont interdits dès le 1er janvier 1916, pour éviter les troubles que les
rassemblements pourraient engendrer73.
On célèbre toutefois les noces d’or du couple Joachim-Delestanche en novembre 191674.
L
’enseignement
Une subvention de 100 francs est accordée à l’enseignement professionnel pour flles et
garçons, vu l’utilité évidente de ces formations pour la « classe laborieuse » (werkende klasse), a
fortiori en temps de crise75. Une nouvelle classe pour les petites flles est même ouverte en mars
1916, à l’école du Centre, tant les enfants sont nombreuses76. Dès le mois de mai, une deuxième
classe est ouverte, la surpopulation de l’école était devenue préoccupante. Deux institutrices
seront nommées, Alida Leemans et Madame Jacobs-Herrebouts, qui jusque-là occupait un
poste au jardin d’enfants77. Dans la foulée, la place libérée au jardin d’enfants doit être pourvue,
elle est attribuée à Cécile Sabbe, une jeune flle de 20 ans, pour un traitement de 1 200 francs
par an78. Dès la rentrée 1916, le jardin d’enfants de l’école du Centre est surpeuplé à nouveau, la
classe doit être dédoublée et deux nouvelles classes doivent être construites dès que possible.
Un budget de 8 933,10 francs est approuvé, il sera couvert par des subventions79. Enfn, à la ren-
trée de 1917, on décide de dédoubler la classe primaire surpeuplée de Mademoiselle Leemans en
utilisant le local du patronage et même de scinder le local en deux par une paroi, afn d’installer
l ’administration communale demande aux
médecins, en octobre 1917, d’être plus stricts
quand il s’agit de délivrer des certifcats de
ration supplémentaire de sucre. Ils doivent
être conscients que ces rations peuvent n’être
délivrées que dans certains cas : aux « vrais »
malades, aux enfants de moins de trois ans et
aux personnes de plus de 70 ans.
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193
aussi le dédoublement de la classe de M. Jannes80. Une nouvelle institutrice est nommée pour le
jardin d’enfants, Mademoiselle Maria Boon, née à Auderghem en 189781. Les institutrices Lydie
Wouters, en poste depuis 15 ans, et Alida Leemans, depuis 6 ans, reçoivent une augmentation de
100 francs de traitement annuel en 191782.
Deux enseignants sont nommés à titre provisoire le 24 septembre 1917, afn de pourvoir
aux nouveaux postes, Gustaaf Schoofs, né à Zepperen le 13 janvier 1889, pour l’école du Centre,
et Hubert Meytjens, né à Zolder le 8 septembre 1897, pour l’école de Stockel, tous deux diplômés
de l’école normale de Saint-Trond. Le docteur Lambrechts leur a fait subir un examen médical
sur base duquel il estime qu’ils sont en bonne santé. Ils toucheront un traitement annuel de
1 300 francs, auquel s’ajoute une indemnité de logement et de compensation à la cherté de la vie
de 200 francs83. Ils seront nommés défnitivement en janvier 1918, au traitement de 1.300 francs
par an84. Les instituteurs Ceusters et De Veuster ont la charge, pour le premier, de 4 classes
au lieu de 3, et le second, de 3 classes au lieu de 2. Ils reçoivent chacun une augmentation de
50 francs par an85.
La santé publique
En 1917, l’administration envisage de s’occuper en particulier de nourrir les phtisiques,
qui doivent être aidés tout spécialement. Il est même question de réquisitionner la gare pour
leur distribuer des repas86. Mais dans l’immédiat, il semble impossible d’établir un réfectoire
à leur intention sur le territoire de la commune. On envisage plutôt de les confer à la commune
d’Etterbeek. Une première prise de contact vise à connaître ce qu’il en coûterait par personne et
par jour87. En mai 1918, M. Solvay, propriétaire à l’époque du château « Les Sources », propose
à la commune d’instituer un réfectoire pour les tuberculeux dans la maison Vanhaelen de la rue
du Moulin (actuelle rue Titeca). M. Solvay prendrait en charge l’ensemble de l’institution et les
frais d’installation et de mobilier. Les frais des repas, par jour et par personne, seraient assu-
més à raison de 0,75 franc par la commune, 0,75 franc par le Comité d’aide et d’alimentation et
1 franc par M. Solvay88.
L
’ administration communale demande aux médecins, en octobre 1917, d’être plus
stricts quand il s’agit de délivrer des certifcats de ration supplémentaire de sucre. Ils doivent
être conscients que ces rations peuvent n’être délivrées que dans certains cas : aux « vrais »
malades, aux enfants de moins de trois ans et aux personnes de plus de 70 ans89.
1914–1918 la Première Guerre mondiale
La chapelle de l’hôpital
militaire de Woluwe-
Saint-Pierre.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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W W
Dessin d’architecte de
la nouvelle église Saint-
Paul, avenue du Hockey.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
194
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
l ’église Saint-Paul
Avenue du Hockey, 96
Pour faire face à la croissance démographique,
la paroisse Saint-Paul est fondée en 1911 rue
Mareyde. Elle est déplacée en 1915 avenue
Parmentier. Elle bénéfciera de sa propre église
en 1941, au 96 de l’avenue du Hockey.
le terrain offert au lieu-dit Lauzemetveld
en 1928 par l’abbé De Cleene1 à la Fabrique
d’église de Saint-Paul compte 20 ares et valait
à l’époque 60 000 francs2. Dès 1929, l’architecte
Julien De Ridder, de Woluwe-Saint-Lambert,
livre un avant-projet qui sera très probablement
abandonné aussitôt. Il n’a laissé aucun souvenir.
De nouveaux plans sont dressés en 1936,
par les architectes Willy Minnigh, habitant
Stockel, et Vandenbroucke, d’etterbeek. les
plans sont approuvés après quelques modif-
cations. la Fabrique d’église rachète aussi un ter-
rain contigu de 9 ares et 39 centiares à la société
Bernheim et Fils, terrain de 15 x 62 mètres, pour
un montant de 76 522,90 francs. le plateau sur
lequel s’élèvera l’église totalise 29 ares 55 centi-
ares et domine la rue de 3,10 mètres3. les travaux
de terrassement commencent dès décembre
1938. la première pierre est posée le 29 mai
1939, lors des fêtes de Pentecôte, en présence du
cardinal Van Roey venu en cortège depuis l’église
du 250 avenue Parmentier, via la rue au Bois,
l’avenue Madoux et l’avenue du Hockey.
l ’église Saint-Paul est consacrée et inau-
gurée le 1er novembre 1941, jour de la Toussaint.
elle est encore inachevée4. la guerre et les
intempéries vont considérablement compliquer
l’avancement des travaux. la tour est quasiment
achevée en 1942. la statue de la Vierge à l’enfant
qui l’orne est une copie d’une sculpture de
l’abbaye d’Orval5. une autre statue, due à B.
Théodore Vanbeselaere, placée au cours de la
guerre dans la zone de recul précédant l’église,
souligne la consécration des paroissiens de
Saint-Paul au Cœur Immaculé de Marie6.
les vitraux, placés en 1941 et 1942, sont
l’œuvre du maître verrier Jean Huet d’Anvers.
Deux statues de Camille Colruyt de
Hal en cuivre martelé, hautes de 2,3 mètres,
encadrent les autels latéraux. elles représentent
saint Paul de Tarse et saint Pierre apôtre7.
La nouvelle église Saint-
Paul avenue du Hockey.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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W W
W W
195
La fn de la guerre
Dès le 14 novembre 1918, le conseil communal décide de rendre honneur aux habitants
tombés pour la patrie. Chacun se verra attribuer une rue en commémoration de son sacrifce.
Toutefois, pour préserver le calme indispensable en ces circonstances délicates des
premiers jours après le départ de l’occupant, tout risque de trouble public, de déflé spontané,
de manifestation populaire est strictement interdit et une garde communale assurée par les
habitants âgés de 21 à 50 ans est instaurée, rémunérée à 1 franc de l’heure.
Les châteaux à Woluwe-Saint-Pierre, recensement du 11 juin 1918
Dénomination
propriétaires résidence
Château du Bemel
M. Mostinck
Bemel, 31
M. Lambeau
NN, 2
Château de Putdael
Mgr le duc d’Orléans
en exil
Château du Bovenberg
M. Blaton
rue du Moulin, 120
Les Sources
M. Solvay
rue du Moulin, 118
M. Becker
en exil
Château du Zandbosch
M. Leroy
Bruxelles
M. Pouls
drève du Prieuré
M. Pouls
idem
Château de Stockel
M. Dumont
Stockel, 190
M. Brooks
avenue de Tervueren
M. Verhaegen
rue au Bois, 14
M. Dewaele
Château des Invalides
M. Parmentier
avenue Parmentier, 19
1914–1918 la Première Guerre mondiale
Afche invitant les
habitants à éviter les
rassemblements et à
réfréner leur joie suite à
la libération du pays. 14
novembre 1918.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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196
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
11
HOnORER LES HéROS
Le 14 novembre 1918, tout a changé. Les grands travaux de restauration commencent
dans la commune, avec les moyens disponibles, en hommes et en biens. Il existe encore de nom-
breuses restrictions et beaucoup d’incertitudes.
Une première démarche symbolique forte vise à honorer les habitants morts au champ
d’honneur pour la patrie. Une première série de re-nomination des rues est proposée au conseil
communal. On parle alors d’attribuer une rue à chaque martyr1.
Moins d’un an après la fn de la guerre, la tâche révèle toute son ampleur. Le nombre de
soldats tués est si important qu’il en devient impossible de renommer chaque rue existante.
Les prochaines attributions suivront dès lors les créations des nouvelles voies dont se dotera la
commune2.
La commune de Woluwe-Saint-Lambert lance une initiative intéressante : rebaptiser le
boulevard de Grande Ceinture au nom du président américain Brand Whitlock3. L
’idée est aus-
sitôt adoptée à Woluwe-Saint-Pierre « vu les services dont a fait preuve la nation américaine et
en particulier M. Brand Withlock envers notre pays »4.
Pour honorer la mémoire de son fls, M. Van den Driessche ofre à la commune 20 parts
du Port maritime de Bruxelles, d’une valeur nominale de 100 francs chacune. Les intérêts de
ces actions peuvent chaque année être attribués à l’enfant le plus méritant d’un soldat décédé,
dès qu’il accomplit sa dernière année à l’école primaire. Si les intérêts atteignent des sommes
conséquentes, celles-ci serviront chaque année à ofrir une bourse d’étude ou de travail au
titulaire de l’allocation5.
Une commission destinée à organiser des festivités dignes des héros de la guerre reçoit
un crédit provisoire de 25 000 francs en octobre 19196.
Un montant de 50 francs est alloué à chaque ancien combattant ou à ses parents.
Les veuves de soldats morts au combat recevront, elles, une allocation de 100 francs7.
Un arbre de la Liberté est immédiatement planté à Stockel, 1 200 francs sont alloués
à l’organisation de cette fête populaire8. En 1920, soucieux de faire décorer la salle des mariages
1918–1940
l’entre-deux-guerres
Nombre d’habitants
de la commune
1920
8 981
1925
11 076
1930
13 513
1935
15 071
1940
16 050
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197
de la maison communale, le conseil estime qu’une peinture reprenant les noms des soldats
morts au combat « conviendrait bien ». Il est question de passer la commande à l’artiste peintre
Jacques Madyol9, pour un budget de 3 000 à 4 000 francs10.
La même année, en août, la commune demande au sculpteur Wolfers un devis pour une
œuvre commémorative des soldats morts à la guerre et, dans l’immédiat, il est chargé d’ériger
une œuvre provisoire11. Le projet est initialement prévu en bronze et le socle en pierre bleue.
Une concession de 185 mètres2 est accordée, dans la pelouse A du nouveau cimetière, au
service des inhumations militaires12.
Les survivants s’organisent
La vie sociale est marquée profondément. Même les risques de manifestations de
joie, suite à la fn de la guerre, sont sévèrement contrôlés. « Au vu des circonstances par-
ticulières que vit le pays, et partant, la commune, suite au départ des Allemands … seuls le
« … une peinture reprenant les noms des soldats
morts au combat conviendrait bien à la nouvelle
décoration de la salle des mariages de la mai-
son communale … »
1918–1940 l’entre-deux-guerres
Paul Artot, Portrait
de Brand Withlock,
lithographie.
Dans la lettre datée
du 23 juillet 1921 par
laquelle il ofre l’œuvre
au bourgmestre
Thielemans,
Brand Withlock écrit :
« L
’artiste peintre belge
Paul Artot vient de faire
une lithographie de
moi, et je me permets
de vous en envoyer une
épreuve… Comme j’ai le
grand honneur de voir
une des avenues de votre
jolie commune porter
mon nom, je pense que
vous trouverez peut-
être dans votre maison
communale une petite
place pour y conserver
ce portrait, que je vous
prie d’accepter avec
l’expression de ma
gratitude. »
Administration communale de
Woluwe-Saint-Pierre, fonds des
œuvres d ’art.
Le rond-point Saint-Michel
dans les années trente, un
des premiers carrefours en
Belgique où la circulation
est réglée par une
signalisation lumineuse.
Archives communales de Woluwe-
Saint-Pierre.
Page 198Top

198
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
calme et la tranquillité peuvent garantir la sécurité et les intérêts du pays … les perturbations
que pourraient engendrer des déflés ou des manifestations populaires pourraient avoir des
conséquences efrayantes : il est donc strictement interdit de défler, de s’attrouper, de pertur-
ber l’ordre public … et une ronde est instaurée, elle sera menée par des habitants âgés de 21
à 50 ans, rétribués 1 franc de l’heure pour ce faire13. »
Le Bureau de Bienfaisance reçoit encore des subsides conséquents, 9 000 francs en
novembre 191814. En 1919, la commune décide de rendre accessibles les classes des écoles
communales aux élèves invalides15. Et le bureau de la population, à la maison communale, est
devenu trop exigu pour gérer l’afux des rapatriés et des nouveaux habitants16.
L
’ échelle des barèmes des salaires pour les employés communaux est adoptée, comme
promis, dès que les circonstances plus favorables le permettent, le 2 décembre 191817. Ils ont
fourni, durant les années de guerre, un travail redoublé. Les augmentations sont conséquentes.
Par exemple, le secrétaire communal aura un traitement annuel de 3 000 francs en début de
carrière et de 4 200 francs dès la 11e année de service. La fonction de commissaire de police
sera rémunérée de 2 500 à 4 000 francs18. Ces chifres doivent toutefois être considérés au vu de
l’infation de l’immédiat après-guerre. La pérennité du franc or est bel et bien un souvenir.
La commune fait le bilan de ses emprunts auprès du Crédit Communal. Ils s’élèvent, en
avril 1920, à un montant total de 1 516 513,01 francs, remboursables à court terme19.
En 1920, il est décidé que les employés communaux bénéfcieront dorénavant, outre les
jours fériés, de 12 jours de congé par an20.
Le corps de police communale se reconstitue peu à peu, quatre nouveaux agents sont
nommés en 192021. Et deux autres policiers viennent renforcer l’équipe dès 1921. Tous deux sont
d’anciens combattants 22.
le règlement communal du carnaval de 1922
insiste sur l’interdiction de porter des masques
et des armes.
Les cérémonies de la
Libération dans les rues
du Centre. Le char de
Saint-Pierre traverse en
cortège les rues
du Centre.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le Monument aux Morts
de Marcel Wolfers,
à l’angle de l’avenue
de Tervueren et de
l’avenue Parmentier.
Le monument ne porte
encore que les noms des
décédés de la Première
Guerre mondiale. La
stèle sera complétée
suite à la Seconde
Guerre mondiale.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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199
La loi du 17 octobre 1921 sur les bibliothèques publiques incite la commune à ouvrir une
bibliothèque provisoire dans la salle des mariages et à faire construire les meubles néces-
saires23. Le premier bibliothécaire est l’instituteur Petrus Hujoel, qui a depuis longtemps quitté
ses fonctions d’enseignant pour rejoindre les bureaux de l’administration communale24. La
bibliothèque est agrandie en 1928 et se voit dotée d’un bibliothécaire adjoint25.
Le goût des festivités revient peu à peu. Les kermesses de quartier sont à nouveau
autorisées dès le début des années ‘20. Le règlement communal du carnaval de 1922 insiste
néanmoins sur l’interdiction de porter des masques et des armes. Il est également interdit de se
promener déguisé en rue26.
Les privations et la cherté de la vie, encore et encore
Les conséquences économiques de la guerre pèsent encore lourdement sur la popula-
tion. Le Comité d’alimentation requiert encore de la commune 2 francs supplémentaires par
personne, alors que la commune ne dispose pas même de l’argent nécessaire pour assurer ses
propres obligations27. La prime destinée à compenser la cherté de la vie est prolongée pour les
ouvriers et employés communaux au 1er trimestre 1919. Elle est reconduite dès avril 1919 28. Une
gratifcation de 75 francs est accordée aux ouvriers de la commune pour les aider en ces temps
difciles29. La rente est reconduite en mai 191930.
Une requête des ouvriers de la commune est examinée en avril 1919. Ils demandent une
diminution des heures de travail et une augmentation de salaire. Les mesures seront appli-
quées dès que prendra fn l’allocation liée à la cherté de la vie31. Le 10 juin 1919, le conseil com-
munal vote la journée de huit heures et un salaire de 0,75 franc de l’heure pour les ouvriers
de 1ère classe. Les ouvriers de 2e classe toucheront, eux, 0,60 franc de l’heure32. La situation
reste compliquée et l’infation rend la vie très difcile. Les ouvriers de la voirie passent en 1920
à 1,5 franc de l’heure, car il faut bien admettre qu’ils ne peuvent assumer les besoins les plus
indispensables à leur famille33.
Le chômage devient un problème récurrent qui dépasse les seules circonstances de l’oc-
cupation34. Le Comité d’aide et d’alimentation demande dès avril 1919 une participation de 25 %
supplémentaire à l’intention des chômeurs35. Comme ces chômeurs involontaires tomberont tôt
ou tard à la charge du Bureau de Bienfaisance, la commune anticipe en votant une allocation de
3 000 francs par mois36. Mais pour un temps seulement. Comme ils « peuvent trouver du travail
en se donnant un peu de peine,… », l’intervention communale au fonds de soutien prendra fn
dès octobre37.
Le même Comité propose à la commune un lot de vêtements d’une valeur de
2 968,70 francs à distribuer aux élèves des écoles, communales et adoptées. La commune refuse
1918–1940 l’entre-deux-guerres
Le bourgmestre
Josephus Thielemans
et le corps de la police
communale en 1933.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 200Top

w
200
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
l ’hippodrome de Stockel
une première demande d’établissement d’un
champ de courses sur le territoire de Stockel est
lancée par Jules de Riemaeker, fondé de pouvoir
de l’hippodrome de Boitsfort, le 27 octobre
19061. une société de courses de chevaux est fon-
dée en 1907. elle sera taxée à raison de 225 francs
par réunion et 2 % du pari mutuel seront versés
au Bureau de Bienfaisance. la taxe sera ramenée
à 200 francs par réunion, à la demande du com-
missaire d’arrondissement2.
l ’attraction populaire et mondaine à la
fois que constitue ce champ de courses aura
un impact important sur le développement du
quartier. Dès 1907, M. lippens, administrateur-
délégué puis président de la Société anonyme
d’entreprise de Stockel demande, en compagnie
de Jules Du Jardin, l’autorisation de créer plu-
sieurs rues sur leurs terrains, entre la nouvelle
avenue vers Stockel, la future avenue Madoux, et
l’avenue Paule. l ’autorisation leur est accordée
aussitôt, ils devront toutefois veiller aux frais
d’entretien de ces nouveaux axes3.
De même, la commune décide d’élargir
et d’améliorer radicalement l’état de la rue au
Bois car « le trafc deviendra très considérable
entre la gare de Woluwe4 et la nouvelle avenue
vers Stockel par suite de l’établissement d’un
champ de course ». La rue au Bois sera élargie
« à 5 mètres entre les bordures depuis la gare
jusqu’à la nouvelle avenue dite Avenue Orban et
au-delà, un pavage de 3 mètres de largeur ». Elle
La foule des grands
jours à l’hippodrome
de Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La grande tribune de
l’hippodrome de Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 201Top

w
Le café à l’Hippodrome,
à l’angle de la rue au Bois
et de l’avenue Madoux, à
l’époque des grands prix.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le Tattersall,
avenue Salomé,
à l’emplacement
de l’actuelle église
évangélique allemande.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
201
reçoit en outre le contenu de plusieurs wagons
de cendre de houille5. Mais aussi, pour éviter
dorénavant toute confusion entre les deux rues
au Bois de l’ensemble de Woluwe-Saint-Pierre,
celle de Stockel sera dorénavant renommée rue
des Quatre-Bras6.
Les activités de l’hippodrome
les concours hippiques se tenaient
à l’emplacement qu’occupe actuellement l’athé-
née Crommelynck, avenue Orban, 73. Les obs-
tacles se situaient sur un large chemin de sable,
un obstacle entre chaque arbre ; la confguration
du parcours était très différente de celle des
jumpings actuels7.
Les alentours
la richesse de Stockel provenait essen-
tiellement du champ de courses. Tout un
« Quartier des Courses » se développa rapide-
ment. Selon les témoignages des riverains, les
chevaux étaient partout présents, à l’entraîne-
ment, en prairie, en promenade …
l ’élevage du baron Brugmann se situait
non loin de là, à Joli-Bois. À titre d’exemple, le
haras de M. a. Vloeberghs-rasse, rue du Champ
de Course, comptait 14 chevaux.
en mai 1922, une pétition des habitants
du Quartier des Courses se plaint de l’exploita-
tion malsaine de boxes privés8.
Le public
le public des courses à Stockel était
très varié. une foule considérable envahissait le
quartier les jours de manifestations hippiques. Le
champ de courses était très populaire car proche
du centre de la ville et accessible aisément par
le tram dont deux voies étaient établies avenue
Salomé afn d’amener le public directement aux
portes de l’hippodrome9. l ’avenue Salomé était
à l’époque une voirie privée qui faisait partie du
champ de courses. le tram opérait une boucle par
l’avenue Du Jardin. Durant les courses, les grilles
étaient fermées. les motrices et les remorques
stationnaient dans la double voie implantée ave-
nue Salomé, sur le côté des numéros impairs.
Plusieurs établissements de restauration
se sont très tôt établis aux alentours immédiats
du champ de courses. le café du Chalet Vert
– face au café du Chalet rouge – et le rossignol,
avenue Orban, l’astor avenue Salomé ou encore
l’hôtel Belvédère, accueillaient les parieurs et les
citadins venus prendre l’air le temps d’une balade
à la campagne. Ces cinq établissements des alen-
tours étaient très fréquentés. le café de la veuve
Jérôme, devenu le Mucha, avait également des
écuries. la plupart de ces cafés ont disparu ou
ont été transformés. le Chalet rouge et la Tour
d’argent en sont les seuls témoins actuellement.
en cas de paris malheureux, quand
certains parieurs se trouvaient en situation
délicate, les vols dans les villas des environs ren-
daient les habitants du quartier très méfants10.
l’hippodrome de Sotckel
Page 202Top


L
’aviateur Nicolas Kinet
au démarrage. Il mourra
quelques jours plus tard
lors d’un crash dû à une
bourrasque.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Les aviateurs Lanser
et Olieslagers en plein
vol, au-dessus de
l’hippodrome de Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’aviateur Olieslagers
en vol à 150 mètres
d’altitude lors du meeting
d’aviation de l’Exposition
universelle de 1910.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
202
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
d’herbe de l’avenue Grandchamp et sur la piste
cavalière13. la plupart des installations privées
ont maintenant été détruites. On peut toutefois
encore voir des haies d’obstacles sur le terrain de
l’athénée néerlandophone, derrière les bâti-
ments de l’école Mater Dei14. Des écuries sont
encore en place dans certaines propriétés de la
rue Mareyde15.
le déclin de l’activité hippique a suivi
de près la vente des terrains par la Société des
Courses qui a investi l’argent récolté dans l’hip-
podrome de Sterrebeek. la fermeture du champ
de courses en 1957 a été une catastrophe écono-
mique pour les commerces du voisinage.
Beaucoup d’habitants dépendaient du monde
des courses11. la vente des chevaux de course se
faisait au Tattersall, avenue Salomé, no 3, sur le
site de l’actuelle église évangélique allemande12.
L ’hippodrome de Stockel voyait se pro-
duire des centaines de chevaux, ce qui conférait
au hameau une ambiance tout à fait particulière.
Chevaux et jockeys, propriétaires et promeneurs
circulaient constamment entre les écuries, les
pistes et la forêt. Tout en côtoyant un univers
très différent, celui des habitants bien éloignés
des préoccupations du monde hippique. Par
exemple, il n’était pas rare de voir l’ardoisier
de Stockel faire brouter ses moutons sur l’allée
Page 203Top


l’hippodrome de Sotckel
Le champ de courses
de l’hippodrome.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
203
Les meetings aériens
l ’agencement du lieu et la proximité
de la ville permettaient également d’accueillir
des meetings aériens de quelque ampleur. la
première réunion marquera défnitivement l’his-
toire du quartier. La « Quinzaine d’Aviation de
Bruxelles-Stockel », inaugurée le 23 juillet 1910
par le roi albert Ier, entrait dans le cadre de l’ex-
position universelle de Bruxelles. l ’exposition
se tenait à la plaine du Solbosch, mais Woluwe-
Saint-Pierre avait offert d’accueillir l’ensemble de
l’exposition. Tous les aviateurs belges de renom,
une douzaine, étaient présents. L ’aérodrome de
Stockel avait l’avantage d’une piste courte. les
spectateurs pouvaient apprécier le ballet serré
des avions en vol, parfois nombreux à se croiser
en plein ciel. les infrastructures d’accueil im-
portantes qu’offraient les tribunes permettaient
d’installer confortablement un public dense.
lors de ce meeting de 1910, l’aviateur
Olieslagers réussira deux exploits : maintenir son
appareil en l’air durant 2 h 35 et atteindre l’alti-
tude de 1 524 mètres sur un monoplan Blériot.
Il fut récompensé par le Prix du roi.
Le jeudi 3 août, l’aviateur liégeois Nicolas
Kinet est pris par un coup de vent contraire,
à 100 mètres d’altitude. Son avion s’écrase dans
le champ derrière la gare de Stockel et il meurt
sur le coup. Son corps est transporté à la maison
communale de Wezembeek.
la société des courses de chevaux avait
fait la demande à l’administration pour que, lors
des réunions aériennes qui se tiennent de temps
à autre sur le site de l’hippodrome, la circulation
des automobiles soit interrompue dans les rues
proches, afn de prévenir tout danger. La requête
est toutefois repoussée. La circulation, les jours de
grandes manifestations, est devenue telle qu’on
ne peut plus envisager ce genre de restriction16.
la Première Guerre mondiale met un frein
aux activités aéronautiques à Stockel. Mais elles
restent présentes dans les préoccupations admi-
nistratives. en août 1915, un règlement communal
instaure une taxe de 50 francs par réunion17.
Le cynodrome
Un cynodrome y a été actif durant la
Première Guerre. les courses de chiens sont
taxées à 50 francs par réunion en 191518 et
200 francs en 191619.
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204
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
dans un premier temps, accablée par l’ampleur de ses obligations courantes38. Elle fnit par
accepter l’ofre dès l’approche de l’hiver, en octobre 191939.
En avril 1919, la commune décide d’aligner une allocation extraordinaire liée à la cherté
de la vie des employés communaux sur celle qu’accorde l’État au personnel enseignant40. Les
arriérés sont également pris en compte41.
Dans le but de relancer le commerce libre, et de fermer tôt ou tard le magasin com-
munal, on décide de ne plus l’approvisionner qu’en sucre dès février 191942. Dès avril 1919, on
procède à l’évaluation des dégâts occasionnés par son activité au local qui l’a abrité43. Et dès
octobre 1919, quand le Comité d’aide et d’alimentation fait savoir qu’il mettra bientôt un terme
à son activité et s’enquiert de son éventuelle reprise par l’administration communale, il est tout
simplement décidé de le liquider et de le fermer au plus tôt44. Les comptes du magasin sont
clôturés en 1921, avec un défcit fnal de 4 469,06 francs45.
Le Bureau de Bienfaisance vend des biens, des terres et des prairies, qu’il possédait
à Wezembeek, à Sterrebeek, à Neerijse en octobre 191946. Il reste difcile de fnancer ce Bureau
de Bienfaisance. Une taxe sur les mariages en est la preuve. Début 1921, il est décidé que les
mariages pourront se faire gratuitement les mercredis et les samedis de chaque semaine. Les
autres jours, une taxe de 20 francs bénéfciera au Bureau de Bienfaisance. Si une marquise est
dressée devant la maison communale, une taxe supplémentaire de 50 francs sera versée dere-
chef au Bureau47.
L
’ allocation de soutien face à la cherté de la vie est prolongée durant toute l’année 1921.
Aux soucis économiques s’est ajoutée une sécheresse qui a encore accentué la montée des prix
des denrées48.
La loi du 10 mars 1925 institue les Commissions d’Aide sociale. La commune met en
place aussitôt une commission de 6 membres actifs, au prorata des 9 917 habitants de l’entité49.
Jeanne-Marie Sterckx-Potdor est le premier des 6 membres nommés à cet ofce50.
L
’ ancienne propriété Dumon est cédée provisoirement, et à titre révocable, à la section
de Stockel de l’Œuvre des Nourrissons (Werk der Zuigelingen)51.
Dès février 1926, une allocation maternelle est mise en place au bénéfce des mères dému-
nies. Elles recevront une allocation de 75 francs par naissance, si les revenus de la famille n’ex-
cèdent pas 9 000 francs pour un ménage de trois personnes et 12 000 francs pour un ménage de
4 personnes ou davantage52. Le fonctionnement de ce « Fonds des Mères » est revu en 1935. Chaque
nouvelle mère recevra 1 000 francs par naissance et 3 francs par jour durant 30 jours, si elle s’en-
gage à ne pas fournir de travail lourd et que les revenus familiaux ne dépassent pas 15 000 francs
par an. La naissance de jumeaux lui octroie 50 francs supplémentaires53. En 1936, il faut bien
admettre que les futures mamans ne saisissent pas leur chance. Quatre d’entre elles seulement ont
suivi des visites prénatales, vingt-quatre ont tout simplement négligé d’en profter54.
La crise économique des années trente a des efets concrets sur les habitants. En
1935, le conseil communal s’émeut de la situation des chômeurs notamment : « … les produits
de première nécessité (sont) plus chers à Woluwe-Saint-Pierre que dans la capitale, or les
« … notre commune fait partie de
l’agglomération bruxelloise et la vie, les loyers,
etc. sont au moins aussi élevés qu’à Bruxelles et
dans les faubourgs immédiats … »
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205
chômeurs syndiqués de la commune sont classés en 4e catégorie au point de vue secours … (le
conseil) émet le vœu que la commune soit classée dans la 3e catégorie pour les indemnités de
chômage … » Et à propos des Habitations à Bon Marché « les loyers ont été augmentés à trois
reprises, bon nombre de locataires sont dans l’impossibilité de satisfaire à leurs obligations.
Le conseil exprime le vœu que les loyers soient diminués et demande au Conseil d’Administra-
tion de la société de réunir d’urgence le comité local … »55. Le conseil estime, en juillet 1935, que
« … notre commune fait partie de l’agglomération bruxelloise et que la vie, les loyers, etc. sont
au moins aussi élevés qu’à Bruxelles et dans les faubourgs immédiats … »56.
En contrepartie du développement urbanistique, des marchés matinaux sont créés en
1935, à Stockel et au Centre, sur une initiative du conseiller D. Dejonghe, pour qu’y soient vendus
« des animaux et des matières périssables »57. Les marchés de plein air se tiendront dorénavant
de 6 à 10 heures du matin de mars à septembre et de 7 heures à 10 heures 30 en hiver58.
éVOLUTIOn POLITIqUE
Dans un premier temps, le parti catholique occupait les devants de la scène comme au
xixe siècle. Cet essor doit probablement être mis au compte de la proclamation du sufrage uni-
versel pur et simple au lendemain de la guerre. Cette même décennie voit cependant les partis
libéral et socialiste progresser de manière régulière à chaque élection communale. Des sections
locales des deux partis s’organisent. Leur présence démontre que l’électorat de la commune
s’est diversifé suite à l’arrivée de nombreux citadins issus de communes où ces partis déte-
naient une audience importante59.
La diversifcation du paysage politique de la commune eut pour corollaire l’apparition
de petits journaux, généralement bilingues, organes des sections locales des partis rapportant
programmes politiques et commentaires relatifs à la gestion communale. Leur parution était
souvent irrégulière. L
’ association libérale de Woluwe-Saint-Pierre publia pour la première fois
son organe, l’Avenir des Woluwe, commun aux sections de Woluwe-Saint-Pierre jusqu’en 1929,
à la veille des élections de 192160.
La « commission de séparation du hameau de Stockel » fait une nouvelle tentative en
septembre 1927, tentant de connaître les chifres exacts de population des deux pôles de la com-
mune, mais sans aucun succès, la commune refuse de lui communiquer quoi que ce soit61.
Woluwe-Saint-Pierre et la question du Grand Bruxelles
Le bourgmestre de Bruxelles, Adolphe Max, élabora un premier projet d’incorporation
de toutes les communes urbanisées entourant Bruxelles en 1919 et 1920. Ces projets furent dans
un premier temps vigoureusement rejetés par le conseil communal de Woluwe-Saint-Pierre,
par crainte comme ailleurs de perdre l’indépendance et l’autonomie locales62. La méfance est
de mise dans les premiers temps. La commune préfère se renseigner sur les conditions et les
charges que risque d’engendrer ce projet de réorganisation63.
Expansion démographique et évolution linguistique
La croissance ininterrompue des francophones trouve son origine dans l’arrivée tou-
jours plus importante de Wallons, attirés par le marché du travail qu’ofrait Bruxelles, et l’usage
toujours plus répandu du français chez les Flamands de souche qui considéraient son appren-
tissage comme un signe – sinon une obligation – d’ascension sociale.
La question de l’adhésion au Grand Bruxelles pose clairement la question de la gestion
linguistique de la commune. En 1921, le conseil communal estime que la population de la com-
mune est bilingue et vote à l’unanimité le souhait que la commune suive le régime instauré pour
l’agglomération bruxelloise64.
La loi du 25 juillet 1921 demande aux communes de l’agglomération de se prononcer sur
leur choix linguistique. Woluwe-Saint-Pierre se déclare en équilibre linguistique, la population
est bilingue et le nombre d’habitants famands équivaut celui des francophones. Il est donc
décidé de pratiquer les deux langues dans l’administration65.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
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Le bourgmestre
Josephus Thielemans
lit un discours depuis la
tribune de l’hippodrome
de Stockel.
Collection Jozef Laureys.
206
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le conseil communal se prononce, en novembre 1922, pour la création d’une université
famande dans le pays et le maintien de l’université francophone de Gand66.
Rappelons enfn que la loi du 28 juin 1932 établit un régime bilingue dans les seize com-
munes dont Woluwe-Saint-Pierre67. Un tassement de la poussée démographique se produit
dans les années suivant la Première Guerre, en particulier en 1931 et en 1939, peut-être sous
l’efet de la crise économique mondiale.
Dès juin 1932, les registres du conseil communal sont tenus en français. Et quatre mois
plus tard, le 21 octobre, le conseil se prononce sur le fonctionnement linguistique de la com-
mune : « revu la délibération du 8 novembre 1921 prise en exécution de la loi du 3 juillet 1921 ; vu
l’article 2 § 1 de la loi du 28 juin 1932 … l’usage du Français en ce qui concerne la correspondance
avec les administrations communales de l’agglomération bruxelloise et avec les départements
centraux et les autorités publiques soumises à la loi du 28 juin 1932 ; … les services intérieurs
de la commune … usage des deux langues selon la langue dans laquelle les afaires sont intro-
duites … les publications destinées au public … bilingues … »68.
Les 25 ans de mayorat du bourgmestre Thielemans sont fêtés le 26 mars 1929.
Le discours qui l’honore reprend quelques faits marquants de ce quart de siècle. « … les
transformations de notre commune … qui passe de 3 000 à 13 000 habitants … qui passe de
« … les transformations de notre commune …
qui passe de 3 000 à 13 000 habitants … qui
passe de 1 à 13 instituteurs à Stockel, qui est
passée du petit village d’autrefois à la plus belle
banlieue de Bruxelles … »
Page 207Top

La rue Félix Poels, dans
le Centre, fraîchement
renommée en hommage
à un habitant tombé
durant la guerre en tant
que soldat.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
207
1 à 13 instituteurs à Stockel, qui est passée du petit village d’autrefois à la plus belle banlieue de
Bruxelles … ». Et d’évoquer des kilomètres de nouvelles voiries et la commune la plus riche de
toute la région. Le discours évoque aussi un fait resté discret. Le bourgmestre a été incarcéré
une quinzaine de jours durant la Première Guerre mondiale et deux collaborateurs – terme
sans connotations négatives dans l’esprit des membres de l’administration à l’époque – se sont
proposés à le remplacer en captivité69.
Le développement de la voirie et l’urbanisation
La question d’un nouveau cimetière, chaussée de Stockel, revient plus que jamais
à l’ordre du jour, lancinante et pressante. Une première soumission est ouverte et deux entre-
preneurs de Saint-Gilles, F. Witpas et Fr. Weemaes, sont nommés adjudicataires70. Un cahier
des charges de 105 058, 10 francs est approuvé, les travaux peuvent commencer dès février
191971. Un nouveau fossoyeur est nommé provisoirement en mai 1919, il touchera 3 francs par
tombe et 20 francs par exhumation72. Les concessions, elles, coûteront 300 francs le mètre pour
les 1ère classes, 200 francs pour les 2e classes et 100 francs pour les 3e classes73. Les aménage-
ments annexes du cimetière, la clôture, le reposoir, l’habitation du gardien, etc. sont attribués
à l’entrepreneur Eugène Waroquiers de Schaerbeek pour un montant de 159 417 francs74.
Il est en outre chargé, dès 1920, de construire un calvaire, pour un devis de 8 212,91 francs, pour
le nouveau cimetière75.
Après la guerre, les travaux d’aménagement des voiries reprennent, vaille que vaille. La
rue Félix Poels, tout nouvellement rebaptisée (partie de l’ancienne rue de l’Église, entre la mai-
son communale et la rue du Duc) doit être élargie et la commune rachète un bien à raison de
8 000 francs pour que son propriétaire fasse détruire la maison et évacuer les débris dans les
deux mois76.
Les anciens cimetières doivent être partiellement déplacés afn d’agrandir la rue Jean
Deraeck, dans le Centre, et la rue de l’Église, à Stockel77.
Peu après, pour des raisons de sécurité, les lanternes en place seront dédoublées78.
Il faut attendre le mois d’octobre 1920 pour que toutes les lanternes soient à nouveau
allumées chaque soir dans les rues79.
La taxe sur les automobiles est doublée en juillet 191980. La commune ouvre des soumis-
sions pour des emplacements de taxis. Quatre places sont prévues au rond-point Saint-Michel,
1918–1940 l’entre-deux-guerres
Page 208Top


208
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Un projet de jardin botanique
au parc de Woluwe (1936)
Marc Meganck
En 1936, un projet visait à établir le nouveau jar-
din botanique de Belgique … au parc de Woluwe.
À cette époque, le jardin était encore situé entre
la place Rogier et la rue Royale.
Pour rappel, le premier jardin botanique
de Bruxelles fut établi à la fn du xviiie siècle
dans le haut de la ville, près de l’ancien palais
de Nassau, soit entre l’actuelle rue de la régence
et le Mont des arts. le manque d’espace força
fnalement le déménagement du jardin qui fut
installé en dehors de la porte de Schaerbeek.
Inauguré en 1829, ce nouveau jardin s’articulait
autour d’un bâtiment néoclassique doté de serres
et d’une orangerie. L ’État en ft l’acquisition en
1870 ; c’est à ce moment que naquit véritablement
le « Jardin Botanique de l’État », ancienne appel-
lation du Jardin botanique national de Belgique.
Au fl des décennies, on perçut rapidement les
limites du site, de plus en plus à l’étroit en raison
du dense environnement urbain.
Sous léopold II, on avait envisagé de
regrouper le jardin botanique et le musée d’His-
toire naturelle sur le plateau de Koekelberg, au
parc de Woluwe ou dans le parc de Tervuren.
aussi, dès 1927, un député bruxellois avait
déjà lancé l’idée du domaine de Bouchout,
à Meise. D’autres préfèrent encore le site de
rouge Cloître à auderghem. à partir de 1935,
le projet du tunnel de la jonction ferroviaire
Nord-Midi passant sous le jardin accéléra la
recherche d’un nouveau site. entre 1935 et 1939,
le déménagement du jardin ft d’ailleurs l’objet
de vives discussions tant dans la presse que
dans l’opinion publique, tellement qu’on parla
même d’une « Affaire du Botanique ». Deux sites
étaient particulièrement courtisés : Tervuren et
Woluwe-Saint-Pierre.
le choix de Tervuren était soutenu par le
ministre des Colonies albert De Vleeschauwer,
qui aurait aimé voir le jardin botanique établi
aux côtés du musée colonial. Il insistait sur-
tout sur le côté scientifque de l’institution :
« Le Botanique doit redevenir un établissement
susceptible de servir l’enseignement, alors qu’il
n’est plus qu’un lieu de promenade »1. Selon
De Vleeschauwer, ce pôle scientifque devait être
utile aux centres universitaires de Bruxelles,
louvain et Gembloux.
La décision d’établir le jardin au parc
de Woluwe était, quant à elle, défendue par le
second gouvernement Van Zeeland. un pro-
jet d’implantation fut même réalisé. Daté de
novembre 1936, le plan signé par Robyns est inti-
tulé « Nouveau Jardin Botanique de l’État. Projet
d’implantation ». Il est édité par le ministère des
Travaux publics (« Ponts et Chaussées. Brabant,
1er arrondissement, parc de Woluwe »). Ce projet
prévoyait la construction de plusieurs bâtiments
dans le parc : un « grand bâtiment » destiné à l’ac-
cueil et à l’administration, le « palais des serres »,
des serres de cultures et des annexes, un « bureau
des cultures », ainsi que trois habitations ou
« bungalows » pour le personnel. L ’entrée princi-
pale serait située avenue de Tervueren tandis que
des « clôtures » délimiteraient l’ensemble. En ce
qui concerne les plantations, Robyns envisageait
de présenter les « Aspects de Végétation de la
Belgique » dans la vallée du Diable ; il dessina
aussi des « pépinières » de même que, directe-
ment à l’ouest du bâtiment principal, une zone
réservée aux « Collections Systématiques ».
Le projet était loin de faire l’unanimité.
la Fédération nationale pour la Défense de
la Nature (« Groupement des Sociétés scienti-
fques, régionales et touristiques de Belgique
pour la Défense des régions naturelles, des
Sites et des Monuments ») s’inquiétait parti-
culièrement du projet de transfert du jardin
botanique au parc de Woluwe. le 12 mai 1937,
son secrétaire général, edmond Devadder,
adressa une lettre à Mr. Merlot, ministre des
Travaux publics à Bruxelles : « De l’avis unanime
des spécialistes, il n’est pas admissible qu’il
puisse y être construit environ deux hectares
de bâtiments divers et de serres. Ces bâtiments
détruiraient sans nul doute les belles perspec-
tives et le caractère grandiose que lui ont donné le
Roi Léopold II »2. Plus loin, Devadder soulignait
le fait que d’autres emplacements pouvaient
convenir pour l’établissement d’un jardin bota-
nique, notamment à Auderghem : « Certains avis
ont déjà été donnés au sujet des terrains situés
entre la chaussée de Wavre et le site de Rouge
Cloître ( …). Il y a lieu d’ajouter que le voisinage
du Jardin Botanique et du Jardin Expérimental
Jean Massart serait vivement souhaitable, ce
dernier étant de nature à compléter considé-
rablement l’intérêt scientifque et éducatif du
premier »3. Devadder poursuivait d’ailleurs en
faveur du site de Rouge Cloître : « L ’établissement
du Jardin Botanique dans les terrains situés
Robyns. Nouveau Jardin
Botanique de l’état.
Projet d’installation
(détail)
1. Grand bâtiment (accueil
et administration)
2. Palais des serres
3. Serres et cultures
annexes
7
Page 209Top


209
à front de la chaussée de Wavre amélioreraient
considérablement les abords des étangs de Rouge
Cloître, situés à la lisière de la forêt et, actuelle-
ment, mal entourés vers le sud-ouest. »4
On ne sait dans quelle mesure les
protestations de la Fédération nationale pour
la Défense de la Nature portèrent leurs fruits.
Néanmoins, le plan de Robyns fut fnalement
reconnu insuffsant par le ministère des Travaux
publics. Le Jardin botanique national de Belgique
sera fnalement établi, non pas à Rouge Cloître
comme le souhaitait edmond Devadder, mais
dans le domaine de Bouchout, acheté par l’état
à la famille royale le 1er janvier 1939.
Les bâtiments de l’ancien jardin
botanique servent désormais de cadre au
Centre culturel de la Communauté française
de Belgique. Quant au parc de Woluwe, il a
tout simplement conservé sa fonction initiale
d’espace vert public …
Hof te Stokkel,
« Vieille ferme Stockel »
Archives Woluwe-Saint-Pierre
Un projet de jardin botanique au parc de Woluwe (1936)
4. Bureaux des cultures
5, 6 et 7. Habitations
du personnel
Bruxelles, Archives des musées
royaux d’Art et d’Histoire (dossier
Woluwe-Saint-Pierre) : novembre
1936, ministère des Travaux
Publics, Ponts et Chaussées,
Brabant, 1er arrondissement,
parc de Woluwe.
1
3
4
2
5
6
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210
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
deux places au square Léopold81. Elles seront attribuées moyennant des redevances de 500
à 1 600 francs par an82. Dès janvier 1920, une place de taxi est accordée au croisement de la
rue au Bois et de l’avenue Orban-Van Volxem pour une redevance de 100 francs par an, mais le
bénéfciaire est clairement averti que la commune ne se sent en rien responsable si, durant les
courses, d’autres véhicules utilisent cette place, même sans autorisation83.
De nouveaux chemins doivent être inscrits à l’atlas communal en 191984.
Les premières bases sont posées pour une avenue menant à Wezembeek et une autre
reliant l’avenue de Tervueren et la future place communale85.
La crise économique des années trente freinera nettement les travaux d’aménagement
et de développement. La situation économique n’interdit toutefois pas certains projets éton-
nants. Une demande de permis de bâtir d’un immeuble de 12 étages au rond-point du boulevard
Saint-Michel est refusée en octobre 1931 car « une construction pareille va déparer l’esthé-
tique de l’avenue de Tervueren. L
’ autorisation ne peut être donnée, la hauteur limite (est fxée)
à 6 étages … »86.
Quand la commune d’Ixelles propose de participer aux frais de construction d’un bassin
de natation, il lui est répondu que la question sera soumise aux services compétents au moment
opportun ; quand la situation économique sera améliorée87.
Le développement rapide des nouveaux quartiers, rendu aisé par la multiplication et la
facilitation des transports communs et individuels, prend parfois trop d’avance sur les infras-
tructures. « Vu la situation hygiénique lamentable du nouveau quartier créé à droite de l’ave-
nue de Tervueren, de l’avenue des Volontaires, de la rue Bemel, des quartiers du Vogelzang, de
Stockel Village, du plateau et de la cité-jardin … vu la nécessité urgente d’améliorer et d’assainir
la vallée de Bemel et du Stockel Vloedgroebbe, vu l’acuité et la durée de la crise économique
imposant aux pouvoirs publics l’impérieuse nécessité de lutter contre le chômage, vu les pro-
messes fnancières du département de la Prévoyance Sociale pour l’exécution de travaux d’hy-
giène … » la commune se voit pressée par les habitants et la situation de « commencer tous ces
travaux … »88.
La croissance a ses revers. Les immondices ne peuvent plus être résorbées à l’échelle
locale. « Après des plaintes (des habitants), la commune fera partie de la Société intercom-
munale pour l’éloignement d’immondices des communes de l’agglomération bruxelloise, et
s’engage à verser sa quote-part … »90. La construction d’égouts dans le quartier du Bemel91
commencent en 1933, plusieurs autres quartiers suivront en peu de temps92. La même année,
le Vloedgroebbe, à Stockel, est canalisé et peut dorénavant servir d’égout pour le quartier93.
Dès octobre 1933, les égouts du quartier du Chant d’Oiseau sont projetés94. Et les premiers
égouts du plateau de Stockel sont mis en œuvre dès la fn de l’hiver 193495.
Le centre de Stockel entre dans une phase de développement décisive quand
La cité-jardin de la Forêt
Délimitée par le périmètre avenue des Dames
Blanches – rue Dumoulin – rue au Bois, la cité de
la Forêt offre un paysage architectural tout dif-
férent : petites maisons de type ouvrier – parfois
couplées – à un étage avec grenier ou mezzanine
sous combles, façades blanches, ocres, roses ou
beiges, toitures de tuiles orange, jardinets. Rue
Dumoulin subsistent aussi, à l’arrière des mai-
sons, quelques terrains potagers89. la cité reçut
le surnom de Tir aux Pigeons, allusion à une
activité pratiquée dans les parages, puis celui
de Maroc, censé évoquer son isolement et ses
constructions aux murs de crépi blanc. Des cafés
s’appelaient alors à l’Oasis et Le Pigeon marocain.
la longueur des chantiers, entre 1923 et 1948,
explique l’évolution d’un style cottage vers un
modernisme modéré dans une seconde phase.
les services et les équipements communautaires
prévus ne virent jamais le jour.
Page 211Top

L
’équipe de football
du White Star.
À l’arrière-plan, la
maison du docteur
Crousse.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le chalet-club house
du White Star.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
211
commencent les tractations de rachat des propriétés de la famille Dumon, dès la fn de l’année
192196. La « Campagne Dumon » est achetée 600 000 francs en 192497, dans l’idée très claire de
prolonger l’avenue Orban-Van Volxem et de développer l’urbanisation du quartier98. Le terrain
sera partiellement loti, percé de nouvelles avenues et une place publique est prévue au terminus
du tram99. Le parc est aménagé pour être ouvert gratuitement au public100.
Le club White Star, qui entrera en division d’honneur en 1934, y a ses quartiers. Ses
membres seront reçus avec tous les honneurs par les édiles communaux. Sa demande d’un
subside de 125 000 francs pour l’agrandissement et l’amélioration de sa « plaine de jeu » sera
toutefois refusée comme telle. Les subsides seront accordés « éventuellement selon les travaux
efectués et les succès qui seraient obtenus ». D’autant que le terrain est loué jusqu’en 1945 et
que rien n’assure l’avenir du club dans les lieux101.
Le collecteur de la Woluwe
En 1925 est constituée, sous l’égide de la province de Brabant et avec la participa-
tion de toutes les communes du bassin hydrographique de la Woluwe, la Société coopérative
pour l’Aménagement et l’Assainissement de la vallée de la Woluwe. Cette société entreprit la
construction des collecteurs d’égouts principaux au fond de la vallée de la Woluwe et de ses
principaux afuents.
Woluwe-Saint-Pierre, destination touristique
Le développement urbanistique a défnitivement sorti Woluwe-Saint-Pierre de sa dimen-
sion rurale, au cours des années trente. Et le développement des communications rend chaque
quartier plus accessible à chacun. Une campagne de mise en valeur de la commune est tentée
à l’été 1935. « Tourisme : vu proposition de la commission des Sites concernant l’impression de
100 000 timbres de propagande et le lancement d’un dépliant avec texte, vues, réclames géné-
rales d’habitation et villégiatures et de réclames payées par des personnes particulières et par
des frmes intéressées, (le conseil décide de) faire imprimer 20 000 timbres de chacune des
5 vues les plus artistiques, soit 100 000 timbres … lancer le dépliant avec l’aide fnancière d’orga-
nismes privés (sociétés mobilières, hôteliers, restaurateurs de la commune, etc … »102.
Dans le même esprit de développement d’une ville à la campagne, une proposition,
manifestement restée sans suite, aurait pu transformer profondément les abords de l’avenue
de Tervueren. La Société zoologique de Bruxelles souhaite racheter un terrain de la Société des
Habitations à Bon Marché, entre la rue au Bois et la propriété du duc de Guise, afn d’y installer
un jardin zoologique. La commune a déjà l’intention d’établir une école et un stade. La commune
accepte de déplacer ses projets vers des terrains contigus car la création d’un jardin zoologique
« serait d’un intérêt général »103.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
Page 212Top

L
’institut Saint-Georges,
œuvre de Don Bosco,
façade principale avenue
du Val d’Or.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Une classe de l’institut
Saint-Georges, œuvre
de Don Bosco.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
212
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
En avril 1937, la Société nationale des Chemins de fer belges demande l’autorisation de
faire passer par la commune une nouvelle ligne de bus reliant la rue de Malines, à Bruxelles, à la
petite ville de La Roche-en-Ardenne. L
’ ofre est jugée tellement intéressante que l’autorisation
est donnée aussitôt, et que deux arrêts sur la commune sont sollicités104.
L
’EnSEIGnEMEnT
Vu le nombre sans cesse croissant d’enfants en âge de scolarité, l’administration com-
munale développa considérablement son propre réseau d’enseignement maternel et primaire
durant l’entre-deux-guerres.
La mise en application de la loi du 19 mai 1914 sur l’obligation scolaire des enfants de
6 à 14 ans, application retardée à cause de la guerre, pousse l’administration à ouvrir une classe
de 7e année primaire dans les écoles communales et dans l’école des flles, école « adoptée » de
Stockel105. Le projet est étendu à l’enseignement des adultes dès 1923. Les cours seront assurés
par les enseignants des écoles communales. Ces cours du soir seront rémunérés 600 francs
par an106.
À la rentrée 1922, l’administration adresse une nouvelle lettre aux parents d’élèves les
invitant à envoyer leurs enfants dans les écoles de la commune107.
L
’ école du Centre, construite lors d’une première grande phase de croissance démo-
graphique, en 1913, est constamment agrandie et réaménagée au fl des décennies. L
’ école est
agrandie en 1923 et en 1928 pour compter alors 28 classes.
L
’ école catholique Don Bosco, ouverte en 1925 pour l’enseignement technique profession-
nel, sera agrandie dès 1960. La concurrence qu’elle ofre avec l’enseignement professionnel et
technique mis en place par la commune constitue une préoccupation récurrente. La commune
« … la création d’un jardin zoologique serait
d’un intérêt général … »
Page 213Top

213
Le quartier de Joli-Bois
Le quartier de Joli-Bois
et l’église Sainte-alix
Construite dans l’axe de l’avenue van der
Meerschen, l’église Sainte-alix occupe le
centre de l’ancienne piste d’entraînement du
champ de courses de Stockel, créé en 1906. le
développement urbanistique et démographique,
dans ses alentours immédiats, avait peu à peu
compliqué ses activités durant l’entre-deux-
guerres. Ses activités furent déménagées
à Sterrebeek en 1957.
Tout au plus, la colonie libertaire des
anarchistes de Stockel avait-elle investi aupara-
vant le plateau, en 1905–1906, par souci, précisé-
ment, de son isolement1.
la Société du bois de la Cambre installe
en 1910 un stand de tir aux pigeons qui fonction-
nera jusqu’en 1955.
une première vague de lotissement
se développa entre 1922 et 1926. Un projet de
la Société coopérative des Constructions et
Habitations à Bon Marché de Woluwe-Saint-
Pierre fait construire la cité-jardin de la Forêt.
l ’ensemble comptait quelque 400 habitations et
regroupait environ 1200 habitants2. le quartier
était desservi par la rue au Bois et la drève de la
Demi-Heure. Son enclavement relatif lui avait
valu le surnom de « Maroc », car en plein désert,
ou encore de Tir-aux-pigeons, car proche du
stand de tir sportif 3.
Dans l’immédiat après-guerre, le
quartier de Joli-Bois connaît un développement
urbanistique rapide grâce à l’aménagement des
terrains précédemment occupés par l’ancienne
piste d’entraînement de l’hippodrome de
Stockel. en 1950–1951, et par après en 1955, de
nouveaux appartements et de nouvelles maisons
sont construits avenue des Dames Blanches par
la Société coopérative de Construction d’Habita-
tions à Bon Marché.
L’école de Joli-Bois
En 1939, le quartier de Joli-Bois est doté
de sa propre école communale, agrandie à son
tour en 1951 et en 1958. les premiers instituteurs
sont nommés dès mars 1939, louise Crockaert,
institutrice primaire, et léon Dans, instituteur
primaire aux écoles de Woluwe-Saint-Pierre4.
Le quartier de Joli-Bois
en mai 2011.
Photothèque communale.
L
’avenue de Joli-Bois
menant au corps central
de l’école communale
actuellement.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’avenue de Joli-Bois
en 1949.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 214Top


Le champ de courses
et les premiers
développements du
quartier de Joli-Bois
en 1952.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
214
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
une horloge est posée à l’école en août 19395.
une première demande d’instaurer
un jardin d’enfants avait été émise au conseil
communal dès l’hiver 19276. Il faudra toutefois at-
tendre et attendre encore. La commune fnit par
décider, en septembre 1956, de construire une
école gardienne sans aucun subside de l’état7.
la commune met à la disposition des
groupements locaux, et notamment du basket
club de Joli-Bois, un chalet communal situé rue
Balis, en vue de permettre des réunions à carac-
tère éducatif, récréatif et sportif, sans aucune
redevance d’occupation8.
un cours de religion protestante est créé
à l’école de Joli-Bois en 1954, à la demande des
parents9. une classe pré-gardienne, pour l’accueil
des enfants de 2 à 3 ans, est ouverte dans l’école
pour les flles en 195910. une première expérience
de classe mixte est ouverte à la rentrée de 1960
et, à la demande des parents, une classe « néer-
landaise » (sic) pour le premier degré. La classe
de première année est confée à la directrice de
l’école des flles, la classe de deuxième année au
directeur de l’école des garçons11.
Page 215Top


La nef de l’église Sainte-
Alix dans les années
1960.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
215
l ’église Sainte-alix
L’église Sainte-Alix
Cette élégante église néo-romane fut
construite à l’initiative – et aux frais – d’un habi-
tant de Woluwe-Saint-Pierre.
Le négociant en tissus Jules Waucquez12
et son épouse Maria Van Glabbeek voulaient
commémorer le souvenir de leur flle Alix en
offrant la construction d’une église à l’arche-
vêché de Malines. La jeune femme était âgée
de 35 ans et mère de deux garçons quand elle
succomba à une mauvaise grippe en janvier
1933. une de ses sœurs avait épousé un membre
de la famille van der Meerschen, propriétaire de
plusieurs terrains à Joli-Bois. La famille van der
Meerschen offre alors à l’archevêché une partie
de ces terrains. l ’ensemble de leurs donations
totalise plus de 30 ares entre 1934 et 1936.
le quartier continue à se structurer et
quelques grandes avenues sont tracées. elles
reçoivent les noms des donateurs, ou de leurs
conjoints13. l ’ancien quartier, dont les avenues
avaient été nommées en honneur des soldats de
la Première Guerre, se voit prolongé plus avant
vers la forêt de Soignes.
les plans de l’église sont commandés
à l’architecte Léonard Homez. La première pierre
est posée dès 1935 en présence des familles des
donateurs14. Dès la fn du mois d’avril 1936, la
voûte ellipsoïdale, les deux confessionnaux en
saillie et la chapelle votive sont achevés. le pave-
ment en marbre, la tour et les aménagements
intérieurs sont terminés peu après.
L ’édifce tout en briques, doté d’une tour
carrée de 24 mètres surmontée d’un clocher de
7 mètres, est inspiré des églises néo-romanes
construites peu auparavant aux Pays-Bas, dont
était originaire l’épouse de Jules Waucquez15.
le conseil communal du 26 mars 1936
constitue la chapellenie Sainte-alix, ressor-
tissant à la paroisse Saint-Paul16. l ’église est
ouverte au culte et bénie par le cardinal Van Roey
le 26 juillet 1936. Les paroissiens des alentours
immédiats sont autant les comtes de Paris, rési-
dant au Manoir d’Anjou, que les habitants de la
cité-jardin qui, auparavant, se rendaient à Saint-
Paul ou à Notre-Dame de Stockel.
les aménagements se poursuivent. Deux
cloches sont installées en 1936 – Julie et Marie.
Suivront une horloge, un harmonium et un
ensemble de statues qui complètent le fonction-
nement de l’église17. Dans la chapelle votive, une
statue de sainte Alix, réalisée par Harry Elström
en 1937, commémore la sainte de l’abbaye de la
Cambre et la jeune Alix Waucquez.
le 16 septembre 1941, durant la guerre,
la chapellenie Sainte-alix est érigée en paroisse
autonome suite à l’urbanisation rapide du
quartier. elle contribue à son enracinement en
constituant un nouveau pôle dans la commune
de Woluwe-Saint-Pierre.
un orgue, copie d’un orgue allemand du
xviie siècle, est installé en 1958 dans le jubé18.
en 1962, le sculpteur alcide Mathieux
crée la Vierge à l’enfant qui orne le parvis de
l’église19. les anciens locaux du champ de
courses, utilisés par les mouvements de jeunesse
de la paroisse, disparaissent dans un incendie en
février 196020. Depuis 1974, la paroisse est jume-
lée avec celle de Kamonyi au Rwanda, à 26 kilo-
mètres de Kigali21.
Lors des fêtes du cinquantenaire de
l’église, en 1985 et 1986, la clef de voûte du
porche est renouvelée. elle porte dorénavant
l’inscription bilingue Sainte Alix – Sint Aleidis22.
De nouveaux vitraux sont placés en 2000.
Ces œuvres abstraites de Jan Goris, artiste peintre
de la paroisse, veulent essentiellement jouer sur la
lumière comme support de méditation23.
Page 216Top

L
’école communale du
Centre , avenue Charles
Thielemans aujourd’hui.
Photo Renaud Ben Lakhal.
216
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
« propose de contrôler qu’elle n’accepte pas d’élèves de moins de 14 ans » et ainsi ne fasse aucun
tort aux écoles communales108.
La fréquentation de l’école reste un moyen pratique d’harmoniser les chances des
enfants, parfois très diverses au sein de la commune. La distribution de vivres a bien évolué
depuis la Première Guerre, mais les crises successives se ressentent dans les préoccupations
des responsables. Par exemple, l’administration vote à l’unanimité la distribution de bols de lait
à 10 heures, gratuite pour les « indigents vrais » – alors qu’elle coûte 35 centimes aux autres
enfants –, et la distribution de soupe à midi pour 50 centimes109.
Le cours de gymnastique pose problème. Dans un premier temps, en 1933, on décide
tout au plus de « suspendre à une partie des balcons dans le préau des perches, des cordes,
des échelles, etc. mais … de s’en tenir pour le reste à la gymnastique respiratoire ou à la gym-
nastique à la canne … »110. L
’instruction ministérielle « pour améliorer l’éducation physique des
élèves dans les écoles communales par l’organisation plus rationnelle et plus complète des
cours de gymnastique » de 1935 donne lieu à des débats complexes. Il s’avère que « 20,5 heures
de cours par semaine seraient nécessaires à un seul professeur … si un seul professeur devait
donner ces cours, il aurait quatre déplacements à faire par jour … » et enfn « l’exagération de
cours de gymnastique sera nuisible à l’enseignement en général … le personnel enseignant doit
être en état de donner ces cours lui-même. Il doit se perfectionner éventuellement … il faut créer
une salle de gymnastique … »111.
Les enseignants
La remise en ordre des traitements du personnel enseignant permet de saisir la situation
des écoles de toute la commune dans l’immédiat après-guerre112.
Les instituteurs principaux Ceusters et De Veuster ne peuvent bénéfcier du barème
général, ils sont trop âgés. Ils recevront chacun, à titre d’encouragement, et en cas de bons
l ’école du Centre
avenue Charles Thielemans, 28-30
la première école communale du Centre, une
seule classe, était logée dans l’ancienne maison
communale, bâtie en 1860 à l’angle des actuelles
rues René Declercq et Louis Thys, à l’emplace-
ment de l’actuelle place des Maïeurs. Le bâti-
ment est démoli en 1958.
les bâtiments actuels ont été bâtis en
différentes phases. la partie la plus ancienne,
située vers la rue, est dessinée en 1910 par l’archi-
tecte schaerbeekois Raymond Foucart. Elle com-
portait des classes, au nombre de dix semble-t-il,
réparties de part et d’autre d’un préau couvert.
le bâtiment situé à droite de l’école, au no 32, est
l’ancienne maison du directeur. elle est contem-
poraine de la première phase de construction de
l’école. en 1914, on établit une clôture en bois
divisant le préau en deux, afn de séparer flles
et garçons. l ’école est rapidement agrandie de
nouvelles classes : deux en 1916, deux également
en 1921 et cinq en 1929. les plans des agrandis-
sements successifs sont, pour la plupart, signés
par le même Foucart. Dans les années 1960, la
façade à rue est entièrement rhabillée de pierre
blanche1.
Page 217Top

217
« … comme tout ce qui est possible est mis
en œuvre pour améliorer l ’enseignement et
qu’aucun moyen ne peut être négligé pour
éveiller le désir d’apprendre des enfants … »
services rendus, une prime de 500 francs durant l’année 1919, à raison d’un douzième par mois.
Le cas de l’instituteur Hujoel est plus compliqué. Il est en congé pour raison de santé, il
a été afecté au travail de bureau de la maison communale. Son traitement sera simplement
aligné sur celui des instituteurs en fonction.
Dès 1921, le renouveau soufe sur le corps enseignant. L
’instituteur Jan De Veuster est
absent depuis plus de 6 mois pour apathie musculaire et son congé risque d’être long encore.
Il est mis en disponibilité113. Il donne sa démission à la rentrée de 1921 et fait valoir ses droits à la
retraite114. Il faut aussi admettre que M. Ceusters est dépassé, il compte 30 années d’enseigne-
ment à l’école du Centre. il est temps d’accueillir des forces nouvelles pour diriger l’école et la
pousser à un niveau attendu, sans toutefois brutaliser le départ de M. Ceusters115. Il se déclare
prêt à la retraite à la rentrée de 1921, si toutefois la commune lui accorde une année pour trou-
ver un nouveau logement. L
’ administration ne fait rien pour le retenir, ses « meilleures années
d’enseignement étant derrière lui »116. Le niveau d’exigences a en efet évolué. L
’ administration
estime que la classe de M. Hauwaerts est surpeuplée parce qu’elle compte 47 élèves, elle doit
dès lors être dédoublée117. À la rentrée 1921, Achille Jannes, né à Aarschot le 25 octobre 1879,
est nommé directeur de l’école communale de Stockel118. Il est remplacé comme instituteur par
Frans Louis Hendrickx119.
Dès 1923, la demande en nouveaux enseignants est telle, au vu de la multiplication des
classes, que l’administration doit renouveler des appels à candidature infructueux120.
La possibilité d’un seul directeur pour les écoles communales voit le jour en 1921. Mais
comme elle n’est pas reconnue par le ministère, ce poste devrait être entièrement fnancé par la
commune. Le projet est abandonné aussitôt.
À la rentrée de 1927, une 8e classe de petites flles est ouverte à l’école du Centre121.
L
’enseignement en français
Dans le même esprit de renouveau, « comme tout ce qui est possible est mis en œuvre
pour améliorer l’enseignement et qu’aucun moyen ne peut être négligé pour éveiller le désir
d’apprendre des enfants … », le conseil communal décide que « les enfants dont la langue
maternelle est le Français ont le droit de suivre l’enseignement dans cette langue dans la com-
mune … »122. Dès juillet 1921, il est décidé d’ouvrir deux classes en français à la rentrée d’octobre,
des classes de 1ère et 2e année. D’autres classes seront ouvertes d’année en année pour atteindre
un cursus complet. Ceci permettra peu à peu d’atteindre un seuil de 6 heures par semaine de
français dans les classes « famandes » et de la même manière de donner 6 heures par semaine
de néerlandais dans les classes francophones. Lors de la 4e année, les deux langues devront
alors être en équilibre et les classes en français et en néerlandais pourront être rassemblées123.
Dès la rentrée de 1921, la commune tient à prévenir les parents d’élèves qu’ils peuvent
choisir la langue dans laquelle leur enfant reçoit l’enseignement124.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
Page 218Top

218
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Comme l’institutrice Madame Jacobs a suivi ses études en français, elle se trouve afec-
tée à une des premières classes francophones125. On envisage même une classe francophone
à Stockel dès 1923126.
Il devient nécessaire de penser à une nouvelle école « en français » à Stockel dès la
rentrée de 1926. La commune se met à la recherche d’un terrain adéquat127. En février 1927, il
faut admettre qu’aucun terrain n’est disponible, mais il existe une solution provisoire. L
’ école des
Sœurs peut héberger deux classes francophones, pour les deux premières années primaires.
Une liste d’inscription est ouverte et la classe sera mise en place si au moins dix élèves s’ins-
crivent pour chacune des années128. Ce sera chose faite à la rentrée de 1927129. Et dès octobre
1927, la sœur supérieure fait savoir que la première classe en français compte 25 élèves130.
Encourager les élèves
La fn de l’année scolaire 1918–1919 semble difcile. La commune décide le 31 juillet
d’encourager les enfants à la terminer sans faillir. La somme prévue au budget pour l’achat de
prix sera versée sur des livrets d’épargne. Les montants attribués seront fonction des compor-
tements des petits bénéfciaires131. La mesure est reconduite en 1920132. Et afn d’encourager la
fréquentation des cours et le zèle des élèves, une cérémonie de remise des prix est décidée pour
mettre en valeur la fn de l’année scolaire 1920133.
On décide également de remplacer les livres oferts comme prix de fn d’année par de
petites excursions instructives, sous la direction des instituteurs, pour les élèves de la 4e à la
6e primaire. Les élèves des classes supérieures qui termineront l’année avec au moins 5/10 des
points recevront un diplôme du mérite. Les élèves plus jeunes pourront également être emme-
nés en excursion de leur côté134.
La loi du 15 octobre 1921 institue un « Fonds des Mieux Doués », dans l’intention de
« procurer aux enfants de condition peu élevée et de mérite exceptionnel ; les moyens de
poursuivre leurs études après l’école primaire »135. Woluwe-Saint-Pierre s’associe à Woluwe-
Saint-Lambert pour instituer une commission intercommunale136. Madame Streckx-Potdor137,
conseillère communale, attire l’attention de l’administration, en 1924, sur un cas pathétique
découvert à Stockel par la commission. Il s’agit d’un enfant complètement ignoré par les ensei-
gnants, premier de sa classe – avec une moyenne de 8/10. Les instituteurs n’ont pas travaillé de
manière satisfaisante ou sont tout bonnement « incapables » de prendre en compte cet élève
exceptionnel. Ce qui pourrait être une conséquence des nominations partiales sans examens138.
En outre, selon elle, les classes sont très mal entretenues et la surveillance des enfants laisse
beaucoup à désirer. La réaction est immédiate. Il lui est vertement répondu que les nominations
n’ont rien de partial et que tout va pour le mieux quant à la surveillance des enfants.
L
’enseignement dans le Centre
L
’ agrandissement des bâtiments se poursuit, deux nouvelles classes sont bâties en 1921
et cinq en 1929. Les agrandissements successifs sont signés pour la plupart de l’architecte
Foucart. Le budget d’ameublement de l’école, en 1921, s’élève à 14 630,84 francs139. Le projet
d’agrandissement compte huit nouvelles classes et veut installer des salles de gymnastique,
un préau couvert, des lavabos et des robinets140. Dans l’immédiat, dès la rentrée de 1921,
deux classes provisoires en bois sont construites dans la cour141.
En février 1938, une quatorzième place d’instituteur pour les garçons est ouverte142.
L
’enseignement à Stockel
L
’ école privée pour flles des Sœurs Annonciades de Stockel, placée sous l’autorité des
Annonciades de Huldenberg, est ouverte en 1909.
Une échelle des barèmes des honoraires des institutrices de cette école est établie en
décembre 1918, en toute hâte avant la passation des actes d’adoption de l’école par la com-
mune. Les institutrices diplômées membres de la communauté religieuse toucheront doréna-
vant 1 200 francs par an en début de carrière jusqu’à 1 800 francs maximum. Les institutrices
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Annonce de l’ouverture
des cours pour adultes,
rentrée de l’année
scolaire 1920-1921.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
219
non diplômées, religieuses elles aussi, toucheront de 900 francs à 1 500 francs maximum. Les
honoraires des institutrices maternelles diplômées seront alignés sur ceux des institutrices non
diplômées de l’école primaire143.
L
’ acte d’adoption de l’école dirigée par les Sœurs est approuvé pour une durée de dix ans,
le 30 décembre 1918, et prendra cours le 1er janvier 1919144. La commune fait dorénavant partie
du comité d’administration. Les fournitures scolaires seront fnancées à raison de 3,5 francs par
enfant de la commune. Et les fournitures des travaux de couture et de tricot le seront à hauteur
de 2 francs par enfant de la commune145. L
’ administration de l’école fournira, à la fn de chaque
année scolaire, la liste des élèves présentes « au moins la moitié des jours scolaires ». Ces
chifres serviront de base au calcul des subsides pour l’année scolaire suivante146.
Mais dès la rentrée de 1920, le budget est trop restreint. Sur les 1 220 francs prévus, seuls
521,50 pourront être versés pour les fournitures scolaires147.
En novembre 1928, les conseillers Dejonghe et Boulanger font remarquer qu’il n’existe
pas d’enseignement communal pour les petites flles de Stockel, l’école des Sœurs ne rencontre
pas les attentes philosophiques de certains parents. Comme il est impossible de changer les
choses dans l’immédiat, un contrat d’adoption par la commune est proposé pour une durée de
dix ans. L
’ enseignement sera gratuit pour tous les enfants148.
L
’enseignement pour les adultes
En 1920, l’enseignement pour adultes revient parmi les priorités. On décide dans un
premier temps que tous les instituteurs seront chargés de donner cours et que des avis seront
placardés dans la commune pour faire connaître cette décision. Sa mise en œuvre ultérieure
dépendra de l’importance des demandes149.
En 1927, la commission de l’enseignement de la commune avance l’idée de revoir globale-
ment l’enseignement aux adultes. La commission propose de fonder une école de maçonnerie et
plafonnage à Stockel – l’école des Artisans du bâtiment – et une école de sténographie et dacty-
lographie au Centre150. Les cours professionnels sont ouverts à la rentrée de 1928. Ils remplacent
l’enseignement classique pour adultes. Ils accueillent les adultes et les jeunes à partir de l’âge de
16 ans. Les frais d’inscription sont de 28 francs pour les résidants et de 50 francs pour les per-
sonnes venant d’autres communes en 1928151.
L
’ école de sténodactylographie rencontre un succès réel. En 1934, un cours de « corres-
pondance commerciale famande » complète l’ofre152. Et en 1935, deux nouveaux professeurs
sont nommés, l’un est licencié en sciences commerciales et l’autre « porteur de certifcats de
comptabilité, de droit civil et commercial … »153. Un poste d’enseignant famand est ouvert en
décembre 1936154.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
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220
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Pour la première fois, il est également question d’ouvrir une école de musique155. Le pro-
jet est instauré en 1922. Il faut toutefois qu’il rencontre sufsamment d’intentions d’inscription.
Afn de décourager les élèves les moins motivés, un minerval de 15 francs par mois est envisagé.
Il est prévu de le restituer en fn d’année scolaire aux élèves nécessiteux assidus156.
La rentrée d’octobre 1922 voit 25 inscriptions. On peut dès lors ouvrir un cours de sol-
fège, une classe de piano et une autre de violoncelle (bas-viool). Reste à acheter un piano157. Et
à ouvrir une place de directeur. Il est chargé de l’administration de l’école, des cours de solfège
et de violoncelle. On achète un piano dès octobre 1922158. On recrute le directeur, un professeur
de violon et un autre de piano en novembre. Chacun reçoit une charge de 6 heures de cours,
en deux séances hebdomadaires, le jeudi et le dimanche159. Le minerval de 15 francs par mois
est ramené à un simple droit d’inscription de 15 francs pour les enfants de la commune. Les
enfants des autres communes payent eux un droit de 30 francs. Les inscriptions se multiplient
et justifent la création d’une classe de violon dès novembre 1922160. Il faut dédoubler la classe
de première année de solfège dès la rentrée de 1928, forte de déjà 60 élèves161. En 1934, l’école de
musique a trouvé son rythme. Elle reçoit une lettre de félicitations de l’inspection nationale pour
sa bonne marche162.
Une première classe de solfège est ouverte à Stockel à la rentrée de 1939 car « la dis-
tance est un empêchement sérieux pour des enfants de 8 et 9 ans … les cours se donneront le
dimanche matin et le jeudi après-midi, à raison de 3 heures par semaine163.
MUTATIOn ET DéCLIn DES ACTIVITéS éCOnOMIqUES TRADITIOnnELLES
Les cultures fourragères et les prés ont subi un fort féchissement de leur superfcie au
proft du petit élevage, moins coûteux à l’investissement et plus rémunérateur car faisant l’objet
d’une demande toujours accrue des citadins164.
Dès 1920, la croissance démographique entraîne une diminution des terres agricoles.
Les terres sont achetées et afectées à des projets immobiliers, loties et couvertes de villas165.
Le règlement sur les bâtisses de 1936, cependant, prend encore en compte la question des
fumiers166.
Un tournant s’opère à la fn des années trente. La place de garde champêtre est défniti-
vement supprimée. Le dernier d’entre eux, Armand Vander Elst, atteint la limite d’âge en octobre
1938 et comme « … la partie rurale de notre commune est minime et tend à disparaître complè-
tement d’ici peu … Il n’y a aucune utilité à pourvoir au remplacement du titulaire actuel … (il faut)
remplacer le titulaire par un agent de police …167. Toutefois, la commune constitue encore une
commission de recensement agricole de quatre membres à l’été 1938168. La modernité se heurte
parfois à des traditions solides. Par exemple, en 1938, il est important de prendre en compte les
nouvelles installations radiophoniques : « Les fls d’antenne et fls de supports ainsi que les des-
centes d’antennes pendus à l’extérieur des habitations par les possesseurs d’appareils radiopho-
niques causent fréquemment de grosses blessures aux pigeons des colombiers voisins …
tout usager d’antenne est tenu … dans un délai de 15 jours de poser des bouchons sur les fls
d’antenne … placés de mètre en mètre, d’un diamètre pas inférieur à 20 milimètres169 ».
« … la partie rurale de notre commune est
minime et tend à disparaître complètement
d’ici peu … »
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Panorama champêtre
de Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
221
La croissance urbaine et la création d’un habitat à caractère social : la cité-jardin
Après la Première Guerre mondiale, les projets de cités-jardins se concrétisèrent en
Belgique. La loi du 21 avril 1920 crée la Société nationale des Habitations à Bon Marché, dans le
souci de reconstruire le pays au lendemain de la guerre. Il est urgent de bâtir des logements et
des infrastructures pour remplacer les immeubles détruits, mais aussi tous ceux dont le vieillis-
sement était devenu fagrant au regard des nouvelles normes sanitaires.
Le concept de la cité-jardin s’inspire en partie de modèles urbanistiques réalisés, dès
la fn du xixe siècle en Angleterre, dans le but de décongestionner le centre des grandes cités
atteintes par le surpeuplement. Cette nouvelle conception de l’habitat social multiplie les
maisonnettes individuelles, modernes et attrayantes, disposées en ruelles et en petits clos,
abondamment verdurés, formant des cités, établies sur le pourtour extérieur des villes, pour
augmenter leur salubrité. Elles sont souvent conçues autour d’équipements collectifs, comme
des centres de loisirs, de récréation et des magasins. La réalisation des cités du Logis et Floréal,
conçues par l’architecte urbaniste Louis van der Swaelmen (1883–1929) à Watermael-Boitsfort
en 1921, en constitue des exemples célèbres. Le principe novateur fut retenu par la Société
Nationale des Habitations à Bon Marché170.
Dès 1920, au vu de l’expansion démographique et des problèmes économiques des habi-
tants, la commune s’aligne sur la loi du 11 octobre 1919, destinée à promouvoir l’instauration de
sociétés de construction de logements bon marché. La commune estime ne pouvoir rester éloi-
gnée de cette question importante et veut constituer une société locale. Une première allocation
de 75 000 francs – à emprunter au Crédit Communal – est votée aussitôt. Les habitations seront
essentiellement réservées aux ressortissants de la commune171.
La société coopérative des Constructions et Habitations à Bon Marché de Woluwe-Saint-
Pierre voit le jour en 1922 et un premier terrain situé rue au Bois, une propriété de la commune,
est vendu à la Société dès janvier 1922, à raison de 3 francs le mètre carré 172. Les premières
constructions sont mises en chantier en 1923. À l’époque, certains raccordements en égouttage
et électricité n’existaient pas encore, ce qui explique le peu d’enthousiasme des candidats aux
logements à acquérir un bien aussi « précaire »173.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
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w
Panorama du quartier
du Chant d’Oiseau et le
château Mostinck.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
222
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le Chant d ’Oiseau
Le hameau du « Chant d’Oiseaux », traduction
d’une ancienne dénomination Vogelen Sanc, était
aussi habituellement appelé Vogelweide, La prai-
rie aux oiseaux, ce qui signale un lieu à l’origine
peu ou pas cultivé1.
le déboisement du bois de Mesdael
à l’emplacement du quartier du Chant d’Oiseau
s’est probablement déroulé entre 1810 et 1840,
en grande partie sous le régime hollandais de
Guillaume Ier d’Orange-Nassau. L ’arrêté royal de
constitution de la Société générale des Pays-Bas
pour favoriser l’Industrie nationale est publié le
28 août 18222. Cette Société, ancêtre de la Société
générale de Belgique, avait la libre disposition
sur les domaines de l’État, dont la forêt de
Soignes. Le statut spécifait que le fonds de la
Société s’élevait à 50 millions de forins. Cela
comprenait les « domaines naturels détenus par
le Roi et estimés à 20 millions ». Pour cela, le Roi
recevait un montant annuel de 500 000 forins.
Cet arrêté allait nuire profondément à la forêt de
Soignes. En 25 ans, plus de la moitié de la forêt
fut défrichée. elle s’en trouva réduite à environ
4 300 hectares3. Sur la carte de Ch. Van der
Straeten de 1840, le quartier du Chant d’Oiseau
est clairement identifable, et une grande partie,
en son milieu et sous une forme trapézoïdale,
est déjà déboisé. Cet espace était entièrement
entouré de bois4.
le développement urbanistique du
quartier se met lentement en place à l’extrême
fn du xixe siècle. Un arrêté royal, le 6 février
1896, autorise la création d’un premier tronçon
de rue. Ce sera l’avenue Verte, l’actuelle avenue
Vandendriessche. edmond Parmentier propose
son prolongement, en avril 1903. C’est là l’ori-
gine du quartier de l’avenue Verte, dont le sort
est scellé par un accord entre Parmentier et la
commune en 1906. l ’accord prévoit la création
de nouvelles artères, les futures rues Père eudore
Devroye, Saint-Hubert et Maurice Liétart. Le
prolongement de l’avenue Verte est approuvé
par arrêté royal en 1909, il sera mis en œuvre
dès 1913 par la société Bernheim frères et fls.
en 1907, le colonel aimé Haegeman fait
construire la première maison du quartier, ou
l’une des toutes premières. Ses compétences
hippiques lui avaient permis de remporter la
médaille d’or de saut d’obstacle aux Jeux olym-
piques de 1900 à Paris. Son prix de 60 000 francs-
or lui ouvrait de belles possibilités immobilières.
Outre la maison, le terrain fut équipé d’un
manège, comprenant des écuries et une piste de
dressage, exploité jusqu’après la Première Guerre
mondiale, où venait notamment s’entraîner le
comte de Paris, en voisin connaisseur. un terrain
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w
L
’avenue des
Chardonnerets.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La place des Bouvreuils.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
223
de tennis en contrebas de la maison jouxtait l’ac-
tuelle drève de Nivelles5. la maison fut détruite
dans les années 1960.
Quelques habitants tentent de faire
améliorer l’avenue du Chant d’Oiseau dès 1909.
Il leur est répondu qu’ils peuvent s’associer pour
faire élargir la rue à 12 mètres, à leurs frais6. Car
le quartier ne tardera pas à se développer, quoi
qu’il ne compte encore que quelques maisons7.
en 1914, le docteur Cordier soumet
à l’administration un projet de canalisations
souterraines pour l’avenue du Chant d’Oiseau.
Il lui est répondu que la commune n’est pas pro-
priétaire de l’assiette de la rue. Il peut toutefois
établir un accord avec le propriétaire et présen-
ter un projet de cession de terrain8.
Juste avant la Première Guerre, en
juillet 1914, le colonel Haegeman, associé avec
M. lemercier, demandera à l’administration
l’autorisation de créer une rue privée à travers
le Chant d ’Oiseau
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w
Le projet d’école du
quartier du Chant
d’Oiseau.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
224
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
leurs propriétés, pour relier la drève de Nivelles
à la rue du Chant d’Oiseau. le permis leur est
accordé, car cette nouvelle rue semble tout indi-
quée pour être tôt ou tard lotie de jolies villas9.
une Société coopérative pour la construc-
tion d’habitations « Notre Logis » est fondée en
1922. à l’époque, le site compte quelques mai-
sons éparses et des terres agricoles. Le projet de
lotissement adopté en 1922 prévoit que les rues
créées par la « Cité Jardin du Vogelzang » doivent
compter au moins 6 mètres de largeur10. le pro-
jet est défnitivement accepté en juillet 1923, les
expropriations peuvent commencer11. le conseil
communal prend en considération la demande
de la famille Depage de pouvoir construire un
quartier au lieu-dit Volgelzang12.
en 1923, quelques maisons sont mises en
chantier sur des terrains vendus, pour certains,
à 17 francs le mètre carré, le long de rues qui
n’ont pas encore de nom. une maison modeste
revient environ à 30 000 francs. la société
coopérative devient, en 1924, la « La Cité-jardin
du Vogelzang », puis « Les Villas de Vogelzang ».
en août 1925, le quartier se structure et les rues
reçoivent un nom. les rues étaient alors en cen-
drée. elles furent pavées, pour la plupart, en 1931.
la police fait ses premières rondes dans
le quartier dès octobre de la même année13.
Le quartier n’avait alors toujours aucune
école, aucune paroisse, ni même un magasin ou
une ligne de tram. les habitants dépendaient,
pour toutes ces commodités, de la proximité
avec Auderghem et le quartier Saint-Julien.
le réseau des égouts a été installé en 1952,
après remblaiement du grand ravin situé entre les
avenues du Chant d’Oiseau et des alouettes.
Page 225Top

w
Le quartier du Chant
d’Oiseau en mai 2011.
Photothèque communale.
225
Les écoles au Chant d’Oiseau
La population croît mais aucun projet
d’école n’est encore envisageable en 1933. « Une
école … serait très coûteuse, or la communica-
tion avec le centre n’est pas convenablement
établie pour permettre aux enfants de fréquenter
l’école du Centre … la commune d’Auderghem
accepte les enfants moyennant redevance de
200 fr. par enfant … (il convient d’) accepter dans
un premier temps … et d’élaborer une conven-
tion avec Auderghem … »14. Ces frais d’écolage
seront supprimés en 1934, l’école communale
du Centre est alors suffsamment bien reliée au
quartier du Chant d’Oiseau pour accueillir les
enfants qui en sont issus15. le conseil commu-
nal argumente en juin 1935, à la fn de l’année
scolaire, que « les chemins reliant le Vogelzang
au Centre … sont aménagés de façon parfaite … le
groupe scolaire de l’avenue Charles Thielemans
comprend des classes françaises et famandes
très convenablement organisées pour donner un
enseignement primaire complet aux garçons et
aux flles … (il n’y a donc) aucune nécessité pour
ces enfants de fréquenter les écoles d’auderghem
et que la commune de Woluwe-Saint-Pierre ne
peut supporter les frais résultant de la préfé-
rence de certains parents … »16.
Rien n’y fait, plusieurs enfants continuent
leur scolarité à auderghem. en novembre 1935
« … une quantité d’enfants de notre commune
fréquentent les écoles d’auderghem tandis que
beaucoup d’enfants d’autres communes sont ins-
crits dans les nôtres, cette tolérance constitue un
procédé de bon voisinage que la commune citée
ne veut pas souscrire … il y a lieu de créer une école
communale au quartier du Vogelzang … Entre
temps, (il faudrait) examiner s’il n’y a pas lieu de
s’entendre avec la commune d’Auderghem … »17.
En juin 1936, la députation perma-
nente accepte de subsidier les frais d’écolage
à auderghem de 21 enfants habitant le Chant
d’Oiseau à raison de 50 francs par élève18.
le développement constant du quartier
nécessite la construction d’une école sur place.
Dès le milieu des années cinquante, la question
est urgente. en 1956, une pétition de parents
d’une centaine d’enfants insiste pour qu’une
école primaire soit construite d’urgence sur
le terrain acquis à cet effet par la commune.
La commune assure toujours le transport de
quelque 110 enfants du quartier vers l’école du
Centre19. Cette fois, l’insistance a été entendue,
les premières études sont demandées aussitôt
à un architecte.
après les vacances de Pâques de l’année
1960, une section gardienne, une classe « fran-
çaise » et une classe « néerlandaise » peuvent
accueillir leurs premiers enfants20. la classe
gardienne néerlandaise est toutefois fermée dès
la rentrée suivante, en octobre 1960, au bénéfce
d’une classe bilingue21. Cette classe bilingue est
supprimée à la rentrée de 1963, en vertu de la
loi du 30 juillet. Comme elle comptait 6 élèves
d’expression néerlandaise et 40 élèves d’expres-
sion française (sic), une seule classe gardienne
francophone lui fait suite22.
le Chant d ’Oiseau
Page 226Top


L
’église du couvent des
Franciscains du Chant
d’Oiseau.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Vue aérienne du
couvent et de l’église
des Franciscains et
du quartier du Chant
d’Oiseau, en mai 2011.
Photothèque communale.
226
Woluwe-Saint-Pierre, son histoire, son environnement
l ’église Notre-Dame des Grâces
et le couvent des Franciscains
une communauté de religieux, en provenance de
Marche-en-Famenne, s’installa sur ce plateau,
dans l’entre-deux-guerres. les environs immé-
diats comptaient tout au plus deux fermes. l ’une
d’elles, située au début de ce qui deviendra l’ave-
nue des Franciscains, tenait une petite buvette et
offrait une halte aux promeneurs et aux travail-
leurs de passage.
les Franciscains achetèrent deux
hectares de terrain. Ils y établirent en 1934 la
Maison-Mère de la Province franciscaine du sud
de la Belgique.
Dès 1932, l’architecte Camille Damman
conçoit le couvent et l’église. Il la dessine en
forme de croix latine, inspirée du premier style
roman. la création de la paroisse Notre-Dame
des Grâces est acceptée en 1935, tout en veil-
lant aux délimitations précises et aux risques
d’empiétement sur la paroisse Saint-Pierre1.
le monastère, terminé en 1935, et béni
par le cardinal Van Roey, côtoyait l’institut de
puériculture du docteur Cordier. la paroisse
Notre-Dame des Grâces, composée des sections
cadastrales du Bemel et du Chant d’Oiseau, vit le
jour dans la foulée suite à l’augmentation de la
population. le père liévin en fut le premier curé2.
Il faut attendre 1949 pour que l’église
s’ouvre aux fdèles. La nef de l’édifce néo-roman
mesure 85 mètres de long, 25 mètres de large et
18,5 mètres de haut. la nef est éclairée par 196
fenêtres. Les colonnes de la nef sont ornées de
chapiteaux sculptés par Gaston et Michel annaert.
les vitraux ont été réalisés entre 1961
et 1967 par les maîtres verriers Simon Steger et
Fernand Crickx. D’autres vitraux récents non
fguratifs sont l’œuvre de Jehan de Meester.
un campanile haut de 43 mètres couron-
né par un coq en bronze, lointaine réminiscence
italienne, domine le monastère et l’église. lors
de son séjour en Belgique en 1985, le pape Jean-
Paul II logea à la nonciature toute proche3.
l ’orgue de l’église est particulièrement
remarquable. Il est l’un des plus grand instru-
ments modernes d’Europe. Un premier projet
voit le jour en 1978, un accord entre la commune
Page 227Top


L
’orgue monumental
de l’église Notre-Dame
des Grâces du Chant
d’Oiseau.
Extrait d’un reportage
photographique sur les
premières années de vie
de la communauté des
Franciscains au Chant
d’Oiseau réalisé par
Robert Allard, (1888–
1943), architecte, membre
fondateur du « Cercle
d’Études des Amateurs
Photographes Belges
(A.P.B.) », professeur de
photographie au Cercle de
photos du Logis à Boitsfort
jusqu’en 1940.
Collection Christian Jacques.
La nef néo-romane de
l’église Notre-Dame
des Grâces du Chant
d’Oiseau.
227
et l’asbl « Les Frères Mineurs », qui met à disposi-
tion l’église, pour y construire un orgue, à l’inter-
vention de l’académie de musique. l ’académie
pourra utiliser l’orgue en dehors des cultes,
pour donner cours et organiser des activités
musicales profanes4. la commande est passée
en 1979 au facteur Detlef Kleuker – la frme
Kleukerorgelbau –, de Bielefeld en allemagne,
pour un orgue de 49 jeux5 conçu par l’organiste
Jean Guillou. Le projet est complété en 1981.
Le buffet conçu par Jean Marol sera en acajou
et en frêne – ce qui améliore l’esthétique mais
surtout l’acoustique de l’instrument. Sa forme
évoque la parade nuptiale de deux oiseaux de
part et d’autre de la rosace centrale de la façade,
en hommage au quartier du Chant d’Oiseau et
au respect de saint François pour les animaux.
Plusieurs jeux sont ajoutés lors de cette amélio-
ration, dont un contrebasson de 32’ – un choix
de tessiture tout à fait rare –, améliorations qui
donneront à cet orgue une envergure et des pos-
sibilités musicales exceptionnelles6.
une petite statue de Notre-Dame au
sourire est conservée dans une chapelle. elle
est une copie d’une statue de « Notre-Dame aux
chants d’oiseaux », une statue placée dans un
hêtre, dans un petit bois dit « Vogelzang » sur les
bords de la Senne au Moyen Âge. Une première
communauté de Franciscains s’était établie en
1228 dans ce petit bois et une première église y
avait été bâtie en 1244, englobant la petite cha-
pelle primitive7.
l’église Notre-Dame des Grâces et le couvent des Franciscains
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Vue en perspective de
la place communale et
de la place du parvis à
Woluwe-Saint-Pierre,
dessin de l’architecte
Albert Dumont, dédié
au bourgmestre et aux
échevins de Woluwe-
Saint-Pierre en 1907.
Le projet n’a jamais été
mis en œuvre.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
228
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La commune compte aussi plusieurs habitations sociales de haute qualité, qui refètent
les tendances urbanistiques et architecturales de leur temps. La Société communale d’habita-
tions à bon marché fait construire à l’orée de la forêt de Soignes le quartier-jardin de Joli-Bois,
qui compte plus de 300 maisons. Cette démarche allait de pair avec la construction de plu-
sieurs nouvelles avenues, comme l’avenue des Volontaires, et l’élargissement de nombreuses
rues proches, comme la rue au Bois174. En 1922 toujours, la Société des villas du Chant d’Oiseau
entame le lotissement du quartier du Vogelzang. L
’ assainissement de la vallée de la Woluwe175
permettra également de gagner des terrains jusque-là inconstructibles et modifera les activités
et l’urbanisation de la vallée. 
Un projet de nouvelle maison communale
Dès 1922, les capacités de l’ancienne maison communales ne sufsent plus. Il est plus
que temps d’en faire construire une nouvelle176. Un terrain est jugé le mieux indiqué à ce propos.
Il est racheté à M. Ruelens. L
’hôtel communal sera situé sur un terrain en net surplomb par
rapport à l’église.
La façade de l’ancien palais Granvelle, qui a abrité les premières années de l’Université
libre de Bruxelles, à la rue des Sols (actuellement remplacé par la galerie Ravenstein), est mise
en vente en 1930. La façade date de 1863, construite dans l’esprit de la Renaissance qu’afec-
tionnent les libéraux de l’époque. L
’université déménage peu à peu sur le plateau du Solbosch
et le centre de Bruxelles est en plein réaménagement. La façade est mise en vente pour
150 000 francs177. La porte d’entrée principale de l’ancienne université est disponible pour seule-
ment 1 500 francs178. La commune se porte acquéreuse de l’ensemble et prévoit 75 000 francs de
frais de travaux pour le démontage et le remontage de l’ensemble179.
Un concours d’architecte est lancé en décembre 1931. Les frais de construction ne
peuvent excéder 3 000 000 de francs180. En octobre 1932, on décide de la nouvelle répartition des
services entre l’ancienne et la nouvelle maison communale : « la salle des mariages, le secréta-
riat, le bureau des recettes et le commissaire de police … les réunions du Collège au secrétariat,
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L
’institut du docteur
Cordier, vue générale
de l’établissement.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Les enfants et une
religieuse surveillante
dans le vaste jardin de
l’institut Cordier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La « salle des rachitiques »
de l’institut Cordier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
229
l ’institut Cordier
le docteur edmond Cordier1 est médecin
à la crèche d’etterbeek au début du xxe siècle.
Il ouvre, en 1902, une salle d’orthopédie à la
Polyclinique centrale de Bruxelles. Il épouse,
la même année, Marguerite Parmentier, une
parente d’edmond Parmentier.
en 1906, le docteur edmond Cordier
fonde l’institut de Puériculture de Bruxelles.
l ’établissement est destiné à sauver les tout-pe-
tits, les prématurés, et à aider les enfants faibles.
l ’établissement est desservi par les Filles de la
Sagesse qui en assument la direction dès 1907.
edmond Cordier installe l’institut, dont il est le
médecin en chef, à l’avenue du Chant d’Oiseau
le 23 octobre 1909.
Son institut, baptisé familièrement l’Ins-
titut des Couveuses d’Enfants, prend en charge
« les enfants de 0 à 10 ans atteints d’affections
non-contagieuses ». Le docteur Cordier a créé
une couveuse portative pour emporter les petits
prématurés, de Bruxelles ou de la province.
les plus grands sont accueillis pour
soigner des problèmes de « débilité congénitale,
de troubles de la digestion et de la nutrition, de
spasmes du pylore, de rachitisme … » ou encore
pour être opérés de pieds-bots, de luxations de
la hanche ou d’affections osseuses. l ’institut
accueille également des enfants « en garde », dont
« les parents sont aux colonies ou en voyage ».
les cartes postales qui vantent les avan-
tages de l’institut mentionnent la ferme et le
parc d’un hectare. et la présence d’un chirur-
gien-orthopédiste, d’un oto-laryngologiste et
d’un oculiste attachés à l’établissement.
le vaste bâtiment de l’Institut abrite
actuellement l’internat de l’athénée Jean Absil
situé à etterbeek.
l’institut Cordier
Page 230Top

Entre 1925 et 1976,
Stockel disposa d’une
double liaison directe
avec le centre de la ville.
Archives du musée du Tram.
230
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
les réunions du conseil communal provisoirement soit à la salle des mariages soit au secrétariat
actuel. Les bureaux de l’état civil et de la population au Ier étage du nouveau bâtiment, les travaux
et le cadastre au rez-de-chaussée du nouveau bâtiment … »181.
L
’ ensemble est en efet acheté par la commune, mais ne sera jamais véritablement
reconstruit. La question de la revente de certaines pierres, de Gobertange notamment, s’est
même posée au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, en 1943 et 1944. Il n’en sera rien.
Certaines pierres serviront à construire une colonnade dans le cimetière, d’autres fniront en
pierre de réemploi182.
La vie des paroisses 
En février 1919, la paroisse Notre-Dame de Stockel est forte d’environ 1 848 paroissiens,
il devient souhaitable de la pourvoir d’un vicaire183.
Les habitants du Chant d’Oiseau émettent, en 1923, le souhait de voir leur quartier ratta-
ché à la paroisse Saint-Julien d’Auderghem. Le projet est radicalement repoussé par la com-
mune, argumentant de ce qu’une commune de 9 000 habitants, couvrant 870 hectares, ne peut
être divisée en quatre paroisses184. La paroisse Notre-Dame des Grâces est fnalement créée
par l’arrêté royal du 19 décembre 1935.
DéVELOPPEMEnT DES MOyEnS DE COMMUnICATIOn
L
’ augmentation du nombre de lignes de tram desservant Woluwe-Saint-Pierre mit
la commune en relation directe avec diférents points névralgiques de la ville en matière
de communication.
Page 231Top

La place Dumon
à l’époque de la plaine
centrale en terre battue.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
231
Le centre de Stockel sera en partie désenclavé par la majestueuse avenue Baron d’Huart.
Une première demande est faite, pour une avenue de 32 mètres de large, par le baron d’Huart
et la Société d’Entreprises à Stockel, avenue qui traverserait leurs propriétés et permettrait
de relier l’avenue Orban/Van Volxem et la chaussée de Malines à hauteur des Quatre-Bras
à Crainhem, plan approuvé dès octobre 1927185.
Une nouvelle guerre se prépare
Dès octobre 1939, plusieurs instituteurs sont mobilisés et tout le corps enseignant doit
être réorganisé186. En décembre 1939, les réquisitions de denrées et de logements se font pres-
santes. L
’ administration n’est prévenue bien souvent qu’une heure à l’avance de l’arrivée de
troupes à héberger sur son territoire187. Et dès le mois de décembre 1939, il devient urgent de
prévoir une aide pour les épouses des soldats mobilisés. Il est temps aussi de prévoir la distri-
bution de soupe188. La constitution d’une antenne locale de la Ligue du Coin de Terre est décidée
peu après, dès le 9 février 1940189. Les premières mesures de protection contre les attaques
aériennes sont prises dans les écoles en avril 1940190.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
Page 232Top


Joos De Deken, Carte
fgurative voor Sint
Jans Gasthuis op den
poel binnen Brussel
van hunne Bosschen
gelegen onder Sinte
peeters woluwe gemaect
ende gemeten door den
onderschr.en gesworen
lant m.r inden Raede
van Brabant daer toe
geadmitteert onder de
vryhyt van … in febr.y
1704, détail, 1704.
Les deux églises de
Saint-Pierre et de
Woluwe-Saint-Lambert,
proches de quelques
centaines de mètres
seulement.
Bruxelles, Archives du CPAS de
Bruxelles, cartes et plans, 341.
©ACPASB.
232
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
l ’église Saint-Pierre
parvis Saint-Pierre
l ’église Saint-Pierre est érigée sur une petite
butte de 56 mètres d’altitude. elle domine la val-
lée de la Woluwe, comme l’église Saint-lambert.
une première église est mentionnée dès
1173, quand elle fait l’objet, accompagnée de ses
dépendances, d’un acte de donation à l’abbaye
de Forest par l’évêque de Cambrai.
une représentation de l’église sur la
carte de l’atlas foncier de l’hôpital Saint-Jean
à Bruxelles, dessinée en 1712 sur base d’un
relevé de 1707 fourni par Josse de Deken, donne
une idée assez précise de son aspect au début
du xviiie siècle. L ’église romane de type basilical
est constituée d’un vaisseau et d’un clocher1.
le cimetière clos autour de l’église remonte au
moins au xiie siècle2.
une campagne de travaux importants
va radicalement la transformer en 1755. Seuls
les soubassements en pierre ont été réutilisés
comme base du nouvel édifce. D’autres parties
de l’édifce actuel remontent à 1755, comme
l’ancien chœur et la tour carrée. le millésime
est encore bien lisible sur le mauclair de la porte
d’entrée en chêne à deux battants de la tour et
sur une pierre surmontant le soubassement du
chœur, qui porte le cartouche « Anno 1755 »3. les
murs en brique rouge et les soubassements, les
contreforts et les arêtes en moellons de pierre
blanche ont été récupérés de la construction
précédente. le plan en était simple : un vaisseau
à deux travées, un chœur polygonal orienté au
sud-ouest et une tour carrée au nord-ouest. les
murs extérieurs de la nef étaient consolidés par
quatre contreforts de pierre. Des fenêtres à arc
en plein cintre perçaient les murs4.
Cette deuxième église est inaugurée en
grandes pompes le 14 juillet 1778 par le cardinal
Jean-Henri de Frankenberg. À cette époque, les
chapelles de Marie-la-Misérable, à Woluwe-
Saint-lambert, et Notre-Dame de la Visitation,
à Stockel, relevaient de son autorité.
Page 233Top


L
’église Saint-Pierre
avant les travaux des
années 1930.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
La tour de l’église Saint-
Pierre, en octobre 2011.
Plan de l’église Saint-
Pierre d’après un relevé
de l’ancienne église par
Julien De Ridder en 1930
et un relevé de l’église
actuelle par le service
des Travaux publics de la
commune, s.d.
Dessin Michael Cuypers
(photo 2005).
Inventaire du Patrimoine
architectural, Région de
Bruxelles-Capitale.
233
l ’église Saint-Pierre restera inchangée
jusque dans les années 19305.
une nouvelle campagne de travaux,
débutée en 1929 comme pour la cure, va profon-
dément transformer la petite église villageoise.
les paroissiens sont dorénavant trop nombreux
et l’église ne peut accueillir que quelque 300
fdèles6. les expropriations des maisons voisines
commencent en 1931. les plans de l’architecte
Julien De Ridder entendent conserver le chœur et
la tour de l’ancienne église tout en construisant
une nouvelle nef, sur l’emplacement de la précé-
dente, mais perpendiculairement. le niveau du
sol est abaissé d’une cinquantaine de centi-
mètres7. une nouvelle tour et un nouveau chœur
complètent cet ensemble, le rendant moins
lisible tout en préservant une unité visuelle chro-
matique et matérielle8. l ’orientation nord-ouest
de cette construction, plutôt rare, rend bien
compte de son développement architectural au
sein d’une parcelle limitée.
les travaux commencent en 1934. la
première pierre est posée le 20 septembre 1935.
le cimetière est rasé, les derniers monuments et
les dernières sépultures sont déménagés vers le
nouveau cimetière. l ’église reste active durant
les travaux. les murs de la nef de l’ancienne
église, enclose dans la nouvelle construction,
sont démolis en 1936. les travaux d’achèvement
intérieurs sont menés par l’architecte léonard
Homez9.
la pratique religieuse s’est profondé-
ment transformée au cours du xxe siècle. l ’église
Saint-Pierre, profondément transformée dans
les années 1930, est devenue beaucoup trop vaste
pour le nombre des fdèles qui la fréquentent
au cours des années 1970. en outre, de nou-
veaux lieux de culte ont été ouverts à proximité,
chez les Sœurs franciscaines et à l’institut Don
Bosco. Un projet de « réduction » de son espace
intérieur vise à lui rendre son volume du début
du xxe siècle, celui de la chapelle du xiie siècle. Ce
projet vise autant la restauration de l’intimité du
lieu que les économies de chauffage10.
les parties subsistantes de l’église ori-
ginaire, principalement la tour et le chœur, sont
classées depuis le 12 février 2004.
l’église-Saint Pierre, parvis Saint-Pierre
Page 234Top

234
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
12
L
’invasion
Après une longue période d’incertitude et de mobilisation, la guerre est déclarée le
10 mai 1940.
Le 17 mai, les Allemands pénètrent à Bruxelles, dans une ville en grande partie désertée.
Dès le 10 mai, Bruxelles avait été atteinte par des bombardements. Un climat de pagaille et de
désorganisation accentué par l’afux de réfugiés de la région de Louvain et de Tervuren baigne
alors Woluwe-Saint-Pierre. Les jeunes gens de 16 à 35 ans reçoivent l’ordre de rallier par leurs
propres moyens la région de Roulers, en Flandre occidentale, où ils doivent s’intégrer aux CRAB
(Centres de recrutement de l’armée belge) avant de refuer vers le midi de la France. À partir
du 15 mai, l’avance inexorable de l’armée allemande contraint de nombreux habitants à la fuite,
suivis par des membres de l’administration communale1.
Les mesures de protection
L
’ approche de la guerre est manifeste bien avant la déclaration. Des mesures de pro-
tection contre les raids aériens sont prises dans les écoles de la commune2. Et le 11 mai 1940, la
commune estime devoir s’équiper de matériel de lutte contre les incendies3.
L
’ occupation
Le Manoir d’Anjou fut très tôt réquisitionné par les troupes d’occupation.
D’autres villas importantes, comme la villa Le Verger avenue de Tervueren, avec ses grands
hêtres rouges, furent aussi réquisitionnée, par l’état-major allemand4.
1940–1944
la Seconde Guerre mondiale
Nombre d’habitants
de la commune
1940
16 050
1945
16 829
Page 235Top

235
La vie quotidienne
Détail interpellant, avec le recul, l’école de sténodactylographie venait d’ouvrir, en avril
1940, de nouveaux cours de langue allemande et de langue anglaise. Si ce n’était le fruit d’un
hasard et d’un souci de faire évoluer son programme vers des matières modernes, l’ironie de
ces choix serait cruelle à la veille de la déclaration de guerre5.
Dès le 11 mai 1940, on signale au bourgmestre « les agissements de certains habitants
dont les façons d’agir laissent hautement à désirer ». Il fait savoir qu’il « s’entendra avec le com-
missaire de police … »6.
Très tôt, la présence de l’occupant se fait sentir. Le 20 mai 1940, le bourgmestre revient
de la Conférence des bourgmestres du Grand-Bruxelles avec quelques obligations nouvelles.
Dorénavant, « il y a lieu d’appliquer l’heure allemande … d’envoyer journellement un délégué
pour prendre éventuellement des afches et communications, les dispositions concernant le
ravitaillement restent de vigueur, la police ne peut porter d’armes à feu… le reichsmark sera
fxé à raison de 10 fr. pour 1 mark, l’autorité allemande désire que les fles devant les magasins et
établissements publics soient évitées … »7. Et à titre local, il faut prendre des mesures contre les
commerçants qui refuseraient les bons de nourriture fournis par l’assistance publique8. Dès le
lendemain, « la Société Générale de Belgique, qui continue à garantir les secours aux indigents,
incite les communes à être parcimonieuses. Les ouvriers réquisitionnés pour faire les travaux
demandés par l’occupant seront payés à raison de 25 francs par jour, dépenses réparties sur
toutes les communes de l’agglomération … et l’autorité (occupante) demande à Bruxelles de
Dès le 11 mai 1940, on signale au bourgmestre
« les agissements de certains habitants dont les
façons d’agir laissent hautement à désirer ».
1940–1944 la Seconde Guerre mondiale
L
’institut Gatti de
Gamond, rue André
Fauchille.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 236Top

La salle à manger
de l’institut Gatti de
Gamond.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
236
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
mettre à disposition plusieurs écoles pour y loger des prisonniers belges et anglais… »9. Le
salaire des chômeurs réquisitionnés comme ouvriers mis au travail passe bientôt à 30 francs
par jour10. Ils sont mis au travail sans tarder. Il en va, pour la commune, d’une opportunité
précieuse de faire avancer quelques grands travaux en soufrance, et du souci d’occuper des
habitants en manque de ressources. « Le ministère avancera les fonds nécessaires à l’exécu-
tion de ces travaux, (qui) doivent surtout servir à l’emploi de la main-d’œuvre, il y a lieu d’éviter
l’emploi de trop de matériel et surtout de machines … ». On pense notamment au « bétonnage
de l’avenue Orban, à paver la rue Louis Ceusters – pavés récupérés avenue Orban –, aux égouts
de la cité-jardin, etc … après : à la restauration de l’église Notre-Dame de Stockel, au béton-
nage du rond-point de la place Dumon ; école du Centre : chaufage central, bains-douches et
la salle de gymnastique ; école de Stockel : bains-douches et salle de gymnastique ; collecteur
Vloedgroebbe entre la rue Henrotte et le Pont chemin de fer … »11. Mais aussi, dans l’idée « d’éta-
blir un roulement de ces ouvriers chômeurs afn de pouvoir en employer le plus possible, avec
un salaire minimum fxé à 32 francs par jour », ressurgit le projet de la nouvelle maison com-
munale, de l’exhaussement de l’école de Stockel, etc …12.
L
’ emplacement de la future maison communale n’est toujours pas choisi. « Depuis
plusieurs années les locaux des services communaux deviennent trop petits et … il y a urgence
« … la police ne peut porter d’armes à feu …
le reichsmark sera fxé à raison de 10 fr. pour
1 mark, l’autorité allemande désire que les fles
devant les magasins et établissements publics
soient évitées … »
Page 237Top

237
à construire une nouvelle maison communale. Elle doit se trouver accessible pour toute la popu-
lation … le projet du Centre est trop cher en expropriations … (on peut) choisir comme emplace-
ment un terrain situé dans la propriété Parmentier face à l’avenue de Tervueren, procéder aux
démarches nécessaires auprès du Service des Domaines, puis ouvrir un concours, demander
au service de résorption du chômage l’intervention pécuniaire de l’état dans la construction des
bâtiments et l’aménagement des alentours … »13. Comble de malchance, un ouragan ravage
plusieurs édifces dans le village en novembre 194014. Si la commune doit accueillir des réfu-
giés, plusieurs de ses habitants ont eux aussi pris la route. L
’ administration communale, par
exemple, a vu des agents quitter leur service. Elle décide de ne pas les autoriser à le reprendre
sans fournir des documents sur leur départ et leur retour15.
Le conseiller communal Jean Evrard est prisonnier de guerre dès novembre 194016.
En février 1941, il est décidé de fermer l’école d’artisans du bâtiment le 1er mai. Elle n’était
plus fréquentée que par une douzaine d’élèves réguliers17.
Dès les premiers mois de la guerre, les dommages sont préoccupants. « Les constata-
tions des dommages de guerres doivent se faire en triple expédition, une à déposer à l’adminis-
tration communale de la ville de Bruxelles, une à l’administration communale du lieu du sinistre
et une troisième à garder par l’intéressé … »18. L
’ autorité occupante « insiste pour que les bourg-
mestres fassent placarder des afches invitant la population au plus grand calme. Un coup de
feu aurait été tiré à Neder-Over-Heembeek et les Allemands menacent de représailles … »19. De
même, la « conférence des bourgmestres de Bruxelles », l’organe réunissant dorénavant tous
les bourgmestres de l’agglomération, fait savoir que « les otages de Schaerbeek seront relâchés
après apposition d’une afche informant les habitants des conséquences que tout acte hostile
peut entraîner … »20.
Le ravitaillement
La relance d’une antenne locale de la Ligue du Coin de Terre est évoquée dès avant la
déclaration de guerre, dès février 194021. Cet organisme avait pour but de mettre des parcelles
de terrain à la disposition de la population afn qu’elle puisse y cultiver des légumes. Un grand
nombre de terrains vagues et de prairies se virent systématiquement convertir en jardins
potagers à l’intention des habitants. À l’automne 1940, et en prévision du printemps prochain,
la commune avance des fonds à la Ligue du Coin de Terre pour l’achat de semences, d’engrais
et de plantes22. Les pelouses de l’avenue Baron d’Huart peuvent être cultivées dès le printemps
1941. Et « dans les circonstances actuelles, toute terre devrait être cultivée »23.
Les magasins fermés contenant des vivres sont d’abord repérés24 puis vidés de leurs
denrées et le pain est rationné à 300 grammes par jour par personne25. La débrouille s’organise.
L ’autorité occupante « insiste pour que les
bourgmestres fassent placarder des affches
invitant la population au plus grand calme.
un coup de feu aurait été tiré à Neder-Over-
Heembeek et les allemands menacent de
représailles … »
1940–1944 la Seconde Guerre mondiale
Page 238Top

238
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
« L
’ échevin Van Brabant a mis à la disposition des boulangers de la commune 5 000 kilos de
farine payés de ses propres moyens … (à quoi s’ajoutent) 10 000 kilos possibles via l’échevin
Smets… (cette farine sera) mise en vente aux boulangers à 217 fr. environ … »26. L
’ échevin Van
Brabant était boulanger, son magasin était alors établi rue Louis Thys. Une proposition est
avancée par « le bourgmestre allemand de Wavre tendant à fournir à notre population des
œufs, du beurre et de la viande abattue contre panifcation de farine destinée aux habitants de
Wavre ». Cela demande toutefois d’être vérifé par une proposition écrite27. La cave d’une maison
inoccupée est vidée de son charbon, au bénéfce de la crèche, la commune se charge du trans-
port28. Et les réserves d’essence sont bloquées chez les personnes dépourvues de leur automo-
bile29. Vu que « … les magasins communaux ne peuvent encore être organisés ; la pâtisserie ne
peut être ni fabriquée ni vendue, il y a lieu de libeller l’autorisation pour le réapprovisionnement
en farine non en kg mais en rations … »30. La nourriture rationnée est délivrée en échange de
timbres de rationnement. Des vols de timbres sont relativement fréquents dans Bruxelles et le
service de distribution de Woluwe-Saint-Pierre s’équipe d’un cofre-fort en novembre 194131.
Le chaufage des locaux scolaires est un problème réel au cours de l’hiver 1942, parti-
culièrement rigoureux. Les écoles du Centre et de Stockel sont fermées tout simplement entre
le 24 janvier et le 9 février32. Les enseignants sont invités à prendre conscience des difcultés
de l’approvisionnement en charbon et à user du combustible avec économie33. La décision est
prise de ne chaufer qu’une partie des locaux, entre le 5 mars et les vacances de Pâques, le soir
du 1er avril. Les classes néerlandophones se tiendront le matin, les classes francophones l’après-
midi. Les deux groupes d’enfants se rejoindront pour partager la distribution du repas ou de la
soupe à 12h30. Et seules les branches essentielles seront enseignées, c’est-à-dire les langues
nationales et le calcul. Les branches secondaires seront rattrapées en d’autres temps. Les com-
positions seront échelonnées de manière à ne pas accroître la tension portée sur les enfants34.
L
’ approvisionnement en gaz est lui aussi de plus en plus difcile à assurer. Une conven-
tion entre la commune et la société Sobragaz établit les heures de distribution : le matin de 7
à 8 h tous les jours ; le midi de 10h45 à 12h15 tous les jours, le soir de 18h30 à 19h30 les lundis,
mercredis, vendredis et dimanches. L
’ administration insiste pour que la société accepte de
modifer l’horaire à midi et distribue le gaz de 11 h à 12 h 30, « tenant compte de la catégorie spé-
ciale de la population se composant en grande partie d’employés et de fonctionnaires »35.
Les secours
Le 11 mai 1940, de toute urgence, il est décidé de contacter la direction nationale de la
Croix-Rouge et l’antenne de Woluwe-Saint-Lambert afn d’établir une section locale à Woluwe-
Saint-Pierre36. L
’ administration communale, visiblement dépassée par la réalité des fux de
réfugiés, autorise « les œuvres privées qui désireraient venir en aide aux victimes de la situation
actuelle » à agir sans hésiter. Toutefois, « … les personnes admettant des réfugiés, chose hau-
tement louable, doivent, en vue des abus qui pourraient se produire, en assurer à leurs frais le
ravitaillement, la commune dirigeant les évacués sur des établissements totalement équipés où
ils recevront tous les soins possibles … ».
À la date du 13 mai, la situation des réfugiés dans la commune est une préoccupation
centrale : « … la Commission d’Assistance Publique a pris une part active à l’hospitalisation des
réfugiés, service admirablement organisé … il y a lieu de soutenir ces établissements et de leur
accorder une avance de 3 000 francs aux Salésiens de Don Bosco, 2 000 francs aux Franciscains
du Vogelzang, 2 000 francs aux Franciscaines (de l’avenue de Tervueren) … ». Les réfugiés se
répartissent alors comme suit :
Institut
- de 15 ans
6 ans et +
autre
Don Bosco
150
20
480
Ff franciscains
40
8
150
SS franciscaines
70
10
350
Dispersés 80 30 250
Total
340 68 1230
Page 239Top

239
Les employés communaux recevront anticipativement les traitements du mois de juin …37.
L
’ antenne locale de la Croix-Rouge souhaite organiser un poste de renseignements et de
secours, il sera logé dans la conciergerie de l’école du Centre38. Dès la fn du mois, « la popu-
lation est priée de ravitailler autant que possible les prisonniers vu que la Croix-Rouge n’est
pas à même de les ravitailler complètement … »39. Il est toutefois décidé « d’accorder le même
secours à tous les indigents, quelle que soit leur nationalité »40.
Un premier « relevé des secours accordés par la direction de l’institut Don Bosco aux
nombreux réfugiés … durant les jours tragiques … du 10 au 28 mai » établit qu’il a été « donné
dans cet institut : 3 577 déjeuners, 4 043 dîners, 3 573 soupers, 3 588 logements ; depuis le 1er juin
au 9 de ce mois, un millier de réfugiés sont encore passés par l’institut. Comme prix, la direction
de l’institut demande : pour le déjeuner : pain, café, margarine, fromage, lait pour les enfants :
1,5 fr. ; pour le dîner : soupe, pommes de terre, légumes, viande ou œufs ou conserves de viande,
lait pour les enfants : 4 fr. ; pour le souper : pain, café, margarine, fromage ou œufs ou viande :
1,5 fr. »41. Les décomptes des secours fournis par les autres institutions, comme le couvent des
Franciscaines, avenue de Tervueren 268, celui des Pères Franciscains au Chant d’Oiseau et par
les Sœurs Annonciades de Stockel doivent encore venir s’ajouter à ces chifres.
Des soupes scolaires et populaires sont distribuées par les centres d’accueil42. La dis-
tribution de soupe aux enfants des écoles est maintenue durant les vacances scolaires de Noël
1940 – 1941, sauf les deux jours de Noël et les 1er et 2 janvier43. Les enfants reçoivent des carottes
trois fois par semaine, au cours de l’hiver 1940-194144.
La soupe populaire bénéfcie aux membres du personnel administratif de la commune.
Les repas sont distribués à l’école du Centre. Puis, apportés sur place, à la maison communale
dès février 194145.
Il faut aussi prendre en compte les premières victimes du front. Il convient de « … faire
des funérailles aux soldats tombés ces derniers jours (dignes de celles des) … anciens combat-
tants et invalides de la guerre 1914-1918, (et dès lors) certaines dispositions seront prises pour
l’agrandissement de la pelouse d’honneur … »46.
Woluwe, district du « Grand-Bruxelles »
L
’ évolution de la guerre bouleverse de manière importante la vie administrative de la
commune. Contrairement à la Première Guerre mondiale où les mandataires communaux
conservèrent généralement leurs fonctions, il n’en va pas de même lors du second confit.
« … les personnes admettant des réfugiés, chose
hautement louable, doivent, en vue des abus qui
pourraient se produire, en assurer à leurs frais le
ravitaillement, la commune dirigeant les évacués
sur des établissements totalement équipés où ils
recevront tous les soins possibles … »
1940–1944 la Seconde Guerre mondiale
Page 240Top

240
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
À la fn de l’hiver 1941, la nouvelle tombe sur toutes les communes. L
’ arrêté du 7 mars
1941 met fn aux activités communales locales et prive leurs responsables de tout pouvoir réel.
Le conseil de Woluwe-Saint-Pierre veut secourir son bourgmestre : « vu l’arrêté du 7 mars
1941 émanant de l’autorité allemande, considérant que M. le bourgmestre de Woluwe St Pierre
tombe sous l’application des dispositions de cet arrêté … considérant que M. Thielemans Joseph
remplit depuis 1904 les fonctions de bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre ; considérant que
pendant cette longue carrière la commune a compté une période exceptionnelle de développe-
ment, que le bourgmestre s’est montré en tous temps et lieux à la hauteur de sa tâche … qu’il
jouit parmi la population entière et dans les opinions de toute tendance d’une autorité et d’une
considération indiscutée, suite à son dévouement pour la cause publique … (qu’il) a consacré sa
vie entière à la cause publique et tient encore l’administration communale d’une main ferme ;
que pendant ses 37 années de fonction, il n’a jamais manqué une séance du conseil communal …
Pendant sa longue carrière, rien d’anormal ne s’est produit dans la commune, vu les services
éminents rendus à la cause publique par l’intéressé dans tous les domaines … (il a agit) patriar-
calement en ce qui concerne la population et l’approvisionnement … (le Conseil) décide de …
prier l’autorité supérieure de maintenir M. Thielemans dans ses fonctions de bourgmestre pour
le bien de tous ses administrés … »47.
Dès le mois de mai 1941, l’autorité allemande supprime tous les conseils communaux, ne
laissant en place que les collèges des bourgmestre et échevins.
Deux amendes sont infigées par l’autorité occupante aux 19 communes de l’agglomé-
ration, pour contribuer à l’efort de guerre et tenter de mater les résistances. Une première
amende de 2 000 000 de francs tombe en juillet 1942, la suivante, de 5 000 000 de francs au mois
d’août. Les communes sont écrasées.
Les registres communaux de Woluwe-Saint-Pierre s’interrompent brutalement, signe
manifeste de la délocalisation des décisions. Les responsabilités sont assumées dès lors par le
collège des bourgmestre et échevins, jusqu’à sa propre suppression en 1942.
Les protestations du collège échevinal de Woluwe-Saint-Pierre sont vigoureuses et se
rallient aux déclarations de la Conférence des bourgmestres, qui en appelle au respect de la
Constitution qui exclut les modifcations des limites de communes, et ses membres refusent
catégoriquement de remettre leur démission48.
Fin septembre 1942, Gérard Romsée, nationaliste famand, membre du VNV, nommé au
poste de secrétaire général à l’Intérieur, décrète illégalement la formation des grandes agglo-
mérations. Bruxelles et les 18 autres communes de l’agglomération, dont Woluwe-Saint-Pierre,
Il convient de « … faire des funérailles aux
soldats tombés ces derniers jours (dignes de
celles des) … anciens combattants et invalides
de la guerre 1914–1918 … certaines dispositions
seront prises pour l ’agrandissement de la
pelouse d ’honneur … »
Page 241Top

Les petites flles
de l’institut Gatti de
Gamond à l’heure de
la récréation.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
241
sont fondues en une seule entité administrative. Jan Grauls est nommé à la tête de la ville de
Bruxelles. On groupe les communes de Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre en un
même district dirigé par le secrétaire communal de Woluwe-Saint-Lambert, Guillaume Abeloos. 
Le collège du Grand-Bruxelles reste en fonction jusqu’à la libération de la ville au mois de
septembre 194449.
Mesures contre les Juifs et Service du travail obligatoire (STO)
Le 14 décembre 1940, l’autorité allemande promulguait la première d’une série d’ordon-
nances de sinistre mémoire qui allaient conduire à la déportation pure et simple d’une partie
importante de la population juive. À ce moment, il ne s’agissait encore que d’opérer un recen-
sement des Juifs. À partir du 27 mai 1942, le port de l’étoile jaune est obligatoire. Les bourg-
mestres de l’agglomération refusent unanimement de procéder à la remise du signe d’infamie.
Le 6 octobre 1942, l’occupant instaure le Service du travail obligatoire contraignant les
hommes de 18 à 50 ans et les femmes de 21 à 35 ans ne pouvant pas faire la preuve d’un emploi
fxe en Belgique à travailler dans le secteur industriel du Reich.
Le 12 juin 1943, Odile Henri, et son époux Remy Ovart, sont arrêtés par la Gestapo,
à 4 heures du matin. Odile Henri avait accueilli une quinzaine d’enfants juifs à l’institut Gatti de
Gamond, l’internat du lycée Gatti de Gamond, un pensionnat qu’elle dirigeait, situé rue André
Fauchille. Le couple est emmené à la prison de Saint-Gilles. Par après, Odile Henri sera dépor-
tée à Bergen-Belsen et y mourra, son mari est emprisonné à Buchenwald50.
Bombardements et combats aériens
En octobre 1942, un bombardier anglais – un Halifax B II – s’écrase sur une des pre-
mières maisons déjà construites de l’avenue des Ajoncs. Les sept membres d’équipage sont tués
tout comme un des habitants de la maison51. Le fls des propriétaires de la maison était dans le
tram lors du combat aérien, il assista de loin à l’incendie de sa propre maison52.
Au mois de mai 1943, la plaine d’aviation d’Evere et la gare de formation de Schaerbeek
subissent un bombardement en règle. Le 7 septembre a lieu le plus grand bombardement de
Bruxelles. Une fois de plus, la plaine d’Evere fait partie des cibles privilégiées. En représailles, les
Allemands procèdent à l’arrestation de nombreux « suspects » dans toute la région bruxelloise53.
Un V1 est tombé au coin de la rue André Fauchille et de l’avenue de Tervueren le
10 novembre 194454.
1940–1944 la Seconde Guerre mondiale
Page 242Top

242
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Résistance à l’occupant
Le dépôt du tram de l’avenue de Tervueren fut durant la guerre un centre de la
Résistance et d’action syndicale, ce qui explique la présence dans la commune, après-guerre,
de partis de gauche55. Des actions plus modestes se vivent au jour le jour. En février 1941, les
agents de police sont équipés d’éponges, afn d’efacer immédiatement les inscriptions anti-
allemandes fgurant sur les murs de façade, les lanternes, les poteaux … car « l’autorité occu-
pante a donné des instructions strictes à ce propos »56.
L
’ agent de police Léopold Prist est arrêté pour avoir volé un appareil photo et un revolver
dans une maison occupée par des Allemands, avenue Père Damien, suite à un vol, précisément,
où il avait été appelé dans le cadre de son service, le 29 mars 1942. Il est condamné à deux mois
de prison, libéré le 10 juin 1942 et révoqué aussitôt57. Sans pour autant constituer une résistance
armée ostensible, plusieurs décisions ou faits en apparence mineurs continuent à entretenir le
sentiment national. Le 21 juillet 1942, faute de pouvoir célébrer la fête nationale, le collège des
échevins décide de faire placer défnitivement les monuments sur les tombes des soldats tués
pendant la guerre de 1940 et les anciens combattants décédés ces derniers temps58. Et quelques
semaines plus tard, le 25 août, plusieurs rues et avenues changent de nom, en faveur de la
mémoire des soldats « qui ont donné leur vie pour la défense de la Patrie en 194059 ».
Libération
La libération complète de Bruxelles, précédée par la retraite sans gloire des Allemands
dans les dernières semaines du mois d’août, est une réalité le 3 septembre 1944 dans la soirée.
Lors de la débâcle, une partie de l’armée allemande refue par l’avenue de Tervueren. Les ofciers
avaient arrosé le plancher de la villa Le Verger d’essence pour y mettre le feu. Les concierges les
ont tellement bien retenus et fait perdre du temps qu’ils ont fui sans déclencher l’incendie60.
L
’immédiat après-guerre, déconstruire et épurer
Le conseil communal se réunit le 9 septembre 1944 pour la première fois après des
années d’interdiction. À défaut d’instructions des autorités supérieures, il se borne à se féliciter
de la libération et à faire le point sur la situation. Le conseiller communal Jean Evrard est depuis
plus de quatre ans prisonnier de guerre, le conseiller De Sutter a subi un emprisonnement
pénible sous l’autorité allemande et sa santé s’en trouve profondément altérée.
Le 21 juillet 1942, faute de pouvoir célébrer la
fête nationale, le collège des échevins décide de
faire placer défnitivement les monuments sur
les tombes des soldats tués pendant la guerre
de 1940 et les anciens combattants décédés ces
derniers temps.
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243
Il faudra mener une enquête administrative contre le secrétaire communal (Pierre
Derumeaux) dont l’action dans la constitution du Grand-Bruxelles est estimée plus que com-
plice. Il a accepté un poste rémunéré de secrétaire au Laboratoire intercommunal de chimie
et de bactériologie.
Mais, pour l’ensemble, l’échevin Fautré estime que le personnel communal a su rester
digne sous l’occupation comme pendant la « révolution administrative du Grand-Bruxelles ».
La population s’est aussi montrée digne dans son ensemble. Les enquêtes pour incivisme seront
nécessaires mais, dans l’immédiat, un Te Deum est prévu à l’église Saint-Pierre61. Des mesures
d’exclusion, contre des membres du conseil et des membres du personnel de l’administration,
prennent cours dès le lendemain62. Tous ceux qui ont contribué à la disparition des institutions
communales et à l’instauration du Grand-Bruxelles sont immédiatement disqualifés de leur
dignité communale. Les compétences sont progressivement ramenées au sein de l’administra-
tion. Se basant sur un arrêté pris à Londres par le gouvernement, le conseil décide d’annuler
toutes les promotions et les nominations faites sous l’occupation, en particulier toutes celles
prononcées après la dissolution du conseil communal et de procéder par la suite aux promo-
tions qui se justifent.
Il faut aussi réhabiliter un résistant reconnu. L
’ agent de police Léopold Prist, révoqué par
l’autorité allemande le 5 juin 1942, pour avoir « enlevé un revolver avec munitions et un appa-
reil photographique dans une maison occupée par des ressortissants allemands ; il a agi pour
servir sa patrie et sur ordre des chefs de groupements de résistance, or il est décédé des suites
d’un attentat contre sa personne le 1er juillet 1944 ». Une plaque commémorative ou du moins un
portrait seront placés dans la maison communale63.
La réouverture des classes dans les écoles est fxée au 15 septembre 1944, les enfants
illégalement déplacés de sections famandes vers des sections françaises (sic) ou l’inverse
reprendront immédiatement leur place64.
Les mois suivants verront se succéder des séances de confrontation entre les dénon-
ciations pour incivisme, les enquêtes administratives, les révocations et les recours en appel.
Quelques membres du personnel et quelques enseignants ont certainement agi par suivisme,
par opportunisme et sans grande conscience de l’impact de leurs actes. D’autres ont suivi leurs
supérieurs dans la dérive et, pour certains, probablement en toute bonne foi. Quelques cas de
dénonciation d’actes patriotiques à l’autorité allemande sont toutefois signalés comme fa-
grants, et plusieurs sympathisants ouverts aux théories de l’ordre nouveau, voire tout simple-
ment des membres et des sympathisants du parti Rex, sont immédiatement suspendus de leurs
fonctions ou tout au moins invités à s’expliquer. Un conseiller communal ouvertement rexiste,
parti travailler volontairement en Allemagne, est déchu de son statut par le conseil communal65.
Le corps de la police doit être repensé, tous les membres qui ont suivi les cours de l’école
de Police durant l’occupation sont suspendus au moins temporairement66. Il ressort d’une
première enquête que le conseiller De Sutter, arrêté le 20 février 1941 par la Gestapo, condamné
à six mois de prison par le conseil de guerre Oberfeldkommandantur 672 de Bruxelles le 10
avril 1941, emprisonné dans les geôles de la prison de Saint-Gilles et au camp de prisonniers de
Merxplas (sic)67, a été dénoncé par un professeur de l’école de sténo-dactylographie68.
Le cas de l’ancien échevin de l’Instruction publique de Woluwe-Saint-Pierre, Jan
Delmartino, devenu échevin des Œuvres sociales du Grand-Bruxelles, pose un problème sin-
gulier. Son pouvoir moral sur ses subordonnés, et notamment sur les enseignants, a créé des
confusions plus que regrettables. Il est de toute manière déchu de son statut de conseiller par la
députation permanente le 23 mars 194569.
Les privations restent une préoccupation permanente. Un local est loué par la commune
au no 320 de l’avenue de Tervueren pour loger le service du ravitaillement. La distribution des
timbres à Stockel se fait à nouveau à l’école, après avoir été délocalisée au café Le Terminus,
place Dumon70.
Enfn, le 13 septembre 1944, le collège décide de renommer le rond-point Saint-Michel,
à l’intersection du boulevard Saint-Michel et du boulevard Brand Withlock, en l’honneur du
maréchal Montgomery71. La lettre de remerciement du maréchal est lue en public quelques
semaines plus tard, le 27 octobre72.
1940–1944 la Seconde Guerre mondiale
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244
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
13
L
’urbanisation progressive a peu à peu intégré Woluwe-Saint-Pierre à l’agglomération bruxel-
loise tout en maintenant pour ses habitants un cadre de vie aéré et doté d’un équipement collec-
tif diversifé, d’espaces verts et de moyens de communication aisés.
Le petit village agricole de 2 000 habitants au xixe siècle, dont seulement une centaine
parlaient le français, s’est transformé en une commune qui, aujourd’hui, est majoritairement
francophone et où l’anglais est de plus en plus courant. L
’ équilibre linguistique entre français et
néerlandais a été atteint aux environs de 1920.
Du recensement organisé en 1947, le dernier à être doté d’un volet linguistique, il apparaît
que 41 % des habitants sont bilingues, 37 % sont francophones et 12 % néerlandophones.
Chacune des deux communautés, francophone et néerlandophone, développe des activi-
tés culturelles et sociales propres bien vivantes. Une coopération harmonieuse s’est développée
en outre entre les diférentes communautés, francophone, néerlandophone et internationale.
Plus d’une dizaine de langues, européennes ou non, sont pratiquées chaque jour. Les dyna-
miques culturelles en sortent renforcées.
La vie politique
La tendance catholique a administré la commune sans interruption de 1830 à la fn des
années 1950. Jean-Marie Evrard, bourgmestre de 1947 à 1971, commence sa carrière dans les
rangs du PSC-CVP. Il est à l’origine d’une scission dans l’aile droite du parti catholique. Les
dissidents se regroupèrent en formant le Rassemblement national (droite conservatrice), tandis
que Jean-Marie Evrard lui-même conduisait, sur le plan local, une liste du bourgmestre, celle
des Intérêts communaux. Une nouvelle coalition, en 1964, regroupe les libéraux du PLP-PVV et
la liste du bourgmestre Evrard. Le PSC entre alors dans l’opposition. En 1970, le FDF vivait son
moment de gloire en obtenant 10 sièges sur 25, ce qui lui permettait de constituer un collège
avec le PLP-PVV, rejetant le bourgmestre Evrard dans l’opposition.
1945–
De la fn de la guerre à nos jours
Nombre d’habitants
de la commune
1940
16 050
1945
16 829
1950
20 472
1955
25 696
1960
30 829
1965
36 273
1970
39 867
1975
40 100
1980
38 994
1985
39 834
1990
38 152
1995
38 111
2000
37 791
2005
38 232
2009
39 077
2012
40 044
Page 245Top

Parade des enfants lors
des fêtes de la Libération
sur la pelouse de
l’hippodrome de Stockel.
Eté 1945.
Collection Jozef Laureys.
245
Les élections d’octobre 1982 sont, fait assez rare dans les annales des communes belges,
annulées par une décision du Conseil d’État. Le nouveau scrutin, en avril 1983, assure la majo-
rité à une coalition formée par les libéraux et les sociaux-chrétiens, ce qui rejette le FDF dans
l’opposition. Il faut attendre 2000 pour que le FDF revienne au collège en alliance avec les libé-
raux réformateurs. Cette coalition s’élargit aux humanistes chrétiens en 2006.
SE RECOnSTRUIRE APRèS LA GUERRE
Au lendemain de la guerre, l’administration communale doit en partie être restaurée,
après avoir été systématiquement déstructurée au proft du Grand-Bruxelles. Les transferts de
compétences se font progressivement dès l’automne 1944. Des élections communales ont lieu le
24 novembre 1946. Le bourgmestre Joseph Thielemans, alors membre du Parti catholique, est
élu avec 1 111 voix de préférence. La candidature de Jean-Marie Evrard est elle aussi proposée
au gouverneur de la province sur l’insistance pressante de la députation permanente, soucieuse
de proposer une possibilité de renouvellement des responsables locaux. Il sera nommé bourg-
mestre par un arrêté du prince Régent, le 27 février 1947. Son premier discours devant le conseil,
le 4 mars 1947, rend hommage aux quarante-trois années de mandat de son prédécesseur1.
1945– De la fin de la guerre à nos jours
« … considérant qu’il est désirable de voir
conserver tout ce qui rappelle le passé de nos
communes, vu l ’empreinte du sceau scabinal des
seigneurs de Crainhem et Woluwe, reposant au
Cabinet des Médailles de la Bibliothèque royale
de Bruxelles et portant les armoiries de la famille
de Hinnisdael … »
Page 246Top


Planche Bemel de l’Atlas
de la commune de
Woluwe-Saint-Pierre,
dessiné par le géomètre
Jean-Charles Demortier,
publié en 1808. Détail.
Échelle 1 / 2 500.
Administration communale
de Woluwe-Saint-Pierre,
service de l ’urbanisme.
246
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le quartier du Bemel
Le toponyme est mentionné pour la pre-
mière fois au xive siècle. Bemel serait la contrac-
tion de « Beemd-lo » désignant une place ouverte,
une clairière dans un bois, entourée d’eau. On
retrouve une fois encore l’idée d’un lieu maréca-
geux, très herbeux ou encore une clairière située
près de l’eau. Cette signifcation s’accorde avec la
réalité géographique. le Bemel était en effet un
domaine marécageux cerné de bois1.
à l’heure actuelle, la source du ruisseau
du Bemel sourd à hauteur de l’actuelle avenue
de l’Atlantique. Le petit ruisseau se jette dans
la Woluwe à proximité de l’actuel musée du
Transport urbain bruxellois.
Dès le Moyen Âge, le hameau était tra-
versé par le chemin menant du Bemel à Woluwe-
Saint-Pierre, l’actuelle rue du Bemel, un chemin
important qui reliait le sud – auderghem – et
l’ouest – etterbeek – au village de Woluwe-Saint-
Pierre. à l’origine, ce chemin décrivait une
courbe à hauteur d’un bois, Het Motteken.
l ’atlas communal de 1808 montre un
petit hameau d’une dizaine de maisons regrou-
pées autour de l’Hof ten Bemel.
en 1912, Marie-antoinette Voet, la
veuve d’edmond Parmentier, lance d’impor-
tants travaux dans le quartier. elle passe avec
la commune une convention visant à « 1) créer
deux avenues destinées à relier l’avenue Verte,
l’actuelle avenue Vandendriessche, dans le pro-
longement de la rue Charles legrelle à l’avenue
de Tervueren à hauteur du café dénommé « La
Cascade » et le parc de l’État … 2) de créer une
avenue partant de l’avenue Verte prolongée
pour aboutir rue de Bemel à hauteur du parc de
l’État … 3) supprimer la partie du chemin vicinal
no 6 aboutissant à la rue Bemel …
Page 247Top


Le quartier du Bemel vu
de l’avenue de Tervueren.
À l’avant-plan, un étang
du parc de Woluwe.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’avenue de l’Horizon.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le quartier de l’Europe,
vue partielle.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
247
Voir conditions … Madame Parmentier
s’engage à ne pas autoriser des briqueteries
sur les parcelles comprises dans la zone
d’expropriation … »2.
Ces projets donneront naissance aux
actuelles avenues Jules César, Général de
Longueville et de l’Horizon.
le règlement de bâtisse daté du 1er mai
1925 prévoyait explicitement des villas en retrait
de six mètres. et ces villas indépendantes ou
jumelées devaient compter trois étages maxi-
mum et présenter des façades « au caractère
architectural affrmé »3.
la rue fut touchée par le développement
immobilier consécutif à la Seconde Guerre
mondiale. à l’exception du premier tronçon, près
du parc de Woluwe, pratiquement tout le côté
impair, au nord, fut construit à cette époque,
tout comme la zone située entre la drève de
Nivelles et l’avenue de l’Oiseau bleu (côté pair).
Suite à la loi De Taeye (1948) qui instaure un
système de prime visant à favoriser la construc-
tion d’habitations individuelles bon marché,
trois lotissements constitués d’habitations de
plan identique virent le jour. Ils constituent un
ensemble urbanistique cohérent.
le lotissement le plus ancien se situe
à l’extrémité de la rue, deux maisons côté pair
aux nos 124 et 126 et le reste côté impair aux
nos 147 à 173. Il est conçu par les architectes a.
Demesmaeker et M. Bols en 1948-1950. les mai-
sons modestes de deux niveaux qui le composent
évitent la monotonie en se différenciant par le
ton des briques des façades et la forme de leurs
baies. une importante différence d’échelle existe
entre ces maisons et les blocs d’appartements se
trouvant à l’arrière-plan sur l’avenue du Général
de longueville, dus à l’architecte Christian
Vander elst en 1967.
le deuxième lotissement, connu sous
le nom de « quartier du Bemel », construit entre
1949 et 1953, est également dû aux architectes
a. Demesmaeker et M. Bols. Il s’étend du côté
impair sur la rue du Bemel (nos 35 à 39, 45 à 53
et 59 à 91) et se prolonge sur l’avenue de l’Atlan-
tique (les nos 20 à 30 ainsi que les nos 5 à 19). Le
terrain appartenait jadis à la société immobilière
« Bernheim frères et fls ». Les constructions de
type bel-étage comportent trois niveaux.
Le troisième lotissement, le « quartier
de l’Europe », est construit par l’architecte
J.-F. Collin entre 1954 et 1956. Situé à la fn de
la rue du Bemel, il remplace alors une mai-
son de campagne construite sur le « domaine
Lambeau ».
Il est composé de cinq groupes de quatre
maisons de type bel-étage (nos 134 à 172). Le pre-
mier (nos 134 à 140) se caractérise par des galeries
couvertes en plein cintre qui donnent accès à des
commerces4.
le quartier du Bemel
Page 248Top

Arrêté royal d’octroi des
armoiries à la commune
de Woluwe-Saint-
Pierre, signé par le roi
Baudouin.
12 novembre 1957.
Cabinet du bourgmestre,
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre.
248
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le même jour, le conseil se penche sur la question des armoiries dont il conviendrait de
doter la commune. « Sous l’Ancien Régime, Woluwe-Saint-Pierre faisait partie du comté de
Hinnisdael » et « considérant qu’il est désirable de voir conserver tout ce qui rappelle le passé de
nos communes, vu l’empreinte du sceau scabinal des seigneurs de Crainhem et Woluwe, repo-
sant au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque royale de Bruxelles et portant les armoiries
de la famille de Hinnisdael, le conseil communal décide à 12 voix et 1 abstention de solliciter de
S. M. le Roi, la concession des armoiries des Hinnisdael qui sont de sable au chef d’argent à trois
oiseaux de sable becqués et membrés de gueules, et l’autorisation d’utiliser comme armoiries
Page 249Top

249
communales l’écu ci-dessus surmonté de la couronne comtale et placé sur les clefs de saint
Pierre posées en sautoir. Le sceau communal portera comme empreinte les armoiries décrites
ci-dessus avec l’exergue Sigillum scabinum de Woluwe Sancti Petri 2 ». Les armoiries de la com-
mune lui seront ofciellement accordées par l’arrêté royal du 12 novembre 1957.
échapper à la fusion des communes
Dès 1976, le grand projet de fusion des communes en Belgique3 soulève une opposition
virulente parmi les élus de Woluwe-Saint-Pierre : « Ayant été informé par la presse d’un projet
de fusion des communes bruxelloises qui aurait été élaboré par le ministère de l’Intérieur, le
conseil communal de Woluwe-Saint-Pierre … demande que le ministère de l’Intérieur consulte
les conseils communaux et la Conférence des bourgmestres avant la présentation de tout pro-
jet ; … s’oppose énergiquement à un découpage arbitraire et artifciel des communes et notam-
ment au retrait du Chant d’Oiseau de la commune de Woluwe-Saint-Pierre … ; considère que …
si Woluwe-Saint-Pierre devait être fusionnée avec Woluwe-Saint-Lambert, il s’agirait d’abord
que l’État neutralise le défcit de 285 millions de francs de Woluwe-Saint-Lambert pour n’en pas
faire supporter la charge aux habitants de Woluwe-Saint-Pierre dont le budget cumulé repré-
sente un boni (sic) de 50 millions … revendique qu’à l’occasion des fusions, les communes à faci-
lités soient intégrées à l’agglomération bruxelloise et notamment les communes de Crainhem et
Wezembeek-Oppem deviennent membres de l’agglomération bruxelloise soit à titre indépen-
dant soit par fusion avec les deux Woluwe … exige qu’à cette occasion, les quartiers bilingues
des communes sans facilités soient détachés des communes réellement famandes auxquelles
ils ont été intégrés en violation de toutes les règles démocratiques … »4.
Le refus se renforce davantage encore en 19795 et donnera lieu à une consultation popu-
laire en décembre 1980. Les habitants étaient invités à se prononcer sur plusieurs questions
très claires dont celle-ci : « La commune doit-elle rester elle-même, ce qui exclut toute ampu-
tation et toute fusion avec d’autres communes de l’agglomération ? » Les réponses positives
sont au nombre de 9 230, pour 660 réponses négatives. Et à la question « La région de Bruxelles
doit-elle être délimitée en tenant compte de la volonté des citoyens ? Les habitants de l’agglomé-
ration et de la périphérie doivent-ils dès lors être consultés au plus tôt ? », une nette majorité de
9 741 réponses positives écrase les 180 réponses négatives6.
Un tiers environ des habitants se sont donc rendus aux urnes pour cette consultation
populaire d’initiative communale qui, à la diférence d’un référendum, n’a pas force d’obligation.
« Ayant été informé par la presse d ’un projet de
fusion des communes bruxelloises qui aurait été
élaboré par le ministère de l ’Intérieur, le conseil
communal de Woluwe-Saint-Pierre … s’oppose
énergiquement à un découpage arbitraire et
artifciel des communes et notamment au retrait
du Chant d ’Oiseau de la commune de Woluwe-
Saint-Pierre … »
1945– De la fin de la guerre à nos jours
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250
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
évolution et composition de la population
Depuis 1945, Woluwe-Saint-Pierre n’a cessé d’accueillir de nouveaux habitants qui
désertaient le centre de la ville et les communes de la première ceinture surencombrées et
vouées au développement des fonctions de type tertiaire. Ce déplacement de population vers la
périphérie a accentué et scellé de manière défnitive le caractère résidentiel de la commune qui
a des atouts importants, comme son aspect champêtre, voire campagnard, les prix de l’immo-
bilier, moins élevés qu’au centre de la ville – du moins pour certains quartiers avant la fn du
xxe siècle –, l’urbanisation récente de la commune et l’allure moderne de l’habitat, la proximité
sans les inconvénients de voies de communication autoroutières, ou encore le canal ou les liai-
sons ferroviaires majeures7.
L
’ évolution démographique est spectaculaire. Une baisse légère de la population com-
mence à s’amorcer durant les années 1970, un efet direct de la baisse de la natalité et du déve-
loppement de l’automobile. Les jeunes couples ont alors tendance à s’éloigner davantage encore
de Bruxelles, vers la campagne ou la banlieue proche, où les prix de l’immobilier n’atteignaient
pas le niveau urbain et devenues accessibles grâce à l’expansion du réseau des voies de com-
munication, comme les autoroutes8.
En octobre 1971, la commune peut dresser le bilan suivant :
« En 1970 : la population en âge de scolarité s’élève à 5 200 enfants, 12 écoles primaires
ofcielles et 9 écoles primaires libres dispensent l’enseignement à plus de 4 000 enfants ; 8 éta-
blissements d’enseignement moyen et un établissement d’enseignement supérieur fonctionnent
sur le territoire, les académies communales de musique francophone et néerlandophone
comptent 1.350 élèves, la commune a une superfcie de 885 ha, compte 9 200 immeubles et pos-
sède 95 kilomètres de voirie, plusieurs grands axes routiers la traversent (avenue de Tervueren,
boulevard Brand Withlock, boulevard Saint-Michel, boulevard du Souverain et boulevard de
la Woluwe) … La Commission d’Assistance Publique gère une maison de retraite de 176 lits et
installera bientôt un service de gériatrie, sa maison d’accueil pour orphelins prochainement
remplacée par un orphelinat …, 3 maisons de jeunes fonctionnent sur le territoire, la commune
est intéressée dans 2 sociétés d’habitations sociales et une troisième est en voie de création, une
compagnie théâtrale aidée et subsidiée, un grand dépôt de tram et bientôt une grande station de
métro à Montgomery, une justice de paix vient d’être installée … »10.
Les registres du conseil communal renouent avec le bilinguisme en 1963.
Les tensions politiques et linguistiques des années 1970 prennent parfois des tournures
très concrètes dans la vie quotidienne. En 1975, un nouveau règlement de police interdit tout
« En 1970 : la population en âge de scolarité
s’élève à 5 200 enfants, 12 écoles primaires
offcielles et 9 écoles primaires libres dispensent
l’enseignement à plus de 4 000 enfants ;
8 établissements d’enseignement moyen et
un établissement d ’enseignement supérieur
fonctionnent sur le territoire, les académies
communales de musique francophone et
néerlandophone comptent 1.350 élèves … »
Page 251Top

L
’avenue Madoux, l’église
Saint-Paul et le Manoir
d’Anjou dans les années
1950.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
251
simplement les manifestations paramilitaires en rue, suite aux incidents récents qui se sont
produits dans les communes proches, notamment à Schaerbeek lors d’une manifestation du
Taal Aktie Komitee11.
Dès les années 1970, un autre phénomène infuence ces données. L
’ élargissement des
institutions de la Communauté européenne, le Marché commun, la Communauté économique
européenne puis Union européenne, et l’installation d’institutions internationales comme
l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, installé à Bruxelles en 196612, attirent à Woluwe-
Saint-Pierre des résidents séduits par le cadre de vie et la proximité des sièges des institutions
européennes et internationales, essentiellement regroupés autour du rond-point Schuman. Ils
ne sont toutefois pas tenus de s’inscrire au registre de la population.
Plusieurs ambassades ont, elles aussi, leur siège dans la commune, renforçant l’afux de
fonctionnaires et de résidents non-inscrits.
En 1985, la commune souhaite obtenir un reclassement sur base du nombre d’habi-
tants. L
’ argumentation est la suivante. En 1981, la commune comptait 40 686 habitants. Or, elle
en comptait 40 884 en 1971. « Cela pourrait laisser croire à une stagnation, or (il s’agit d’une)
augmentation constante mais de personnes non-inscrites ni aux registres de la population ni
au registre des étrangers, résultat de l’installation d’un grand nombre d’étrangers dits privilé-
giés … » Suit la démonstration :
« Nombre d’habitants publiés au Moniteur belge du 13 octobre 1984 : 40.285 ;
Nombre de secondes résidences : 4.436 à multiplier par 1,5 : 6.654 ;
Nombre de nuitées enregistrées au cours des deux dernières années (1983 et 1984) : 400.755
à multiplier par un quatre-centième : 1.002 ;
Nombre d’employés et d’ouvriers occupés sur le territoire : 16.446 à diviser par 5 : 3.289 ;
Nombre de lits des établissements de soins installés sur le territoire : 1.256 à diviser par 2 : 628 ;
Total : 51.858. 
Population de la
commune en 2010
Belges
26.841
Étrangers
inscrits
12.17715
Total 39.018
1945– De la fin de la guerre à nos jours
Page 252Top

252
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Il y a donc tout lieu de placer la commune dans la catégorie 20 des communes entre 50.001 et
80 000 habitants »13.
En 2004, le nombre d’habitants inscrits était de 37 75014, compte non tenu des habitants
légalement dispensés d’inscription (comme les diplomates et les fonctionnaires des institutions
internationales dont l’on s’accorde à évaluer le nombre à environ 12 à 15 % de la population de la
commune). Au moment de la mise sous presse de cet ouvrage, le nombre d’habitants inscrits
dépasse à nouveau les 40 000 habitants. La courbe ascendante est réamorcée, même sans
tenir compte du nombre d’habitants légalement dispensés d’inscription, lui-même en forte
augmentation.
Les habitants étrangers de Woluwe-Saint-Pierre se partagent 136 nationalités, euro-
péennes ou non. Les nationalités les plus représentés sont les Français (2 187), suivis des
Allemands (1 122), des Italiens (1 066), des Espagnols (910), des ressortissants du Royaume-Uni
(766), des Japonais (610), des Portugais (571) …
Vers un village international
Dès 1954, le développement international de Bruxelles éveille l’intérêt des élus de
Woluwe-Saint-Pierre. Comme « …les pourparlers sont actuellement en cours … pour la fxation
du siège des Assemblées européennes et spécialement celui de l’Administration politique de la
Communauté du Charbon et de l’Acier … » la commune « émet le vœu … de voir le gouverne-
ment belge défendre de toutes ses forces la candidature de Bruxelles comme siège permanent
des Assemblées Européennes … considérant que ce choix impliquerait d’importants avan-
tages matériels pour le pays entier et pour l’agglomération bruxelloise en particulier … »16. Et
d’émettre le vœu en 1957 que Bruxelles soit choisie comme capitale de l’Europe, la situation de la
ville étant particulièrement favorable au bon fonctionnement des institutions17.
Depuis 1958, le siège du Marché commun, qui deviendra la Communauté économique
européenne puis l’Union européenne, les sièges de plusieurs organismes internationaux,
comme l’Otan, ou encore des sociétés et des groupements étrangers s’installent à proximité
de la commune, proftant de la grande facilité de communication avec le centre de la ville et le
rond-point Schuman où sont regroupées la plupart des institutions européennes.
En 1994, la population étrangère rassemblait environ 8 570 personnes. Au 1er janvier 2010,
la commune comptait 12.177 étrangers, mais le chifre réel est nettement plus élevé si l’on tient
compte des personnes légalement non-inscrites.
Les jumelages
Un jumelage est conclu avec la commune de Musambira, en république du Rwanda en
juillet 197018. Le jumelage s’étendra par après au district de Ruyumba.
En 1974, la commune adhère à la Fédération mondiale des Villes jumelées, basée
à Paris19. Et en 1974 toujours, l’ambassade de la République de Corée du Sud propose un jume-
lage avec la ville de Seong-Dong20. Le jumelage avec le district de Gangnam, faisant partie du
district de Séoul, se met en place en 1976. Un monument, entre l’avenue Jules César et l’avenue
Général de Longueville, commémorait déjà, depuis 1966, l’engagement des militaires volontaires
belges en Corée, entre 1950 et 1954 sous la bannière des Nations unies.
En 1979, un jumelage est mis en place avec la municipalité de la Nouvelle Ibérie
(New Iberia), proche de la ville de La Fayette, dans l’État de Louisiane, aux États-Unis.
Un nouveau jumelage est envisagé, en 1981, avec la ville de Ségou, au Mali, sur une pro-
position de la Fédération mondiale des Villes jumelées. Le projet de jumelage avec Ségou restera
sans suite, mais d’autres viendront enrichir la vie de la commune.
À l’époque, le jumelage avec Musambira a déjà 10 ans d’existence et a progressivement
atteint ses objectifs. Il compte quelques belles réalisations : un centre médical nutritionnel et de
maternité, l’adduction d’eau potable dans une grande partie de la commune, une ferme pilote
avec un élevage de basse-cour, des arbres fruitiers et des cultures potagères, un générateur
d’électricité, un moulin, etc … La gestion de ces projets peut dès lors être confée à un habitant
rwandais21. Et par là même libérer des moyens fnanciers susceptibles d’être attribués à un
nouveau projet.
Page 253Top

La cité de l’Amitié.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’avenue de Hinnisdael
dans les années 1960.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
253
Le village de Pecica en Roumanie, aux confns de la frontière hongroise, est adopté suite
à l’opération de grande envergure « Villages roumains » en 1989. Dès le début de l’année, la Ligue
des Droits de l’Homme alerte l’opinion sur le projet de destruction de 8 000 villages roumains
menacés par de grands projets de restructuration agricole projetés par le gouvernement rou-
main. Woluwe-Saint-Pierre ofre aussitôt sa candidature22. Le choix de Pecica est ofcialisé en
mars 198923. Woluwe-Saint-Pierre a été également jumelée à la ville chinoise de Chao Yang en
2003, à la demande de l’ambassade de Chine, établie à Woluwe-Saint-Pierre. Mais le jumelage a
été suspendu en mars 2008, suite aux événements violents ayant eu lieu au Tibet peu avant.
PROFIL DE L
’HABITAT
Le développement urbanistique, manifeste depuis la fn du xixe siècle, entre dans une
phase plus poussée encore au milieu du xxe siècle. La commune se dote alors d’un véritable
service de l’urbanisme24. La commune maintient une densité relativement faible et développe sa
nature résidentielle. L
’habitat est en général récent. Depuis 1960, l’urbanisation relève essentiel-
lement de trois types d’habitations : maisons mitoyennes, villas isolées ou doubles et immeubles
à appartements mais jamais trop grands. Bien qu’une attention réelle soit portée aux habita-
tions sociales, la plupart des logements sont destinés à la classe moyenne ou supérieure. La
commune est majoritairement résidentielle et appartient à la ceinture verte de Bruxelles.
« … la commune émet le vœu … de voir le
gouvernement belge défendre de toutes ses
forces la candidature de Bruxelles comme siège
permanent des Assemblées Européennes … »
1945– De la fin de la guerre à nos jours
Page 254Top


Louis Van der Swaelmen,
Projet de plan de la cité-
jardin du Kapelleveld,
1922, publié dans Marcel
Smets, L
’avènement de la
cité-jardin en Belgique,
Histoire de l’habitat
social en Belgique de
1830 à 1930, Bruxelles,
Mardaga, 1977, p. 138.
La cité-jardin de Stockel
(Cappelleveld, sic),
encore en chantier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
254
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
la cité du Kapelleveld
La cité du « champ de la chapelle » commémore la
proximité de la chapelle de Marie-la-Misérable,
à Woluwe-Saint-lambert. elle s’étend sur les
deux communes.
le plateau, dans l’atlas de 1808, était
désert et portait le nom de Montagne aux Sols.
la Société coopérative d’Habitations
à Bon Marché « La cité-jardin du Kapelleveld »,
créée en 1922, future « Société coopérative du
Kapelleveld », achète des terrains peu coûteux et
projette un ensemble vaste et structuré. Le plan
général de la cité est l’œuvre de l’architecte et
urbaniste louis van der Swaelmen. la cité s’orga-
nise en éventail et suit la déclivité du terrain. la
densité de l’habitat reste modérée et les espaces
verts et récréatifs sont privilégiés. Plusieurs
phases de construction se succèdent jusqu’aux
années 1970.
la cité est conçue autour d’une vie
sociale de quartier, avec une salle des fêtes, une
bibliothèque, des terrains de sport, des com-
merces de proximité et les bureaux de la Société
coopérative. l ’école, l’église et le stade, prévus
dès l’origine, seront construits par après.
une première phase de construction se
développe de 1922 à 1926. la Société fait appel
à l’architecte antoine Pompe pour la partie de
Page 255Top


L
’avenue de la
Perspective. Maisons
dues à l’architecte
Antoine Pompe, bâties
entre 1922 et 1926.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Promenade avenue de
Wezembeek en 1950.
Collection Marcelle Polspoels.
255
la cité située à Woluwe-Saint-Pierre. Il conçoit
des maisons jumelées par deux ou par quatre,
avenue de l’Idéal et avenue de la Perspective.
Quelques parcelles sont loties par des
propriétaires privés, qui optent, essentiellement
durant l’immédiat après-guerre, pour des mai-
sons individuelles, jumelées ou mitoyennes.
une nouvelle phase de développement
s’étale entre 1951 et 1971. Les 97 maisons jume-
lées sont dessinées par l’architecte Paul Posno 1.
Plus tard, lors de la troisième phase,
en 1968–1969, Paul Posno conçoit des maisons
simples, en brique rouge à deux niveaux, grou-
pées par deux ou par quatre.
Enfn, Paul Posno conçoit en 1970 les
48 appartements du clos Vander Biest, répartis
en trois immeubles de briques claires.
la cité du Kapelleveld
Page 256Top

256
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
En 1948, la loi De Taeye incite à la construction d’habitations individuelles à bon marché.
La commune s’engage dans le processus et lance la construction de nouveaux lotissements,
constitués de maisons de plan identique.
Vers la fn des années 1970, le prix des terrains à bâtir est tel – de l’ordre des 3 000 à
4 000 francs le mètre carré – que les intentions louables de construire des habitations à loyer
modéré deviennent très lourdes. La commune envisage même de récupérer les terrains de sport
de l’avenue de Hinnisdael, en délocalisant les activités sportives du quartier vers un terrain de
12 hectares à Crainhem, afecté en zone verte et sportive, situé à une distance acceptable25. Le
projet ne sera pas réalisé, le terrain de football sera fnalement implanté chaussée de Stockel.
Les Venelles
De 1974 à 1978, 366 logements à l’origine à vocation sociale sont édifés à l’initiative de la
commune dans le quartier des Venelles, entre l’avenue Parmentier et les rues Kelle et au Bois,
sur un terrain loué auparavant au club de football du White Star. Ces habitations formant le
complexe des Venelles furent rapidement mises en vente par la commune.
Le quartier des Venelles, d’une grande originalité architecturale, rappelle les sites uni-
versitaires de Louvain-la-Neuve et Louvain-en-Woluwe, établi sur Woluwe-Saint-Lambert. Les
architectes Jean de Salle, Michel Benoît et Thierry Verbiest y érigèrent, entre 1974 et 1978, 366
logements collectifs, organisés autour d’un réseau de rues, de places et de jardins structurés,
équipés de terrains de jeux. L
’ espace étant entièrement piétonnier – jeu subtil de décrochements
de baies et de piliers, de terrasses et de passages, les voitures n’ont accès qu’aux garages amé-
nagés en sous-sol26.
Une sculpture de Jacques Moeschal27 est commandée en 1981 pour orner le quartier28 qui
se dote progressivement de nombreux locaux communautaires.
La cité de l’Amitié
Sur le plateau du Kapelleveld, aux confns de la commune, la cité de l’Amitié présente
quelques coursives desservants des appartements qui évoquent également les constructions du
site universitaire tout proche de Louvain-en-Woluwe. 329 habitations – sur les 600 prévues initia-
lement –, voient le jour d’après des plans établis par le groupe Ausia29, entre 1969 et 1979. La pre-
mière pierre de l’ensemble est posée en mars 1974. Les premiers habitants emménagent en 1978.
La cité est conçue sur un modèle piétonnier, novateur au lendemain d’une époque domi-
née par l’automobile. Un vaste parking souterrain permet d’accéder à tous les recoins de la cité.
Autre idée phare de ce projet pilote, l’intégration des personnes moins valides, essentiellement
des handicapés locomoteurs, au sein d’une population valide, le tout dans un environnement
social diversifé. 15 % des logements leur sont réservés et aménagés à leur intention. Les infras-
tructures sociales et commerciales sont tout spécialement adaptées à la locomotion douce et
assistée. La diversité des façades et des volumes est tempérée par des critères d’harmonie.
Afn de privilégier la vie de quartier et l’insertion sociale des handicapés, les architectes
aménagèrent des places horizontales, où conduisent des venelles et des sentiers en pente douce30.
VOIRIES ET COMMUnICATIOn
Le développement des nouveaux quartiers et de nouveaux axes de communication,
la généralisation de l’automobile et une certaine euphorie consumériste typique des Trente
Glorieuses entraînent d’impérieux changements de comportement. Les parties extérieures de
l’avenue de Tervueren sont mises à sens unique pour les voitures en 194731. Il en va de même du
boulevard du Souverain en février 194932. La vitesse des automobiles est limitée à 60 km/h sur
les boulevards Saint-Michel et Brand Withlock en 195433.
Et, dorénavant, un agent de police sera présent à l’issue de toutes les compétitions spor-
tives du terrain du White Star et au champ de courses afn de régler le service d’ordre34.
En 1948, la commune compte 746 propriétaires d’automobiles pour 17 014 habitants,
4 200 maisons et 5 900 ménages35.
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La maison-atelier
d’Émile Fabry, rue du
Collège Saint-Michel.
La haute verrière
orientée au nord
de l’atelier d’artiste
surplombe une corniche
partiellement amovible
et une ouverture
destinée à faciliter le
passage d’oeuvres de
grande taille.
La villa Gosset,
architecte Adrien
Blomme, avenue
de l’Horizon.
Photo Monuments et Sites de
la Région de Bruxelles-Capitale.
257
La villa Gosset
1928
architecte adrien Blomme
Avenue de l’Horizon, 21-23
Classée le 10 mars 1994
Cet ensemble art Déco, comprenant
divers bâtiments, dont une villa et une concierge-
rie, est implanté sur une vaste parcelle adjacente
au palais Stoclet. Il fut construit par l’architecte
Adrien Blomme (1878–1940) pour la famille
Gosset, famille d’industriels du monde du tabac
qui produisaient les cigarettes Saint-Michel.
Sans héritier légal, Gosset a cédé l’immeuble
à une légataire universelle. Cette fastueuse
villa, bien protégée par une clôture de haies,
est remarquable par son architecture moder-
niste aux volumes clairement exprimés, où les
façades sont le refet des plans et de la décoration
intérieure de type Art Déco. De plan carré, la
villa présente quatre façades symétriques. Son
patio central, éclairé par un puits de lumière aux
vitraux art Déco, est le centre névralgique de la
villa sur lequel donnent toutes les pièces, tant
au rez-de-chaussée qu’à l’étage. La fontaine inté-
rieure du patio répond à une fontaine extérieure,
située à l’avant de la villa.
l ’architecture
La maison-atelier d’émile Fabry
1902
architecte émile lambot
rue du Collège Saint-Michel, 6
En 1902, Emile Fabry quitte le hameau
du Heysel et demande à l’architecte Emile
Lambot (1869-1940) de construire une nouvelle
maison-atelier dans la rue Verte à Woluwe-Saint-
Pierre (actuelle rue du Collège Saint-Michel). Le
professeur à l’Académie royale des Beaux-Arts de
Bruxelles, fraîchement nommé, trouva à cet en-
droit un lieu proche à la fois de la nature et de la
ville. la maison que lambot construisit contient
beaucoup d’éléments Art Nouveau : jeu des
volumes, détails des boiseries, porte d’entrée,
ferronneries, ornements sculptés … Toutefois,
le bâtiment semble très dépouillé pour l’époque
car les sgrafftes prévus en façade n’ont pas
été réalisés. la maison est par ailleurs bien
adaptée à ses différentes fonctions. l ’atelier, par
exemple, jouit d’un éclairage étonnant comme
d’une isolation effcace contre les intempéries.
L ’on peut distinguer clairement deux zones dans
la maison de lambot, dont ce fut vraisemblable-
ment la première réalisation : le haut sous-sol
et le rez-de-chaussée surélevé étaient destinés
à l’habitation. Ils sont surmontés par l’atelier,
caractérisé par deux larges verrières et une porte
haute, permettant le passage d’objets volumi-
neux, à l’instar des maisons d’artisans et de
négociants de la renaissance.
Le sculpteur Pierre Braecke (1858–1938)
réalise la décoration de la porte d’entrée : une clé
de voûte fgurant une tête allégorique représen-
tant l’art du peintre ainsi que deux fgures fémi-
nines symboliques placées au départ de l’arc.
Braecke était un élève de Paul Delvigne ; il a créé
des monuments bruxellois connus, tel le « monu-
ment Lemonnier » et le « monument Anspach ».
les deux artistes étaient amis ; la maison de
Braecke (rue de l’Abdication 31 à 1000 Bruxelles)
contenait, elle, des œuvres de Fabry. En 1988, la
commune ft apposer sur sa façade un médaillon
commémoratif signé de Jean-François Lecomte
(Vaux Chavanne, 1936), professeur à l’Académie
des arts.
l’architecture
Page 258Top

La maison Gombert,
architecte Huibrecht
Hoste, avenue de
Tervueren.
La villa Gofay,
architecte Émile Gofay,
avenue du Hockey.
258
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La maison Gombert
1933
architecte Huibrecht Hoste
avenue de Tervueren, 333
Classée en 1995
l ’architecte brugeois Huibrecht Hoste
(1881-1957) est à l’origine de cette imposante
maison moderniste à trois façades, qui reçut
le nom du maître de l’ouvrage, M. Gombert.
Huibrecht Hoste est né dans un milieu tradition-
nel, catholique, bourgeois et francophone. en
1927, il est condamné après l’effondrement d’une
école en construction à Bruges, entraînant la
mort de plusieurs personnes. La méfance règne
toujours vis-à-vis de cet architecte quand il dessi-
nera, six ans plus tard, la maison Gombert.
La maison est magnifquement située
à l’angle de l’avenue de Tervueren et de l’avenue
Jules César, avec vue sur les étangs. L ’angle
arrondi et les balustrades évoquent la proue d’un
paquebot. l ’architecte a implanté la maison sur
un terrain qui ne lui a pas facilité la tâche ; celui-
ci est en effet triangulaire et en déclivité, d’une
différence de niveau de huit mètres. le bâti-
ment comporte quelques éléments modernistes
typiques, comme les toits plats avec balustrades,
les volumes cubistes et les châssis de fenêtre
fnement réalisés en acier. L ’ensemble dégage
une grande impression de sobriété. Jouant avec
des étages à demi-niveaux, orientant les pièces
de séjour vers les étangs, Hoste souhaitait avant
tout une architecture habitable, ouverte et éclai-
rée : il oriente les pièces de séjour vers les étangs
et une large baie panoramique ouvrant sur le
parc inonde le séjour de lumière. L ’immeuble est
actuellement réaménagé en bureaux.
La villa Goffay
1935
Architecte E. Goffay
Avenue du Hockey, 43
Émile Goffay (1910–1960) obtient le
diplôme d’architecte à l’école Saint-luc de
Bruxelles. Âgé de 25 ans, il réalise cette maison
étonnante pour ses parents. Il opte d’emblée
pour des solutions audacieuses. Il reprend
des principes architecturaux de le Corbusier.
l ’habitation est réalisée en béton armé ; elle est
portée par des piliers et abritée par une façade-
écran d’une remarquable pureté de ligne. la
structure extérieure très fermée de la maison
contraste avec l’aménagement ouvert et lumi-
neux des volumes intérieurs.
Goffay ne dessina toutefois pas beau-
coup de maisons d’habitation; il consacra en
effet l’essentiel de sa carrière à la construction
d’importants immeubles à appartements et de
bureaux. On lui doit entre autres la réalisation,
après la Seconde Guerre mondiale, du vaste com-
plexe de la galerie louise.
Page 259Top

Le Parador, architecte
Jacques Dupuis, avenue
Louis Jasmin.
Photo Monuments et Sites de
la Région de Bruxelles-Capitale.
259
architecture
La liste des monuments et sites protégés (le patrimoine classé ou
inscrit sur la liste de sauvegarde) de Woluwe-Saint-Pierre peut être
consultée sur le site ofciel de la Direction des Monuments et Sites :
http://www.monument.irisnet.be/fr/download/registre/wsp_
registre_visuel.pdf.
Ce site est régulièrement mis à jour. Un inventaire d’un tout autre
genre, celui des arbres remarquables, a également été dressé par la
Région de Bruxelles-Capitale : http://arbres-inventaire.irisnet.be/.
Le Parador
1947
Architecte Jacques Dupuis
Avenue Louis Jasmin, 297
le médecin Paul Victor Dupuis fait
appel en 1947 à son frère, l’architecte Jacques
Dupuis, diplômé de la Cambre en 1938, pour la
réalisation de sa maison. Jacques Dupuis n’avait
alors que 32 ans. « Le Parador » est la première
maison d’une réelle importance architecturale
dans la Belgique de l’après-guerre. le résultat est
stupéfant : l’architecte a réalisé une symbiose
parfaite entre tradition et modernité, et entre
rationalité et romantisme. Il privilégie par-des-
sus tout le confort et la tranquillité de l’habitant.
Le mot « Parador » vient du castillan « parada » qui
signife « halte » accueillant l’habitant, le visiteur,
dans la sérénité.
la tour compacte en pierre naturelle est
remarquable. la résidence n’est cependant pas
un volume clos : elle ouvre sur des paysages de
tous côtés. Finalement, l’architecte est parvenu
à matérialiser un jeu subtil de lignes droites et
de courbes, de lumière et de couleurs.
La Bibliotheca Wittockiana
1981–1983 et 1995
architectes e. de Callataÿ et Ch. Wittock
rue du Bemel, 21-23
l ’industriel Michel Wittock était pas-
sionné par l’art de la reliure et a réuni une
impressionnante collection de livres, manuscrits
et autographes. la principale collection de la
bibliothèque retrace l’histoire de la reliure, plus
précisément du livre au décor doré. Pour abriter
son trésor de quelque 1 500 pièces et l’exposer
au public, M. Wittock a fait construire un musée
inauguré en 1983. la bibliothèque abrite aussi
une collection de hochets. le musée a été dessiné
par emmanuel de Callataÿ, un architecte bruxel-
lois qui comprend parfaitement les souhaits et les
désirs du collectionneur. le bâtiment connut un
réel succès et a obtenu le « Belgian Architectural
Awards » en 1988. La Bibliotheca Wittockiana re-
tient l’attention des passants de la rue du Bemel,
parce qu’elle est partiellement construite sous
terre. Pour exprimer la fonction conservatoire
du bâtiment, emmanuel de Callataÿ a en effet
imaginé une construction à demi enfouie dans le
sol, comme un coffre imposant.
Pour rendre la bibliothèque accessible
aux chercheurs, un étage comportant une salle
de lecture a été construit en 1996 par l’architecte
Charles Wittock, le fls du fondateur. Tout de
légèreté, il contraste avec le bâtiment original
qui lui sert de socle. l ’entrée du musée est déco-
rée par un livre monumental, sculpté dans la
pierre par le couple d’artistes allemands Kubach-
Wilmsen. émile Veranneman se chargea de des-
siner le mobilier de la réserve précieuse tandis
que des artistes contemporains, notamment
Jacqueline Guillermain, conçurent des œuvres
d’art contemporain en rapport avec le livre. le
musée organise des expositions, possède un
petit atelier de reliure, un centre de documenta-
tion et une salle de conférences.
La Bibliotheca
Wittockiana, architectes
Emmanuel de Callataÿ
et Charles Wittock,
rue du Bemel.
Page 260Top

260
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Les années 1970 font la part belle à l’automobile. Ainsi, en 1975, il est question de mainte-
nir les lignes de tram des avenues Madoux et Orban en site propre, certes, mais au détriment de
la piste cyclable. Et « probablement » (sic) des arbres le long du trottoir pour pouvoir maintenir
l’avenue en double sens de circulation36.
Au début des années 1980, certains responsables de la stib envisagent tout bonnement
la suppression des lignes de tram desservant la commune et leur remplacement par des lignes
d’autobus. Dès 1985, un projet sera développé, visant à faire de Stockel le terminus de la ligne de
métro. Il s’agit aussi parallèlement de prolonger de Stockel à Ban Eik la ligne de tram no 39 via
l’avenue de Hinnisdael et l’ancien site du chemin de fer de la ligne Bruxelles-Tervuren. Ce pro-
longement, inauguré en 1988, constitue la première construction d’une nouvelle ligne de tram en
Belgique depuis 1953.
Le tram
En 1972, un premier projet d’adaptation du dépôt du tram soulève la question de son
évolution. « … la création d’un dépôt de tram à Auderghem mettra hors d’usage les installations
de Woluwe … certains préconisent la transformation de ce dépôt en un musée du tram, sans
considérer l’importance de la superfcie, la valeur du terrain et sa situation privilégiée … l’idée de
sacrifer un tel terrain à une initiative valable mais non rentable paraît difcilement acceptable
étant donné l’extension économique indispensable que doit connaître notre commune dans les
années qui viennent … »37.
En juillet 1981, l’administration communale proteste vigoureusement contre un projet
de la stib qui envisage de supprimer plusieurs lignes de tram, au bénéfce de lignes de bus, et
notamment sur l’avenue de Tervueren38.
En 2011, l’extension de la ligne du tram no 94, du carrefour Hermann-Debroux
à Auderghem jusqu’au musée du Transport urbain, facilite encore la circulation dans la vallée
de la Woluwe. Le projet de poursuivre l’extension de la ligne le long du boulevard de la Woluwe
jusqu’à la station Roodebeek devrait être mis en œuvre sous peu.
l ’art dans le métro
le station de métro Stockel a été décorée par les
Studios Hergé. Deux frises de 120 mètres cha-
cune présentent les héros des différents albums
de Tintin. la fresque contribue à véhiculer
l’image de Bruxelles en tant que « capitale de la
bande dessinée ».
La station de métro de Montgomery est
ornée d’une fresque panoramique, dans l’accès
principal de la mezzanine. L ’œuvre de Jean-
Michel Folon (1934–2005), Magic City, évoque un
ciel impressionnant d’ardeur solaire irradiante
pour donner un peu de couleur à cet univers
souterrain. le Rythme Bruxellois de Jo Delahaut
(1911–1992), d’une longueur de 120 mètres, est
une alternance énergique de couleurs et de
formes. Thema’s de Pol Mara (1920–1998) dégage
l’atmosphère de la rapidité de notre époque.
Inaugurée en 1976, cette dernière station consti-
tue un lieu de croisement très fréquenté entre
des lignes de métro, de pré-métro et de trams.
La station terminus du
métro à Stockel et sa
fresque.
Photographie stib.
Page 261Top

261
1945– De la fin de la guerre à nos jours
Le métro
En 1967, les travaux du pré-métro atteignent Woluwe-Saint-Pierre et une ligne est établie
jusqu’au square Montgomery. La mise sous tunnel de cette voie est entamée dès 196939. Cette
ligne est prolongée en plusieurs étapes et atteint Stockel le 31 août 1988.
Le boulevard de la Woluwe
Le boulevard de la Woluwe est inauguré en 1964. Le collecteur de la Woluwe, envi-
sagé depuis des décennies, et mis en œuvre par la Société coopérative pour l’aménagement
et l’assainissement de la vallée de la Woluwe constituée en 1925, aura fait l’objet de travaux
conséquents après de longs atermoiements. L
’ assainissement du fond de la vallée transforme
profondément la vie des riverains et dégage des espaces constructibles inespérés. Les travaux
entamés après la Seconde Guerre mondiale sont terminés au cours des années 1960.
En 1959, tout semble encore compliqué. La commune constate que « la partie de l’avenue
de Tervueren située à hauteur du débouché du futur boulevard de la Woluwe est laissée dans un
état d’abandon désolant … notamment cinq immeubles, propriétés de la Société intercommunale
pour l’Assainissement de la vallée de la Woluwe, présentent un caractère vétuste qui ne cadre
plus avec ceux qui ont été construits ces dernières années … et que leurs façades arrière sont
vraiment lépreuses … Les déclarations ministérielles (laissent entendre) que le boulevard de la
Woluwe ne sera pas tracé sur le territoire de la commune dans un délai rapproché … Cependant
une solution partielle peut considérablement améliorer ces situations, étant donné qu’il est pos-
sible de déterminer les zones qui seront réservées aux plantations, dans la réalisation du débou-
ché … La démolition de ces maisons et leur remplacement par des pelouses et des bouquets
d’arbres plantés défnitivement rendraient à ce coin de Woluwe un aspect digne de l’avenue de
Tervueren … (La commune) émet le vœu de voir démolir au plus tôt ces cinq immeubles »40.
Une fois les travaux terminés, la mise en chantier du boulevard peut être envisagée.
Celui-ci occupe tout le fond de la vallée et constitue un axe de circulation majeur. Il prend,
conformément à l’esprit des valeurs dominantes de l’époque, l’allure d’une autoroute urbaine.
Les bâtiments qui le bordent adoptent des volumes conséquents. Le collège Jean XXIII et le
Sint-Jozefcollege sont construits en 1958, le supermarché Rob en 1971 et de grands immeubles
de bureaux, conçus par les architectes I. Türegün et Jacques Cuisinier en 1974, au no 2, sont
construits en 197441.
L
’avenue de Tervueren
en travaux, création de
la bande centrale de
circulation, mars 1963.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’avenue de Tervueren
après les travaux en
1966. À l’arrière-plan,
une maison de la famille
Mostinck.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 262Top

262
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Les cinq petites maisons
propriétés de la Société
pour l’assainissement de
la vallée de la Woluwe,
qui seront démolies pour
créer le boulevard de la
Woluwe.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Georges Labrique,
plan d’aménagement
du rond-point Saint-
Michel, futur rond-point
Montgomery.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’avenue de Tervueren
et le quartier du Centre
durant les travaux de
construction de l’hôtel
communal. La première
aile est terminée, la
deuxième aile est encore
en chantier.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 263Top

263
L
’hôtel communal
L
’ emplacement du nouvel hôtel communal a fait l’objet de discussions et d’hésitations
sans fn. Il a été longuement débattu, sur base de son accessibilité, du prix des expropriations
éventuelles … En 1946, l’administration marque un accord pour que le service des Travaux étudie
un projet à l’angle de l’avenue de Tervueren et du boulevard de la Woluwe « à créer »42. Le choix
n’est pas encore clair en 1947, quand on envisage soit l’achat d’un terrain avenue Thielemans
face à l’avenue Don Bosco ou le rachat d’une propriété au no 290 de l’avenue de Tervueren43.
Voire encore une implantation avenue de Tervueren à hauteur de l’avenue Marquis de
Villalobar44. Un autre projet est envisagé, à l’angle de l’avenue Jules César et de la rue du Bemel.
Finalement, le bourgmestre Evrard fera voter le projet de l’avenue Thielemans en février 194845.
Les premières expropriations commencent en avril de la même année46.
Dans la foulée, une place publique de belle ampleur est conçue entre le parvis Saint-
Pierre et l’avenue Charles Thielemans47, la future place des Maïeurs, établie sur l’emplacement
rendu libre par la démolition de l’ancienne maison communale. Le quartier du Centre en est
profondément renouvelé, comme les rapports de proximité entre les institutions. Auparavant,
l’église surplombait la maison communale.
Durant les années cinquante, dans l’attente du nouvel hôtel communal, chaque espace
disponible est utile pour loger les services communaux par trop à l’étroit dans les anciens bâti-
ments. La police trouve un temps ses quartiers dans un immeuble (actuellement démoli) au
no 55 de la rue Paul Wemaere, loué aux héritiers Mostinck, puis acheté par la commune48.
1945– De la fin de la guerre à nos jours
Le quartier du Centre
en 1951. Le local du
patronage fait face à
la rue Jean Deraeck.
À l’avant-plan, le
terrain boisé de l’Hof
van Brussel, à Woluwe-
Saint-Lambert.
À l’arrière-plan, à droite,
la vaste étendue de
jardins potagers et un
champ de blé, traversés,
tout en haut de la photo,
par l’avenue Ceusters,
alors un simple chemin
de terre. La construction
du nouvel hôtel
communal transformera
profondément le site.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
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264
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
la sculpture
Marcel Wolfers
Ixelles 1886 – Corroy-le-Grand 1976
Monument aux Morts des deux Guerres
Chaussée de Stockel, pelouse d’honneur
du cimetière communal
Cette sculpture, inaugurée quelques
années après la fn de la Première Guerre
mondiale, en 1923, se trouvait en un premier
temps sur l’avenue de Tervueren, à l’intersec-
tion de l’avenue Parmentier. après la Seconde
Guerre mondiale, un livre ouvert en pierre a été
placé devant le monument. l ’œuvre rappelle le
sacrifce de 38 militaires de la commune lors de
la Première Guerre, et de 33 lors de la Seconde
Guerre mondiale.
l ’orfèvre et sculpteur Philippe Wolfers
(1858–1929) et son fls Marcel avaient, de 1850
à 1914 environ, leurs ateliers avenue roger
Vandendriessche 28a. Derrière une imposante
grille de style Art Nouveau se cache encore
un bâtiment de style éclectique teinté d’Art
Nouveau. Il a été conçu en 1906 par l’architecte
emile Van Nooten, qui travaillait dans l’atelier
de Paul Hankar.
Arthur Dupagne
liège 1895 – Woluwe-Saint-Pierre 1961
arthur Dupagne a étudié à l’académie
royale des Beaux-Arts de Liège. Il a passé huit ans
de sa vie au Congo belge, de 1927 à 1935. Il y était
ingénieur dans l’industrie du diamant au Kasaï.
Il découvre la sculpture de la tribu Tshokwe,
ce qui le marquera profondément. Il est éga-
lement impressionné par la force et la beauté
des femmes africaines. Il exécute désormais
des sculptures monumentales et il connaît un
succès commercial certain. Quand il retrouve la
Belgique en 1935, il se consacre pleinement à son
art. Les commandes prestigieuses affuent : des-
tinées à l’exposition universelle de Paris en 1938,
à l’exposition de New York en 1939 et à l’expo-
sition universelle de Bruxelles en 1958. Des
musées comme le musée d’art wallon à liège,
le musée communal des Beaux-arts d’Ixelles et
le musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren
achètent et exposent ses œuvres. la commune
d’Etterbeek installe un bronze, Le Tireur à l’arc,
à la place du Quatre Août. En 1940, il rencontre la
reine elisabeth, qui lui demande de devenir son
professeur de sculpture. Il décède en 1961 à la
suite d’une défaillance cardiaque.
Ses œuvres manifestent ses qualités hu-
maines et esthétiques de réalisme observé et
contenu, d’équilibre et de statisme, mêlés d’une
discrète idéalisation. Son atelier se situait rue de
Ruysbroeck 49, à Bruxelles, mais lui-même vivait
rue du Collège Saint-Michel.
Arthur Dupagne,
sans titre, s.d.
(environ années 1930).
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Marcel Wolfers,
Monument aux Morts
des deux Guerres,
granit de Sprimont.
Chaussée de Stockel,
pelouse d’honneur
du cimetière communal.
Page 265Top


265
L
’hôtel communal actuel, avenue Charles Thielemans, conçu par l’architecte Willy
Vermeiren en style néo-brabançon, a été construit entre 1965 et 1971. Son befroi de 65 mètres
de haut domine nettement tous les autres bâtiments, même l’église Saint-Pierre. Sa tour est
dotée d’un campanile portant un carillon de 18 cloches49. Cette bâtisse manifeste aussi un esprit
néo-Renaissance avec quelque infuence nordique. Les toitures sont couvertes d’ardoises et
les deux ailes sont en brique rouge et pierre blanche d’Euville. Les combles sont aménagés
en bureaux dès le début des années 198050. Il est décoré d’œuvres des peintres Émile Fabry
et Robert Degenève et de vitraux de Jacques Colpaert. L
’hôtel communal abrite également le
centre culturel et de congrès51.
1945– De la fin de la guerre à nos jours
Pierre de fondation de l’hôtel communal. Cartouche
HONORATISSIMUS ³ DOMINUS ³ HUIUS ³ MUNICIPII
WOLUWE ³ SANCTI ³ PETRI ³ MODERATOR
POPULIQUE ³ VOCE ³ AD ³ LEG ³ FER ³ LEGATUS
JOANNES ³ EVRARD
ANNO ³ MCMLXI ³ A ³ D ³ IV ³ ID ³ IVN
P ³ C
Façade de l ’hôtel communal de Woluwe-Saint-Pierre,
esplanade Paul-Henri Spaak.
Maquette du projet initial
de l’hôtel communal.
L
’escalier monumental
du centre culturel n’a
jamais été réalisé.
Hôtel communal de
Woluwe-Saint-Pierre.
Maquette de l’hôtel
communal, détail :
l’escalier monumental.
Hôtel communal de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 266Top


l ’administration communale
de Woluwe-Saint-Pierre :
ses origines, son développement
et sa modernisation
Pierre Falkenback
Secrétaire communal honoraire
Première maison communale
à défaut de locaux communaux, les
édiles se réunissaient régulièrement dans un
des cabarets de la commune. le seul connu était
situé dans la rue du Moulin (actuellement, rue
Louis Titeca) et dénommé vers 1850 «Maison
Roche-Alderson». La population, essentiellement
rurale, comptait, à cette époque, 1 180 habitants.
en octobre 1857, le conseil communal
décida de construire une école au quartier du
Centre. Terminée en avril 1860, elle servit égale-
ment de maison communale.
Située à l’intersection des rues rené
Declercq et Louis Thys actuelles (l’avenue
Charles Thielemans n’était pas encore tracée),
elle était construite en briques rouges et sa
façade était de style famand à pignons.
les locaux arrière constituaient les
classes de l’école, le rez-de-chaussée était occupé
à l’origine par le garde champêtre, plus tard par
la police, l’étage par les bureaux de l’état civil
et de la population, du secrétaire ainsi que du
bourgmestre et des échevins.
Au début du xxe siècle
à la veille de la guerre 1914–1918,
Woluwe-Saint-Pierre atteint les 7 000 habitants.
l ’administration, sous l’autorité de son
bourgmestre, Joseph Thielemans, était dirigée
par le secrétaire communal edouard Van Waeg,
le receveur communal Pierre Hannick et le chef
des services Frans abeloos.
le premier commissaire de police de
Woluwe-Saint-Pierre, Vermeersch, est nommé en
1918. En 1922, J. Jossart, commissaire-adjoint,
était également commandant de la 1ère brigade
de pompiers communaux.
Après la Première Guerre mondiale
Divers projets visant à la construction
d’une nouvelle maison communale vinrent
à l’ordre du jour en 1913, 1920 et 1927. Le conseil
communal décida, en 1930, d’acheter la façade
du palais Granvelle, demeure renaissance
du xvie siècle du cardinal antoine Perrenot de
Granvelle. Situé à l’emplacement de l’actuelle
galerie ravenstein, le bâtiment servit de siège
principal de l’université libre de Bruxelles entre
1842 et 1928. les pierres de façade furent entre-
posées dans plusieurs dépôts communaux. Mais
comme la commune, faute de moyens, ne put
concrétiser le projet, les pierres bleues fniront
taillées en bordures de trottoirs ! ainsi s’acheva
le destin du palais Granvelle de Bruxelles …
Afn de parer au plus pressé, le conseil
communal ft construire deux maisons accolées
aux numéros 2 et 4 de la rue rené Declercq. le
service des Travaux occupa le rez-de-chaussée,
les services Population et état civil, le 1er étage,
la recette et la Comptabilité, le second étage. la
police, le bureau du bourgmestre et le secréta-
riat restèrent dans l’ancienne maison commu-
nale, dont la partie arrière servira de salle des
mariages et du conseil communal.
266
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
L
’ancienne maison
communale dans l’axe de
l’actuelle rue Thys.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 267Top


La Seconde Guerre mondiale,
l’occupation
la mobilisation du 1er septembre 1939,
puis la guerre déclarée le 10 mai 1940, rédui-
sirent le nombre des fonctionnaires et des
employés temporaires furent engagés.
Sous l’occupation allemande, les conseils
communaux sont dissous en 1941, mais l’admi-
nistration est toujours dirigée par le bourg-
mestre Josephus Thielemans et ses échevins.
Fin 1943, lors de la création du «Groß
Brüssel» (Grand-Bruxelles) par l’occupant, les
bourgmestres et échevins furent déchargés de
leurs fonctions et toute l’agglomération, divisée
en districts, fut régie par un collège unique sié-
geant à l’hôtel de ville de Bruxelles.
les services de notre commune furent dispersés
comme suit :

à la maison communale de Woluwe-Saint-
lambert : la population et le ravitaillement,
dirigés par Raymond Vignoble et son adjoint
Pierre Falkenback, qui prirent soin de bien
maintenir la séparation des registres de
population des deux communes. le receveur
communal de Woluwe-Saint-Pierre Ferdinand
De Lee et son adjoint Jean De Smet s’y instal-
lèrent également ;

à Forest : la direction des Travaux Publics, avec
Lucien Evrard, directeur, et ses adjoints: Henri
Devos et Joseph Sprengers ;

à Saint-Gilles : le secrétariat avec Guillaume
Vanobbergen ;

à Bruxelles-ville (palais du Midi) : la comptabi-
lité, dont rené Thirion était le fonctionnaire
responsable.
Le personnel communal et la Résistance
Nous ne pouvons oublier l’action durant
l’occupation allemande:
1 – du commissaire-adjoint Van Tuyckom qui
fut arrêté en 1944 avec son épouse par la
Gestapo, pour avoir hébergé des aviateurs
alliés, rue Martin lindekens, dans leur
demeure ;
2 – de l’agent de police l. Prist, abattu par les
allemands, au cours d’une mission secrète en
forêt de Soignes ;
3 – des fonctionnaires communaux r. Vignoble
et J. Versavel, qui prirent soin d’aviateurs
anglais au sein du groupe «Comète» ainsi que
de l’agent spécial G. Van Kerkvoorde.
La Libération
l ’armée anglaise entre le 3 septembre
1944 à Woluwe par l’avenue de Tervueren et
occupe immédiatement le Manoir d’Anjou où
quelques Allemands se frent encore surprendre.
Dès le lendemain de la libération, le
bourgmestre Thielemans reprit ses fonctions et
le service de la population se réinstalla au 2 de
la rue R. Declercq le même jour, grâce à un vieux
camion communal encore disponible.
l ’ancien secrétaire communal, Frans
abeloos, décédé en 1940, fut remplacé ad interim
par le directeur des travaux, l. evrard.
le nouveau secrétaire communal,
Guillaume Vanobbergen, prit ses fonctions le
30 juillet 1946.
Après la guerre
Sous l’impulsion du nouveau bourg-
mestre Jean Evrard, nommé en 1947, la com-
mune ft construire, en 1958, de nouveaux locaux
au numéro 2 de l’avenue Thielemans, contigus
à ceux de la rue rené Declercq et à côté du
bureau de la poste.
l ’ancienne maison communale fut
alors démolie et les services répartis dans les
nouveaux locaux : au rez-de-chaussée, la salle
267
l ’adminitration communale de Woluwe-Saint-Pierre
La tour-befroi
de l’hôtel communal.
Page 268Top


un ensemble qui évoque l’hôtel de ville de
Stockholm.
l ’aile administrative, le long de la rue
lancsweert est occupée depuis novembre 1965.
Tous les services accessibles au public y sont
pour la plupart groupés au rez-de-chaussée et
au bel-étage, le service des Travaux publics et de
l’urbanisme étant installé au second étage.
Devant la bâtisse s’étend l’esplanade de
50 mètres de profondeur, construite entière-
ment en pierres bleues agrémentées de dalles
lumineuses, qui recouvre un garage souterrain.
Des réverbères de bronze, dont les lanternes
ont été conçues spécialement en harmonie avec
l’ensemble architectural, entourent l’édifce. Des
vasques feuries agrémentent le vaste espace.
à l’angle, la tour de 65 mètres de haut,
symbole représentatif de l’autonomie commu-
nale, commande le tout horizontalement et
verticalement. Construite en briques roses, elle
nous fait admirer de loin ses quatre cadrans
dont les heures sont représentées par les douze
signes du zodiaque, motifs en grès émaillé,
sculptés par le maître alcide Mathieux. elle est
couronnée par un clocheton où un carillon de
18 cloches de bronze, commandées électrique-
ment, déclenche à l’heure une agréable mélodie
de Mozart, extraite de la Flûte Enchantée ; et
à la demi-heure, un extrait de Don Giovanni, du
même compositeur.
L ’entrée journalière est là, c’est de cet
endroit que l’on atteint tous les services et tous
les niveaux de l’édifce. L ’entrée au rez-de-chaus-
sée conduit au grand hall de la Population dallé
de beau marbre blanc. Toutes les boiseries de ce
niveau sont en chêne, les lustres originaux sont en
cuivre. les clefs de voûte en pierre blanche repré-
sentent divers sceaux anciens stylisés, également
œuvres du sculpteur alcide Mathieux. au fond, le
bel escalier monumental aux marches de pierres
blanches mène au bel-étage où toutes les boise-
ries sont en noyer. Une belle porte à deux battants
nous ouvre le hall d’entrée où nous apercevons
deux immenses toiles du peintre Emile Fabry :
d’un côté, « Moïse devant Adam et Eve chassés
du paradis terrestre », de l’autre « Eschyleia »,
qui décrit l’histoire de Prométhée. un panneau
monumental, L ’Effort , du même peintre, décore
le bureau situé à gauche de la salle.
à droite, un large couloir s’ouvre vers
les cabinets du bourgmestre, des échevins, du
secrétaire communal, aux immenses portes de
noyer avec panneaux de cuir. Les verrières qui
s’y trouvent ont été créées par le maître Jacques
Colpaert et nous donnent une représentation
du conseil communal, également salle des
mariages. à front de l’avenue Thielemans, au
1er étage: la Population, l’état civil et les bureaux
du bourgmestre et du secrétariat. au second
étage, les services des Travaux, la Comptabilité
et la recette. les services de police étaient provi-
soirement regroupés dans l’ancienne concierge-
rie de l’école communale du Centre.
Le Manoir d’Anjou étant mis en vente,
il fut question un certain moment de l’acheter
pour en faire une maison communale.
l ’idée fut rapidement abandonnée, le
bourgmestre Evrard ayant d’autres objectifs.
Malgré la construction de nouveaux
bâtiments administratifs, le projet d’un véritable
hôtel de ville revenait toujours à l’esprit des auto-
rités communales afn de regrouper les services
communaux dispersés : police, bibliothèque
communale, contrôle des chômeurs, etc. et de
faire face à l’augmentation constante de la popu-
lation: près de 1 000 habitants par an vers 1950.
D’autre part, il était hautement souhai-
table de pouvoir disposer d’un centre culturel
qui pourrait accueillir les spectacles et exposi-
tions, pour lesquels il manquait cruellement de
locaux adéquats.
en 1949, l’administration communale
organisa un concours d’architecture pour l’édi-
fcation d’un véritable hôtel communal et d’un
centre culturel doté d’une salle de spectacle et de
locaux destinés à diverses manifestations artis-
tiques. C’est le projet des architectes Vermeiren
et Nicaise qui l’emporta.
après approbation des plans par les
autorités supérieures et l’acquisition des ter-
rains nécessaires le long de l’avenue Charles
Thielemans, en face de l’avenue Don Bosco, les
travaux ne furent cependant entamés qu’en
1960, de nombreuses diffcultés ayant été sur-
montées entre-temps.
Le 10 juin 1961, devant les membres
du collège échevinal et du conseil communal,
ainsi que de nombreuses personnalités, le
bourgmestre Jean Evrard posa offciellement la
première pierre de l’édifce. On peut voir au rez-
de-chaussée extérieur de l’hôtel communal un
texte gravé relatant cet événement.
Le nouvel hôtel communal
la bâtisse a été conçue par l’architecte
W. Vermeiren en style brabançon. Elle est
revêtue de briques rouges et de pierres d’Euville
blanches, le toit est couvert d’ardoises. Deux
grandes ailes, formant angle droit, constituent
268
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
268
Page 269Top


des arts et des sciences. Quatre bustes en
bronze représentant les bourgmestres Joseph
Thielemans, Jean Evrard, François Persoons et
Jacques Vandenhaute ornent ce hall.
le cabinet du bourgmestre se trouve au
1er étage de la tour, il s’ouvre sur l’esplanade par
un balcon ouvragé avec sculptures qui repré-
sentent les métiers et corporations.
Sous la loggia, nous apercevons les
armoiries de la commune, la statue de saint
Pierre ainsi qu’une stylisation de la Woluwe,
sculptées dans la pierre blanche par le maître
alcide Mathieux.
un vestibule d’entrée dallé de marbre
blanc avec motif décoratif conduit au cabinet
du premier magistrat ; deux vasques dominées
par de petites statues de bronze symbolisant
« La Woluwe » et « La Forêt » du sculpteur Liliane
Denet sont placées de part et d’autre de la grande
porte d’entrée à commande électrique.
le vaste bureau possède une immense
cheminée de style famand ornée d’un bas-re-
lief en pierre de France du sculpteur robert
Degenève, illustrant la légende du chaudron.
une vielle légende raconte que l’empereur
Charles-Quint, lors d’une promenade en forêt
de Soignes, se ft interpeller à son retour par
deux hommes porteurs de chaudrons. Ceux-ci
lui demandèrent de supporter une part de leur
fardeau. le souverain refusant, ils insistèrent de
telle façon qu’il fut obligé de se soumettre ! en
cours de route, nos chaudronniers, quand même
intrigués, lui posèrent quelques questions quant
à sa destination. Le monarque répondit : « Je vais
à la porte de Namur voir pendre deux drôles ».
les hommes se dirent surpris de n’avoir pas eu
connaissance de cette exécution, mais l’un d’eux
estima qu’il valait mieux qu’il reprenne sa charge
propre de chaudrons … Arrivé à la porte de la ville,
Charles-Quint ft mettre la corde au cou des deux
individus, désormais défnitivement débarrassés
de leurs chaudrons. l ’empereur gracia toutefois
celui qui, sans l’avoir reconnu, avait fait preuve
d’humanité à son égard.
le fond de la cheminée est constitué de
carreaux de grès décorés des anciens sceaux
des seigneurs de Woluwe et de Stockel. une
belle taque de fer forgé reproduit les armoiries
de Woluwe-Saint-Pierre. Enfn, sous le haut
plafond, nous apercevons une frise du décora-
teur r. Degenève qui représente diverses scènes
de vie à Woluwe au cours des siècles : le Val
Duchesse, chevaliers et hommes d’armes du
Moyen Âge, Philippe le Bon et sa cour, l’huma-
nisme d’Erasme, la forêt de Soignes et la chasse,
scènes paysannes avec la vieille église de Saint-
Pierre, la ferme du Bemel et le château Kieffelt.
les meubles sont travaillés en bois d’ébène de
Macassar. la statue de saint Pierre qui orne le
cabinet date du xviie siècle et provient du presby-
tère de l’église Saint-Pierre.
en entrant dans la vaste salle du Collège,
on peut admirer son lustre monumental et ses
appliques originales en verre de Venise. le par-
quet est constitué d’une magnifque rosace de
bois précieux. le hall conduit à la salle de bal du
centre culturel et de congrès.
Le rez-de-chaussée de l’aile gauche du
bâtiment abrite la bibliothèque locale du Centre
(section des adultes et de la jeunesse) dont les
locaux accueillent également régulièrement
des expositions. Des locaux spécifques ont été
attribués à la Médiathèque de la Communauté
française de Belgique.
une équipe de professionnels de la petite
enfance accueille aussi les jeunes enfants de
0 à 3 ans dans la halte-accueil.
la dernière aile de l’hôtel communal
a été inaugurée fn 2008 par le bourgmestre
Willem Draps. édifée en direction de la rue
François Gay, elle est construite dans le même
style que le bâtiment d’origine aussi bien exté-
rieurement, où elle constitue le prolongement
de l’aile existante, que dans son aménagement
intérieur au premier étage. un commissariat
de police y a été aménagé pour la zone de Police
5343 (Montgomery) couvrant les communes
bruxelloises de Woluwe-Saint-lambert, de
Woluwe-Saint-Pierre et d’Etterbeek …
Tour-befroi de l’hôtel
communal, bureau du
bourgmestre, détail.
Hôtel communal de
Woluwe-Saint-Pierre.
269
l ’adminitration communale de Woluwe-Saint-Pierre
Jean-Paul Philippe, La
lune embarque, granit
rouge d’Espagne, métal,
inaugurée en 2002.
Woluwe-Saint-Pierre,
esplanade Paul-Henri Spaak.
Page 270Top

L
’angle de la place
Dumon et de l’avenue
Baron d’Huart à Stockel.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Le Chalet Rouge et la
pharmacie Le Marinel,
avenue Orban.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
270
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
LE DéVELOPPEMEnT éCOnOMIqUE
Le commerce de détail a pris son essor avec l’urbanisation. L
’ emploi a évolué parallèle-
ment à l’expansion du secteur tertiaire, du commerce et des services. Au fl de l’urbanisation,
les quartiers commerciaux se sont diversifés, comme la place Dumon, dotée d’un centre com-
mercial de 20 000 mètres carrés qui attire de nombreux habitants de Wezembeek-Oppem et de
Crainhem, le quartier du parvis Sainte-Alix et de la place des Maïeurs, et ceci malgré la concur-
rence du Shopping du boulevard de la Woluwe et la proximité de Woluwe-Saint-Lambert52.
Avec la rue de l’Église, la place Dumon, très animée, constitue un pôle commercial très
dynamique. Elle regroupe une galerie marchande, des commerces variés, un cinéma, des
agences bancaires … Ce lieu de convivialité, à vocation marchande dès son origine, accueille un
marché matinal de denrées alimentaires depuis 1935. La plupart des autres bâtiments ont été
construits entre 1931 et 1935, certains ont été modifés jusqu’au cours des années 1990.
Le bâtiment le plus ancien est l’ancien « Grand Bazar de Stockel », l’actuel no 5, construit
en 1930. Quelques bâtiments d’esthétique Art Déco partagent l’espace avec d’autres, profon-
dément remaniés. L
’ édicule de l’arrêt du tram est construit en 194853. Devenu propriété de la
commune, il abrite actuellement deux commerces.
L
’ ancien parc Dumon accueille dans les années 1950 deux projets de plaines de jeux, au
centre de la place, l’une destinée au basket-ball et l’autre à la balle pelote54.
La commune met en vente, dès septembre 1950, une partie des terrains à bâtir établis sur
l’ancien parc Dumon. Sans succès. Aucun amateur ne s’est présenté à cette vente. Et l’adminis-
tration de conclure « que le moment propice pour le lotissement n’est pas venu ». Dans l’attente
de jours plus favorables, on y installera une plaine de sport provisoire55. La place est pavée en
1952. Le centre de la place est transformé en parking à ciel ouvert en 198756.
Le bureau annexe de la poste, installé place Dumon, est menacé en 1954. L
’ administration
des Postes envisage de le supprimer, au bénéfce d’une nouvelle perception à créer sur le terri-
toire de la commune de Crainhem. Les élus de Woluwe-Saint-Pierre protestent énergiquement,
argumentant de ce que Crainhem est une commune unilingue et que le bureau serait situé dans
une rue excentrique57.
La Société coopérative pour l’aménagement et l’assainissement de la vallée de la
Woluwe, constituée en 1925, entreprend à partir de 1970 la construction des premiers bassins
d’orage. Cette Société est dissoute après la scission de la province de Brabant en 1995. Ses mis-
sions ont été reprises aujourd’hui par Hydrobru.
L
’ aménagement de la place Dumon doit aussi beaucoup au collecteur du Stockelsche
Vloedgroebbe. Le cours d’eau prend sa source dans la forêt de Soignes à proximité du grand
champ qui subsiste le long de l’avenue des Dames Blanches. Les inondations font encore de
grands dégâts dans le bas de Stockel en 1956. Le quartier est inondé continuellement et à la
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Inauguré le 20 juin 1975
(mais conçu avant le
premier choc pétrolier !)
le centre sportif est
l’œuvre du bureau
d’architecture Aerts et
Ramon. Les structures
métalliques des deux
grands halls ont été
fabriquées en Espagne.
Ceux-ci abritent la
piscine olympique et
la salle omnisports.
Le centre sportif a été
agrandi en 1980 par
l’adjonction d’un stand
de tir, de six terrains
de squash et de cinq
terrains de tennis
couverts.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
271
1945– De la fn de la guerre à nos jours
moindre averse, car les égouts en place sont nettement insufsants. Les projets de construction
d’un exutoire, laissés en soufrance depuis 1953 dans l’attente de subsides de l’État, sont mis
sérieusement en chantier. Un collecteur partant de la place Dumon débouchera sur le collecteur
du Vloedgroebbe, qui prend le nom de Struybeek à Woluwe-Saint-Lambert58. Son parcours
emprunte successivement le Tir aux Pigeons, l’avenue des Grands Prix, sous laquelle un bassin
d’orage de 7 000 mètres cubes a été construit en 1987, puis ensuite l’avenue Baron d’Huart et
enfn le Val des Seigneurs où un premier bassin d’orage de 6 600 mètres cube a été construit en
1982 et un second en 1999 d’une capacité de 2 500 mètres cube.
 
UnE APPROCHE SOCIALE
Au lendemain de la guerre, les écoles continuent à participer à une meilleure condition
globale des enfants. Une convention est signée entre la Commission d’Assistance Publique de la
commune et la Fondation Eastman59, l’institut de soins dentaires installé au parc Léopold. Les
enfants de moins de 16 ans des écoles communales et adoptées seront examinés gratuitement,
accompagnés par l’infrmière scolaire60. Cette convention sera reconduite plusieurs années
durant, avant que ne soient passés des accords avec les dentistes de la commune.
La commune prévoit, en 1965, de se doter d’un centre de santé communal pour les
enfants des écoles d’expression française et néerlandaise situé au no 2 de l’avenue Charles
Thielemans61. Il sera toutefois supprimé en 197262.
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272
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
La maison familiale de l’avenue Orban
La Commission d’Assistance Publique souhaite, en 1962, acheter la maison au no 94 de
l’avenue Orban pour y installer un home familial pour enfants63. Une famille d’accueil est choisie
et installée à l’automne 1962, pour un premier mandat d’une année64.
Cette maison d’accueil est transformée en mini-crèche pour une vingtaine d’enfants
en 197465. Dans le même esprit, un centre pour enfants soufrants est mis en place en 1979, il
accueille les enfants refusés par les crèches, les écoles pré-gardiennes et les écoles primaires
suite à leur état de santé défcient66. Un service de gardiennes d’enfants malades à domicile est
lancé en 1979, en partenariat avec la crèche francophone de l’avenue du Haras67.
Les maisons des jeunes
Les années 1960 voient l’émergence d’une nouvelle frange de la population. Les jeunes,
les adolescents veulent trouver leur place. Des conventions sont créées entre la commune et des
cercles de jeunes, comme le club « Centrifuge » qui se voit attribuer un pavillon préfabriqué au
Val des Epinettes, entre l’école gardienne et l’école primaire. À charge pour lui d’accueillir tous
les jeunes de 16 à 24 ans habitant la commune et de développer des activités de loisirs de qualité
et de promotion sociale. Le club « Passe Partout », basé au Chant d’Oiseau, reçoit sur les mêmes
bases dans un local au no 54 de l’avenue du Chant d’Oiseau68. Cette convention est résiliée en
1966 et la commune crée une véritable maison des jeunes pour le quartier du Chant d’Oiseau69.
Le pavillon du Val des Épinettes a été détruit complètement par un incendie le 27 mai
1969 et les dommages causés à l’école primaire pour petites flles et à l’école gardienne toutes
proches ont été sévères70.
La résidence Roi Baudouin
Les structures familiales de l’après-guerre ont changé. Il est question de racheter le Manoir
d’Anjou, pour y installer une maison de repos de la Commission d’Assistance Publique71. L
’ école
allemande de chaufeurs de camions, installée dans la propriété durant la guerre, y a abandonné
du matériel, il sera attribué à l’école Saint-Georges72 et les lieux seront bientôt disponibles.
En 1958, la Commission d’Assistance Publique – futur CPAS – renonce à installer une
maison de retraite dans les bâtiments du Manoir d’Anjou et lance les premières démarches
pour la construction d’une maison de repos pour personnes âgées de 120 lits73. Le projet du futur
home Roi Baudouin est augmenté de 65 lits dès 196174. Et dès 1962, le projet d’une salle de réédu-
cation par l’hydrothérapie est envisagé75.
Le home a été complètement rénové au cours des années 1990 et les travaux ont été
achevés en 2000. Une nouvelle aile, construite sur deux niveaux, aura une capacité d’accueil de
30 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, soit 15 par étage.
La résidence Roi
Baudouin dans les
années 1960.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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273
1945– De la fn de la guerre à nos jours
L
’accueil plus large
En 1956, les événements politiques en Hongrie trouvent un écho à Woluwe-Saint-Pierre.
La commune demande à la Société des Habitations à Bon Marché de mettre une maison ou un
appartement à la disposition d’une éventuelle famille hongroise qui chercherait refuge76. Deux
maisons sont fnalement réservées en décembre 1956, à quoi s’ajoute une maison appartenant
à la commune, rue David Van Bever, pour une durée d’un an77.
En 1979, deux studios et un appartement des Venelles sont mis à la disposition d’éven-
tuels réfugiés vietnamiens78.
La commune dispose d’un équipement social de premier ordre, proposant information,
aide matérielle et juridique, appui fnancier aux familles, à la petite enfance, au troisième âge,
aux handicapés, grâce au service communal de la famille et de l’action sociale, au Centre public
d’aide sociale.
Le domaine d’Olenne
En 1973, la commune acquiert une propriété importante dans les environs de Beauraing.
Le Moulin d’Olenne est situé sur la frontière franco-belge : le moulin en Belgique, la ferme
attenante en France. L
’ ensemble est situé dans un parc naturel, le domaine est traversé par un
petit ruisseau, la Houille, « non polluée ». Les écoles primaires pourront y donner leurs classes
de campagne et le domaine pourra accueillir des groupes de tout type, comme les excursions
du 3e âge. La ferme de la Malavisée est achetée pour compléter l’ensemble. Elle comporte deux
écuries, une grange, une remise, des parcelles de terre79. Les diférentes propriétés sont amé-
nagées de concert pour former un ensemble cohérent et pratique, un centre de loisirs à part
entière80. Les groupes d’enfants, de personnes âgées, de classes vertes … y développeront
des activités de plein air et de découvertes pendant plusieurs années. La commune doit tou-
tefois renoncer à ce centre de loisirs relativement onéreux dans le courant des années 1980.
L
’ ensemble du domaine, le moulin, les prairies, les prés, le canal, sont revendus à des particu-
liers en 198781.
L
’EnSEIGnEMEnT ET LA JEUnESSE
Le nombre d’élèves dans la commune a augmenté de 770 en 1947 à 1 705 en 1991.
Depuis la fn de la Seconde Guerre mondiale, l’enseignement, communal ou libre
« adopté », a connu un essor sans précédent, intimement lié à la croissance remarquable du
nombre d’enfants en âge de scolarité. L
’ enseignement communal connaît depuis 1959 un déve-
loppement fort et s’élargit avec un centre d’humanités techniques et commerciales (le icmes) et
une école sportive (itssep). L
’infrastructure des écoles communales, francophones et néerlando-
phones, a été constamment adaptée et modernisée, les installations sportives et culturelles ont
été agrandies.
Les suites immédiates de la guerre font émerger de nouvelles préoccupations. Un « pro-
fesseur provisoire de religion israélite » – Kurt Zimet, né à Berlin – est nommé le 27 juin 1947
aux écoles de Joli-Bois et Stockel, à raison de huit heures de cours par semaine82. Les 39 élèves
inscrits lors de cette nomination ne sont plus que 9 en mars 1948. Les cours sont alors ramenés
à deux heures par semaine83. Puis repassent à quatre heures par semaine à la rentrée de 1948,
pour 18 élèves de l’école de garçons communale de Stockel et 12 flles de l’école communale de
Joli-Bois, répartis sur tous les degrés84.
Les écoles s’équiperont peu à peu d’infrastructures sportives avant de bénéfcier des
équipements communaux. Par exemple, en 1946, les élèves fréquentent les bassins de natation
du Bain Royal, rue de l’Enseignement à Bruxelles, ou le bain communal d’Ixelles, à raison d’une
leçon de natation tous les quinze jours. La commune assume le transport en tram et le prix
d’entrée de 4 francs par élève85.
La congrégation des salésiens de Don Bosco gère l’école technique et professionnelle du
Val d’Or86.
L
’ ouverture des premières classes de l’école communale du Chant d’Oiseau, au prin-
temps 1960, a aussitôt une répercussion directe sur la fréquentation de l’école du Centre : sa
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274
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
troisième classe gardienne doit fermer, faute d’élèves dès la rentrée de septembre 196087.
Les cours de culture physique sont donnés par un maître et une maîtresse à horaire
complet, le cours de chant est donné par un maître spécial chargé de 20 heures par semaine88.
Dès le mois de décembre 1960, la troisième classe gardienne du Centre est rouverte, la
section accueille en moyenne 78 enfants sur une base de 97 inscrits89.
À la rentrée de 1960 toujours, le 4e degré pour flles de l’école du Val des Épinettes est
remplacé par une école de coupe et de couture, qui deviendra bientôt une école professionnelle
de cours ménagers. Elle compte alors 55 élèves réparties en trois années90. En septembre 1963,
une section secondaire inférieure vient compléter l’ofre de cette école professionnelle91. Et en
décembre de la même année, l’école devient l’École technique communale pour jeunes flles,
dont la langue véhiculaire est le français92. Une section commerciale est ouverte en 196593 et
étendue au secondaire supérieur en 196694. Pour être rebaptisée en 1967 Institut communal
d’enseignement technique pour jeunes flles95. Et en 1968, un cours de formation complémen-
taire en arts ménagers ouvre à raison de trois heures par semaine96. Le nombre de repas ser-
vis aux enfants des écoles, communales et subventionnées, est estimé à 80 000 à 95 000 pour
l’année scolaire 1960–196197.
Le développement démographique est tel qu’une classe gardienne francophone ouvre
à l’école communale de Stockel en 1965, au no 61 de la rue Vandermaelen. Il n’existait rien
jusqu’alors pour les tout-petits dans les environs ni dans le quartier du Stuyvenberg. En paral-
lèle, une classe gardienne néerlandophone ouvre au même moment98. Et en 1966, l’école com-
munale de Stockel devient mixte à son tour et s’ouvre enfn aux petites flles99.
L
’ école privée primaire et gardienne de Jacqueline Singelijn, installée aux no 251 et 253
de l’avenue de Tervueren, demande à être adoptée par la commune en février 1955100. Les sec-
tions gardienne et primaire de cette école mixte sont adoptées par la commune pour un premier
terme de six ans en 1957101. Cette adoption doit toutefois être limitée dès 1958 au pro-rata des
enfants habitant réellement la commune, ce qui ramène l’adoption de fait à quatre classes pri-
maires et une classe gardienne102.
De même, les écoles primaires et gardiennes du Bon Pasteur et l’école primaire Home
Prince Albert, située au no 19 de l’avenue Parmentier, entrent à leur tour dans le système d’adop-
tion par la commune en 1957103.
Afche invitant les
parents d’enfants
« mieux-doués » à faire
appel aux prêts d’études
post-primaires – mais
non universitaires ou
assimilées – alloués
par le Fonds des Mieux
doués.
Woluwe-Saint-Pierre,
15 janvier 1951.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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275
1945– De la fn de la guerre à nos jours
En 1959, l’école primaire annexée au lycée Mater Dei, avenue Salomé no 2, est adoptée à son
tour pour un terme de cinq ans104. Elle compte une section francophone et une section néerlando-
phone. Et l’école primaire Saint-Joseph, sections « française » et « néerlandaise » suit aussitôt105.
Les écoles primaires et gardiennes passent à la semaine de cinq jours au troisième
trimestre de l’année scolaire 1969-1970106. L
’ année scolaire 1973–1974 a vu la fréquentation de
ses écoles gardiennes et primaires répartie comme suit : école du Centre : la section de régime
linguistique français compte une présence moyenne de 99 enfants en gardienne et 139 enfants
en primaire. L
’ école de la rue Vandermaelen compte une présence moyenne de 69 enfants en
gardienne et 117 en primaire. Les deux écoles seront réunies pour obtenir une direction sans
classe au 1er septembre 1975107.
Les classes bilingues des écoles sont supprimées à la rentrée de 1963. La loi du 30 juil-
let 1963108, concernant le régime linguistique dans l’enseignement, interdit dorénavant ce type
d’expérience. En conséquence, les classes néerlandophones sont amenées à se regrouper.
Dès le printemps de 1964, les trois sections néerlandophones des écoles du Centre, du Val des
Épinettes et de la rue Vandermaelen se regroupent sous une seule direction109.
L
’ athénée royal Crommelynck est ouvert en septembre 1955, dans la foulée de la loi
Collard110 . L
’ établissement propose une section fondamentale (primaire et maternelle) et une
section moyenne. Le collège catholique Jean XXIII est ouvert en 1956 et le lycée et l’école normale
Mater Dei en 1958. Peu après, les écoles néerlandophones équivalentes ouvrent leurs portes :
Mater Dei lyceum, Sint-Jozefcollege et le Koninklijk Atheneum111. L
’ enseignement supérieur est
depuis 1954 représenté par l’ichec (Institut catholique des hautes études commerciales).
Le Manoir d’Anjou, réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale par les troupes
d’occupation allemandes, puis, dès 1945, par la Royal Air Force jusqu’en 1948, est racheté par les
Soeurs de Notre-Dame de la Charité qui y construisent un internat pour jeunes flles du Juge.
En 1986, elles cèdent le domaine à l’asbl Fraternités du Bon Pasteur, communauté de laïcs enga-
gés dans la foi chrétienne.
L
’institut technique secondaire supérieur d’éducation physique, établi rue d’Écosse
à Saint-Gilles (Bruxelles), de régime linguistique francophone, est repris par la commune en
1972 pour être logé dans les locaux du Centre sportif de l’avenue Salomé112.
Une partie des enfants scolarisés de la commune se aussi rend au collège Saint-Michel,
sur le territoire d’Etterbeek, tout proche.
Pour résumer, les enfants, francophones et néerlandophones, fréquentant les classes
maternelles en 2000, étaient au nombre de 67 au Centre, 157 au Chant d’Oiseau, 285 à Joli-Bois,
280 à Stockel. La même année, les enfants des classes primaires étaient au nombre de 97 au
Centre, 252 au Chant d’Oiseau, 362 à Joli-Bois et 384 à Stockel. L
’ enseignement spécial de Joli-
Bois comptait alors 97 élèves. L
’institut communal mixte d’enseignement secondaire en comp-
tait 348 et l’Institut technique secondaire d’éducation physique, 253.
Les bâtiments principaux
du lycée Mater Dei,
avenue de l’Aviation, peu
après leur construction
en 1960.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
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Programme de l’école de
musique, année scolaire
1927-1928.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
276
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
la musique
Pierre Léon Benoît Timmermans
Woluwe-Saint-Pierre 1825–1898
Pierre Timmermans reçut ses premières
leçons de musique de son père, organiste auprès
des Jésuites à Bruxelles. Il étudia plus tard au
Conservatoire royal de Bruxelles. Dès ses pre-
mières compositions, Timmermans manifesta
sa connaissance profonde des maîtres anciens
et son goût pour les mélodies claires au sein
d’un cadre formel. Nommé organiste et maître
de chapelle de la basilique Notre-Dame de Bon
Secours à Guingamp, en Bretagne, il y reste atta-
ché jusqu’à son décès, 33 ans plus tard.
la plus grande partie de son œuvre, riche
de quelque 120 numéros d’opus, et qui contient
de la musique profane et religieuse, a dès lors été
composée en Bretagne. Bien que l’essentiel de
sa carrière se soit donc déroulée en Bretagne, il
conserva toujours sa nationalité belge.
Albert Huybrechts
Dinant 1899–1938
Albert Huybrechts était un des plus
grands compositeurs belges du xxe siècle. Il
occupa de 1928 à 1933 la maison no 10 de la rue
Eggericx. Il étudia au Conservatoire royal de
Bruxelles et y devint professeur d’harmonie en
1937, quelques mois avant son décès inopiné.
Malgré ses nombreux problèmes moraux et
matériels, il laissa une œuvre impressionnante,
riche et profonde. Il était à la recherche d’authen-
ticité sans concessions ; il plaçait la dignité musi-
cale au même niveau que la dignité humaine.
D’abord sous le charme de l’élégance et
du raffnement de Maurice Ravel et de Claude
Debussy, Albert Huybrechts fut par après pro-
fondément infuencé par les œuvres d’Alban
Berg, ernest Bloch, arthur Honneger, arnold
Schönberg, Darius Milhaud, Igor Stravinsky et
surtout Béla Bartók. Il s’inspira des nouveaux
moyens techniques proposés par ces compo-
siteurs et les retravailla pour offrir une œuvre
personnelle cohérente et libre de tout système.
Albert Huybrechts est enterré au cimetière de
Woluwe-Saint-Pierre.
Carlo Van Neste
1914–1992
Violoniste d’origine anversoise, de
notoriété internationale, Carlo Van Neste ft ses
études au Conservatoire royal de Bruxelles après
avoir reçu pendant cinq ans à Paris l’enseigne-
ment de Georges enesco. Il fut aussi professeur
au Conservatoire royal de Bruxelles et composi-
teur. Il décède en 1992, quelques jours après la
disparition de son élève edith Volckaert (1949–
1992), lauréate du Concours Reine Elisabeth, où
elle obtint en 1971 le 5e prix. Il assura également
la formation de Véronique Bogaerts qui ensei-
gnait à l’académie de Woluwe-Saint-Pierre.
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277
L
’ année scolaire 2010–2011, les classes maternelles du Centre regroupaient 94 enfants,
celles du Chant d’Oiseau 215, celles de Joli-Bois 207 et Stockel, 200. Les classes primaires,
à la même date, accueillaient 121 enfants au Centre, 291 au Chant d’Oiseau, 245 à Joli-Bois et
294 à Stockel. L
’ enseignement spécialisé regroupait, toutes sections confondues, 114 élèves.
Le Centre scolaire Eddy Merckx ITSSEP en comptait 286 durant l’année scolaire 2009–2010.
L
’ICMES rassemblait un total de 283 pour la même année scolaire.
L
’enseignement pour adultes
L
’ enseignement pour adultes des xixe et xxe siècles s’est mué en cours communaux
de langues et de secrétariat. L
’institution est cédée, à la rentrée 1986, à l’Association de fait
« Enseignement de promotion et de formation continue de l’Université libre de Bruxelles et de la
Chambre de Commerce de Bruxelles (EPFC)113, qui reprend dans ce dessein les anciens locaux
de l’administration communale situés au no 2 de l’avenue Charles Thielemans.
L
’académie de musique
Fondée en 1922, l’école de musique connaît un développement accéléré. Elle passe de
194 élèves réguliers (pour 295 élèves inscrits) en 1951 à 431 élèves réguliers (sur 628 inscrits) en
1959114. Elle ouvre la même année une classe de diction néerlandaise115.
Une antenne est ouverte dans l’école communale primaire du Chant d’Oiseau à la ren-
trée 1961116. En contrepartie, l’antenne de Joli-Bois est supprimée suite à la création de voies de
communication efcaces entre le quartier et l’avenue Orban. Les enfants sont invités à rejoindre
la section basée dans les locaux de l’Athénée Royal117.
Une première classe de danse classique ouvre ses portes à la rentrée de 1963, à raison de
trois heures par semaine118. L
’ école accède au 1er septembre 1963 au statut d’académie119.
L
’un des professeurs les plus remarqués de l’Académie, Carlo Van Neste, a assuré les
cours de violon et de musique de chambre. À titre anecdotique, il est nommé défnitivement à ce
poste en mai 1967, après 10 ans à titre provisoire120. Il démissionne en 1979 de son poste de pro-
fesseur de musique de chambre121.
L
’ académie de musique subit elle aussi la séparation des régimes linguistiques. En 1969,
une nouvelle académie, néerlandophone, est créée dans la commune et les 64 élèves inscrits
à la section néerlandophone y sont transférés. Elle assure les cours de solfège, piano, guitare,
bois et cuivres122. En 1970, l’académie néerlandophone ouvre une section à l’école communale de
Joli-Bois123.
Un premier projet d’extension de l’académie de musique, régime néerlandophone tant
que francophone, à la commune de Wezembeek est envisagé dès 1971124. Et une autre extension,
francophone, est prévue en 1973 à Crainhem. Elle sera dans un premier temps suspendue par
un arrêté du vice-gouverneur du Brabant puis maintenue, sous l’argumentation qu’il est permis
aux enfants des communes à facilités de recevoir l’enseignement dans leur langue jusqu’à l’âge
de douze ans125.
Depuis 1982, l’académie a assuré plusieurs concerts d’élèves par an. Parfois à l’académie
même, à la maison de la culture, à l’église Saint-Pierre, aux fêtes de Wallonie à Namur, dans
les églises de Woluwe-Saint-Pierre (Notre-Dame des Grâces du Chant d’Oiseau, Sainte-Alix,
Saint-Paul), au centre communautaire de Joli-Bois, à la cathédrale Saint-Michel de Bruxelles,
à la basilique Saint-Christophe de Charleroi, à l’abbaye de La Cambre, au proft de Rotary ou
encore dans le cadre du 50e anniversaire de l’Union européenne. Certains de ces concerts ont
accueilli des solistes prestigieux comme Jules Bastin ou la Chorale protestante de Bruxelles.
D’autres concerts ont été donnés en déplacement. L
’ académie a développé des échanges avec
le conservatoire de Debrecen, en Hongrie, et celui de Constanta en Roumanie. Elle a travaillé en
collaboration avec l’orchestre de l’opéra ou du conservatoire, au proft d’enfants de Bosnie en
1993, à la cathédrale de Strasbourg, à l’église du Sablon à Bruxelles, à l’église évangélique alle-
mande de Bruxelles, au proft des parents de Julie et Melissa en 1996, dans le cadre de semaines
musicales belgo-roumaines, de semaines musicales belgo-hongroises, à Brsov et Bucarest.
Ces concerts ont souvent permis la création d’œuvres de compositeurs belges et étrangers.
1945– De la fn de la guerre à nos jours
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278
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
la peinture
émile Fabry
Verviers 1865 – Woluwe-Saint-Pierre 1966
Émile Fabry est né à Verviers le 30 dé-
cembre 1865. Il rejoint rapidement Bruxelles,
où il devient l’élève de Portaels à l’académie
de Bruxelles. Portaels, à son tour, avait comme
professeur Navez, le plus grand des peintres
néoclassiques belges. Par cette flière, Fabry
apprend le sens de la ligne ample et majestueuse.
L ’admiration de Fabry pour des maîtres comme
Michel-ange, Ingres et Puvis de Chavannes
complétera la direction de son professeur et
l’éloignera de l’impressionnisme.
À 28 ans, il rejoint le groupe « Pour l’Art »
que vient de créer l’artiste Jean Delville. Fabry
exposera ainsi à Paris aux salons organisés par le
« Sâr Péladan », mage du mouvement, tout comme
aux « Salons d’Art Idéaliste ». En 1898, l’artiste,
dont la renommée s’amplifait rapidement, col-
labore avec des architectes de grande réputation,
comme Victor Horta et Paul Hankar. la puis-
sance inquiétante qui rayonne de ses toiles naît
tout autant des visages traités en larges plans
que de la ligne vibrante dont le coup de fouet
rappelle les recherches de Horta en architec-
ture. Il participe aux projets de décoration de la
maison Solvay, l’hôtel Aubecq, la villa Carpentier
à renaix, la maison Wolfers à la Hulpe, la mai-
son du sculpteur Braecke, … En 1900, il a alors
à peine 35 ans, il est nommé professeur à l’aca-
démie des Beaux-Arts de Bruxelles. Il y donnera
pendant près de 40 ans le cours sur l’antique et la
nature. en 1930, il reprendra le cours d’art mural
et décoratif de Constant Montald.
Fabry choisit en 1914 l’exil en Angleterre ;
il y apprend à apprécier l’œuvre des préraphaé-
lites, dont Burne-Jones, Hunt, Millais, Rossetti,
et exécute de nombreux portraits de grande
qualité. De retour à Bruxelles après la guerre,
il reprend ses cours à l’académie ainsi que ses
grands travaux décoratifs. Il peignit de grands
décors muraux dans un style qui rappelle, par
son symbolisme, Puvis de Chavannes, et Rubens
par sa plastique mentale. à titre d’exemple, l’un
des six panneaux en mosaïque ornant la colon-
nade qui fanque l’arcade du Cinquantenaire,
l’escalier d’honneur du Théâtre royal de la
Monnaie et la salle des mariages de la maison
communale de laeken. Deux de ses toiles ornent
le hall du deuxième étage de l’hôtel communal
de Woluwe-Saint-Pierre. Mais Fabry ne se limite
pas à des œuvres monumentales. Il prend aussi
un plaisir réel à créer des affches et peint de
nombreux portraits.
Émile Fabry, Moïse ou
Adam et Eve chassés du
Paradis terrestre, huile
sur toile, vers 1932.
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre.
Émile Fabry.
Collection René Dalemans.
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279
la peinture
René Dalemans le résume ainsi : « Pour lui, créer
un climat signife établir un point de tension
entre l’œuvre et le spectateur. Par sa présence
intense, son évidence, le tableau nous pose para-
doxalement une question et sans doute est-ce
là que réside l’attraction qu’exerce sur nous l’art
de ce grand talent ».
Membre de l’académie de Belgique
depuis 1924, une grande rétrospective de son
œuvre fut présentée l’année de son centenaire.
Il mourut en 1966 dans sa maison de la rue du
Collège Saint-Michel, no 6. Il y vivait depuis 1902
(rue Verte à l’époque).
Ses nus, fréquents dans les compositions
mythologiques allégoriques, sont puissamment
campés et d’une anatomie à la musculature
développée et dynamique. Dans la première par-
tie de sa vie, avant 1910, il a peint des allégories
traduisant la souffrance humaine. Il y représente
des fgures angoissées et torturées ; réfexion
plastique qui unit tendances symbolistes et
pré-expressionnistes. ensuite, ses thèmes et des
harmonies colorées se sont épanouis dans l’éclat
de la lumière à l’occasion de nouvelles allégories
de caractère solaire. Fabry évolue donc vers une
tendance d’apaisement et de monumentalité.
Suzanne Fabry
Bruxelles 1904 – Woluwe-Saint-Pierre 1985
Suzanne Fabry est la flle du peintre
symboliste émile Fabry ; dès son plus jeune âge,
elle était entourée de grands artistes, à la fois des
amis de son père et ses professeurs : Constant
Montald, Jean Delville, Fernand Khnopff, Victor
Horta. Elle étudie à l’Académie royale des Beaux-
arts de Bruxelles en 1923, aux cotés d’edmond
Delescluze. En 1945, ils se marient et habitent
la maison d’émile Fabry. En 1948, elle prit en
charge l’atelier des costumes au Théâtre royal
de la Monnaie. Elle quittera son poste à la fn
de la saison 1958–1959. Suzanne éprouvait une
énorme admiration pour son père. elle s’était
même chargée de l’entretien de ses œuvres
monumentales.
Suzanne Fabry s’intéressa surtout à la
fgure humaine et les portraits. Elle n’éprouvera
pas d’intérêt particulier pour le paysage. Tout
comme son père, elle est fortement infuencée
par le symbolisme. Toutefois, l’ambiance de ses
œuvres est profondément différente de celles de
son père : un sentiment d’apaisement et de dou-
ceur rêveuse se dégage de l’œuvre de Suzanne,
bien loin de l’angoisse que respirent les œuvres
d’émile Fabry. Elle a composé de nombreux auto-
portraits. elle a laissé le souvenir d’une personne
d’une grande gentillesse, calme et médiatrice.
Si les traces du symbolisme hantent clairement
ses débuts, elle s’est centrée avec beaucoup
de fnesse et d’intelligence sur la personnalité
de ses modèles et sur le visage humain qu’elle
analyse inlassablement, et qu’elle encadre d’une
ambiance rêveuse. Elle meurt à Woluwe-Saint-
Pierre en 1985, huit années avant son mari.
Suzanne Fabry, sans
titre (autoportrait),
dessin, 1941.
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre.
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w
280
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Edmond Demunter
dit Delescluze
auderghem 1905 – Woluwe-Saint-Pierre 1993
edmond Demunter était un peintre et
céramiste hors du commun. Il ft ses études
à l’académie de Bruxelles et suivit notamment
les cours d’émile Fabry, Jean Delville, Constant
Montald et Gustave van de Woestijne ; on retrouve
notamment l’infuence de ce dernier dans les
regards que peint edmond Demunter. Il rem-
porte des premiers prix en peinture et en compo-
sition. Il rencontre Suzanne Fabry à l’Académie.
Demunter, lui aussi, a grandi dans un milieu
artistique. Son père adoptif Jean Delescluze
(1871–1947) travaillait à l’atelier des décors du
Théâtre royal de la Monnaie. Après un divorce, sa
mère se remaria avec Jean Delescluze.
l ’essentiel de sa vie professionnelle se
joue dans un théâtre d’opéra. Il devient, tout
comme son père, décorateur au Théâtre royal de
la Monnaie. Il gagne le premier prix de maquette
de théâtre lors de l’exposition universelle de
Bruxelles en 1958. Il devient également membre
de la Société royale des Beaux-Arts. Suzanne
Fabry le rejoint en septembre 1948 pour diriger
l’atelier des costumes. leur vie est inséparable
de celle du théâtre.
Delescluze était aussi bien paysagiste
que portraitiste. Il aimait voyager et il peignait
des tableaux envoûtants, avec des couleurs
très pures, de pays situés autour de la mer
Méditerranée : Italie, Grèce, égypte, Espagne,
Maroc. Il réalisa également quelques aquarelles
de grandes dimensions sur des thèmes religieux.
Il était également aquarelliste et aquafortiste.
la céramique le passionna également, surtout
après 1962.
Dès 1946, edmond signera seul les décors
pour spectacles auxquels il participa. Il dessina
également un certain nombre de projets de
costumes. Il quitte le théâtre à la fn de la saison
1958–1959. l ’expérience de l’illusoire l’emmène
vers un univers pictural lié au surréalisme.
Pendant près de 25 ans, les décors de théâtre
serviront de base à ses compositions.
Edmond Demunter
dit Delescluse,
Le mariage secret,
huile sur toile, s.d.
Hôtel communal de
Woluwe-Saint-Pierre.
Jean Timmermans,
Palmiers en Provence,
huile sur toile, 1952.
Hôtel communal
de Woluwe-Saint-Pierre.
Page 281Top

ww
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281
Jean Timmermans
(Bruxelles 1899 – Ixelles 1986)
Jean Timmermans fut formé à l’Acadé-
mie de Bruxelles, dans les ateliers de Constant
Montald et de Guillaume Van Strydonck, où
il eut pour compagnons Magritte, Flouquet,
Servranckx. Il a fondé l’école de dessin et de
peinture de Woluwe-Saint-Pierre en 1959. Il y
enseignera jusqu’en 1977.
Infuencé à ses débuts par le fauvisme
français et l’expressionnisme famand, il
développera peu à peu un style personnel que
certains rattacheront à « l’animisme » : l’âme et
le corps qui la véhicule demeureront toujours
présents, même discrètement, dans son œuvre.
la peinture
André Goffn
Farciennes 1930 –
André Goffn a étudié le dessin et la pein-
ture aux académies des Beaux-arts de Namur et
de Bruxelles, auprès notamment d’antoine Carte
dit Anto Carte (1886–1954) , fondateur du groupe
Nervia, équivalent wallon de l’expressionnisme
famand. Il reçoit le « Prix Anto Carte » en 1968
et organise sa première exposition person-
nelle. en 1973, il participe à la fondation du
groupe « Art Concret » avec Jean Dubois, Francis
Dusépulchre, Victor Noël, Michel Renard et
Marcel-Henri Verdren. Ces artistes s’engagent
résolument dans une abstraction construite
faite d’aplats stricts et d’agencements de formes
géométriques.
À partir de 1977, André Goffn enseigne la
peinture à l’académie des arts de Woluwe-Saint-
Pierre. Il participa également à la décoration du
métro de Charleroi.
Goffn est le maître de l’abstraction
géométrique, mais il se laisse continuellement
tempérer par des assauts lyriques. À propos
d’André Goffn, passé maître dans l’utilisation
de l’acrylique, Jean Pigeon parle d’un « arpenteur
de la glace, du feu, de l’écologie, des rythmes, des
emblèmes idéographiques », soulignant combien
« ses variations thématiques, ses articulations
de formes qui peuvent se répercuter d’une toile
Maître de l’aquarelle, il utilisera celle-ci
pour traduire les paysages de soleil, de Provence,
d’espagne, d’Italie mais aussi les lieux où
triomphe la lumière fugitive mêlée de pluie,
comme les Pays-Bas, l’Irlande et bien sûr nos
régions. Sa peinture à l’huile, quant à elle, sera
plus puissante, largement brossée, naviguant
lentement vers les rives de l’abstraction. Il est
également illustrateur, auteur de cartons de
tapisserie, de projets de papier peint.
en 1989, une exposition rétrospective de
ses œuvres (11 avril – 29 avril 1989) s’est tenue
dans les salles des services culturels de la pro-
vince de Brabant ainsi qu’à la galerie regard 76.
à l’autre, répondent chaque fois à un projet
précis et gagnent en éclat, en sérénité, en beauté
mûrement méditée ».
André Gofn,
Composition blanc/noir,
peinture acrylique, 1985.
Hôtel communal de Woluwe-
Saint-Pierre.
Jean Timmermans.
Collection René Dalemans.
Page 282Top

282
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
L
’école des Arts
En 1959, le peintre Jean Timmermans se voit confer la responsabilité d’une nouvelle
école de dessin. On y donne, dans un premier temps, des cours élémentaires de dessin et un
cours supérieur de peinture, bilingues126. Le projet de programme mis en place pour Jean
Timmermans est vaste et ouvert. Toutefois, le cours de dessin d’après modèles spécife bien
qu’ils resteront « habillés ». Après une première année d’activité, en juin 1960, les résultats sont
estimés satisfaisants : 27 élèves ont suivi le cours de dessin et 29 élèves ont suivi les cours de
peinture et d’aquarelle127. Forte de ce premier succès, l’école commence à ouvrir des cours nova-
teurs à la rentrée de 1964 et commence par un cours de publicité-décoration de dix heures par
semaine128. De nouveaux cours sont ouverts en 1971. Deux heures par semaine sont consacrées
à la bande dessinée – l’un des premiers cours en académie en Belgique –, quatre heures à la
photographie et six heures à la décoration appliquée sur tissu et un atelier préparatoire pour les
enfants129. L
’ école de dessin devient, en 1972, l’École des Arts130. En 1973, elle ouvre des cours de
publicité et d’histoire de l’art 131, et un cours de tapisserie-tissage en 1977, développé sur quatre
années d’études132. En revanche, le cours de publicité est supprimé en 1977133.
André Gofn, né à Ixelles en 1956 et diplômé de l’institut Saint-Luc de Bruxelles, est
nommé en 1985 professeur de bande dessinée134. Logée à ses débuts dans « la maison des jeunes
mariés », derrière le commissariat de police, rue Paul Wemaere au coin de l’avenue Jules de
Trooz et de l’avenue de Tervueren, l’école est en fait un seul atelier, puis déménage dans une
classe de l’école du Centre, avenue Charles Thielemans. Un nouveau déménagement mène
l’école au no2, de la même artère en 1966.
En 1985, l’école des Arts retrouve les bâtiments de l’école du Centre, aux côtés de l’aca-
démie de musique. Le nombre de cours et le niveau hissé au secondaire supérieur, l’école
devient Académie des arts en 1987. La fréquentation des élèves se chifre en 1974 à 80 inscrip-
tions. En 1986, elle atteint les 400 élèves.
Les sports
Le club de L
’Orée fondé en 1928 à l’orée de la forêt de Soignes s’est concentré sur le
hockey et le tennis. Il est fondé, à l’origine, par des membres dissidents du White Star. Le club
compte dès le début huit terrains de tennis et un de hockey. Le club accueille aussi une section
de bridge. Il compte aujourd’hui parmi les plus prestigieux de la capitale.
Le club de tennis et de hockey L
’Ombrage, avenue Parmentier, remonte, lui, à 1943.
L
’ abbé Froidure souhaitait rentabiliser les terrains de tennis du parc Parmentier, pour sou-
tenir quelque peu les Stations de plein air en plein essor. Les deux terrains sur dalle de béton
de l’époque ont été complétés par trois terrains en brique pilée et des infrastructures plus
Le club de tennis et de
hockey L
’Orée, drève
des Brûlés.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’équipe de basket du
White Star dans les
années 1950.
Collection Marcelle Polspoels.
Page 283Top

283
1945– De la fn de la guerre à nos jours
élaborées. En 1958, le Berchem Hockey Club est invité à L
’Ombrage. Il devient, à la fn des
années 1960, le Royal Ombrage Hockey Club.
Peu à peu, de nouveaux terrains,  de nouvelles pelouses, un bac à sable pour les tout-
petits, un nouveau club-house et même un terrain de basket rendent le club de plus en plus
ouvert et accueillant. La section de basket est abandonnée dans les années 1990.
Le White Star
Woluwe-Saint-Pierre était à l’origine le port d’attache du FC White Star. Le club, fondé
peu après la Seconde Guerre mondiale, a été de nombreuses fois présent en première division.
Le White Star135 reçoit au 1er juillet 1953 l’autorisation de louer le stade communal, situé rue
Kelle, pour une durée de 30 ans, sans reconduction tacite au 1er juillet 1983, mais avec le droit d’y
installer des bâtiments, forcément provisoires136. La commune acquiert en 1957 une parcelle de
5 hectares de l’ancien champ de courses et envisage d’y installer un stade sportif dont pourrait
bénéfcier le White Star137. Le club déménage toutefois en 1960 à Woluwe-Saint-Lambert.
Le quartier de l’ancien hippodrome
Une partie des terrains du champ de courses est mise en vente dès la fn de la guerre et
la commune entame dès 1946 des pourparlers de rachat, en vue d’y installer un stade communal
de jeux et de sport138.
En novembre 1959, la commune envisage d’acquérir une partie de l’ancien champ de
courses de Stockel, un périmètre situé entre l’avenue Salomé, l’avenue Du Jardin, la rue au
Bois, l’avenue du Manoir d’Anjou et la future avenue de la Pelouse. Le but est clairement, après
quelques aménagements, de maintenir et de développer le caractère sportif du lieu139.
Un premier stade « Jean Evrard » s’équipe de terrains de tennis, d’un stade d’athlétisme
et d’un terrain de football à l’emplacement de l’hippodrome, entre l’avenue Salomé et l’avenue
des Grands Prix. Les tribunes de l’ancien champ de courses sont maintenues, l’une d’entre
elles servant de dépôt communal pour la voirie. Dans les années 1970, les installations sont
complètement refondues. Les tribunes sont démolies et un complexe sportif moderne est mis
en œuvre. SportCity est aujourd’hui doté de tous les équipements (piscine olympique homolo-
guée, stand de tir olympique, salle réservée aux arts martiaux, solarium, salle omnisports, piste
d’athlétisme, terrains de football, de tennis et de hockey …) qui en font un des centres sportifs les
plus développés de la Région de Bruxelles-Capitale. Une grande cafétéria fait la jonction entre
les diférents sites sportifs.
Les courts de tennis
du White Star.
À l’arrière-plan,
la rue Kelle.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
L
’équipe de football du
White Star.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Page 284Top


284
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le plateau de Stockel
le quartier du plateau de Stockel se développe
rapidement à la suite de la percée de l’avenue de
Tervueren en 1897, l’ouverture de l’hippodrome
en 1906, la réalisation de l’avenue Orban-Van
Volxem et l’avenue Madoux en 1907, puis le pro-
longement de la ligne de tram entre l’avenue de
Tervueren et le centre de Stockel, en 1909.
Dès 1909, il est question d’instaurer
une nouvelle paroisse. les premiers contacts
se tissent entre l’archevêché de Malines et la
commune de Woluwe-Saint-Pierre. une note
établie par une habitante relève la présence de
234 maisons dans ce nouveau quartier, défni
par la ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren,
la forêt de Soignes, la commune d’Auderghem
et la Streekstraat, la future rue/avenue louis
Jasmin. Dix de ces maisons sont encore en
construction lors de la démarche, le quartier est
en plein essor. La note spécife qu’il faut quelque
35 minutes aux habitants les plus éloignés,
proches de la forêt, pour rejoindre l’église Saint-
Pierre au centre du village. les habitants les plus
proches, les riverains de la gare du chemin de fer,
ont besoin, eux, de 15 minutes de marche1.
L ’artiste peintre Jules Du Jardin, admi-
nistrateur de la Société immobilière d’entre-
prises de Stockel et propriétaire de nombreux
terrains sur le plateau, mettra beaucoup
d’énergie à valoriser le quartier. l ’érection d’une
paroisse se devait de compléter l’offre pour les
nouveaux habitants. Il propose à l’archevêché de
Malines de prendre en charge la construction
d’une église provisoire sur un de ses terrains,
rue Mareyde, qu’il offre d’emblée à la nouvelle
paroisse2. Il dessine les plans de l’édifce et
presse l’administration communale pour faire
percer une rue qui desservirait aisément l’église.
le plan est approuvé par la commune et l’appro-
bation de l’érection d’une nouvelle paroisse
suit aussitôt3. La paroisse est confrmée par le
cardinal Mercier le 24 juin 1911. Les Fabriques
d’église de Saint-Pierre et de Stockel acceptent
l’idée d’une église succursale pour peu qu’elle
subvienne à ses besoins4. la nouvelle paroisse
consacrée à saint Paul est offciellement insti-
tuée par l’arrêté royal du 23 août 19115.
L
’avenue Orban-
Van Volxem. La ligne
de tram est encore
à voie unique.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
L
’avenue de l’Aviation.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
Page 285Top


L
’avenue Grandchamp.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
285
La chapelle aux champs
l ’église provisoire construite en bordure
de la rue Mareyde est entièrement fnancée,
à raison de 11 000 francs, par Jules Du Jardin. La
« Chapelle aux Champs » portait bien son nom.
Les premiers offces sont célébrés dès le
mois de septembre. Le dynamisme du quartier
se signale par 72 baptêmes célébrés jusqu’à la fn
de l’année 19156.
Dès 1912, l’église est trop exiguë pour
la communauté de 900 paroissiens. elle est en
outre déjà en triste état. Une note la dit « mal bâ-
tie, trop petite … il n’y a pas au Congo de ferme-
chapelle aussi pitoyable … Monsieur le Curé … ne
saurait pas améliorer cet état de choses. Il faut
recommencer.»7
Jules Du Jardin réagit en proposant de
faire don d’un autre terrain, de 12 ares 62 cen-
tiares, toujours rue Mareyde. À charge pour la
commune de construire un square louisa, du
nom de la flle de Jules Du Jardin, en façade du
terrain, et d’y établir l’entrée de l’église. Ces
pourparlers n’aboutissent pas et Jules Du Jardin
retire fnalement son offre8.
l ’église désaffectée sert dans un premier
temps de champignonnière, puis elle est démolie
en 19209.
le quartier poursuit son développement
au cours de la première moitié du xxe siècle. les
avenues et les rues, au tracé régulier et aéré,
reçoivent les noms évocateurs des loisirs, sou-
vent sportifs, en vogue à l’époque, et en réso-
nance avec les activités hippiques et aériennes
de l’hippodrome de Stockel. Plusieurs centaines
de maisons s’érigèrent autour des avenues dont
les noms (Jockeys, Alezans, Obstacles, Etriers …)
évoquent les anciennes courses hippiques10.
le pleateau du Stockel
La première église
Saint-Paul.
Archives communales
de Woluwe-Saint-Pierre.
Page 286Top

Afche annonçant les
kermesses de Stockel et
du Centre et le passage
du Tour de France à
Woluwe-Saint-Pierre,
les 29 et 30 juin 1969.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
Afche annonçant
le Grand Prix du
bourgmestre Jean
Evrard, des 60 km de
cyclisme réservés aux
membres de la police
belge, le 3 mai 1969.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
286
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Le football club de Stockel
Une première équipe de football est formée dès 1934 par la section stockeloise de la
Jeunesse ouvrière chrétienne. En 1941, l’équipe change d’échelle et le « Groen-Wit Stokkel FC »
est créé. Il s’installe à la plaine de football du parc Dumon. Les installations sont dotées d’une
tribune en 1948140. À la fn des années 1950, l’équipe de Stockel et celle de l’Olympic Etterbeek
jouent sur les terrains de l’avenue de Hinnisdael, à Stockel. Les deux clubs fusionnent en 1959
et donnent naissance à l’Olympic FC Stockel. Le club quitte l’avenue de Hinnisdael en 1975 pour
fnalement s’installer sur les terrains communaux de la chaussée de Stockel en 1984. Le club se
dote d’un club-house. Et en 1990, il accueille le FC Kelle. En 1991, le club fête ses 50 ans d’exis-
tence et devient le Royal Olympic FC Stockel. Le terrain est amélioré par une pelouse en herbe
synthétique en 2003. En 2010, toutes les infrastructures trouvent place dans un nouveau bâti-
ment abritant les vestiaires, la cantine et les douches.
LA VIE CULTURELLE
La commune compte six centres culturels. Le plus important d’entre eux est hébergé
dans l’hôtel communal. Les autres centres communautaires sont situés à Joli-Bois, au
Chant d’Oiseau, rue au Bois et rue Fr. Gay et avenue Orban pour le centre néerlandophone
Gemeenschapscentrum Kontakt. Le centre culturel de l’hôtel communal a une bibliothèque, une
médiathèque gérée par la Communauté française, un auditorium et des salles d’exposition.
Le développement de la vie culturelle est peut-être le secteur de la vie communale qui
concrétise le mieux la mutation en profondeur subie par Woluwe-Saint-Pierre au cours des cin-
quante dernières années. L
’ époque des « sociétés », où dominait l’initiative privée, et qui jouèrent
leur plein rôle autrefois dans la vie quotidienne villageoise, est révolue. De nouvelles structures
se sont mises en place, témoignant de l’évolution profonde des mentalités en matière de loisirs,
tant dans le chef de chaque individu que dans celui des institutions publiques. En outre, l’amélio-
ration du niveau de vie permet au plus grand nombre de profter des loisirs – créatifs ou simple-
ment délassants – alors que naguère encore, ils étaient pour des raisons d’ordre économique
Page 287Top

Les géants de Stockel
en sortie.
Photothèque communale.
Un étendard daté
de 1897 de la fanfare
De Eendracht,
fondée en 1872.
Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
287
et social réservés exclusivement à un public restreint. La pratique des loisirs est devenue un
véritable besoin. En témoigne la multiplication des associations culturelles de tout genre, aux
activités fort diversifées, francophones et néerlandophones. Le service communal des Afaires
culturelles a pour tâche l’information sur les diférents services culturels mis à disposition du
public. Il est également responsable de la gestion culturelle communale et des relations avec les
multiples types d’associations que compte Woluwe-Saint-Pierre141.
Deux asbl sont créées en 1971, l’Association culturelle de Woluwe-Saint-Pierre, destinée
à promouvoir et coordonner tout type d’activité susceptible de contribuer au développement
culturel dans la commune, et le Foyer culturel, ayant pour dessein de favoriser les initiatives
culturelles142.
La création de la bibliothèque néerlandophone remonte à 1981. Elle est constituée par la
reprise du personnel et des livres néerlandophones de la bibliothèque du Centre, à l’hôtel com-
munal, et son installation dans de nouveaux locaux est déterminée en accord avec le Sociaal
Kutlureel Raad143. Les bibliothèques francophones unilingues se situent dans les quartiers du
Centre, à l’hôtel communal, au Chant d’Oiseau et à Joli-Bois.
Le Cercle royal d’art de Woluwe-Saint-Pierre, fondé en 1952 par une quinzaine d’artistes
œuvrant dans une vision fgurative de l’art sans être pour autant fermés à d’autres infuences
artistiques, expose chaque année les œuvres de ses artistes dans les salles de l’hôtel communal.
Installé depuis 1995 dans les combles de l’hôtel communal, l’Ofce généalogique et héral-
dique de Belgique, fondé en 1942, a pour objet de fournir aux chercheurs des livres, des revues,
des fonds d’archives, etc, tous documents propres aux sciences auxiliaires de l’histoire telle la
généalogie, l’héraldique, la sigillographie. La publication bimestrielle Le Parchemin, créée en 1936,
publie les études généalogiques et héraldiques réalisées par les membres de l’Ofce.
L
’ association folklorique Les Amis des Géants de Stockel est créée dans les années 1980
par Baudouin Van der Linden, fondateur de l’Association des commerçants de Stockel et des
1945– De la fn de la guerre à nos jours
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La Comédie
Claude Volter.
288
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Noëls dans la cité. Les géants furent conçus par l’Académie des Beaux-arts de Bruxelles et leur
armature élaborée par l’institut Don Bosco. Sur le bouclier du chevalier Baldwinus, la devise en
latin « cor suum pro vobis » est celle des commerçants de Stockel : « son cœur bat pour vous ».
La Comédie Claude Volter
La résidence de la troupe fondée par Claude Volter (1933–2002), acteur et metteur en
scène, occupe la salle des Fêtes de l’école du Chant d’Oiseau, le no 98 de l’avenue des Frères
Legrain. Elle est aménagée dès 1971 pour pouvoir accueillir la Compagnie théâtrale dès la ren-
trée de septembre. Un accord est passé avec la commune, pour un premier terme de cinq ans.
La Compagnie s’engage à donner au moins quatre spectacles par an et quinze à vingt repré-
sentations par spectacle144. L
’ accord est reconduit depuis et les salles ont été réaménagées145.
Le répertoire explore tous les registres. Michel de Warzée (né en 1943) assure la direction de la
Comédie Claude Volter depuis 2002.
Les cinémas
Le cinéma Le Stockel, conçu par l’architecte René Coppens en 1955, est le dernier cinéma
en activité de la commune, aux abords de la place Dumon. Il est même le dernier cinéma de
quartier de Bruxelles146. La commune entre en 1974 dans l’asbl « Centre cinématographique de
Stockel »147 et prend en charge l’aménagement du cinéma Le Stockel, en accord avec la commis-
sion de la culture française de l’agglomération de Bruxelles. Depuis, le bâtiment est resté la pro-
priété de la commune. Il est loué selon un cahier des charges très précis à un exploitant privé.
Au no 17-19 de l’avenue Charles Thielemans, une vaste salle de cinéma de 600 places,
conçue en 1959 également par l’architecte René Coppens, est transformée en supermarché en
1968 puis en garage automobile en 1988148.
Hommage à Claude
Volter, le 25 mars 1999.
Woluwe-Saint-Pierre,
Livre d’Or de la commune.
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289
Les périodiques communaux
Le premier périodique politique de Woluwe fut publié en 1897 mais son existence fut
brève. Depuis les années 1950, la commune publie un mensuel dont le nom a plusieurs fois
été modifé : Echo, Woluwe, Wolu 2000, Wolu News, aujourd’hui, Wolu Mag.
La préservation d’un environnement équilibré de qualité
Une charte communale de protection de la nature est signée en avril 1970. Elle vise
à établir une synergie entre la commune dont « le conseil sollicitera l’appui et la collaboration
de tous les habitants … afn d’assurer une protection efcace de la nature … maintenir intacts
si possible les sites naturels (arbres, zones vertes, eaux et marais) appartenant à la commune
comme à des particuliers … Le conseil s’eforcera … d’obtenir la gestion et le contrôle des
terrains les plus remarquables afn de les convertir en réserves naturelles … (qui) recevront
des conseils de la section écologie et conservation de la nature de l’Institut royal des sciences
naturelles de Belgique … ». S’ensuivront « l’interdiction de toute pratique de la tenderie … et
de chasse abusive sur les terrains communaux … mise sur pied d’un programme d’éducation
scolaire mettant l’accent sur l’importance morale, sociale, économique et scientifque de la
protection de la nature … (et l’on projette) d’organiser une journée annuelle de la protection de
la nature, tous les établissements scolaires invités à y participer … »149.
Une Commission communale de l’environnement est créée en octobre 1971150.
1945– De la fn de la guerre à nos jours
Signature du pape Jean-
Paul II lors de son séjour
dans la commune du 16
au 21 mai 1985.
Woluwe-Saint-Pierre,
Livre d’Or de la commune.
Signature de la reine
Elisabeth à l’occasion du
Salon d’Art–Exposition,
le 6 septembre 1952.
Woluwe-Saint-Pierre,
Livre d’Or de la commune.
Hommage à Eddy
Merckx, citoyen
d’honneur de
la commune, le
11 septembre 2000.
Woluwe-Saint-Pierre,
Livre d’Or de la commune.
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291
Postface
La place Dumon un jour
de marché, octobre 2011.
En achevant la lecture de cet ouvrage, vous avez pu découvrir en quoi l’activité humaine
de nos ancêtres avait progressivement modifé un territoire aux contours administratifs
parfois étonnants – hérités d’un passé révolu, mais dont les limites sont restées malgré tout
inchangées depuis plus de deux siècles – qui a su sauvegarder un équilibre, une harmonie et
une identité aujourd’hui très recherchés.
en effet, malgré l’urbanisation galopante qui a caractérisé le xxe siècle, les visions
d’urbaniste de notre deuxième roi et la sagesse des édiles qui se sont succédé ont très
largement préservé notre commune d’une dénaturation qui l’aurait totalement coupée
de son passé. Certes, comme partout, des erreurs ont été commises mais, globalement,
Woluwe-Saint-Pierre reste une commune parmi les plus vertes et les moins densément
peuplées en région de Bruxelles-Capitale. Idéalement située, elle est desservie par des voies
de communication qui en font un des endroits les plus facilement accessibles au centre
de notre pays.
Ainsi qu’en témoigne cet ouvrage, à toutes les époques et en fonction des moyens
qui étaient disponibles, la commune a toujours tenu à offrir à ses habitants des services
multiples et divers qui n’ont cessé de s’étoffer. Durant les périodes les plus sombres de notre
histoire, l’autorité communale a chaque fois fait face aux diffcultés de toutes espèces afn
d’aider et de secourir la population.
la qualité de vie qui nous est généralement reconnue est à la fois le fruit d’un cadre
naturel qui demeure très agréable à proximité immédiate du centre décisionnel principal
de l’union européenne et d’une gestion municipale qui a permis d’éviter les ravages de ce
qu’on a pu qualifer ailleurs de « bruxellisation ».
Ce livre vous aura peut-être permis d’en prendre mieux conscience.
Je suis en tout cas persuadé qu’il vous fera encore davantage, comme moi, aimer
Woluwe-Saint-Pierre.
Mars 2012
Postface
Willem Draps
Député-bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre
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293
1er mars 1947 – 21 janvier 1971
Jean-Marie Evrard
Né le 4 novembre 1911 à Étalle
Décédé le 12 octobre 2004
Ingénieur commercial, conseiller en gestion
Avenue Orban, 180 puis Corniche verte, 46
Membre de la Chambre des Représentants 1961–1968
21 janvier 1971 – 8 mai 1981
François Persoons
Né le 28 mai 1925 à Profondeville
Décédé le 8 mai 1981 à Bruxelles
Docteur en droit et économiste
Avenue Mostinck, 54
Membre de la Chambre des Représentants 1968–1981
Secrétaire d’État 1977–1979
Faisant fonction : 1er octobre 1977 – 8 janvier 1979
11 août 1981 – 1er février 1982
Jenny Moxhon-Marchandise
Née le 22 octobre 1922 à Schaerbeek
Décédée le 13 juin 2003
Venelle au Palio, 51
15 mars 1982 – 22 août 1983
Roland Gillet
Né le 23 novembre 1920 à Erzingen (aujourd’hui
commune de Serémange-Erzange, Moselle, France)
Décédé le 8 juillet 2008 à Woluwe-Saint-Lambert
Directeur de société
Avenue Don Bosco, 16 puis Avenue Mostinck, 4
Membre de la Chambre des Représentants 1965–1977
Sénateur 1977–1985
22 août 1983 – 20 février 2007
Jacques Vandenhaute
Né le 3 septembre 1931 à Etterbeek
Chef d’entreprise
Avenue Jules Du Jardin, 29
Sénateur 1981–1995
Membre de la Chambre des Représentants 1995–1999
Faisant fonction : 20 février 2007 – 15 avril 2008
15 avril 2008 –
Willem Draps
Né le 3 mai 1952 à Boston (États-Unis)
Avocat
Avenue Salomé, 9a
Membre de la Chambre des Représentants 1987–1995
Député de Bruxelles 1995–
Secrétaire d’État 2000–2004
Royaume de Belgique
18 septembre 1830 – 21 juillet 1846
Jean-François Coosemans 
Né le 23 mai 1784 à Sterrebeek
Décédé le 13 juin 1866 à Woluwe-Saint-Pierre
Cultivateur
Ferme du Bemel
21 juillet 1846 – 31 décembre 1863
Eugène de Waha
Né le 11 mai 1812 à Bruxelles
Décédé en 1887
Propriétaire
Kerkstraat, 53
1er juin 1864 – 9 septembre 1874
Jean-Baptiste Dumoulin
Né en 1813 à Etterbeek
Décédé le 9 juillet 1874 à Woluwe-Saint-Pierre
Garde forestier et cabaretier 3
Chaussée de Stockel, 89
9 août 1874 – 23 octobre 1889
Charles Thielemans
Né le 7 juillet 1829 à Woluwe-Saint-Pierre
Décédé le 24 octobre 1890
AR du 23 octobre 1889 le révoquant de
sa fonction de bourgmestre 4
Cultivateur
Ferme Thielemans, Hertbrugstraat, 2
Faisant fonction dès le 21 janvier 1890 5
janvier 1891 6 – 27 février 1904
Jean Lepage
Né le 29 septembre 1832 à Stockel
Décédé le 24 octobre 1906
Cultivateur
Hof te Stokkel
27 février 1904 – 27 février 19477
Josephus Thielemans
Né le 29 octobre 1865 à Woluwe-Saint-Pierre
Décédé le 4 juin 1952
Cultivateur
Ferme Thielemans, rue Louis Thys, 16
Liste des bourgmestres
République et Empire français
De 1800 (an IX de la République)
à 1801 (an X de la République)
Marc (Marcus) Fabry
Né le 12 octobre 1755
Décédé le 17 août 1837
Cultivateur 1.
Fin 1802 – 28 mars 1807
Jean-Baptiste Massaux
Baptisé le 12 mars 1773 à Bruxelles (Sainte-Gudule)
Décédé le 10 février 1830 à Saint-Josse-ten-Noode
Notaire
Fut aussi maire de Schaerbeek du 8 mars 1807 à 1808
22 mai 1807 – 19 janvier 1814
en remplacement de Jean-Baptiste Masseaux.
Par ordre du préfet du département de la Dyle 2.
Adolphe Walter Walram Cajétan de Thiennes
de Lombise
Baptisé le 26 mars 1786 à Mons (Saint-Germain)
Décédé le 19 janvier 1814 à Bruxelles
Propriétaire
Transition et royaume des Pays-Bas
14 mai 1814 – 18 septembre 1830
Henri van Keerbergen
Baptisé le 7 mars 1759 à Woluwe-Saint-Lambert
Décédé le 1er mai 1835 à Woluwe-Saint-Lambert
Notaire à Elewijt en 1792,
puis à Woluwe-Saint-Lambert de 1792 à 1802,
puis à Woluwe-Saint-Étienne de 1802 à 1834
À exercé les fonctions d’agent municipal
à Woluwe-Saint-Lambert en 1798–1799
liste des bourgmestres
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294
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Tableau général des communications vicinales en 1847
Atlas des communications vicinales de la commune de Woluwe-Saint-Pierre.
Administration communale de Woluwe-Saint-Pierre, service de l’urbanisme.
Désignation de chaque chemin /
Dénomination particulière, désignation de ceux
à qui incombe la charge d’entretien
1
Chemin de Tervueren à Bruxelles / Rue de la
Cambre ou Tercamerenstraet, WSP, WSP et WSL
selon section
2
Chemin de WSL vers WSP et Bruxelles /
Donkerstraat et Hertogstraet / WSP, WSL et WSP
selon section
3
Chemin d’Esterbeck et Woluwe SL au Moulin
de WSP vers Auderghem / Diepstraet ou
Jesuitenstraet / WSP
4
Chemin du Moulin de WSP à WSL et Stockel /
Kellestraet / WSP et WSL
5
Chemin de WSL à la forêt de Soigne et à la
Chaussée de Tervueren / Kerseleerestraet / WSP
6
Chemin de WSL vers la Chaussée d’Auderghem /
Vloetgroebbe / WSP
7
Chemin de Stockel à Crainhem / Langestraet /
WSP et Crainhem
8
Chemin de Stockel à Auderghem /
Ouderghemschestraet / WSP, WSP et Watermael
9
Chemin de Stockel à Crainhem /
Achtbunderstraet / WSP et Crainhem, WSP
10
Chemin de Stockel à Wezembeek  /
Lievevrouwstraet / WSP
11
Chemin de l’endroit dit Bemelschplas à Etterbeck /
Ketelstraet ou Potaerdegat : WSP et Etterbeek
12
Cchemin d’Ertbrugge à Woluwe-Saint-Pierre /
rtbruggestraet / WSP et WSL, WSP
13
Chemin de WSL à WSP / Kerkstraet / WSP
14
Chemin d’Etterbeck à WSP / Groenstraet / WSP
15
C hemin conduisant du chemin dit Kontelstraet
(Konkel ?) à celui dit d’Auderghemschstraet /
Streekweg / les riverains avant la loi du 10 avril
1841
16
Chemin de WSL à Stockel / Konkelstraet /
riverains
17
Chemin de Stockel vers la ferme de l’Hof ten Berg /
Stuyvenberghweg / riverains
18
Chemin conduisant du chemin dit
Revevrouwestraet à celui dit Stuyvenberg /
Uylestraetje : riverains
19
Chemin conduisant du chemin dit
Tercamerenstraet à celui dit Stuyvenbergweg /
Zickhuystraet / riverains
20
Chemin du chemin dit Achtbunderstraet à celui
dit Stuyvenbergweg / Grevenengracht / riverains
21
Chemin du Konkelstraet vers la (sic) champ dit
Grootveld / Grootveldweg / riverains
22
C hemin du Kerseleerestraetvers vers le chemin
dit Auderghemschestraet / Boschstraet / WSP
23
Chemin du Kellestraet vers Auderghem /
Luyzemekweg (Lauzemet ?) / riverains
24
Chemin du Moulin de WSP vers Auderghem / Den
Dam / riverains
25
Chemin du Moulin de WSP vers les Prairies
communales / Crockstraet / WSP
26
Chemin du Jesuitestraet vers la Haie d’Or /
Zavelgat / riverains
27
Chemin Entrée de la Chapelle / Kapelleningang /
WSP
28
Chemin du Moulin de WSP vers l’endroit dit
Denbemelscheplas / Grootenkantervoetweg /
riverains
29
Sentier du Jesuitestraet vers l’endroit dit
Denbemelscheplas / Evert Goed / riverains
30
Sentier de WSP à Bruxelles / Zavelgat / riverains
31
Sentier du chemin dit Vloetgtroebbe vers le
Grevenstraet / Tiendagwandvoetweg / riverains
32
Centier de WSL vers Auderghem / longeant la
Woluwe / riverains
33
Sentier du Kellestraet vers Auderghem /
Bombourg / riverains
34
Sentier conduisant du chemin dit
Auderghemschstraet vers la chapelle Sainte
Anne / D’Auderghem / riverains
35
Sentier commençant au Ketelstraet et fnissant au
no 34 / De Kelle / riverains
36
Sentier conduisant de Linnepleyn au
Konkelstraet / De Linnepleyn / riverains
37
Sentier de WSL vers l’église de WSP /
Krawattensweg / riverains
38
Sentier conduisant vers l’église / Kerkstraetje /
riverains
39
Sentier Ertbruggestraet au Kerkstraet /
Borreweg / riverains
40
Sentier conduisant du chemin dit
Auderghemschestraet vers la forêt de Soignes /
Streekvoetweg / riverains
41
Sentier de Stockel vers le chemin dit
Auderghemschestraet / Grootveldweg / riverains
42
Sentier de Stockel à la Chaussée de Tervueren /
Boschweg / riverains
43
Sentier conduisant de Stockel vers la chaussé de
Tervueren / Spvelbergovoetweg / riverains
44
Sentier conduisant vers la ferme de
Mr Vervolwem / Bomsvoetweg / riverains
45
Sentier conduisant du chemin dit
Tercamerenstraet vers Bomsvoetweg / het
Straetje / riverains
46
Sentier conduisant de la chapelle vers le
Lieverouwstraet (sic) / Kapellevoetweg / riverains
47
Sentier conduisant de Stockel vers la chapelle
de la Vierge Pitoyable / Stuyvenbergvoetweg /
riverains
48
Sentier conduisant du chemin dit Nylestraet vers
le Gesnynteweg / Veeweyvaetweg / riverains
49
Sentier du Tercamerenstraet vers
Ziekhuysstraetje / Gemeyntevoetweg / riverains
50
Sentier de Stockel vers WSL et Bruxelles /
Keezegat / riverains
51
Chemin de WSL à WSP / Processieweg / riverains
52
CShemin de l’endroit dit Bemelscheplas vers
la chaussée d’Auderghem / Terkamerendreef /
riverains et M. de Waha.
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295
Correspondance des noms de rues
Rue Arthur André
Partie du Stuyvenberg1 entre le chemin de fer
et la rue Notre-Dame entre la rue Verheyden
vers l’Hof ten Berg2
Rue des Bannières
Chemin de la Procession
Drève du Bonheur
Chemin de la Vierge ou chemin de l’Arbre de la Vierge
Rue René Declercq
Rue de l’Église entre Avenue Charles Thielemans
et la rue Wellens
Rue Félix De Keuster
Hoevestraat et Pachthofstraat 
Rue Jean-Baptiste Deraeck
Rue Saint-Pierre, ancien Kravattenweg
Rue François Desmedt
Rue Notre-Dame
Rue de la Duchesse 
Partie de la rue du Duc après le tracé
de l’avenue de Brocqueville
Petite rue de l’église 
Petite rue Saint Pierre
Avenue Général Baron Empain
Avant 1920 : avenue des Étangs
Rue François Gay
Rue du Duc entre avenue Louis Gribaumont
et la rue Sombre
Rue édouard Gersis
Rue Konkel entre l’avenue Grand-Champ
et la rue de l’Église
Avenue de l’Idéal 
Partie du Stuyvenberg
Avenue Louis Jasmin
Streekweg
Square Léopold II
rond-point Elliptique3
Rue de la Limite
Partie ancien Stuyvenberg4
Avenue Madoux
Tracée en 1907, remplacement approximatif
de l’ancien chemin d’Auderghem
Rue Georges et Jacques Martin
Jagerstraat
Rue Emmanuel Mertens
Rue Pierre de la Croix entre la rue des Trois Bonniers
et l’avenue Parmentier
rond-point Montgomery
rond-point Saint-Michel
Avenue François Peeters
Avenue des Quatre-Bras
Avenue des Prisonniers Politiques 
Avenue de l’Anniversaire
Rue Félix Poels
Rue de l’Église entre la maison communale
et la rue du Duc
Rue de la Station
Waterstraat
Chaussée de Stockel 
Craenenboschstraat, chemin de Bruxelles,
Ter Camerenstraat
Rue Louis Thys
Rue de la Maison Communale,
ancienne Hertbrugstraat
Rue Louis Titeca
Ancien chemin de Nivelles puis rue du Moulin5
rue Longue : en 1712 « Straete van Crijnhem
naar Stockel » puis chemin de Nivelles
Rue David Van Bever 
Rue des Trois Bonniers 
Avenue Roger Vandendriessche
Allée Verte
Rue Vandenhoven 
Chemin de la Procession avec la rue des Bannières
Avenue Pierre Vander Biest
Avenue de Bornival, reliant l’avenue d’Armstorf
à l’avenue de l’Idéal
Rue François Vander Elst
Rue des Quatre-Bras
encore avant : ancienne rue au Bois de Stockel6
Rue Henri Vandermaelen
Kapellevoetweg puis Stuyvenberg (partie)
et rue de l’École
Rue Jean-Baptiste Verheyden
Rue du Stuyvenberg entre la rue Notre-Dame
et la petite rue des Hiboux
Rue Julien Vermeersch 
Avenues Luig et Sellier de Moranville
Avenue des Volontaires
Bareeldreef7
Rue Jean Wellens
Rue Profonde entre avenue Jules de Trooz
et rue Declercq
Rue Paul Wemaere
Rue de l’Église entre avenue de Tervueren et rue
du Moulin et partie ancienne chaussée de Bemel
Avenue de Wezembeek
Partie de l’ancien Stuyvenberg
Boulevard Brand Whitlock
Boulevard de Grande Ceinture8 
Correspondances des noms de rues
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296
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Décédé à Langemarck la nuit du 19 au 20 avril 1918

La partie du Stuyvenberg entre la rue Notre-Dame
et la Uilenstraatje : rue Jean-Baptiste Verheyden
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 11 mai 1888
Décédé à Calais (France) le 23 octobre 1918

La rue Arthur André, entre la rue Jean-Baptiste
Verheyden vers l’Hof ten Berg, remplace de la rue
du chemin de fer – Rue Notre-Dame comme signifé
lors d’une décision précédente5.

La rue de l’Église (partie) : rue Félix Poels
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 12 octobre 1897
Décédé à Zuidschote le 1er mai 1915
D’autres dénominations suivront par après :

Alphonse Balis
Né à Sterrebeek le 13 octobre 1886
Décédé à Wingene le 18 octobre 1918

Paul Bossu
Né à Mouscron le 23 août 1894
Décédé à Woluwe-Saint-Pierre le 1er mai 1919
des suites de ses blessures
– Général (Vincent) de Longueville
Né à Tourrines-Saint-Lambert le 12 mars 1867
Décédé à Woluwe-Saint-Pierre le 10 décembre 1937

René Devillers
Né à Landen le 25 août 1896
Décédé à Bixchotte le 27 juillet 1918

Rémi Fraeyman
Né à Pittem le 3 avril 1892
Décédé à Buggenhout le 26 septembre 1914

Jean Lambotte
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 10 janvier 1885
Décédé à Woluwe-Saint-Pierre 18 février 1918

Martin Lindekens
Né à Saint-Josse-ten-Noode le 17 février 1893
Décédé à Guemps (France) le 30 septembre 1918

Alexis Mousin
Né à Hoeilaart le 24 septembre 1891
Décédé à Aarschot le 19 août 1914

Léopold Rom
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 20 avril 1893
Décédé à Lombartzijde le 20 octobre 1914

Georges Rosart
Né à Edegem le 5 juillet 1890
Décédé à Hoogstade le 20 mai 1918
Des rues dédiées aux soldats de la Première
et de la Seconde Guerres mondiales
Première Guerre mondiale
Une première décision marquante est prise au cours
de la guerre, en 1916. L
’ancienne Bareeldreef devient
l’avenue des Volontaires1.
Dès les premiers jours qui suivent l’Armistice de 1918,
le conseil communal envisage d’honorer tous les
héros morts pour la Patrie en leur attribuant une rue ;
une première liste est établie provisoirement dès le
14 novembre 19182 :

La rue des Trois Bonniers : rue David Van Bever
Né à Bruxelles le 3 janvier 1891
Décédé à Noordschote le 25 mars 1915

La rue de la Maison Communale : rue Louis Thys
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 19 juillet 1893
Décédé à Pellenberg le 10 septembre 1914

La rue de l’Église, entre la maison communale
et la rue du Duc : rue Félix Poels
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 12 octobre 1897
Décédé le 1er mai 1915 à Zuidschote

L
’allée Verte : rue Roger Vandendriessche
Né à Bruxelles le 2 juillet 1896
Décédé à Zuidschote le 12 août 1916

La rue Konkel à Stockel : Avenue édouard Gersis
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 25 décembre 1893
Décédé à Ramskapelle 31 octobre 1914

La rue Notre-Dame : rue François Desmedt
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 16 juillet 1890
Décédé à Calais (France) le 25 octobre 1914

La partie de la rue Pierre de la Croix, entre la rue
des Trois Bonniers et l’avenue Parmentier : rue
Emmanuel Mertens
Né à Louvain le 2 mars 1891
Décédé à Islington (Londres) le 2 octobre 1916

La rue Saint-Pierre : rue Jean Deraeck
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 1er avril 1892
Décédé à Stuyvekenskerk le 23 octobre 1914

La rue Profonde : rue Jean Wellens
Né à Schaerbeek le 10 septembre 1885
Décédé le 30 juin 1917 à Calais (France)

La rue de l’École : rue Hendi Vandermaelen
Né à Woluwe-Saint-Pierre lé 1er novembre 1893
Décédé à Tildonk le 12 septembre 1914

La rue du Moulin : rue Louis Titeca
Né à Ardooie le 4 octobre 1883
Décédé à Gombati (Afrique du Sud) le 30 août 1917
Dans la foulée, le boulevard de Grande Ceinture est
rebaptisé au nom du président américain Brand
Whitlock, sur base d’une idée suggérée pat la
commune de Woluwe-Saint-Lambert3.
Une nouvelle série de renominations suit le
30 décembre 19184 :

La rue de l’Église, entre l’avenue de Tervueren
et la rue du Moulin : rue Paul Wemaere
Né à Bruxelles le 27 novembre 1891
Décédé à Calais (France) le 6 octobre 1918

La rue du Duc, entre la rue de l’Église et l’avenue
Louis Gribaumont : rue François Gay
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 30 août 1888
Décédé à Fontgombault (France) le 7 mai 1916

Le Streekweg : avenue Louis Jasmin
Né à Woluwe-Saint-Lambert le 20 octobre1892
Décédé à Oostvleteren-Hoogstade le 14 octobre 1918

La Jaegerstraat : la rue Georges et Jacques Martin
Georges Martin, né à Charleville le 16 octobre 1893
Décédé à Thuisy (France) le 29 décembre 1915
Jacques Martin, non identifé

La partie du Stuyvenberg entre le chemin de fer et la
rue Notre-Dame : rue Arthur André
Né à Sart-Bernard le 20 février 1893
Décédé à Beveren-sur-Yser le 17 avril 1918

La Pachthofstraat : rue Félix De Keuster
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 22 avril 1890
Décédé à Passendale le 8 octobre 1918

L
’avenue des Quatre-Bras : avenue François Peeters
Né à Grimbergen le 3 octobre 1894
Décédé à Torhout le 17 octobre 1918

La rue des Quatre-Bras : rue François Vander Elst
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 18 juillet 1889
Décédé le 2 octobre 1918 à Moorslede
Une troisième série suit dès février 1919 :

La rue de l’Église entre la maison communale et la
rue Louis Titeca : rue René Declercq
Né à Roeselaere le 4 mai 1892
Décédé à Sart-Risbart le 16 août 1914

Le prolongement de la rue André Fauchille allant de
la rue Saint-Michel à la rue Charles Legrelle : rue
Maurice Liétart
Né à Bruxelles le 7 février 1895
Page 297Top

297
Seconde Guerre mondiale

Marcel Buts
Né à Bruxelles le 28 septembre 1909
Décédé à Oud-Turnhout le 14 mai 1940

Joseph Daumerie
Né à Brugelette
Arrêté le 16 mai 1941, il est incarcéré à Saint-Gilles
puis à Lübeck (Allemagne)
Exécuté à Berlin le 26 août 1942

xavier Henrard
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 5 mai 1914
Sous-lieutenant aviateur, mort en plein ciel
le 2 mars 1940

Jacques (von dit) de Meurers
Né Etterbeek le 23 décembre 1919
Décédé à Grammont le 7 juin 1940 des suites
de blessures reçues à Ooigem le 24 mai 940

Joseph Rutten
Né à Woluwe-Saint-Lambert le 17 juin 1911
Décédé à Meldert le 13 mai 1940

Armand Scheitler
Né à Woluwe-Saint-Pierre le 6 février 1916
Décédé à Verlaine-sur-Sambre le 13 mai 1940
des suites des blessures reçues la veille à Mazy/
Temploux

Louis Van Gorp
Né à Schaerbeek le 11 mai 1916
Décédé à Haerlebeke, sur la Lys le 24 mai 1940
Correspondances des noms de rues

Robert Thoreau
Né à Ixelles le 11 septembre 1884
Décédé à Stuivekenskerke le 22 ou
le 23 octobre 1914

Julien Vermeersch
Né à Tourcoing le 27 mai 1896
Décédé à Moorslede le 1er octobre 1918
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299
Notes
les premières implantations humaines
1
Cet article reprend, en les mettant à jour, les principales
données publiées dans A. Guillaume & M. Meganck, Atlas du
sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles. 14. Woluwe-
Saint-Pierre, Bruxelles, 2004, p. 32-48 et 93-96. Voir aussi :
r. Depoortere, J. Puissant, m. Meganck & ch. Vandermotten,
« Woluwe-Saint-Pierre », in : S. Jaumain (dir.), La Région
de Bruxelles-Capitale (coll. « Histoire et Patrimoine des
Communes de Belgique »), Bruxelles, 2008, p. 297–298.
2
A. Guillaume & M. Meganck, Atlas, op. cit., 2004,
p. 27-31.
3
À ce propos, voir : M. Villeirs, La vallée de la Woluwe,
(coll. « Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire », no 18), Bruxelles,
1995 ; M. Meganck, Le patrimoine rural (coll. « Bruxelles,
Ville d’Art et d’Histoire », no 49), Bruxelles, 2009, p. 7–18 ;
M. Meganck, « Le patrimoine rural ancien de Woluwe-Saint-
Pierre », Demeures historiques et Jardins, no 145, 2005,
p. 18–24.
4
M. Otte, La Préhistoire, Bruxelles, 2e édition, 2003, p. 57–180.
5
Y. Cabuy & St. Demeter, Atlas du sous-sol archéologique de
la Région de Bruxelles. 2. Woluwe-Saint-Lambert, Bruxelles,
1992, p. 52.
6
M. Meganck, a. Guillaume, s. Modrie & St. Van Bellingen,
Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles. 21.
Auderghem, Bruxelles, 2010, p. 37.
7
L.-F. De Pauw, La vallée du Maelbeek avec monographie
d’Etterbeek, Bruxelles, 1914, pl. III ; a. guillaume & m. meganck,
Atlas, op. cit., 2004,
p. 32-39.
8
H. Van Heule, « Le Paléolithique moyen et supérieur de plein
air en Belgique », in : Mélanges au professeur Hamal-Nandrin
à l’occasion du xxve anniversaire de la création à l’Université
de Liège de l’enseignement de l’archéologie préhistorique,
s.l., 1953, p. 192 ; M.-E. Mariën, « La région bruxelloise
avant 700 », Extrait des Cahiers bruxellois, II, fasc. 1, 1957,
p. 5 ; M. -E. Mariën, « Les découvertes archéologiques »,
in : J. Stengers (dir.), Bruxelles. Croissance d’une capitale,
Bruxelles, 1979, p. 19 ; P.-P. Bonenfant, « Le pays et les hommes.
Relations premières », in : A. Smolar-Meynart et J. Stengers,
La Région de Bruxelles. Des villages d’autrefois à la ville
d’aujourd’hui, Bruxelles, 1989, p. 21.
9
R. Lavocat (dir.), Atlas de Préhistoire. Faunes et fores
préhistoriques de l’Europe occidentale, III, Paris, 1966, p. 187.
10
Par exemple : J.M. Cordy, « La grande faune mammalienne »,
in : D. Bonjean (dir.), Neandertal. Catalogue d’exposition,
Andenne, 1996, p. 119.
11
M. Otte, La, Atlas, op. cit., 2003, p. 181–210.
12
a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004,
p. 40-44.
13
P. Crombé, « Quelques réfexions sur la signifcation de la
variabilité des industries lithiques mésolithiques de Belgique »,
in : Préhistoire de la grande plaine du nord de l’Europe. Les
échanges entre l’est et l’ouest dans les sociétés préhistoriques.
Actes du colloque Chaire francqui interuniversitaire. Université
de Liège, le 26 juin 2001 (coll. « Études et Recherches
archéologiques de l’Université de Liège », 99), Liège, 2002,
p. 103.
14
a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004, p. 40.
15
M. Meganck & a. Guillaume, Atlas du sous-sol archéologique
de la Région de Bruxelles. 22. Bruxelles-Haren, Bruxelles, 2010,
p. 32.
16
M. Meganck, a. Guillaume, s. Modrie & St. Van Bellingen,
Atlas, op. cit., 2010, p. 37-38.
17
Y. Cabuy & st. Demeter, Atlas, op. cit., 1992, p. 51.
18
Pour des balises sur cette période, voir, par exemple :
n. Cauwe, p. Dolukhanov & J. Kozlowski, Le Néolithique en
Europe, Paris, 2007.
19
E. De Munck, « Les deux stations néolithiques de Stockel
(Brabant) », Bulletin de la Société d’Anthropologie de Bruxelles,
séance du 20 juin 1931, 1933, xLVI, 1933, p. 318.
20
V. Jacques, « Catalogue général de la classe d’Anthropologie
à la section des sciences de l’Exposition universelle de
Bruxelles en 1897 », Bulletin de la Société d’Anthropologie de
Bruxelles, t. xvi, Bruxelles, 1897, p. 147.
21
a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004, p. 40.
22
J. Breuer, « Hachette en silex trouvée à Woluwe-Saint-Pierre
(Brabant) », Bulletin des musées royaux d’Art et d’Histoire, IV,
Bruxelles, 1932, p. 17 et fg. 11.
23
M. Villeirs et collab., Histoire de Woluwe-Saint-Lambert,
Bruxelles, 1991, p. 25–28.
24 a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004, p. 47. La
photographie aérienne date du 27 juin 1947 ; elle est publiée
dans E. Saccasyn della Santa, « Les levées de terre de
l’avenue du Parc à Woluwe. Un exemple d’application de la
photographie aérienne à l’archéologie belge », Bulletin de la
Société royale belge d’Anthropologie et de Préhistoire, LX-LXI,
1949-1950, p. 286–288. Le cliché original semble désormais
perdu.
25
E. Saccasyn della Santa, « Les levées de terre », op. cit., 1950,
p. 286–288.
26
Le site s’étend en partie sur le territoire d’Auderghem ; voir
M. Meganck, a. Guillaume, s. Modrie et St. Van Bellingen,
Atlas, op. cit., 2010, p. 41.
27
Y. Cabuy & St. Demeter, Atlas du sous-sol archéologique de
la Région de Bruxelles. 9. Watermael-Boitsfort, Bruxelles,
1994, p. 49-55. Une partie du site a récemment fait l’objet d’une
Woluwe : un nom
1
P. Bonenfant, Cartulaire de l’hôpital Saint-Jean, p. 55 et 56.
Paul Bonenfant signale également cette mention de Woluwe-
Saint-Rombaud en 1268 dans l’ouvrage de J. Wauters, Histoire
des environs de Bruxelles, mais en émettant des doutes sur sa
valeur historique.
2
J. De Vleeschouwer, De naam Woluwe dans Naamkunde, p. 57.
3
E. de Marnefe, Cartulaire d’Afighem, Louvain, 1896–1901,
p. 45.
4
M. A. Erens, De oorkonden der abdij Tongerloo, 1948,
Tongerloo, v. 1, p. 26–28.
5
E. de Marnefe, op. cit., p. 225.
6
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Peters-
Woluwe, p. 1–2 ; J. De Vleeschouwer, De naam Woluwe, dans
Naamkunde, p. 58-62.
le parc Parmentier
1 Conseil communal, vol. 5, séance du 1er juillet 1909.
2 C. Temmerman et Th. D’Huart, Les 100 ans de l’avenue de
Tervueren, 100 jaar Tervurenlaan, 1897–1997, Woluwe-Saint-
Pierre, 1997, p. 17.
3 C. Temmerman et Th. D’Huart, Les 100 ans de l’avenue de
Tervueren, 100 jaar Tervurenlaan, 1897–1997, Woluwe-Saint-
Pierre, 1997, p. 18-19.
4 Abbé Froidure, Fondation Abbé Froidure.
5
Ibid …
6
Ibid …
étude archéologique : s. Byl, Y. Devos, m. Fourny, f. Martin &
n. Paridaens, étude archéologique sur le site néolithique de
Boitsfort-étangs sis avenue des Deux Montagnes à Watermael-
Boitsfort, mai-septembre 2010.
28
A. Cahen-Delhaye, « La région bruxelloise aux âges des
métaux : nouvel examen des trouvailles anciennes », Lunula,
VII, Bruxelles, 1999, p. 3-12.
29 a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004, p. 94.
30
Pour la période romaine, nous renvoyons à : A. Guillaume &
M. Meganck, « La période gallo-romaine à Bruxelles : première
vue d’ensemble », Journée d’archéologie romaine. Conférence
annuelle d’archéologie romaine. Bruxelles 19-04–2008,
Bruxelles, 2008, p. 37-44.
31
a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004, p. 46.
32 a. Guillaume & m. Meganck, Atlas, op. cit., 2004, p. 95.
33
A. Degraeve, st. Demeter, Y. Devos, s. Modrie &
St. Van Bellingen, « Brussel vóór 1200 : een archeologische
bijdrage », in : M. Dewilde, a. Ervynck & f. Becuwe
(red.), Cenulae recens factae. Een huldeboek voor John
De Meulemeester (= Jaarboek Abdijmuseum ‘Ten Duinen 1138’,
Novi Monasterii, vol. 10), Koksijde-Gent, 2010, p. 141-157.
34
St. Van Bellingen, « Réexamen des fouilles archéologiques de
J. Mertens sur le site de l’ancienne église Saint-Pierre à Neder-
Heembeek », in : M. Meganck, a. Guillaume, St. Van Bellingen
& h. Blanchaert, Atlas du sous-sol archéologique de la Région
de Bruxelles. 23. Bruxelles / Neder-Over-Heebeek, Bruxelles,
2011, p. 76-90.
De l ’An Mil à la fin du Moyen Âge
1
Bonnier : mesure de terre. À Bruxelles : 0,9138085200 hectare.
Jean-Jacques Hoebanx, La conversion par le Cadastre des
mesures brabançonnes anciennes en mesures métriques,
dans Bulletin de la Commission royale d’histoire, t. CLIX, 1993,
pp. 1–244.
2
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 101.
3
Arlette Smolaer-Meynaert,Les droits d’usage du paysan
brabançon sur la fore et la faune sauvage au Moyen Âge, dans
La Belgique rurale du Moyen Âge à nos jours, dans Mélanges
Hoebanx, Bruxelles, 1985, p. 175-194.
4 Domum Nostram in loco dicto Grunendale, dans Notitia
ecclesiarum Belgii, Anvers 1630. (compléter). En 1343, Jan
van Ruusbroeck, chapelain de la collégiale Sainte-Gudule
à Bruxelles, et déjà auteur d’une œuvre mystique conséquente,
s’y retire avec deux autres chanoines. Il a alors 50 ans. Il fonde
un monastère, d’abord autonome, qui se ralliera à la règle des
chanoines augustins. Jan van Ruusbroeck en est le premier
prieur. Les liens avec l’abbaye de Saint-Victor, basée à Paris,
restent assez souples. Au point qu’en 1402, une congrégation
de Groenendael voit le jour. Elle rassemble le prieuré prospère
à ses maisons-sœurs, comme le prieuré du Rouge Cloître, fondé
en 1374 à Auderghem, et le prieuré des Sept-Fontaines, fondé en
1389 à Rhode-Saint-Genèse. Ce prieuré des Sept-Fontaines n’a
laissé que peu de traces actuellement.
En 1412, la congrégation de Groenendael rejoint fnalement la
congrégation de Windesheim, approuvée par le pape Boniface IX
en 1395. Cette congrégation, fondée en 1387, avait été largement
inspirée par un religieux venu de Groendendael. Le monastère
renonce alors à son rang et devient simple prieuré.
Jan van Ruusbroeck décède en 1381 au sein de sa communauté.
5
L
’ermite Gilles Olivier choisit ce site isolé pour y vivre sa foi.
Le chanoine Guillaume Daneels, un ami, le rejoint et obtient
de la duchesse Jeanne de Brabant un terrain afn d’y établir
une première structure bâtie. En 1366, l’ermitage compte
une chapelle, quelques bâtiments et neuf cellules pour les
ermites. La communauté adopte la règle des augustiniens, sur
les recommandations de Jan van Ruusbroeck. En 1373–1374,
l’ermitage accède au statut de prieuré. L
’institution prospère
rapidement et une église est consacrée en 1385. Les alentours
sont profondément transformés par l’action de la communauté :
défrichage, assèchement, construction d’un moulin à grain. Le
Rouge Cloître a développé également une activité intellectuelle et
spirituelle importante. La bibliothèque et le scriptorium étaient
réputés. Le peintre Hugo van der Goes y trouva refuge dès 1477
comme frère convers.
6
P. Bonenfant, Le pagus de Brabant, dans Bulletin de la Société
belge d’Etudes géographiques, t. V ; 1935, pp. 25-78.
7
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 31.
8
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 43.
9
JosephCuvelier, Les dénombrements de foyers en Brabant,
xe-ve–xvie siècles, p. XIV-xv.
10
M. Servais, Les armoiries de Woluwe-Saint-Pierre, p. 18
11
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 55.
12
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 33.
13
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 98. Dufel, près de Lierre, dans la province d’Anvers.
14
E. de Marnefe, p. 225.
15
La question des propriétaires laïcs de droits ecclésiastiques
mérite d’être examinée. Les comtes de Louvain sont
par exemple propriétaires des droits ecclésiastiques
à Woluwe-Saint-Lambert.
16
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 36.
17
A. et G. Depsy, Communes de Belgique, p. 1723.
18
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 39.
Notes
un lieu : les délimitations territoriales
1
Hervé Hasquin, La Population de l’agglomération bruxelloise
au xviiie siècle siècle, dans Bruxelles au xviiie siècle, Journée
d’étude organisée sous le Patronage de la Commission
Française de la Culture de l’Agglomération de Bruxelles,
Bruxelles, le 6 novembre 1976, Bruxelles, 1977, p. 13–26.
2
Archives communales de Woluwe-Saint-Pierre, dossier
Délimitations…
3
Ibid.
4
M.-T. Gelders-Michel, Les saisons du Manoir d’Anjou.
Recherche historique et chronique contemporaine, Bruxelles,
1989, p. 11 et AGR, arrêté royal du 29/10/1825, annexe de la
carte no 7054.
5
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale…, p. 299.
6
Archives communales Woluwe-Saint-Pierre, dossier
Délimitations…
7
Conseil communal, vol. 1, 1806–1835, séance du 5 février 1833.
8
Archives communales de Woluwe-Saint-Pierre, Urbanisme.
Page 300Top

300
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Hof te Bovenberg, la ferme du Bovenberg
1 P. Bonenfant, 1953, no 207 p. 259–260, cité par A. Guillaume et
M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 58.
2 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 58.
3 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 103.
4 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 58.
5 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 58.
Hof te Stockel, la ferme de Stockel
1 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 66.
2
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 51.
3 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 66-68.
4 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 66.
5 A. Guillamue, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 66-68.
6 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 66-68.
19
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 39.
20
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 296-7.;
A. Guillaume, M. Meganck Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 96.
21
M. Villeirs, La vallée de la Woluwe…, p. 9.
22
A. et G. Despy, Communes de Belgique … p. 1723.
23
A. et G. Despy, Communes de Belgique … p. 1723.
24
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 53.
25
Petit domaine d ’exploitation agricole.
26
M. Servais, Les armoiries de Woluwe-Saint-Pierre … p. 18–21.
27
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 48, 96-97.
28
D.Ursmer Berlière, O.S.B., Jean Frise, curé de Woluwe-Saint-
Pierre, prisonnier à Tunis (1378/9–1386), dans Bijdragen
tot de geschiedenis, bijzonderlijk van het oude Hertogdom
van Brabant, 11e année, 1912, p. 262–264 ; A. Guillaume,
M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…, p. 51.
29
JacquesBolsée, La grande enquête de 1389 en Brabant,
Bruxelles, 1929, partim.
30
Le Duc Wenceslas subit une défaite cuisante le 21 août 1371
face aux milices de Gueldre et de Juliers dans la plaine de
Bäsweiler. Le Duc est contraint à payer lui-même sa rançon,
comme celle de ses chevaliers et alliés. Après avoir convoqué
les États de Brabant, le duc demande que soit voté un subside
exceptionnel. Le dénombrement de 1374 est destiné à évaluer
les contributions personnelles des foyers imposables pour ce
faire. Il est convenu alors que la charge se répartira sur trois
années. Le dénombrement établi que 90 372 contribuables
sont à même de participer. Sur base des résultats, il fut décidé
que la contribution devrait se faire sur quatre années.
31
JosephCuvelier, Les dénombrements de foyers en Brabant
(xive–xvie siècles), Bruxelles 1912, p. 17-19.
32
Un double mouton de Brabant équivalait, en 1381, à 30 livres
15 sous. Un double mouton valait dès lors environ 154 gros.
D’après les évaluations de Joseph Cuvelier, un gros contenait
à l’époque environ 12 grammes d’argent. Cuvelier, p. LXXXV.
33
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 55-58.
34
J. Cuvelier, Les dénombrements … p. LXXXIX.
35
J. Cuvelier, Les dénombrements … p. 198.
36
M. Villeirs, La vallée de la Woluwe, p. 6-8.
37
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 103.
38
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 103.
39
A. Gauillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 101-102.
40
P. Bonenfant, Cartulaire de l’hôpital Saint-Jean, 1953,
p. 167-168.
41
P. Bonenfant, Cartulaire de l’hôpital Saint-Jean, 1953,
p. 191-192.
42
Journal de terre : mesure de Bruxelles : 22, 84521300 ares.
Jean-Jacques Hoebanx, La conversion par le Cadastre des
mesures brabançonnes anciennes en mesures métriques,
dans Bulletin de la Commission royale d’histoire, t. CLIX, 1993,
pp. 1–244.
43
Transcription et analyse dans P. Bonenfant, Cartulaire de
l’hôpital Saint Jean, 1953, p. 267–268. 
44
P. Bonenfant, Cartulaire de l’hôpital Saint-Jean de Bruxelles :
actes des xiie & xiiie siècles, Bruxelles, Bruxelles, Palais des
Académies, 1953.
45
Transcription et analyse dans P. Bonenfant, Cartulaire de
l’hôpital Saint Jean, 1953, p. 268–269. 
46
Situation au xviiie et xixe siècle, selon les relevés de l ’atlas
terrier de 1712 et le plan cadastral de Popp. Les possessions
de l’hôpital Saint-Jean n’ont pas été démantelées à la fn de
l’Ancien Régime, à la diférence des biens d’autres institutions
religieuses. Les activités de bienfaisance de l ’hôpital l ’ont
protégé de ce démembrement.
47
Transcription et analyse dans P. Bonenfant, Cartulaire de
l’hôpital Saint-Jean, 1953, p. 274–275.
48 A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 60.
49
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 60.
50
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, p. 61.
51
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 60.
52
Marc Villeirs, WSL, p. 313.
53
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, p. 76.
54
Van stok verwijzing naar een bos van hoogstammige bomen,
dans B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-
Pieters-Woluwe, p. 138.
55
C. Chantrenne, Le peuplement rural de la vallée de la Woluwe,
p. 25.
56
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 298.
57
A. Guillaume, M.Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 100-101.
58
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, p. 76.
59
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, et J. Wauters, Histoire des Environs de Bruxelles, t. III,
p. 243–249, p. 261.
60
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 98.
la cure de l ’église Saint-Pierre
1
27 novembre 1723 et 19 mars 1724, Archives de l’État, Abbayes,
7768, cités par L. Devlieger dans Historique de la cure de
Woluwe-Saint-Pierre, Gand, 2010, p. 25.
2
Pour toutes ces démarches, voir l ’étude détaillée de
L. Devlieger, Historique …, p. 25–26.
3
Gisèle Norro, op. cit., p. 335.
4
AEB, Abbayes, 7769, cité par L. Devlieger, Historique de la cure
de Woluwe-Saint-Pierre, p. 28-32.
5
Archives paroissiales église Saint-Pierre.
6
P. Bernard, Inventaire du patrimoine architectural, Woluwe-
Saint-Pierre, Bruxelles, 2002.
7
P. Bernard, Inventaire du patrimoine architectural, Woluwe-
Saint-Pierre, Bruxelles, 2002.
8
L. Devlieger dans Historique de la cure de Woluwe-Saint-
Pierre, Gand, 2010, p. 33.
9
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 51.
10
P. Bernard, Inventaire du patrimoine architectural, Woluwe-
Saint-Pierre, Bruxelles, 2002.
11
P. Bernard, Inventaire du patrimoine architectural, Woluwe-
Saint-Pierre, Bruxelles, 2002 et L. Devlieger dans Historique
de la cure de Woluwe-Saint-Pierre, Gand, 2010, p. 42-53.
12
P. Bernard, Inventaire du patrimoine architectural, Woluwe-
Saint-Pierre, Bruxelles, 2002.
13
Note de Jan-Baptist Denies, 27 mai 1785. Archives paroissiales
église Saint-Pierre.
14
L. Devlieger dans Historique de la cure de Woluwe-Saint-
Pierre, Gand, 2010, p. 53-58.
Hof ten Bemel, la ferme du Bemel
1
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 53.
2
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol …, p. 53-54.
3
Rue du Bemel, dans Inventaire du patrimoine architectural,
Bruxelles-Capitale, s.d.
4
Chambre des comptes, no 12111, Archives Générales du
Royaume.
5
Rue du Bemel, dans Inventaire du patrimoine architectural,
Bruxelles-Capitale, s.d. et Demeter, S., et al., 2004, p. 54.
6
Rue du Bemel, dans Inventaire du patrimoine architectural,
Bruxelles-Capitale, s.d.
7
D. Duerinck, Uit de geschiedenis van Vogelzang, de Bemel en
de Sint-Michielsbuurt, Geschied en Heemkundige kring van
Woluwe, Woluwe-Saint-Pierre, 1987, p. 9.
De la renaissance à la fin de l ’ancien régime
1
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 71-76.
2
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 98-99, M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 45-49 et
p. 91-101.
3
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, partim.
4
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 77-87.
5
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 98.
6
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 97 ; Acte de collation de nomination du nouveau curé
conservé aux AEB, Abbayes, 7765.
7
J. Cuvelier, Les dénombrements de foyers en Brabant,
Bruxelles, 1912, p. 450 et S. Jaumain e.a., La région de
Bruxelles Capitale, p. 296-7; A. Guillaume, M. Meganck, Atlas
du sous-sol archéologique…, p. 00
8
J. Cuvelier, Les dénombrements de foyers en Brabant, vol. 1,
p. 447.
9
A. et G. Despy, Communes de Belgique … p. 1725.
10
A. et G. Despy, Communes de Belgique … vol. 2, p. 1721.
11
Cl. Bruneel, L. Delporte et B. Petitjean, Le dénombrement
général de la population des Pays-Bas autrichiens en 1784.
édition critique, Bruxelles, Archives générales du Royaume,
1996 (Publications du Centre de services et réseau de
recherche statistique historiques en Belgique, no 3), p. 97.
12
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 76-77.
13
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 122.
14
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 76.
15
P. Moureaux, La statistique industrielle dans les Pays-Bas
autrichiens à l’époque de Marie-Thérèse, Documents et cartes,
Bruxelles, 1974, t. 1, p. 102.
16
P. Moureaux, La statistique industrielle dans les Pays-Bas
autrichiens à l’époque de Marie-Thérèse, Documents et cartes,
Bruxelles, 1974, t. 1, p. 101-103.
17
Archives du CPAS de Bruxelles, Livre des infrmes, Fonds
de l’Hospice des enfants trouvés et abandonnés, 1787 – 1792,
no 519.
18
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 103.
19
A. et G. Despy, Communes de Belgique … p. 1723
20
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 87.
21
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …
p. 103.
22
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas archéologique … p. 102.
23
A. et G. Despy, Communes de Belgique, vol. 2, Wallonie-
Bruxelles, Bruxelles, 1980, Auderghem, p. 1671.
24
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas archéologique, p. 60.
25
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas archéologique, p. 60.
26
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, p. 61.
27
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 56.
28
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 61.
29
B. De Coninck, Bijdragen tot de toponymie van Sint-Pieters-
Woluwe, p. 104-105
30
J. C. Everaerts, Carte fgurative de plusieurs chemins situés
à Woluwe-Saint-Pierre, Archives générales du Royaume …
31
C. H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 55.
32
A. Guillaume, M.Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 63.
33
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 106-108.
34
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 109.
35
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 110.
36
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 110-111.
1790–1815, la période française, de la création
des communes à la fin de l ’empire
1
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 115.
2
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 115.
3
Van Lil, p. 261.
4
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 116.
5
Gisèle Norro, partim.
6
Van Lil, p. 263.
7
Albert Van Lil, De grondbezittingen der abdij van Vorst in het
Djledepartement ten tijde van haar ophefng, Forêt, 1982,
p. 246.
8
Le recensement de la population de l’an IV (1795–1796)
dénombre seulement 439 habitants (ce qui paraît en
contradiction avec les chifres de 1784 et de l’an VIII),
voir Toegangen Genealogie en Demografe. Reeks II :
Bevolkingstelling Jaar IV (1796). Kanton Sint-Stevens-
Woluwe, Bruxelles, Archives générales du Royaume,1988. Le
recensement de l’an VIII (1799–1800) évoque un chifre plus
crédible de 737 habitants. Voir S. Vrielinck, De territoriale
indeling van België (1795-1963). Bestuursgeografsch
en statistisch repertorium van de gemeenten en de
supracommunale eenheden (administratief en gerechtelijk).
Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen, 3 vol., Leuven,
Universitaire Pers Leuven, 2000.
9
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 112-115.
10
R. Devleeshouwer, L
’arrondissement du Brabant sous
l’occupation française, p. 233.
11
Ibid, p. 235.
12
Conseil communal, vol. 1, séance du 20 avril 1806.
13
Conseil communal, vol. 1, séance du 14 mai 1814.
14
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 122.
15
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale…, p. 298.
16
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 127-138.
17
Toegangen Genealogie en Demografe. Reeks II :
Bevolkingstelling Jaar IV (1796). Kanton Sint-Stevens-Woluwe,
Bruxelles, Archives générales du Royaume,1988.
18
S. Vrielinck, De territoriale indeling van België (1795–1963).
Bestuursgeografsch en statistisch repertorium van de
gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief
en gerechtelijk). Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen,
Page 301Top

301
vol. 1, séance du 17 juillet 1825, Archives communales de
Woluwe-Saint-Pierre.
14
« … dringende noodzakelijkheid is van enigsints de lasten
der Inwoonders te verminderen, aengezien zij dagelijks daer
over klagen, en, inderdaad gansch verarmoeden …». Conseil
communal, vol. 1, séance du 14 septembre 1826.
15
M. Ferrières, Histoire des peurs alimentaires, du Moyen Âge
à l’aube du xxe siècle, Seuil, Paris, 2002, p. 155-156.
16
Conseil communal, vol. 1, séance du 5 août 1826.
17
Conseil communal, vol. 1, séance du 14 juillet 1830.
18
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 122.
19
« … om te beraden nopens de middelen die er zouden
konnen bestaan, om, by wege van koop, een school-huys te
verschafen.» conseil communal, vol. 1, 1806–1835, séance
du14 septembre 1826.
20
« … het zelven den last der Inwoonders nog meer zou
bezwaren » conseil communal, vol. 1, séance du 14 novembre
1826.
21
« Door de Schaersheyd van geld en behoeftige gesteltnis der
Inwonders » et « door alleen er in het midden der Gemeynte
geen huys of daertoe dienstige erve te koop zij … De Raed
vermeynt ook dat de school-plaetse die den Onderwyzer alsem
gebruykt een gevoeglyze ruymte heeft, om een genoegzaem
getale kinderen te onderwyzen. » conseil communal, vol. 1,
séance du 14 septembre 1829.
22
Conseil communal, vol. 1, séance du 12 mai 1821.
23
Conseil communal, vol. 1, séance du 27 mai 1829.
L’Auberge des Maïeurs, la ferme Thielemans
1
P. Bernard, L
’« Auberge des Maïeurs », ancienne ferme
de la famille Thielemans, dans Inventaire du patrimoine
architectural, Bruxelles, Bruxelles, 2003.
2
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique …,
p. 52.
3
Arrêté du gouvernement de la région de Bruxelles Capitale
classant comme ensemble certaines parties de l’ancienne
ferme Thielemans dite « Auberge des Maïeurs » et ses abords
immédiat sis rue L. Thys 16–18 et parvis Saint-Pierre, 1
à Woluwe-Saint-Pierre (1/9/05)
4
P. Bernard, L
’« Auberge des Maïeurs », ancienne ferme
de la famille Thielemans, dans Inventaire du patrimoine
architectural, Bruxelles, Bruxelles, 2003.
5
P. Bernard, L
’« Auberge des Maïeurs », ancienne ferme
de la famille Thielemans, dans Inventaire du patrimoine
architectural, Bruxelles, Bruxelles, 2003.
1815–1830, la période néerlandaise, du Congrès de
Vienne à la création de la Belgique
1 Administration communale de Woluwe-Saint-Pierre, État
Civil, registres de mariages.
2 Archives communales, conseil communal 1806–1835.
3 « Les archives de la commune seront réunies sous inventaire
à la garde du secrétaire qui devra les placer dans un local
convenable, approuvé par le Mayeur et les échevins … ».
Conseil communal, vol. 1, séance du 2 mars 1819, Archives
communales de Woluwe-Saint-Pierre.
4 Conseil communal, vol. 1, séance du 24 juillet 1830.
5 Séance du 10 avril 1821 : procès-verbal de vérifcation de la
caisse de M. Peretti, receveur communal : total : 848,17 forins.
Recette 1820 864,23 forins, dépense 1820 : 587,62 forins,
résultat : 276,61 forins. Conseil communal, vol. 1, séance du
30 septembre 1820.
6 Conseil communal de Woluwe-Saint-Pierre, vol. 1, séance du
14 septembre.
7 Conseil communal, séance du 14 septembre 1829.
8 S. Vrielinck, De territoriale indeling van België (1795-1963).
Bestuursgeografsch en statistisch repertorium van de
gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief
en gerechtelijk). Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen,
3 vol., Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2000, Sint-Pieters-
Woluwe, t. III, pp. 1760-1761.
9
S. Vrielinck, De territoriale indeling van België (1795-1963).
Bestuursgeografsch en statistisch repertorium van de
gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief
en gerechtelijk). Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen,
3 vol., Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2000, Sint-Pieters-
Woluwe, t. III, pp. 1760-1761.
10
S. Vrielinck, De territoriale indeling van België (1795-1963).
Bestuursgeografsch en statistisch repertorium van de
gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief
en gerechtelijk). Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen,
3 vol., Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2000, Sint-Pieters-
Woluwe, t. III, pp. 1760-1761.
11
S. Vrielinck, De territoriale indeling van België (1795-1963).
Bestuursgeografsch en statistisch repertorium van de
gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief
en gerechtelijk). Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen,
3 vol., Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2000, Sint-Pieters-
Woluwe, t. III, pp. 1760-1761.
12
« Gezien den Staet van Verdeling, eensgelijk gevoegd aen het
Besluyt vorengeroerd waerbij het aendeel van deze gemeynte
vastgesteld is in hoofdsom op twee honderd negen en
negentig Guldens, en degene der bevolking van de Gemeente
beloopende ter acht honderd en zeventig, in de welke er slegts
zeven honderd twee belastbare zijn, de overigen arm en
volstrekt onvermogenden. »
13
« … doch daer bij de oog houdende de consumtie der
belastbare graensoorten en het vermoedelijk vermogen der
belastingschuldigen … ». Registre du conseil communal,
le xixe siècle, de 1830 à la Première Guerre mondiale
1
Archives communales, papiers libres.
2
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 27 juin 1853.
3
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 24 octobre
1853.
4
Conseil communal, vol. 4, séance du 19 novembre 1905.
5
Conseil communal, vol. 4, séance du 19 novembre 1905.
6
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 24 octobre
1838.
7
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 118-121.
8
Conseil communal, vol. 1, 1806–1835, séances du 21 décembre
1830 et du 13 novembre 1832.
9
La somme de 8 forins et assimilée à 16,93 francs, lors de la
mention d’un fermage annuel établi manifestement à l’époque
néerlandaise. Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du
22 septembre 1841.
10
« … vu que la plupart des membres du Conseil ne maîtrisent
pas complètement la langue Française … les délibérations
du conseil communal par la suite (seront tenues) en
néerlandais … la correspondance avec l’autorité supérieure
et les administrations de l’État et de la province le seront en
français. » conseil communal, vol. 3, p. 170, 10/95.
11
Conseil communal, séance du 3 janvier 1900.
12
Conseil communal,vol. 4, séance du 24 septembre 1904.
13
Conseil communal, vol. 3, séance no 176, juillet 1894.
14
Conseil communal, vol. 5, séance du 3 novembre 1908.
15
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 122.
16
Conseil communal, vol. 1, 1806–1835, séance du 21 décembre
1830.
17
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 3 septembre
1839.
18
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 14 juin 1840.
19
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 14 juin 1840.
20
1846 : 1340 ; 1846 : 1318 ; 1849 : 1275 ; 1850 : 1309 ; 1851 : 1330 ;
1852 : 1320 ; 1853 : 1332 ; 1854 : 1359 ; 1855 : 1362 ; 1856 : 1377 ;
1857 : 1286 ; 1858 : 1291 ; 1859 : 1278 ; 1860 : 1290 ; 1861 : 1290 ; 1862 :
1330. Divorces : néant.
21
A. et G. Despy, Communes de Belgique, p. 1725.
22
J. Cuvelier, Les dénombrements … p. 451.
23
J. Cuvelier, Les dénombrements … p. 447.
24
Conseil communal, séance du 15 septembre 1901.
25
Conseil communal, séance du 20 octobre 1901.
26
Conseil communal, vol. 5, séance du 20 octobre 1906.
27
Conseil communal, vol. 5, séance du 9 février 1907.
28
Conseil communal, vol. 5, séance du 5 mei1907.
29
Conseil communal, vol. 5, séance du 20 février 1909.
30
Conseil communal, vol. 6, séance du 22 février 1912.
31
Conseil communal, vol. 4, séance du 16 juillet 1904.
32
Conseil communal, vol. 4, séance du 17 octobre1905.
33
Collège échevinal, vol. 2, séances des 12 et 22 octobre 1905.
34
Conseil communal, vol. 4, séance du 24 septembre 1904.
35
Conseil communal, vol. 5, séance du 28 décembre 1908.
36
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 207–208.
37
« De gemeenteraad uit den wensch dat de wet op de
vervlaamsching der Hoogeschool van Gent zonder toeven
zou gestemd worden. Conseil communal, vol. 6, séance du
2 mai 1911.
38
« Het nodig is te bepalen in welke taal de briefwisseling met de
overheden … Gezien de Vlaamsche bevolking de meerderheid
in de gemeente … : besluit : het Vlaamsch te gebruiken in de
briefwisseling met de bevoegde overheden en de gemeenten
waar het kan zijn ; de bedenkmakingen aan de inwoners
in Vlaamsch en Fransch te doen ; de briefwisseling met
bijzonderen zal gebeuren in de taal welke zij zelven gebruiken
3 vol., Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2000, Sint-Pieters-
Woluwe, t. III, p. 1760-1761.
19
A. et G. Despy, Communes de Belgique … vol. 2, p. 1721.
20
S. Vrielinck, De territoriale indeling van België (1795–1963).
Bestuursgeografsch en statistisch repertorium van de
gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief
en gerechtelijk). Met de ofciële uitslagen van de volkstellingen,
3 vol., Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2000, Sint-Pieters-
Woluwe, t. III, p. 1760-1761.
21
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 116-117.
22
Archives communales de Woluwe-Saint-Pierre : partim.
23
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale…, p. 298.
24
Administration communale de Woluwe-Saint-Pierre,
Urbanisme.
Notes
in hunnen verschriften. » conseil communal, vol. 7, séance du
29 janvier 1914.
39
Le conseil communal du 13 novembre 1832 avait fxé
l’indemnité de logement de l’instituteur à 9 forins. Conseil
communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 14 juin 1840.
40 Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 15 février 1843.
41
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 26 septembre
1843.
42
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 20 août 1844.
43
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 7 septembre
1847.
44 Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 20 août 1849.
45
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 9 avril 1850.
46
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 16 août 1852.
47
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 5 septembre
1853.
48 Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 28 août 1854.
49
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 10 septembre
1855.
50
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 8 septembre
1856.
51
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 24 août1857.
52
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 14 avril 1848.
53
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 14 octobre
1850.
54
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 28 août 1854.
55
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 6 novembre
1854.
56
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 25 février 1856.
57
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 1er août 1857.
58
Conseil communal, vol. 3, séance du 19 octobre 1857.
59
Conseil communal, vol. 3, 1857–1896, novembre 1857.
60
Conseil communal, vol. 3, séance du 28 novembre 1859.
61
Conseil communal, vol. 3, séance du 14 mai 1860.
62
Conseil communal, vol. 3, séance du 10 décembre 1860.
63
Conseil communal, vol. 3, séance du 13 août 1860.
64
Conseil communal, vol. 3, août 1864.
65
Conseil communal, vol. 3, séance du 21 décembre 1863.
66
Conseil communal, vol. 3, séance du 12septembre 1864.
67
Lieu dédié à la couture, à la broderie, aux ouvrages d’aiguilles.
68
Conseil communal, vol. 3, séance no 152.
69
Conseil communal, vol. 3, séance no 159.
70
Conseil communal, vol. 3, séance du 25 septembre 1892.
71
182, 183, 185/74.
72
Conseil communal, vol. 3, séance du 21 avril 1879.
73
Conseil communal, vol. 3, séance du 2 mars 1879.
74
Conseil communal, vol. 3, séance 29 juin 1881.
75
Conseil communal, vol. 3, séance 9 avril 1883.
76
Conseil communal,vol. 5, séance du 2 avril 1908.
77
Conseil communal, vol. 3, séance 8 décembre 1884.
78
Conseil communal, vol. 3, séance 12 août 1885.
79
Conseil communal, vol. 3, séance 30 octobre 1885.
80
Conseil communal, vol. 3, séance 25 novembre 1885.
81
Conseil communal, vol. 3, séance 5 décembre 1885.
82
Conseil communal, vol. 3, séance 16 décembre 1885.
83
Conseil communal, vol. 3, séance 17 février 1886.
84 Conseil communal, vol. 3, séance 3 janvier 1887.
85
Conseil communal, vol. 3, séance 29 septembre 1889.
86
Conseil communal, vol. 3, séance 19 novembre 1889.
87
Conseil communal, vol. 3, séance 1er avril 1890.
88
Conseil communal, vol. 3, séance du 24 octobre 1891.
89
Conseil communal, vol. 4, séance du 3 novembre 1897.
90
Collège échevinal, vol. 2, séance du 8 septembre 1897.
91
Conseil communal, vol. 4, séance du 4 février 1900.
92
Conseil communal, vol. 4, séance du 9 juillet 1898.
93
Conseil communal, vol. 4, séance du 18 mars 1900.
94
Collège échevinal, vol. 2, séance du 14 juillet 1906.
95
Conseil communal, vol. 4, séance du 22 avril 1900.
96
Conseil communal, vol. 4, séance du 22 août 1900.
97
Conseil communal, vol. 4, séance 24 octobre du 1904.
98
Conseil communal, vol. 5, séance du 2 avril 1908.
99
Conseil communal, vol. 3, séance 9 septembre 1883.
100
Conseil communal, vol. 3, séance 17 décembre 1884.
101
Conseil communal, vol. 2, séance du 23 janvier 1844.
102
Conseil communal, vol. 3 séance du 19 mars1865.
103
Conseil communal, vol. 3, séance du 21 août 1865.
104
Conseil communal, vol. 3, séance du 20 février 1871.
105
Conseil communal, vol. 3, séance no 148, 1871.
106
Conseil communal, vol. 3, séance 24 mars 1888.
107
Conseil communal, vol. 3, séance 12 décembre 1888.
108
Conseil communal, vol. 3, séance 2 janvier 1888.
109
Conseil communal, vol. 3, séance 17 août 1889.
110
Idem, 08/95.
111
Conseil communal, vol. 4, séance du 7 juillet 1900.
112
Conseil communal, vol. 4, séance du 14 novembre 1903.
113
Conseil communal, vol. 4, séance du 20 mars 1897.
114
Conseil communal, vol. 4, séance du 29 juin 1897.
115
Conseil communal, vol. 4, séance du 19 décembre 1897.
116
Conseil communal, vol. 4, séance du 5 avril 1906.
117
Conseil communal, vol. 5, séance du 27 mars 1907.
118
Conseil communal, vol. 5, séance du 1er février 1909.
119
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 123-4.
120
Conseil communal, vol. 3, séance 29 avril 1887.
121
Conseil communal,vol. 4, séance du 24 octobre 1904.
122
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 19 novembre
1845.
123
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 23 février 1847.
Page 302Top

302
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
le palais Stoclet
1
Yearning for Beauty, The Wiener Werkstätte and the Stoclet
House, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 2006, p. 363.
2 Le square Elliptique, actuel square Léopold II, n’était pas
traversé par l’avenue de Tervueren à l’époque. Le désir de la
beauté …, p. 25.
3 Suzanne Stevens était la flle du marchand d’œuvres d’art
Arthur Stevens, qui introduisit l’avant-garde française en
Belgique et conseilla le roi Léopold II et son ministre Jules Van
Praet dans l’élaboration de leurs collections. Voir Yearning
for Beauty, The Wiener Werkstätte and the Stoclet House,
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 2006, p. 364.
4 Une interprétation de ce choix y voit un afront délibéré au roi
Léopold II, grand promoteur de l’avenue de Tervueren, qu’il
empruntait pour se rendre dans « son » musée de l’Afrique.
5 Edmond de Bruyn, Adieux à M. Adolphe Stoclet, dans Le
Flambeau, no 6, 1949, p. 3, cité dans Yearning for Beauty, The
Wiener Werkstätte and the Stoclet House, Bruxelles, Palais
des Beaux-Arts, 2006, p. 363.
124
Registre du conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du
8 mars 1847.
125
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 17 juillet 1854.
126
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 17 juillet 1854.
127
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
128
Conseil communal, séance du 13 avril 1844, et archives
paroissiales.
129
Lettre du 25 mai 1844 du Conseil de Fabrique, archives
paroissiales.
130
Conseil communal, vol. 2, séance no 143, décembre 1852.
131
Lettre du 15 novembre 1852, archives paroissiales.
132
Lettre du 20 décembre 1852, archives paroissiales.
133
Conseil communal, vol. 3, août 1861.
134
Conseil communal, vol. 3 séance du octobre 1861.
135
M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique … p. 98.
136
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
137
Conseil communal, vol. 4, séance du 19 mars1904.
138
Conseil communal, vol. 5, séance du 3 octobre 1908.
139
Conseil communal, vol. 6, séance du 6 janvier 1912.
140
Conseil communal, vol. 6, séance du 11 mars 1912.
141
M. Villeirs, La vallée de la Woluwe, p. 5.
142
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 127-138.
143
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 20 décembre
1837.
144
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 56.
145
D. Bogaert e.a., à la découverte de Stockel, Woluwe-Saint-
Pierre, 2008, p. 81.
146
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 156-161.
147
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 300.
148
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 143-150.
149
Collège échevinal, vol. 2, séance du 28 janvier 1910.
150
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 300
151
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 150-153.
152
Archives communales de Woluwe-Saint-Pierre, papiers
libres.
153
Archives communales de Woluwe-Saint-Pierre … papiers
libres.
154
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 300-301.
155
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 3 septembre
1838.
156
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 18 novembre
1840.
157
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 20 octobre
1841.
158
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 16 avril 1842.
159
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 20 février
1844.
160
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 4 février 1845.
161
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 11 octobre
1847.
162
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 23 octobre
1849.
163
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 78 septembre
1842.
164
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 22 septembre
1841.
165
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 27 mai 1841.
166
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 22 mars 1843.
167
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 15 juin 1847.
168
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 27 juillet 1847.
169
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 14 octobre
1850.
170
Conseil communal, vol. 2, 1836–1857, séance du 17 juin 1850.
171
Collège échevinal, vol. 1, 1852–1858, partim.
172
Conseil communal, vol. 4, séance du 25 avril 1897.
173
Conseil communal, vol. 4, séance du 19 décembre 1897.
174
Conseil communal, vol. 5, séance du 2 avril 1908.
175
Conseil communal, vol. 4, séance du 23 août 1899.
176
Conseil communal, vol. 5, séance du 1er août 1907.
177
Conseil communal, vol. 4, séance du 16 avril 1904.
178
Conseil communal, vol. 4, séance du 16 avril 1904.
179
Conseil communal, vol. 4, séance du 10 mars 1904.
180
Conseil communal, vol. 4, séance du 9 mars 1905.
181
Conseil communal, vol. 5, séance du 4 septembre 1908.
182
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 303–304.
183
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 304.
184
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 188, 190.
185
Collège échevinal, vol. 2, séance du 2 octobre 1904.
186
Collège échevinal, vol. 1, 1852–1858, partim.
187
Conseil communal, vol. 4, séance du 15 mai 1898.
188
Collège échevinal, vol. 1, 1852–1858, 8 juillet 1856.
189
Collège échevinal, vol. 1, 1852–1858, 27 juillet 1857.
190
Conseil communal, vol. 4, séance du 25 novembre 1898.
191
Conseil communal, vol. 4, séance du 15 février 1899.
192
Conseil communal,vol. 4, séance du 13 avril 1899.
193
Conseil communal, vol. 4, séance du 7 octobre 1900.
194
Conseil communal, vol. 4, séance du 22 février 1902.
195
Collège échevinal, vol. 2, séance du 26 mai 1902.
196
Conseil communal, vol. 4, séance du 14 janvier 1900.
197
Conseil communal, vol. 4, séance du 2 août 1903.
198
D. Duerinck, op. cit., p. 9.
199
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 4.
200
C.Temmerman,
l’avenue de Tervueren, p. 4-5.
201
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 179.
202 Conseil communal, vol. 3, séance no 650, 3 décembre 1893.
203
C.Temmerman, L
’avenue de Tervueren, p. 5-11.
204
D. Duerinck, op. cit., p. 10.
205
D. Duerinck, op. cit., p. 9-12.
206 Conseil communal, vol. 6, séance du 6 janvier 1912.
207
Conseil communal, vol. 5, séance du 1er juillet 1909.
208 C. Temmerman et Th. D’Huart, Les 100 ans de l’avenue de
Tervueren, 1897-1997, Woluwe-Saint-Pierre, 1997, p. 18-19.
209 Conseil communal, vol. 4, séance du 25 novembre 1898.
210
Conseil communal, vol. 4, séance du 22 novembre 1902.
211
Conseil communal, vol. 4, séance du 22 avril 1900.
212
Collège échevinal, vol. 2, séance du 9 juillet 1900.
213
Conseil communal, vol. 5, séance du 23 septembre 1907.
214
Collège échevinal, vol. 2, séance du 18 octobre 1898.
215
Conseil communal, vol. 4, séance du 25 mai1901.
216
Conseil communal, vol. 4, séance du 26 décembre 1901.
217
Conseil communal, vol. 5, séance du 23 septembre 1907.
218
Conseil communal, vol. 5, séance du 2 décembre 1907.
219
Conseil communal, vol. 4, séance du 26 janvier1906.
220 Une tradition citée fréquemment fait remonter à un beau
bronze de J.-B.Van Hefen, exposé dans le parc de Woluwe en
1905. Il existait cependant déjà un café-laiterie du Chien vert
à cet emplacement bien avant l’exposition de la sculpture,
et des enseignes du même nom rue Haute à Bruxelles,
à Molenbeek et à Etterbeek dès le xviiie siècle. Voir Pol
Postal, Estaminets des Marolles, coll. Cercle d’histoire et
d’archéologie Les Marolles, Bruxelles, 1986, p. 40.
221
C. Temmerman,
l’avenue de Tervueren, p. 19–27.
222 Conseil communal, vol. 4, séance du 5 avril 1898.
223 Conseil communal, vol. 4, séance du 5 avril 1898.
224 Conseil communal, vol. 4, séance du 11 décembre 1898.
225 Conseil communal, vol. 5, séance du 11 juillet 1907.
226 Conseil communal, vol. 5, séance du 23 août 1907.
227
Conseil communal, vol. 5, séance du 7 janvier 1908.
228 Conseil communal, vol. 5, séance du 25 avril 1909.
229 Conseil communal, vol. 7, séance du 27 juin 1914.
230 Conseil communal, vol. 5, séance du 20 octobre1906.
231
Conseil communal, vol. 5, séances du 14 août et du 5
septembre1906.
232
1909–2009, 100 ans de tram à Stockel, p. 8-9.
233 Conseil communal, vol. 4, séance du 3 avril 1897.
234 Conseil communal, vol. 5, séance du 27 septembre 1907.
235 Conseil communal, vol. 4, séance du 7 août 1897.
236 Conseil communal, vol. 4, séance du 7 août 1897.
237
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 300.
238 Conseil communal, vol. 4, séance du 22 mars 1902.
239
Environ 2 kilomètres.
240 Conseil communal, vol. 4, séance des 3 et 12 mai1903.
241
Conseil communal, vol. 5, séance du 5 janvier 1907.
242 Collège échevinal, vol. 2, séance du 6 septembre 1905.
243 Conseil communal, vol. 5, séance du 12 novembre1906.
244 Conseil communal, vol. 5, séances du 3 octobre et du
23 octobre 1908.
245 S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale, p. 302.
246
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 67.
247
Conseil communal, vol. 4, séance du 27 novembre 1897.
248 Conseil communal, vol. 4, séance du 19 décembre1897 et 15 mai
1898.
249 Conseil communal, vol. 4séance du 13 octobre 1903.
250 Conseil communal, vol. 4, séance du 16 avril 1904.
251
Conseil communal, vol. 4, séance du 13 mars 1897.
252 Conseil communal, vol. 4, séance du 2 août 1903.
253 Conseil communal, vol. 4, séance du 2 août 1903.
254 Conseil communal, vol. 3, séance du 19 mars 1893.
255
C.Temmerman,
l’avenue de Tervueren, p. 5-11.
256 Conseil communal, vol. 4, séance du 25 octobre 1898.
l’école communale de Stockel
1
Conseil communal vol. 3, 107, 11/68.
2
Conseil communal vol. 3, séance du 25 janvier 1869.
3
Conseil communal vol. 3, séance du 6 septembre 1869.
4
C. Berckmans, P. Bernard, Rue Henri Vandermaelen, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
5
Conseil communal, 187, 1874.
6
C. Berckmans, P. Bernard, Rue Henri Vandermaelen, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
7
Conseil communal, vol. 4, séance du 21 juin 1902.
8
Pavée de « klompsteen », un agrégat, conglomérat de pierre.
Conseil communal, vol. 4, séance du 17 octobre 1905.
9
C. Berckmans, P. Bernard, Rue Henri Vandermaelen, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
10
C. Berckmans, P. Bernard, Rue Henri Vandermaelen, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006 et
conseil communal, vol. 4, séance du 11 septembre 1897.
l’église Notre-Dame de Stockel
1
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 62
2
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
3
A. Guillaume, M. Meganck, Atlas du sous-sol archéologique…,
p. 63.
4
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
5
Conseil communal, vol. 4, séance du 28 janvier 1902.
6
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
7
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
8
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
9
C. Berckmans et Pierre Bernard, église Notre-Dame, dans
Inventaire du patrimoine architectural, Bruxelles, 2006.
10
Conseil communal, vol. 32, séance du 16 septembre 1966.
le parc de Woluwe
1
C. Temmerman, L
’avenue de Tervueren, p. 28-32.
2
Conseil communal, vol. 8, séance du 9 août 1923.
3
Conseil communal, vol. 8, séance du 10 décembre 1923.
Le Manoir d ’Anjou, rue au Bois, 365 b
1
D. Bogaert, L. Deconinck, à la découverte de Stockel, p. 45.
2
Conseil communal, vol. 3, séance du 16 juin 1862.
3
M.-T. Gelders-Michel, Les saisons du Manoir d’Anjou.
Recherche historique et chronique contemporaine, Bruxelles,
1989, p. 19–22.
4
Conseil communal, vol. 4, séance du 11 septembre 1897.
5
M.-T. Gelders-Michel, Les saisons du Manoir d’Anjou.
Recherche historique et chronique contemporaine, Bruxelles,
p. 19-31.
6
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre … p. 60.
7
D. Boagert, L. Deconinck, à la découverte de Stockel…, p. 45.
le musée du Transport urbain bruxellois
1
P .
Bernard, Ancien dépôt de tram, actuellement musée
du Transport urbain bruxellois, dans Inventaire du patrimoine
architectural, Bruxelles, 2004.
2
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale…, p. 307.
l’ancien couvent des Franciscaines
1
P. Bernard, Chapelle du couvent des Sœurs franciscaines,
dans Inventaire du patrimoine, Bruxelles, 2003.
la ligne de chemin de fer Bruxelles-Tervuren
1
C. Temmerman, L
’avenue de Tervueren, p. 15.
2 Gérard Blanchart et Cie, Le chemin de fer Bruxelles-Tervuren,
s.l., 2002, partim.
3 T. Demey, A. de Ville, P. Pastiels, Les gares Bruxelloises,
un patrimoine méconnu, Région de Bruxelles-Capitale,
Service des Monuments et Sites, Bruxelles, 1994, p. 43-45.
4
1909–2009, 100 ans de tram à Stockel, p. 25–26.
Page 303Top

303
l’église Saint-Paul
1
L
’abbé De Cleene était auparavant vicaire de la paroisse Saint-
Henri, à Woluwe-Saint-Lambert.
2
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 22.
3
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 28–29.
4
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 35-36.
5
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 38.
6
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 42.
7
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 45.
La Maison dite « Vénitienne »
1
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 17–18.
2
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 19.
3
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 19–20.
4
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 21–22.
5
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 22–23.
6
M-Th. Gelders-Michel, La Paroisse Saint-Paul à Woluwe-
Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Pierre, 1994, p. 24.
1914–1918 la Première Guerre mondiale
1
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert … p. 199.
2
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 décembre 1915.
3
Conseil communal, vol. 7, séance du 25 mai 1916.
4
Conseil communal, vol. 7, séance du 11 septembre 1916.
5
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 décembre 1916.
6
Conseil communal, vol. 7, séance du 21 décembre 1916.
7
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 mai 1917.
8
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 janvier 1916.
9
Conseil communal, vol. 7, séance du 24 septembre 1917
10
Conseil communal, vol. 7, séance du décembre 1917.
11
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert … p. 199.
12
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 janvier 1916.
13
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 avril 1917.
14
Conseil communal, vol. 7, séance du 22 février 1916.
15
Conseil communal, vol. 7, séance du 15 juillet 1916.
16
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 novembre 1916.
17
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 janvier 1917.
18
Conseil communal, vol. 7, séance du 6 septembre 1917
19
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 décembre 1917.
20
Conseil communal, vol. 7, séance du 11 avril 1918.
21
Conseil communal, vol. 7, séance du 25 juillet 1918.
22
S. Jaumain e.a., La Région de Bruxelles-Capitale…, p. 300.
23
Conseil communal, vol. 7, séance du 11 août 1914.
24
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 octobre 1914.
25
Conseil communal, vol. 7, séance du 4 novembre 1914.
26
Conseil communal, vol. 7, séance du 15 décembre 1914.
27
Conseil communal, vol. 7, séance du 3 janvier 1915.
28
Conseil communal, vol. 7, séance du 9 janvier 1915.
29
Conseil communal, vol. 7, séance du 9 janvier 1915.
30
Conseil communal, vol. 7, séance du 25 janvier 1915.
31
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 janvier 1917.
32
Conseil communal, vol. 7, séance du 10 mai1915.
33
Conseil communal, vol. 7, séance du 25 janvier 1915.
34
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 juin 1916.
35
Conseil communal, vol. 7, séance du 22 février 1916.
36
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 décembre 1917.
37
Conseil communal, vol. 7, séance du 3 juin 1918.
38
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 avril 1917.
39
Conseil communal, vol. 7, séance du 16 mai 1917.
40 Conseil communal, vol. 7, séance du 14 janvier 1918.
41
Conseil communal, vol. 7, séance du 4 novembre 1918
42
Conseil communal, vol. 7, séance du 4 novembre 1918
43
Conseil communal, vol. 7, séance du 25 août 1914.
44 Conseil communal, vol. 7, séance du 25 août 1914.
45
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 août 1914.
46
Conseil communal, vol. 7, séance du 5 septembre 1914.
47
Conseil communal, vol. 7, séance du 20 septembre 1914.
48 Conseil communal, vol. 7, séance du 2 octobre 1914.
49
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 janvier 1916.
50
Conseil communal, vol. 7, séance du 6 avril 1915.
51
Conseil communal, vol. 7, séance du 25 mars1918.
52
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 octobre 1915.
53
Conseil communal, vol. 7, séance du 16 octobre 1915.
54
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 octobre 1915.
55
Conseil communal, vol. 7, séance du 22 février 1916.
56
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 février 1917.
57
Conseil communal, vol. 7, séance du 19 octobre 1917.
58
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 mai 1917.
59
Conseil communal, vol. 7, séance du 27 décembre 1917.
60
Conseil communal, vol. 7, séance du 30 juillet 1918.
61
Conseil communal, vol. 7, séance du 19 août 1918
62
Conseil communal, vol. 7, séance du 22 août 1918
63
Conseil communal, vol. 7, séance du 5 septembre 1914.
64
Conseil communal, vol. 7, séance du 5 septembre 1914.
65
Conseil communal, vol. 7, séance du 8 septembre 1914.
66
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 octobre 1914.
67
…met den besten wil van de wereld is het niet mogelijk aan
deze vraag voldoening te geven … conseil communal, vol. 7,
séance du 27 novembre 1915.
68
Conseil communal, vol. 7, séance du 10 avril 1916.
69
La Croix Rouge, Bulletin ofciel de la Croix Rouge de Belgique,
no 2, 2e année, 16 janvier 1916.
70
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert…, p. 199–206.
71
Conseil communal, vol. 7, séance du 24 août 1915.
72
Conseil communal, vol. 7, séance du 1er février 1916.
73
Conseil communal, vol. 7, séance du 27 novembre 1915.
74
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 novembre 1916.
75
Conseil communal, vol. 7, séance du 27 novembre 1915.
76
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 mars 1916.
77
Conseil communal, vol. 7, séance du 6 mai 1916.
78
Conseil communal, vol. 7, séance du 6 mai 1916.
79
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 novembre 1916.
80
Conseil communal, vol. 7, séance du 23 août 1917.
81
Conseil communal, vol. 7, séance du 24 septembre 1917.
82
Conseil communal, vol. 7, séance du 6 décembre 1917.
83
Conseil communal, vol. 7, séance du 24 septembre 1917.
84 Conseil communal, vol. 7, séance du 24 janvier 1918.
85
Conseil communal, vol. 7, séance du 6 décembre 1917.
86
Conseil communal, vol. 7, séance du 19 juillet 1917.
87
Conseil communal, vol. 7, séance du 15 novembre 1917.
88
Conseil communal, vol. 7, séance du 3 mai 1918.
89
Conseil communal, vol. 7, séance du 19 octobre 1917.
1918–1940 l’entre-deux-guerres
1
« Bijzondere verreng aan de soldaten der gemeente gesneuveld
in dienst van hen vaderland, de naam dier helden die voor
vrijheid en recht hun bloed hebben vergoten … : voor elke der
gesneuveld der gemeente, een straat aan te wijzen die door
hun benaming de namen en daden dezer mannen … » conseil
communal, vol. 7, séance du 14 novembre 1918.
2
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 juillet 1919.
3
Décision prise en 1915 déjà, à l’initiative de l’échevin Van
Biervliet. Délibérations du conseil communal de Woluwe-
Saint-Lambert, vol. 1913–1920, séance du 6 mars 1915, p. 85,
art. 153.
4
Conseil communal, vol. 7, séance du 30 décembre 1918.
5
Conseil communal, vol. 7, séance du 30 décembre 1918.
6
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 octobre 1919.
7
« De somme vast te stellen die aan elke der oudstrijders der
gemeente alsmede aan de weduwen en ouders der gesneuveld
soldaten toe te kennen ter gemegenheid der feesten : aan
elk der oudstrijders 50 fr. te geven alsmede aan de ouders.
Een somme van 100 fr. aan de weduwen en wezen. » conseil
communal, vol. 7, séance du 14 octobre 1919.
8
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 décembre 1919.
9
Jacques Madyol, Ixelles, 6 septembre 1871–15 août 1950,
peintre réaliste belge.
10
Conseil communal, vol. 8, séance du 28 juin 1920.
11
Conseil communal, vol. 8, séance du 24 août 1920.
12
Conseil communal, vol. 8, séance du 23 juin 1922.
13
« Gezien bijzondere omstandigheden waar in het land en
ingevolgd ook de gemeente zich bevindt daar het vertrekken
der Duitschers … alleen kalmte en rust de veiligheid en de
belangen van het land kunnen waarborgen ; alle stoornissens
dan optochten en volksbetogingen veroorzaakt, schrikkelijk
gevolgen kunnen hebben : streng verboden door optochten,
samenscholingen de openbare rust te storen … Gemeentelijke
wacht ingericht onder de burgers van 21 tot 50 jaren oud …
vergoeding van 1 fr. per uur. » conseil communal, vol. 7, séance
du 14 novembre 1918.
14
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 novembre 1918.
15
« De klassen der gemeentescholen tot beoefening van het
onderwijs geven aan de leerlingen invalieden ter beschikking te
stellen » conseil communal, vol. 7, séance du 23 mai 1919.
16
Conseil communal, vol. 7, séance du 14 octobre 1919.
17
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 décembre 1918.
18
Conseil communal, vol. 7, séance du 9 janvier 1919.
19
Conseil communal, vol. 8, séance du 25 avril 1920.
20
Conseil communal, vol. 8, séance du 24 août 1920.
21
Conseil communal, vol. 8, séance du 7 septembre 1920.
22
Conseil communal, vol. 8, séance du 10 mars 1921.
23
Conseil communal, vol. 8, séance du 19 décembre 1921.
24
Conseil communal, vol. 8, séance du 9 juillet 1923.
25
Conseil communal, vol. 10, séance du 17 août 1928.
26
Conseil communal, vol. 8, séance du 10 février 1922.
27
Conseil communal, vol. 7, séance du 14 novembre 1918.
28
Conseil communal, vol. 7, séance du 13 mars 1919.
29
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 février 1919.
30
Conseil communal, vol. 7, séance du 23 mai 1919.
31
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 avril 1919.
32
Conseil communal, vol. 7, séance du 10 juin 1919.
33
Conseil communal, vol. 8, séance du 21 juin 1920.
34
Conseil communal, vol. 7, séance du 28 février 1919.
35
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 avril 1919.
36
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 juillet 1919.
37
« In het algemeen de werliedenstakers onzer gemeente kunnen
werk vinden als zij zich eenige moeite willen geven : het getal
onvrijwillige werkstakers weinig talrijk is in de gemeente : de
tusschenkomst der gemeente in het steunfonds af te schafen
te rekenen van 1st october 1919. » conseil communal, vol. 7,
séance du 11 septembre 1919.
38
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 avril 1919.
39
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 octobre 1919.
40 Conseil communal, vol. 7, séance du 7 avril 1919.
41
Conseil communal, vol. 7, séance du 23 mai 1919.
42
Conseil communal, vol. 7, séance du 12 mars 1919.
43
Conseil communal, vol. 7, séance du 29 avril 1919.
44 Conseil communal, vol. 7, séance du 7 octobre 1919.
45
Conseil communal, vol. 8, séance du 24 janvier 1921.
46
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 octobre 1919.
47
Conseil communal, vol. 8, séance du 10 janvier 1921.
48 Conseil communal, vol. 8, séance du 25 juillet 1921.
49
Conseil communal, vol. 9, séances du 25 août et 1er
octobre1925.
50
Les autres membres sont Edmond Boulanger, Frans Van
Vlasselaer, Louis Schonejans, J. B. Van Meerbeek et Guillaume
Gay.
51
Conseil communal, vol. 9, séance du 1er décembre1925.
52
Conseil communal, vol. 9, séance du 19 janvier 1926.
53
Conseil communal, vol. 11, séance du 16 mars 1935.
54
Conseil communal, vol. 14, séance du 21 avril 1937.
55
Conseil communal, vol. 11, séance du 25 mai 1935.
56
Conseil communal, vol. 13, séance du 24 juillet 1935.
57
Conseil communal, vol. 13, séance du 25 septembre 1935.
58
Conseil communal, vol. 13 séance du 26 mars 1936.
59
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 209.
60
M. Villers, Woluwe-Saint-Lambert, p. 211.
61
Conseil communal, vol. 9, séance du 13 septembre 1927.
62
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 211 et conseil
communal, vol. 8, séance du 7 décembre 1920.
63
Conseil communal, vol. 8, séance du 12 juillet 1921.
64
« …dat de gemeente SPW (sic) onder opzicht van talen
onder hetzelfde regiem gesteld woorde als de Brusselsche
omgeving … » conseil communal, vol. 8, séance du 12 juillet
1921.
65
« … artikel 2 der wet van 25 Juli 1921 waarbij vastegsteld
wordt dat de gemeenteraad der Brusselsche Agglomeratie
bepalen welk taalregeling zal toegepast worden in hunne
inwendige diensten alsmede voor de briefwisseling met
elkander en met de centrale departementen der overheden
aan deze wet onderworpen … gezien de bevolking van SPW
tweetalige is, de Vlaamsche bevolking juist gelijk is aan de
Fransche bevolking … voor de inwendige diensten alsook voor
de briefwisseling met andere besturen worden de Vlaamsche
en Fransche taal aangenomen … de akten van den burgerstand
worden in de Fransche of Vlaamsche taal opgesteld volgens
het verlangen van belanghebbenden … als regels wordt
aangenomen dat aan particulieren alsmede aan anderen
besturen geschreven en geantwoord wordt in de taal door
deze particulieren of besturen gebruikt … proces verbalen van
gemeenteraad in beiden talen … » conseil communal, vol. 8,
séance du 8 novembre 1921.
66
Conseil communal, vol. 8, séance du 24 novembre 1922.
67
M. Villeirs, Woluwe-Saint-Lambert, p. 208.
68
Conseil communal, vol. 11, séance du 21 octobre 1932.
69
Conseil communal, vol. 10, séance du 26 mars1929.
70
Conseil communal, vol. 7, séance du 14 novembre 1918.
71
Conseil communal, vol. 7, séance du 17 février 1919.
72
Conseil communal, vol. 7, séance du 23 mai 1919.
73
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 octobre 1919.
74
Conseil communal, vol. 7, séance du 20 janvier 1920.
75
Conseil communal, vol. 8, séance du 21 juin 1920.
76
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 avril 1919.
77
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 juillet 1919.
78
Conseil communal, vol. 7, séance du 7 octobre 1919.
79
Conseil communal, vol. 8, séance du 25 octobre 1920.
80
Conseil communal, vol. 7, séance du 2 juillet 1919.
81
Conseil communal, vol. 7, séance du 27 novembre 1919.
82
Conseil communal, vol. 7, séance du 22 décembre 1919.
83
Conseil communal, vol. 7, séance du 20 janvier 1920.
84
1) weg gaande van de Boschstraat naar den voetweg no 42 en
gelegen langsheen de Kleine Koers ;
2) Vogelzangstraat lopende van den weg no 6 Nijvelsche Dreef
naar de Waverschensteenweg te Auderghem ;
3) de weg gaande van de Boschstraat weg no 5 naar de
Tervuerenlaan door het Sonienbosch ;
4) de straat loopende van de weg no 5 gezegd Boschstraat door
de Sonienbosch naar de Tervuerenlaan ;
5) de weg komende van Auderghem langsheen het goed van
den Staat naar de Bemelstraat Nijvelsche d. ;
6) Voetweg van Vogelzangstraat naar het Roodfabriek
Auderghem.
conseil communal, vol. 7, séance du 31 juillet 1919.
85
Conseil communal, vol. 7, séance du 14 octobre 1919.
86
Conseil communal, vol. 11, séance du 21 octobre 1932.
87
Conseil communal, vol. 11, séance du 18 novembre 1932.
88
Conseil communal, vol. 11, séance du 15 mai1933.
Notes
Page 304Top

304
Woluwe-Saint-Pierre, histoire et terroir
Un projet de jardin botanique au parc de Woluwe (1936)
1
J.-c. Ricquier, « Origine et métamorphoses d’un jardin
botanique et d’un musée des plantes », in : Le Botanique
de 1829 à nos jours, Bruxelles, 1993, p. 33.
2
Archives des musées royaux d’Art et d’Histoire,
dossier « Woluwe-Saint-Pierre ».
3
Ibidem.
4
Ibidem.
Le quartier de Joli-Bois et l ’église Sainte-Alix
1
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001.
2
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 4.
3
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 4.
4
Conseil communal, vol. 16, séance du 13 mars 1939.
5
Conseil communal, vol. 16, séance du 11 août 1939.
6
Conseil communal, vol. 9, séance du 17 février 1927.
7
Conseil communal, vol. 23, séance du 14 septembre1956.
8
Conseil communal, vol. 24, séance du 18 février 1958.
9
Conseil communal, vol. 22, séance du 26 novembre 1954.
10
Conseil communal, vol. 25, séance du 6 mars 1959.
11
Conseil communal, vol. 26, séance du 7 octobre 1960.
12
Dont le magasin de textile en gros se situait rue des Tanneurs,
65 à Bruxelles. Marie-Christine Gelders-Michel, Sainte-Alix,
une église, une paroisse, 1936–1941–2001, Woluwe-Saint-
Pierre, 2001, p. 5.
13
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 6.
14
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 6.
15
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 8.
16
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 10, arrêté royal
du 12 mai 1936.
17
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 18.
18
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 22.
19
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 37.
20
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 40.
21
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 46.
22
M-Th. Gelders-Michel, Sainte-Alix, une église, une paroisse,
1936–1941–2001, Woluwe-Saint-Pierre, 2001, p. 55.
23
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 62.
l’école communale du Centre
1
P. Bernard, Avenue Charles Thielemans, dans Inventaire
du patrimoine architectural, Bruxelles, 2004.
l’église Notre-Dame des Grâces et
le couvent des Franciscains
1
Conseil communal, vol. 13, séance du 13 avril 1935.
2
Madeleine Collinet, Histoire du Volgelzang-Chant d’Oiseau,
dans Si le Vogelzang-Chant d’Oiseau m’était conté, Volgelzang
1925–1995, p. 9, Cercle d’Histoire, d’Archéologie
et d ’Architecture des Woluwe, Woluwe-Saint-Pierre, 1995.
3
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 23–24.
4
Conseil communal, vol. 44, séances du 27 octobre, du
24 novembre 1978.
5
Conseil communal, vol. 45, séance du 20 décembre 1979.
6
Conseil communal, vol. 47, séance du 17 septembre 1981.
7
Le site est actuellement occupé par la Bourse de Commerce
de Bruxelles.
89
C.H. Batjoens, Woluwe-Saint-Pierre, p. 64.
90
Conseil communal, vol. 11, séance du 23 mai1933.
91
Conseil communal, vol. 11, séance du 7 juillet 1933.
92
Conseil communal, vol. 11, séance du 7 juillet 1933.
93
Conseil communal, vol. 11, séance du 11 septembre 1933.
94
Conseil communal, vol. 11, séance du 11 septembre 1933.
95
Conseil communal, vol. 11, séance du 24 avril 1934.
96
Conseil communal, vol. 8, séance du 19 décembre 1921.
97
Acte notarié du 9 septembre 1924. Conseil communal, vol. 10,
séance du 16 juillet 1931.
98
« … aangezien de Orban-Van Volxemlaan door dit goed dient
verlengd en andere straten er door aangelegd om goede
bouwgronden te vormen … » conseil communal, vol. 8, séances
du 4 juin 1922 et 4 juin 1923.
99
Conseil communal, vol. 8, séance du 15 mai 1922.
100
Conseil communal, vol. 9, séance du 30 mai 1925.
101
Conseil communal, vol. 11, séance du 14 mai 1934.
102
Conseil communal, vol. 11, séance du 25 mai 1935.
103
Conseil communal, vol. 13, séance du 14 novembre 1935.
104
Conseil communal, vol. 14, séance du 21 avril 1937.
105
Loi du 19 mai 1914, articles 17 et 18. Conseil communal, vol. 8,
séance du 14 juillet 1922.
106
Conseil communal, vol. 8, séance du 15 janvier1923.
107
Conseil communal, vol. 8, séance du 14 septembre 1922.
108
Conseil communal, vol. 11, séance du 28 mars 1933.
109
Conseil communal, vol. 11, séance du 28 mars 1933.
110
Conseil communal, vol. 11, séance du 28 mars 1933.
111
Conseil communal, vol. 11, séance du 28 novembre 1935.
112
Achille Jannes : 18e année de service, instituteur ; Jules
Désiré Hauwaerts : 7e année, instituteur ; Antonie Wouters
6e année, institutrice ; Madame Jacobs Herrebouts,
6e année, institutrice ; Lydie Wouters, institutrice principale,
11e année ;Alida Leemans, 6e année, institutrice ; Hubert
Weytjens, 2e année, instituteur ; Gustaaf Schoofs, 2e année,
instituteur ; Cécile Sabbe, 3e année, institutrice maternelle ;
Maria Boon, 3e année, institutrice maternelle ; la Sœur
institutrice Ruelens, 10e année ; la sœur institutrice Daelemans,
10e année ; Maria Martine Geens, 5e année, institutrice ; Sabine
Spellemans, 10e année, institutrice. Ces dernières ne sont
manifestement pas diplômées. Conseil communal, vol. 7,
séance du 9 janvier 1919.
113
Conseil communal, vol. 8, séance du 6 juin 1921.
114
Conseil communal, vol. 8, séance du 19 septembre 1921.
115
« Heer Ceusters 30 jaren indienst in het centrum : zijn beste
onderwijs jaren heen zijn … versche leerkrachten aan het
hoofd der schoool dienen gesteld worden om het onderwijs
op de gewenschte hoogte te kunnen brengen … zonder brutale
wijze … » conseil communal, vol. 8, séance du 12 juillet 1921.
116
Conseil communal, vol. 8, séance du 19 septembre 1921.
117
Conseil communal, vol. 8, séance du 19 septembre 1921.
118
Conseil communal, vol. 8, séance du 3 octobre 1921.
119
Conseil communal, vol. 8, séance du 3 octobre 1921.
120
Conseil communal, vol. 8, séance du 16 août 1923.
121
Conseil communal, vol. 9, séance du 2 juin 1927.
122
Conseil communal, vol. 8, séance du 27 juin 1921.
123
« … lager onderwijs : oprichting van 2 fransche klassen tegen
october, 1ste en 2de studiejaar … en langzamerhand hogere
klassen voor de Fransche afdeelingen in te richten … algemene
gand : langzamerhand meer Fransche onderwijs om tot zes
uuren per week te komen inde Vlaamsche klassen … in de
Fransche klassen zelfdegang met langsamerhand zes uren
per week Vlaamsch … voor den 4de graad waar beiden talen op
gelijken voet zullen gesteld worden, dienen de leerlingen der
Vlaamsch en Fransche klassen verrenigd worden … » conseil
communal, vol. 8, séance du 12 juillet 1921.
124
« … de ouders te verwittigen dat het hun vrij staat de taal te kiezen
waarin hunne kinderen het onderreicht dienen te ontvangen …
omzendbrieven te sturen om het gedacht der ouders van de
kinderen van het 1ste en 2de studiejaar te kennen … conseil
communal, vol. 8, séance du 19 septembre 1921.
125
Conseil communal, vol. 8, séance du 19 septembre 1921.
126
Conseil communal, vol. 8, séance du 25 juillet 1923.
127
Conseil communal, vol. 9, séance du 1er octobre 1926.
128
Conseil communal, vol. 9, séance du 17 février 1927.
129
Conseil communal, vol. 9, séance du 16 mai 1927.
130
Conseil communal, vol. 9, séance du 31 octobre 1927.
131
Conseil communal, vol. 7, séance du 31 juillet 1919.
132
Conseil communal, vol. 8, séance du 29 mai 1920.
133
Conseil communal, vol. 8, séance du 21 juin 1920.
134
« … al wat mogelijk is dienst gedaan te worden om het
onderwijs te verbeteren en geen middel mag verwaarsloos
worden om den leerlust der kinderen aan te wakkeren … in
plaats van prijsboeken te geven aan de leerlingen van het 4de
en 5de en 6de jaar leerijke uitstapjes onder het geleid van
het onderwijzend personnel te laten doen ; aan de leerlingen
van de hogere graden die ten minste met de 5/10 der punten
bekomen hebben een diploma van verdiensten toe te kennen …
aan de jongere leerlingen mogen kleine uitstapjes alsmere
nuttige zaken als belooning geschonken worden … » conseil
communal, vol. 8, séance du 27 juin 1921.
135
Moniteur belge, 11 novembre 1921.
136
Conseil communal vol. 8, séance du 10 février 1922.
137
Jeanne-Marie Henriette Potdor, épouse Sterckx, née à Ixelles
le 13 avril 1892, résidait avenue Van Volxem, no 76. Elle est
probablement la première femme de la commune à occuper
le poste de conseillère communale. Elle participe activement
à plusieurs commissions à vocation sociale.
l’hippodrome de Sotckel
1
Conseil communal, vol. 5, séances du 11 janvier 1907 et
11 novembre 1907.
2
Conseil communal, vol. 5, séance du 2 avril 1908.
3
Conseil communal, vol. 5, séance du 16 novembre 1907.
4
Il n’existait qu’une gare pour les deux Woluwe sur la ligne de
chemin de fer, à hauteur de la rue au Bois. Les autres arrêts
n’étaient que des haltes.
5
Conseil communal, vol.